Murat Yazar – Réfugiés syriens : la vie en dehors des camps

Né à Urfa en 1978. Après des études de tourisme et management à l’Université d’Harran, Urfa, j’ai suivi une formation en photographie à Fototrek Photograph Center, à Istanbul. Photographe indépendant depuis 2005, j’ai participé à de nombreux “workshops” dans différentes villes de Turquie. Mes projets Karacadag et The Alevis ont été exposés à l’Institut Kurde de Paris en 2008 et 2009, The Saturdays Mothers à Diyarbakir en 2010, The Faces of Mezopotamia à Berlin, Urfa et Antep en 2011, et 100 Reflections of Islam en exposition collective en Hongrie.

Mes photos ont été publiées dans IZ Magazine en 2012. Je suis le président de l’association de photographie et de cinéma, MEFSAD, basée à Urfa, à travers laquelle je donne des cours de photo et organise régulièrement des “workshops”.       Murat Yazar

m.niviskar@gmail.com

EXPOSITION BARROBJECTIF 2013 : Réfugiés syriens : la vie en dehors des camps

Quand la guerre civile a éclaté en Syrie, ce conflit semblait loin de nous, habitants du sud-est de la Turquie, proche de la frontière syrienne. Mais, rapidement, de nombreux Syriens ont quitté leur pays. Le gouvernement turc a installé et organisé le long de la frontière des camps faits de containers pour accueillir le flux massif et continu de Syriens fuyant les bombes. Dans la province d’Urfa, beaucoup de Syriens se sont installés dans ces camps fermés, encadrés par l’armée et interdits aux journalistes et photographes, mais certains Syriens ont décidé de s’installer dans des campements de fortune, sous des tentes, autour des grandes villes.

J’ai commencé à photographier les campements sauvages de réfugiés au début de l’année 2013 dans ma ville d’Urfa : j’ai visité régulièrement différents campements situés sur les collines qui entourent la ville. La plupart des Syriens que j’ai rencontrés m’ont dit être des Tsiganes, des Karaçi, comme on les appelle ici, population semi-nomade. Ils m’ont dit qu’après avoir fui la guerre en Syrie, ils ne voulaient pas être enfermés dans des camps, ne voulant pas de vie en captivité, entassés les uns sur les autres, sans l’autorisation d’en sortir à leur guise. Cependant, certains de ces Syriens ont quitté ces campements de fortune (à cause de la faim et du froid) pour aller dans le camp fermé d’Akçakale (à 50 kilomètres d’Urfa). Les autorités turques ont d’abord refusé l’accès au camp à ces Syriens qui ont dormi plusieurs jours dehors : je suis allé les rencontrer ces jours-là pour prendre des photos. Un jour que j’allais à nouveau dans un autre campement de réfugiés, les dizaines de tentes qui s’étalaient auparavant sur la colline avaient disparu. La police et l’armée avaient forcés ces réfugiés à quitter leur campement pour les emmener dans des camps fermés. Si certains d’entre eux ont réussi à échapper à la police turque, leurs tentes ont été brûlées. çadìr-6

Kurt Vansteelant – China-Express

En 1987, je suis diplômé en tant que graphiste. Dans un bureau graphique, je fus autorisé en plus du travail de mise en page, également la photographie. La connaissance de la typographie et de mise en page, m’a aidé à la photographie de façon créative. Créativité a toujours été un fil rouge tout au long de ma carrière. En 1991, je suis devenu indépendant et en 1994, nous avons ouvert un magasin de photographie à Zedelgem. Je suis moi-même la quatrième génération de la famille de photographes Vansteelant. Arrière-grand-père Félix, son fils Marcel, sa fille Jacqueline et arrière-petit-fils Kurt, occupent déjà depuis plus de 125 ans de photographie-tradition à Zedelgem. En 2008, la construction d’un nouveau studio de photo était terminée. Ce nouvel espace de travail, m’a donné de nouvelles opportunités. Nos activités-photo se composent de photographie industrielle de 40% et 60% de la photographie sociale (portrait et reportage). Mon objectif préféré est un grand-angulaire. Aussi pour le portrait. Cela oblige à se rapprocher de l’objet ou du modèle. “If the picture is not good… you are not close enough!” (Robert Capa) est une devise qui m’oblige à faire chaque fois un bon reportage photographique. La série d’images China-Express s’est vu attribuer en 2012 un label Master Qualified European Photographer.

www.kurtvansteelant.be

info@kurtvansteelant.be

Distinctions

2007 – Qualified European Photographer Portrait

2009 – Gold Medal Colour Art Photo Competition Bodylanguage

2011 – 2 fois Bronze Medal, CIDPAE Lishui (China)

2012 – Gold Medal Creative Photography, Colorful Guizhou (China)

2012 – Qualified European Photographer Architecture

2012 – Qualified European Photographer Illustrative

2012 – Master Qualified European Photographer Reportage

EXPOSITION BARROBJECTIR 2013 : China-Express

En 2006, je suis venu en contact avec la Chine pour la première fois.

Je ne connaissais ce pays que par le biais de livres photo et d’images de télévision. J’étais autorisé à exposer avec mes propres images à une exposition collective de pho

tographes flamands dans le pittoresque Pinyao (province de Shanxi), appartenant au site

du patrimoine mondial de l’Unesco. Depuis, j’ai visité la Chine pour la septième fois. Si je repense aux visites précédentes, je trouve que je n’ai pas encore vu une grande partie de cette grande Chine. Avec mon amour pour la photographie de portrait, j’ai le plus d’intérêt dans la population locale, ceux qui ont grandi sous un régime politique. La plus grande question pour moi est si un photographe occidental peut pénétrer dans la vie privée des Chinois. Chaque fois, j’ai visité une autre région où j’ai été invité par des organisations différentes. L’atmosphère était toujours différente, mais l’hospitalité de la population locale é

tait toujours la même. Riches ou pauvres, illettrés ou hautement qualifiés. À chaque fois, j’ai découvert ce peuple avec un grand respect pour la famille et aussi un intérêt pour notre culture occidentale. Je ne me suis jamais profilé comme un Européen de l’ouest matérialiste mais comme quelqu’un qui est ouvert à toutes les cultures. La culture chinoise est vieille de plus de cinq mille ans, et avec notre civilisation occidentale, nous ne remontons que de deux mille ans en arrière. On a l’expérience tous les jours des coutumes orientales qui frappent un Occidental. Au lieu de classer ces coutumes comme non civilisées, je suis allé en rechercher les origines. Et la solution se trouvait à chaque fois dans leur culture riche. Pour accéder de quelque manière à la vie privée des chinois, j’ai dû m’ac

coutumer à leurs habitudes. Avec mon fils, j’ai commencé un cours pour apprendre le chinois. Juste des mots de base pour me présenter. Avec un simple « Ni Hao », on peut déjà ouvrir une porte. Plusieurs fois, je suis venu en contact avec des Chinois qui n’avaient jamais vu un Européen occidental. Et sûrement pas un homme à cheveux gris qui parle quelques mots de chinois. Par la suite, le Chinois a commencé à entrouvrir la porte de sa vie privée. Pour l’ouvrir complètement, j’ai dû m’approprier la forme chinoise de réseautage de décisions (guanxie), une structure pyramidale qui nous est inconnue.

En 2009, j’ai invité deux collègues photographes chinois pour un séjour de dix jours. Ils pouvaient coopérer dans mon studio de photographie et échanger des expériences des deux côtés. Les photographes chinois sont des maîtres en utilisation de la lumière disponible, alors que moi j’ai utilisé le flash d’une façon « naturelle

». Sans même m’en rendre compte, j’avais atteint un haut niveau de réseautage chinois. Et ce en invitant des Chinois et en les laissant vivre en tant qu’invités dans notre propre maison. Les deux collègues photographes chinois m’ont invité pour une visite de retour, et voilà, le début de mon histoire chinoise. Une chose a conduit à une autre et fait preuve que les relations en Chine sont très importantes. Beaucoup de gens me demandent : « d’où vient cet amour photographique pour la Chine ? ». Je leur dis toujours que j’ai du mal à exprimer l’hospitalité des Chinois avec des mots. Je peux uniquement montrer leur vie réelle par le biais de mes photos. Le résultat d’un profond respect pour ces gens. Aussi le résultat d’une interaction importante entre une culture orientale et occidentale. Un échange d’expériences enrichissantes. Chaque année, plus intense. Comme un train à grande vitesse, de là le nom pour cette série d’images China-Express.

Thibaude .J – Personnages fantastiques de contes de fée

Photographe amateur

thibaude jamet

EXPOSITION BARROBJECTIF 2013 : Personnages fantastiques de contes de fée

Ou l’art et la manière de détourner les aliments avec humour et fantaisie en transformant leur valeur gustative en réel plaisir des yeux et en donnant naissance à des formes abstraites, naïves aux couleurs étonnantes.

Je vous présente une série de photos que j’ai taillées, sculptées, mises en forme en utilisant des ingrédients éphémères et surprenants : les serviettes de papier se font Chaperon Rouge, Alice au Pays des Merveilles. Les feuilles de laitue se transforment en princesses, en prêtresses africaines, les feuilles de poireaux en tableaux abstraits, les feuilles de plastique forment un décor féérique, les pelures d’ail et d’oignons un jardin d’Éden où il fait bon se perdre.

PS : pas de photomontage à l’ordinateur. Les effets sont créés à la prise de vue.

 

Franck Têtu – Une Saison en Ukraine

Né en 1966, je découvre la photographie à 23 ans. À la même période, je découvre le cinéma et plonge dans les univers de Bergman, Tarkovski, Cassavetes…

Après des études de lettres étrangères, je fais le choix de voyager, ce que de multiples et très divers travaux alimentaires m’ont permis de faire. La photographie a toujours été le prétexte et le moteur de ces voyages. J’ai cherché au cours de ces vingt dernières années à affiner mon regard et à lui chercher un lien intime avec moi-même.

Depuis quelques années, ma recherche s’est orientée vers des univers sombres, des villes grises et polluées, des gens tristes. Non tant pour rendre compte de leur vie, mais de la mienne — ou d’une partie de la mienne, de ce désespoir qui m’étreint parfois et que je ne sais traduire autrement.

Je ne me suis décidé à montrer mon travail qu’il y a peu. Sélectionné pour le festival Circulation(s) en 2012, j’y ai exposé une série intitulée Une saison en Ukraine.

Que voici…

EXPOSITION BARROBJECTIF 2013 : Une Saison en Ukraine

C’est vers des villes industrielles— ici Kryvyï Rih et Dnipropetrovsk, en Ukraine — qu’un besoin impérieux me porte. Ces deux villes, au cœur d’une région minière exploitée à plein régime à l’ère soviétique, s’étalent encore à la (dé)mesure du projet qu’elles servaient. Elles sont l’une et l’autre d’une laideur à couper le souffle. Il est difficile de dire à quel point la vie y semble sinistre, laide, absurde.

Ce n’est que très récemment que j’ai découvert ce que j’allais y chercher ; le sens de cette fuite à l’Est. Au Nord. Au froid. Au noir. Au noir, oui. C’est bien la recherche d’une couleur qui m’anime. Elle est le filtre que je glisse —involontairement — entre mon appareil photo et le monde. Ou bien est-ce l’inverse ? Allez savoir…

Je me sens appelé vers d’autres espaces, d’autres sujets, d’autres gens, d’autres situations, dont le désespoir, peut-être moins criard, ne saura pour autant manquer de sourdre dans mes images.

Mais pour le moment, j’ai bien l’intention de profiter encore de ce noir éclatant, de cette matière brute que je trouve presque telle quelle dans ces villes industrielles des pays de l’est, profiter encore de ces paysages qui parlent, d’emblée, la même langue que moi.

Ici, on l’aura compris, nul concept, nulle approche intellectuelle : à travers ces images, c’est de moi-même que je parle. Tout au moins de cette part de moi que je ne sais traduire autrement.

Mark Tellok – Dialogue

Mark-Tellok-2012Né en France. C’est à Paris qu’il commence ses études en Arts-Graphiques, pour les poursuivre en Hollande et les terminer en Belgique, à Bruxelles. Après différents stages en agence de publicité, il adopte la vie bruxelloise et s’installe comme « graphic-designer » indépendant.Après trois années de collaboration avec l’équipe de Totem il traverse la manche et s’installe à Brighton, sur la côte sud de l’Angleterre. Deux années de pois-verts-saucisses, de scones et d’excellents whiskys avant de reprendre ses cartons à dessins pour retraverser la manche, destination : la France. Quatre années dans la capitale française, le temps de refaire ses valises et d’entreprendre cette fois la traversée de l’atlantique pour venir s’établir dans la « belle province ».

Ayant résidé à Montréal de 1996 à 2004, le voilà maintenant de retour sur l’hexagone,prêt pour de nouvelles aventures.

Il a reçu plusieurs prix de Applied Arts Magazine, CAPIC, How design, Lux Québec, The Society of Illustrators, Print et The New York Art Directors Club.

Expositions :

1994 – “Circus”,Margarethe Hubauer Galerie, Hamburg, Germany.

1995 – “New Style”, Maureen Sale Galerie, Paris, France.

1997 – “African Story”, Le 4060 Saint-Laurent, Montreal, Canada.

1998 – “No name”, Al Théatro Valle, Roma, Italy.

1999 – “Two pieces”, Galerie Bonsecours, Montreal, Canada.

2000 – “L’Euro”, Bourse de Paris, Paris, France.

2000 – “Alphabet à la lettre”, Galerie Tremblay-Monet, Montreal, Canada.

2001 – “Alphabet à la lettre”, ADC Gallery, New York, USA.

2003 – “15 ans”, Salon de la littérature Européenne, La Salamandre, Cognac, France.

2007 – “Design”, Salon Voir ou Avoir, Bordeaux, France.

2010 – “Urban Details”, Le Globe, Cognac, France.

2011 – Biennale d’Art Contemporain, Cognac, France.

2012 – “T2 Tardat-Tellok”, Ville de Châteaubernard, France.

2012 – “Point de Vue”,Espace 45, Cognac, France.

2012 – “Point de Vue”, Avant Scène Cognac, France.

Ma démarche :

Je suis plutôt “faiseur d’images” que photographe, c’est pour cette raison que j’utilise, davantage, mes prises de vue comme une matière première que comme une fin en soi. Un objet, un paysage, ou même, un portrait, peut être le point de départ de l’image que je vais construire. À la manière d’un peintre, par (re)touches successives, je mélange le noir, le blanc et parfois la couleur, afin d’obtenir le point de vue qui est le mien.

Exposition Barrobjectif 2013 :  Dialogue

Cauteret-013w-copyC’est la rencontre de deux photos issues de lieux et d’univers différents.

Deux images qui à première vue n’ont rien en commun et dans lesquelles en regardant de plus près, on découvre un lien, un “dialogue” qui s’instaure entre deux instants, deux lieux ou deux objets. Observation de scènes du quotidien, réflexion sur certains comportements irresponsables des humains vis à vis de notre planète ou tout simplement composition graphique, “Dialogue” c’est la représentation de l’absurde, du grotesque, de l’humour, du déconcertant.

C’est aussi l’art de la composition, de l’association et de l’harmonie.

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Michel Spingler

PORTRAIT Michel Spingler

Né en 1957 à Lambersart dans le nord de la France, j’ai commencé à m’intéresser à la photographie très jeune, vers l’âge de 15 ans, principalement des photos de rue en noir et blanc. J’ai ensuite intégré l’école d’art graphique St Luc à Tournai en Belgique que j’ai quitté avant la fin de mon cycle pour travailler dans différents studios graphiques. En 1991 je commence véritablement mon travail de reporter photographe dans le quotidien « La Voix du Nord » à Lille, très rapidement je commence une collaboration avec l’agence anglaise Reuters qui m’amènera 4 ans plus tard à rejoindre l’agence américaine AssociatedPress ou je travaille depuis 18 ans. Mes reportages à AP sont tous destinés à la presse étrangère, nous ne couvrons pas d’évènements « Franco-Francais ».

Nous couvrons tous les domaines du reportage, politique, sport, faits-divers, catastrophe, ce qui implique une très grande polyvalence pour les photographes.

L’agence AP crée en 1846 est présente dans plus de 120 pays.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2013

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Serge Simon – Les Toubous du Sahara

Photographe animalier professionnel depuis 1976, j’ai travaillé pour la presse, la publicité et l’édition. Je suis également auteur de nombreux ouvrages, en collaboration avec Dominique Simon, mon épouse, pour les textes.

Je m’oriente en 2004 vers le photographie humaniste en noir et blanc, et reste fidèle à l’argentique. Passionné par les peuples au mode de vie différent du nôtre, j’aime en particulier les nomades : Mongols, Peuls, Touaregs, et Toubous au Sahel. Mes photos sont en quelque sorte un témoignage modeste de la vie de ces hommes d’un autre âge. Je ne cherche pas l’image choc qui provoque l’horreur ou la pitié ; au contraire je recherche plutôt le sourire ou la tendresse qui évoque la sérénité, sinon le bonheur, dans l’art de vivre de ces peuples. le photographe serge simon

EXPOSITION BARROBEJECTIF 2013 : Les Toubous du Sahara

Les Toubous, voisins orientaux des Touaregs, occupent un domaine géographique important (1 300 000Km2). Leur territoire, principalement tchadien, déborde sur la Libye au nord, le Niger à l’ouest et le Soudan à l’est. Les événements de ces quarante dernières années dans le nord du Tchad les ont fait mieux connaître aux Occidentaux.

Peuple nomade, les Toubous sont essentiellement éleveurs de dromadaires. Ces hommes, d’une endurance exceptionnelle, résistants à la faim comme à la soif, peuvent survivre dans les dures conditions d’existence du désert.
La majorité des photos sont faites dans le nord du Tchad, en novembre 2011 et février 2012.Barro 7Barro 16

Invité d’Honneur 2013 : Hans Silvester

Né le 2 octobre 1938 à Lörrach en Allemagne, Hans Silvester se découvre très tôt une passion pour la photographie. Il réalise ses premiers clichés vers l’âge de quatorze ans quand ses parents lui offrent son premier appareil. À partir de 1955, jeune diplômé de l’école de Fribourg, il effectue un voyage à travers l’Europe, notamment en Camargue, et s’intéresse rapidement au reportage. Son premier succès sera un reportage de 1960 accompagné de textes de Jean Giono. Tombé amoureux de la région, le photographe allemand s’installe en Provence en 1962.

1964 marque le début d’un long périple à travers le monde avec un reportage en Amérique du Sud pour une organisation caritative. Il parcourt les États Unis où il s’établit pendant 6 mois, puis l’Amérique Centrale, le Japon, l’Égypte, le Portugal… Il rejoint l’agence Rapho en 1965. En 1977, il inaugure la revue Géo en publiant un reportage sur un village du pays basque. Hans Silvester s’intéresse à tout : de la pétanque aux oiseaux en passant par les chevaux évidemment, pour lesquels il sera primé à la Foire du Livre de Leipzig.

Peu à peu, dans les années 80, il s’attache à défendre l’environnement et publie des reportages consacrés parcs naturels d’Europe, dénonce les ravages de la déforestation en Amazonie, réalise un long reportage sur la rivière Calavon sous le titre La rivière assassinée et enfin s’intéresse à l’exploitation de la forêt en Amérique du Nord. Entre deux reportages à l’autre bout du monde, Hans Silvester photographie toujours les animaux : chevaux, chats et pigeons… Après avoir publié un reportage sur les cerfs-volants du monde entier, il termine en 2006 un travail saisissant de plusieurs années sur les peuples de la Vallée de l’Omo, en Éthiopie.

Premier militant écologiste à s’être emparé de l’outil photographique comme d’une arme de persuasion, il est aussi un photographe animalier reconnu comme en témoigne l’immense succès de son livre Les Chats du soleil. Son œuvre acquiert aussi une dimension sociologique et patrimoniale lorsqu’il chronique la vie des habitants d’un village basque sur trente ans, ou saisit les éphémères peintures corporelles des peuples de l’Omo en Éthiopie.


Hans Silvester

Bibliographie :

Derrière l’objectif de Hans Silvester, éditions Hoëbeke, 2011

Portraits d’animaux : Chevaux de Camargue, éditions de La Martinière, 2011

Tsiganes et gitans, éditions de La Martinière, 2011

Fenêtre sur l’Afrique, éditions de La Martinière, 2010

Un monde de chats, éditions de La Martinière, 2010

Les habits de la nature, éditions de La Martinière, 2007

Les peuples de l’Omo, éditions de La Martinière, 2006

C’était ailleurs, éditions de La Martinière, 2006

Un amour de chat, éditions de La Martinière, 2006

Les chats du soleil, éditions de La Martinière, 2005

Arbres : Histoires de paysages en Provence, Aubanel, 2004

Deux expositions lui sont consacrées à BarrObjectif  2013 :

« Donga : se battre pour l’amour »

Dans la vallée de l’Omo, chez les Surma, le Donga est un moment important de l’année. L’Omo est une rivière qui coule aux confins de l’Éthiopie et du Soudan. Les Surma sont des éleveurs un peu fâchés avec les frontières comme toutes les tribus semi-nomades. Et même si les Kalachnikovs et les téléphones portables commencent à faire leur apparition, les Surma continuent de se passer de la monnaie officielle du pays. Là-bas ce qui compte c’est la vache. Huit vaches pour une vieille Kalachnikov, trente pour un modèle récent, quarante pour une épouse.

Pour obtenir une épouse, il y a aussi le Donga. Littéralement, cela signifie « duel au bâton ». Tous les ans, si la récolte a été bonne, les jeunes hommes s’affrontent dans des Donga. Entièrement nus, le corps recouvert de peintures très artistiques, pour attirer l’attention, les combattants se livrent à des duels en se servant d’une arme redoutable, un simple bâton de plus de deux mètres.

Hans Silvester nous place aux premières loges de ces combats.

En fait le Donga c’est un concours qui désigne les hommes les plus valeureux, les plus forts. Ce sont eux qui seront choisis par les jeunes femmes pour passer une heure, une nuit, de plaisir, derrière un buisson. Parfois, le flirt peut conduire à un véritable amour et aller jusqu’au mariage. De nombreuses familles sont nées grâce au Donga. Mais avant d’en arriver là, il faut passer par cette épreuve terrible à laquelle a assisté Hans Silvester. « C’est une question de vitesse, d’agilité et de prévoyance. Il faut prévoir les coups qui vont arriver. À ce moment-là, on peut se défendre avec le bâton. Donc, c’est rude et c’est très puissant. Ca peut faire très mal. C’est un peu comme la boxe. Il y a beaucoup de blessures. C’est sûr que les os de la main sont très fragiles, les jambes c’est pareil. Et le plus dangereux, c’est vraiment le foie. Un coup sur le foie ça ne pardonne pas. Ca peut être mortel. Et chaque année, il y a des morts. »

Les combats ne durent pas plus de cinq minutes. Le plus faible des adversaires se met à genou s’il sent qu’il n’aura pas le dessus. D’autres veulent résister et s’en sortent avec des fractures. Quand il y a un mort, le Donga s’arrête et l’on discute de la façon dont le vainqueur va indemniser la famille du vaincu.

Pour les Surma, le Donga est un jour de fête. Ce grand festival de lutte marque traditionnellement la fin des récoltes, l’assurance d’une année de subsistance et de la pérennité du clan. Durant le Donga, les villages alentour rassemblent leurs hommes en âge de procréer afin de parader, d’exalter leur beauté et leur force auprès des villageoises. Virilité, force et beauté sont poussées à leur paroxysme. On se bat, on se blesse, on meurt parfois, mais on séduit aussi… Jeunes hommes et femmes s’unissent parfois pour une nuit, parfois pour une vie. Armés de bâtons de presque deux mètres de long, les hommes luttent, les coups sont rudes, les corps abîmés souffrent. Des peintures corporelles préliminaires aux rites de séduction, en passant par la lutte elle-même, Hans Silvester nous invite à découvrir ce spectacle puissant, venu d’un autre âge.

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« Epouvantails: Carnaval champêtre »

Jusqu’à ces dernières années, l’épouvantail est demeuré ce qu’il était depuis des millénaires : pour les hommes, une silhouette familière du décor des champs; pour les oiseaux, tantôt un repoussoir, tantôt un perchoir.

Mais le modernisme a fait de ce pantin agreste une espèce en voie de disparition.

Seuls quelques poètes et quelques sages protestent ;  » Vous détruisez, accusent-ils, à la fois une tradition , une œuvre d’art et un avatar encombrant de vous même. »

Le photographe Hans Silvester est de ces nostalgiques. Il s’est pris de passion pour  » hommes de pailles « , en 1968, au Japon. Depuis, il n’a cessé de traquer ces inoffensifs croque-mitaines dans toutes les campagnes où le menaient ses reportages. En Egypte, en Pologne, en Espagne, en Yougoslavie,en Ethiopie, il a ainsi fixé sur pellicule une ahurissante théorie de mannequins qu’à tort on croit souvent sans âme.

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Alessio Romenzi – Prix Lucas Dolega 2013

Alessio RomenziNé en 1974, Alessio Romenzi est basé au Moyen-Orient. Il a couvert extensivement le Printemps Arabe depuis le début, avec une attention particulière pour l’Égypte et la Libye. Il a ensuite couvert la Syrie, et a été l’un des premiers photographes a rentrer dans le pays clandestinement, alors que le régime de Bachar Al-Assad commençait à utiliser des armes lourdes contre l’opposition et à interdire l’accès aux journalistes.

Ses photos ont été régulièrement publiées dans le monde entier, ainsi que pour des publications d’ONG : Amnesty International, FAO, Unicef, la Croix Rouge, Save the Children, Terres des Hommes, War Child International, parmi d’autres. Quand on lui demande ce qui le motive, il n’a rien de définitif à dire. Il pense simplement qu’un appareil photo est le meilleur moyen qu’il a de ne pas oublier ce qui se passe ailleurs.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2013 : Survivre en Syrie

Les troubles qui agitent la République Arabe Syrienne depuis mars 2011 continuent d’affecter les populations civiles, en particulier dans les catégories les plus vulnérables de la population. La situation se détériore dans les villages et villes du pays, laissant les habitants sans protection, abri, nourriture ni eau. Beaucoup de civils ont été tués tandis que les autres survivent dans la peur quotidienne. Bien qu’ils soient nombreux à s’être enfuis et réfugiés dans les pays voisins, ceux qui n’ont pas pu quitter le pays sont constamment exposés à la violence du conflit.
 Je me suis intéressé à la Syrie depuis le début du soulèvement dans le monde arabe, et la guerre civile qui s’est déclenchée a accaparé mon attention. Mais trouver des accès et pouvoir rentrer dans le pays a été très difficile : avec l’accélération des violences et l’instabilité de la situation, ça a été quasi impossible pour les journalistes de savoir quand et comment accéder aux points chauds du conflit. À un moment crucial pour moi, j’ai décidé d’aller au Liban et d’attendre le bon moment pour entrer en Syrie. Cela m’a pris beaucoup de temps de trouver un moyen et ça n’a pas été sans risques. Une fois à l’intérieur, j’ai eu la chance d’être au cœur du conflit et de partager avec les populations civiles leur tragique expérience. J’ai passé plus de deux mois avec des familles syriennes, ainsi qu’avec des membres de l’Armée Syrienne Libre, en essayant de comprendre ce qu’ils pensaient, ressentaient et souffraient. C’est ainsi que j’ai été invité à capter leur vie dans des moments très intimes. Le but de ce travail est de continuer à faire prendre conscience de ce qui se passe en Syrie, et de faire réfléchir sur la destruction et les souffrances que la guerre amène dans la vie des personnes.

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Loïc Poidevin – Animaux du Monde

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Loïc POIDEVIN, photographe amateur, passionné de voyages et de rencontres insolites,

Parcourt la terre pour y rencontrer ses frères humains et ses amis animaux.

Premières photos en 1960,

Premier concours en 1970 avec une sélection à l’expo « Nature » de BUDAPEST.

Après une longue pose de 20 années pour raisons familiales et professionnelles, le virus le rattrape et tout son temps libre est désormais consacré à la photo, avec une préférence marquée pour la faune.

De nombreux clichés ont été sélectionnés dans des concours nationaux et internationaux (MONTIER EN DER, ABBEVILLE, NAMUR, etc…) ainsi que dans plusieurs revues comme CHASSEUR D’IMAGES ou PHOTO.

Membre actif du Photo-club de Pont-St-Martin, il y partage son expérience et sa passion.

Email : loicpoidevin@hotmail.fr

Participe à de nombreux concours :

– Festival de l’oiseau / Marquenterre

– Festival Canon à Namur

– Festival de Montier-en-Der

Exposition personnelle :

– 1995 (Paris)   thème : Animaux d’Afrique

Voyages effectués

– Kenya / Tanzanie / Burundi / Zaïre / Botswana / Zimbabwe Namibie / Afrique du Sud / Madagascar / Seychelles/  Ethiopie

– Fauklands / Vénézuela / Brésil / Galapagos

– Alaska / Canada

– Shetland / Ecosse / Danemark / Pologne /  etc….

EXPOSITION BARROBJECTIF 2013 : Animaux du Monde

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