Anne-Marie Croutzet – Érrances géorgiennes


J’habite la forêt landaise …

J’aime cueillir des champignons …
Je préfère le lilas mauve …
Je déteste les autoroutes …
j’adore les points de suspension …

les photos sont des points en suspension …
témoins de la réalité, à distance de la réalité …
Je photographie pour la distance aux choses …

au delà de sa forme et de son sujet, l’image devient nouvel objet, fascinante,
les codes qu’elle porte en elle, sont sa propre vie …

 

fabriquer des images pour dire sans les mots : attraper l’Air du temps …
raconter un lieu …

Choisir inconsciemment ce que je veux voir … quelque chose résonne en moi …
une évidence extérieure, une exigence intérieure, rentrées en concordance, en une fraction de seconde, je déclenche …

images pieuses, images exorcistes, ces images portent en elles ma réalité …
depuis 2012, mon apn est l’œil de mon cœur …

Anne-Marie Croutzet

 EXPOSITIONS BARROBJECTIF 2017 :  Érrances géorgiennes

Érrances géorgiennes-1 Juste mes premières impressions, Sans rien attendre, sans rien chercher. Avec le regard neuf, avec le cœur ouvert. Rester étrangère, garder mes distances.
Oser aller trop près, savoir reculer.Juste me laisser imprégner. Je reviendrai retrouver ces gens courageux, qui se contentent de peu : le pain, le vin, la religion.
Une histoire chaotique. Un passé culturel riche. Un présent économiquement pauvre. Je les ai aimés, je les ai photographiés.Érrances géorgiennes-2

Érrances géorgiennes-3

 

Anita De Roquefeuil – Siberia : from future past

Anita De Roquefeuil est photographe freelance, née à Bordeaux en 1986, elle est fascinée Portrait de Anita De Roquefeuilpar la Russie et les anciens pays de l’URSS.

La photographie pour elle est une façon d’enquêter sur la vie quotidienne des différents groupes et communautés dans le contexte des changements environnementaux, politiques, sociaux et ou économiques.

Son travail tente de montrer l’impact de l’activité humaine, les modes d’adaptation et la diversité des modes de vie.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 – Siberia : from future past

Ce reportage a été réalisé au cours de séjours en Sibérie, entre 2015 et 2017, de l’Altaï, en passant par le Kraï, de Krasnoïarsk à l’Oblast d’Irkoutsk. Une manière de tirer le portrait d’un monde en train de basculer.

Ces régions ont été fortement marquées par les années de l’Union soviétique, qui ont accaparé l’identité des Russes. A cette époque, l’individualisme avait disparu derrière une idée, celle du communisme.

Certains Russes de Sibérie, comme dans beaucoup de ces régions oubliées financièrement par Moscou, paraissent regretter cette époque. Ils semblent dire que la vie était plus facile avant.

Aujourd’hui, la vie des Sibériens est plus complexe. La jeunesse quitte les campagnes pour les grosses villes de l’ouest de l’Oural. Ceux qui restent sont partagés entre un besoin d’émancipation individuelle et une retenue profonde qui est sans doute liée à l’histoire du pays.

Cette dualité se traduit par des scènes du quotidien surréalistes, une multi-nationalité insoupçonnée, une âme slave toujours aussi insondable, et qui pourtant toujours nous ramène en Russie.

Jean-Éric Fabre – Ad Terrae acta : correspondances congolaises

Éric Fabre, dit Jean-Éric, né à Paris. Après des études à l’école EFET, je travaille quelques années comme tireur noir&blanc.

portrait de Jean-Eric Fabre par Stephen Bartels. London, Pimlico (UK)

© Stephen Bartels. London, Pimlico (UK)

Lors d’un de mes voyages, je m’attarde au Congo où je reste plusieurs années. Ce voyage au long cours me marquera de son empreinte, et oriente ma carrière de photographe que j’ai reprise à part entière dès le début des années 2000. Je documente la vie en brousse depuis 1993. Mes images et reportages sont diffusés par des agences et sont à destination de la presse, y compris scolaire et de jeunesse, de l’édition, et des muséums d’histoire naturelle.
Ad Terrae acta présente un extrait de mon projet de livre, entre poésie et documentaire.

EXPOSITION BARROBJECTIF 20017 : Ad Terrae acta : correspondances congolaises

Ad Terrae acta est le journal de ma vie en Afrique. J’ai vécu sur cette Terre, au-delà du Mayombé, dans les grandes plaines de la vallée du Niari au Congo. J’étais forestier en Afrique là, à deux pas des contreforts de la vieille montagne, l’Équateur à 260 miles plus au nord, le vent venu de l’Atlantique laissait de temps à autre s’installer un climat plus serein que partout ailleurs (ne l’appelions-nous pas la petite Suisse du Congo ?).
Pourtant rien ne me disposait à vivre ici, parmi les arbres, loin de toute vie tracée au cordeau. Du passage sur une piste, d’un pont traversé, d’un recoin de forêt ou de savane visité, d’un animal observé, d’une rencontre furtive dans un village, il subsistera, tapi au fond de votre cœur, un sentiment léger d’une époque à jamais révolue. Une photo attestera peut-être de ces moments, mais au fin fond de la brousse, des générations s’en souviendront pour les avoir vécus ou entendus de la bouche des anciens.Ad Terrae acta 4
Laissez-moi vous conter, à travers mes photos, ces tranches de vie. Et puis ces lettres, peu empruntées au qu’on dira-t-on, collectées au fil des années, adressées à ma femme, à des tiers ou à moi-même. Ces lettres vous sont livrées telles quelles pour en garder l’authenticité.

Ad Terrae acta 15

 

Je suis lié à ces gens, à cette Terre.

Ulia Grigoryants – Les habitants du vide

Portrait de la photographe Yulia Grigoryants exposant Les habitants du vide à barrœjectif 2017Ulia Grigoryants est photographe et productrice indépendante, basée actuellement en France, Yulia Grigoryants a développé son talent de conteur dans ses documentaires sur des questions sociales, culturelles, humanitaires, partout dans le monde, y compris dans des zones de conflit.

Née à Baku, Azerbaïdjan en 1984, elle a fui avec sa famille la violence contre la population arménienne en 1988. En grandissant, elle a traversé une période de guerre, de secousses politiques et sociales, de grands changements et de dures épreuves.

Ses reportages couvrent la vie des zones de transition, des minorités ethniques, et ont été exposés et publiés dans plusieurs pays. Ses photos ont été exposées deux fois à Erevan à la Maison de l’ONU. En 2015, elle a créé une exposition personnelle dans la région frontalière de l’Arménie, racontant son histoire du conflit.

En 2016 Yulia a été nommée Best New Talent aux International Photography Awards, et a remporté le premier prix dans la catégorie Editorial. Nominée aux Lucie en 2016, elle a également exposé en France, en Chine, aux Philippines, et en Russie.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Les habitants du vide

Syuzanna (9) assise dans un «refuge» en pièces rouillées anciennes en face du bâtiment abandonné, elle vit à Gyumri, en Arménie. Il y a dix jours, le père de Syuzanna s’est suicidé, comme on dit, en raison des dettes.

En 1988, un important séisme (7 à l’échelle de Richter) frappa le nord de l’Arménie, faisant au moins 25 000 morts. Les blessés et les maisons démolies se comptaient aussi par milliers. Deuxième ville d’Arménie, Gyumri a été la plus touchée. Dès les années 1990, la guerre, la chute de l’Union soviétique, la pénurie d’énergie, et un blocus qui ne laissait que deux frontières ouvertes à ce pays enclavé, ont contribué à aggraver ses sérieux problèmes sociaux et économiques.

Lusine – La mère de Syuzanna, à l’âge de 30 ans , mère de 5 enfants dans son appartement d’une seule pièce, sans soutien après que son mari s’est suicidé quelques jours auparavant.

Vingt-cinq ans après, le taux de pauvreté à Gyumri, 47,7%, est le plus élevé du pays. La ville a vu partir en masse ses travailleurs, perdant ainsi la moitié des habitants. Des milliers vivent toujours dans des abris de fortune, attendant les secours. D’autres que le séisme avait épargnés ne seront pas relogés pour cette raison. Un quart de siècle plus tard, ils attendent toujours la remise en état de leurs logis.

A l’époque soviétique, ces deux immenses cités-dortoirs de la banlieue de Gyumri abritaient chacune une soixantaine de familles. Aujourd’hui, entre ces murs croulants et ces couloirs dilapidés, elles ne sont plus que quatre.

La survivante du tremblement de terre de Gyumri, Karine Hovannisyan (57), qui résiste à ce bâtiment pendant 26 ans, a lancé un feu à partir de buissons secs et de branches devant sa maison.
– « Je vais brûler tout ici! Tout! » – Elle crie avec un sourire.

Hubert Sacksteder – Domicile : cimetière

Portrait de Hubert SackstederMon premier appareil photo a été confisqué durant mon service militaire à Berlin, en 1970, alors que je faisais des photos à l’intérieur de l’unité. A cette époque-là, je voulais devenir journaliste, je suis devenu linguiste.
Quarante ans plus tard, à l’âge de la retraite, j’ai toujours la passion des gens, de la vie, du regard sur la vie et je retrouve la photographie, enfin !
Hubert Sacksteder

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Domicile : cimetière

Cimetière de Carreta à Cebu

Vue partielle sur le cimetière Carreta, à Cebu

Cimetière : terrain, le plus souvent clos de murs, dans lequel on enterre les morts.
Aux Philippines cependant, particulièrement dans les grandes métropoles comme Manille
ou Cebu, de nombreuses familles vivent dans les cimetières, parfois depuis plusieurs
générations.
Ainsi, le North Cemetery de Manille, lieu pour les morts certes, compte près de deux mille habitants. Lieu de vie donc. Les conditions de vie y sont bien moins précaires que celles des sans-abri qui vivent sur les trottoirs de ces villes-là. Lesmausolées servent d’habitat, il y a plusieurs points d’eau dans l’enceinte du cimetière, la pollution est bien moindre que dans les rues congestionnées de la ville. Chaque jour, il y a une vingtaine d’inhumations dans ce cimetière. Et la mort procure du travail : les hommes construisent et entretiennent les tombes et les mausolées, portent les cercueils lors des obsèques, procèdent aux exhumations, taillent et gravent les plaques funéraires, conduisent les tricycles pour transporter les gens qui viennent rendre visite à leurs défunts. Les femmes s’occupent des enfants, du ménage, de la cuisine, élèvent des poules, cultivent des fleurs, fabriquent et vendent des cierges.
Les enfants, comme partout, jouent…

Serge Simon – Birmanie secrète

Serge Simon photographe professionnel depuis 1976. J’ai travaillé pour la presse, l’édition et la publicité. Je suis également auteur de nombreux ouvrages, en collaboration avec Dominique Simon, mon épouse pour les textes. Pendant plus de 20 ans j’ai photographié la faune sauvage d’Afrique, d’Amérique du Nord et d’Europe. Ensuite, les animaux de compagnie ont été le sujet principal de mon travail, suite à de nombreuses commandes.
En 2004, je m’oriente vers une photographie humaniste en noir et blanc et reste fidèle à l’argentique. (je développe mes films et fais mes tirages consacrés essentiellement aux expositions.)
Passionné par les peuples au mode de vie différent du nôtre, j’ai rencontré et photographié les Peuls et les Toubous au Sahel, les nomades mongols dans le désert de Gobi, les femmes Meena et les Raïkas au Rajasthan ; plus récemment les ethnies Padaung, Karen, Kayah et Chin en Birmanie.

Mes photos sont un témoignage modeste et respectueux de la vie quotidienne de ces   hommes. Je ne cherche pas l’image-choc qui provoque l’horreur ou la pitié ; au contraire, je recherche plutôt le sourire ou la tendresse qui évoque la sérénité, sinon le bonheur, dans l’art de vivre de ces peuples.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Birmanie secrète
(République du Myanmar)

Ce qui frappe le voyageur dans ce pays resté à l’écart des circuits touristiques pendant des décennies, c’est la gentillesse, le sourire et la sérénité des Birmans. Les 52 millions d’habitants se répartissent sur une surface de 676 000 km2, bordée par la Thailande et le Laos à l’est, la Chine au nord, l’Inde et le Bangladesh à l’ouest.
Les paysages sont très variés, de l’immense plaine du fleuve Irrawady où l’on cultive le riz aux chaînes de montagnes de l’est et de l’ouest, couvertes d’une forêt tropicale où l’on exploite le teck. Le pays est essentiellement agricole et l’artisanat très varié joue encore un rôle important.
La Birmanie offre une des plus grandes diversités ethniques au monde (plus de 130).

L’ethnie birmane est la plus importante avec 70 % de la population. Certaines ne sont représentées que par quelques milliers d’individus : les Padaung par exemple, bien connus pour les colliers en laiton que les femmes portent autour du cou ; leur région longtemps en conflit avec la junte birmane les a poussés à se réfugier en Thailande ; ils reviennent aujourd’hui dans leurs villages suite au cessez-le-feu d’octobre 2015 ; leur territoire est ouvert aux étrangers comme celui d’une minorité Chin isolée à la frontière du Bangladesh, où vivent encore les dernières femmes au visage tatoué d’une toile d’araignée.

La religion bouddhiste est omniprésente : 90 % de la population la pratique et plus de 500 000 moines la représentent. Le site de Bagan est le plus spectaculaire avec ses 2000 pagodes et stoupas. Pour tous les bouddhistes, les hauts lieux de pèlerinage sont la pagode Shwedagon à Yangon et le Rocher d ’Or.                                                   La Birmanie… un monde fascinant et unique.

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Serge Simon 2013 – Les Toubous du Sahara
Serge Simon 2014 – Pélérinage des hassidim à Lelow

Jeanne Taris – Gitans de Perpignan : et demain …

Elle aurait aimé être… correspondante de guerre. Son premier déclic ? Un voyage en Espagne.

Jeanne Taris n’a alors que 17 ans. Depuis ce jour, son appareil en bandoulière elle parcourt le monde et nourrit son goût sans limite pour « l’aventure » aux quatre coins de planète. Globetrotteuse insatiable, elle trouvera très vite en Leica son meilleur allié.
Celui qui lui fournira ce « piqué » et cette « empreinte » si particuliers pour ses premières séries en noir&blanc abordant les thèmes notamment des « Pêcheurs » ou des « Funérailles » en Afrique de l’Ouest. Sa relation à l’appareil mythique débutera – pour l’anecdote – par l’achat d’une housse en cuir nue ( pour «cette beauté unique de l’objet » confie-t-elle ) avant qu’elle ne se tourne en 2013 vers un premier compact d’occasion puis, deux ans plus tard vers un nouveau boîtier.

Ses travaux photographiques célèbrent toujours « au plus près » l’échange avec les sujets dans une approche flirtant avec l’immersion totale. Si le cliché pour l’artiste n’est pas une fin en soi, il évoque toujours « sur le vif » des tranches de vie sous la forme d’instantanés, de portraits intimistes puissants ou encore des scènes de vie fragiles ne laissant place à aucun voyeurisme ni paternalisme. Un regard libre au service de cultures parfois reculées et inaccessibles pour le commun des mortels (en l’occurence sa série confidentielle sur les rites funéraires en Côte d’Ivoire) tout en s’appuyant sur une demarche quasi sociologique.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Les Gitans de Saint-Jacques

Ils sont six mille, peut-être sept mille, gitans à vivre dans le quartier Saint-Jacques, au cœur historique de Perpignan. Dans cet entrelacs de ruelles, les maisons sont délabrées, insalubres parfois, les enfants sont dehors jusque tard dans la nuit, peu vont à l’école. Les femmes, assises sur des chaises pliantes, sur le pas de leur porte les regardent jouer tandis que les hommes, souvent absents, font la sieste ou se retrouvent sur les places du quartier.
Depuis des années, la drogue ronge la jeunesse. Les églises évangéliques, aussi actives que conservatrices, tentent de sauver les brebis du quartier. À Saint Jacques, peu de gens
travaillent, beaucoup vivent des allocations. Le tableau est noir. Les clichés ont la vie dure. Et beaucoup disent que le futur ne s’annonce pas meilleur.
Et pourtant, Jeanne Taris s’est prise d’affection pour ces familles qui l’ont accueillie, elle, la « payo » qui est entrée dans leur quartier un jour de septembre 2016, qui a passé de longues heures assises à leurs côtés sur les trottoirs, les a photographiés les jours
de fête et les matins quotidiens.
En arrivant à Saint-Jacques désormais, elle ne manque jamais d’aller saluer Jeanne, Marceline, Joseph, Ange, Monique, Pacheco, Chatou, Désiré, Thierry, Antoine, Pitchuro,  Ismaël… Jeanne s’est rendue à plusieurs reprises dans ce quartier, que certains n’hésitent pas à appeler ghetto et où les Perpignanais ne vont quasi jamais. Elle a passé des journées, des nuits, une fête de Noël et un jour de l’an avec les Gitans de Saint Jacques. En cherchant la lueur d’espoir, la joie, la convivialité qui malgré tout transparaît.Jeanne Taris 2016 – Gitanos de le ciudad sin Ley

Jeanne Taris – Gitanos de le ciudad sin Ley

Elle aurait aimé être… correspondante de guerre. Son premier déclic ? Un voyage en Espagne.

jeanne-taris-expo17

Jeanne Taris n’a alors que 17 ans. Depuis ce jour, son appareil en bandoulière elle parcourt le monde et nourrit son goût sans limite pour « l’aventure » aux quatre coins de planète. Globetrotteuse insatiable, elle trouvera très vite en Leica son meilleur allié.
Celui qui lui fournira ce « piqué » et cette « empreinte » si particuliers pour ses premières séries en noir&blanc abordant les thèmes notamment des « Pêcheurs » ou des « Funérailles » en Afrique de l’Ouest. Sa relation à l’appareil mythique débutera – pour l’anecdote – par l’achat d’une housse en cuir nue ( pour «cette beauté unique de l’objet » confie-t-elle ) avant qu’elle ne se tourne en 2013 vers un premier compact d’occasion puis, deux ans plus tard vers un nouveau boîtier.

Ses travaux photographiques célèbrent toujours « au plus près » l’échange avec les sujets dans une approche flirtant avec l’immersion totale. Si le cliché pour l’artiste n’est pas une fin en soi, il évoque toujours « sur le vif » des tranches de vie sous la forme d’instantanés, de portraits intimistes puissants ou encore des scènes de vie fragiles ne laissant place à aucun voyeurisme ni paternalisme. Un regard libre au service de cultures parfois reculées et inaccessibles pour le commun des mortels (en l’occurence sa série confidentielle sur les rites funéraires en Côte d’Ivoire) tout en s’appuyant sur une demarche quasi sociologique.Portrait jeanne-taris-photo

 

Actuellement établie à Lège-Cap-Ferret (33), Jeanne Taris travaille actuellement sur sa nouvelle série autour d’une communauté Gitane d’Andalousie.

 

EXPOSITION BARROBJECTIF 2016 : Gitanos de le ciudad sin Ley

C’est dans le quartier de la « Ciudad Sin Ley » ( La Cité Sans Loi ) du village du sud de l’Espagne que Jeanne Taris est partie, à la rencontre d’une communauté Gitane d’Andalousie. A la suite d’une série de portraits réalisés dans la rue, la photographe parvient à se faire accepter et à saisir des scènes de vie inédites prises sur le vif : fabricant de cannes « vara gitana » à l’ouvrage, moments fugaces de tendresse entre un père et son fils, jeunes adolescentes euphoriques dansant le flamenco, instants de partage d’une famille à l’heure du repas… Autant de « tableaux » et de scènes de vie ou d’intérieur où le monde gitan ouvre finalement sans retenue les portes de son quotidien avec un sens inné de la représentation théâtralisée…

 

 

 

 

Sans superlatifs, Jeanne Taris revient sur la vie « parquée » de ces hommes et ces femmes à l’histoire longtemps occultée.

Philippe Geslin – Ceux du grand pouce

GESLIN PORTRAIT

Philippe Geslin

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Ethnologue, je suis né en France en 1960. Mon métier, l’ethnologie, me permet de bourlinguer en observateur attentif, en acteur inquiet, toujours soucieux de rendre compte avec minutie des liens qui se tissent entre les Hommes et les choses dans des univers contrastés. Des portions de vie partagées, au bout du Monde, en Afrique, en Asie, en Amérique, au Groenland où je partage la vie des derniers chasseurs inuit depuis cinq ans. Des rencontres surtout, au fil de terrains incroyables, aux plaisirs évidents, aux souffrances moches.

J’enseigne en Suisse, à Neuchâtel, une ville au sein de laquelle je dirige un laboratoire de recherches en anthropologie. En parallèle à un parcours académique national et international, ces rencontres m’ont permis d’élaborer une anthropologie spécifique, discrète et reconnue, au plus proche de la réalité sociale. Une anthropologie « impliquée » répondant aux demandes de ceux qui furent jadis et sont encore les objets de nos enquêtes ethnographiques.

La photographie m’accompagne toujours dans ces vies entre deux cultures. Elle est pour moi un véritable mode d’expression littéraire. Exposée simplement ou mise en scène, elle me permet d’atteindre un plus large publique, de rendre compte par le sensible du « fantastique social » cher à Pierre Mac Orlan, avec ses joies, ses inquiétudes et le regard qu’il nous incite à porter sur notre société. Elle me permet enfin de retrouver dans ma pratique cette combinaison subtile qui fait de l’ethnologue un glaneur d’émotions, celles d’autrui façonnées par les siennes propres.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Ceux du grand pouce

Dire la continuité des mondes. Rechercher dans les moindres détails les attitudes intactes du passé. Celles décrites par nos aînés les voyageurs. Celles de nos rêves de gosses. En ethnologue, je sais que cette collecte est vaine ou presque. Et pourtant chacun de mes voyages est un recommencement, un quasi entêtement. Prendre le temps, en vagabond sensible, curieux et exigeant. Déplier les territoires des êtres et des choses, en révéler les coulisses, en suivre les méandres, en restituer le sensible et l’anodin. Dans ces contrées lointaines, c’est dans l’imperceptible et le ténu qu’on saisit l’univers. Mon appareil photographique en carnet d’aquarelle plus qu’en carnet de note. Elle permet la caresse et le chevauchement, à la touche de lumière, avec cette palette étrange réduite au noir et blanc pour dire l’inquiétude. J’aime l’effort d’exploration, le temps de pause qu’elle demande à ceux qui la regardent. Un regard au plus proche de celui que je vis sur mes terrains comme ici, au cœur du Groenland, aux confluences des baies de Melville et de Baffin.

« Ceux du grand pouce », c’est ainsi qu’ils se nomment, sont les derniers chasseurs inuit. Ils vivent encore au rythme des saisons, de la banquise et de la mer, des tempêtes et du froid. Extrêmes. Ils guettent la présence des phoques, celle, plus rare, des bancs de bélougas à la peau claire. Sur la banquise, les chiens, presque des loups, attendent l’hypothétique départ pour la chasse. Attentes. Tout semble en suspens pour ces peuples du nord. Quotidiens malmenés. Dans cet univers minéral, on se résigne, aux coups de boutoir du pétrole, des quotas et des mines. Ruptures. Ils font gueuler plus fort l’esthétique du pôle.

Site internet de Philippe Geslin

Marta Rossignol – Amish, un monde décalé

Bordelaise d’adoption depuis 1993. Photographe passionnée de voyages, a réalisé
plusieurs périples au long cours autour du monde de 12 à 18 mois, en couple ou en famille, sac à dos ou en camping car.  Elle n’a jamais cessé de photographier la planète.

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Réalise divers reportages photos durant ses voyages :

1991-1992  1er tour du monde (12 mois) à travers l’Amérique du nord, Amérique centrale, Amérique du sud, îles du Pacifique, Australie et Asie
1994-1995  2e tour du monde (18 mois) à travers l’Asie, îles du Pacifique et l’Amérique
2002-2003  Tour de la Méditerranée (10 mois) 30000 km en Europe centrale, Afrique du nord et Moyen Orient
2006-2007  Périple de 35000 km (11 mois) en Amérique du sud
2010-2011  Périple de 37000 km (11 mois) en Amérique du nord

Adhérente à la Fédération Photographique de France, divers prix décernés :

2015 Diplôme du reportage (coupe de France) pour « lessive à Bénarès »
2013 Diplôme humain (coupe de France) pour «Anne»
2012 Diplôme humain (concours national couleur papier) pour « Le ballon rouge »
Diplôme du reportage (concours national images projetées) pour « Nuit mexicaine »
2009 Meilleure photographie (concours national couleur papier) pour « Regard hindou »
2003 Diplôme du reportage (concours national couleur papier) pour « Le Mellah, Rabat »

EXPOSITIONS :

2015 « Lalibela – Éthiopie » Nuits photographiques de Pierrevert
« Lalibela – Éthiopie »
« Les rêves de l’ourson»
2014 Festival Présence photographie, Montélimar
2014 Festival de photo reportage BarrObjectif, Barro
2e exposition Barrobjectif, Barro
2014 Château de France, Léognan
« A la rencontre de l’autre »
2000 Domaine de Fantaisie , Mérignac
UGC Bordeaux, CPAM centre Trégey
1999 CPAM Grand-Parc
1998 Club de la presse, Bordeaux, Aéroport de Bordeaux-Mérignac, Centre commercial Rives d’Arcins
1997 Centre culturel Georges Brassens, Léognan

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : AMISH, un monde décalé

Si les Amish sont connus dans le monde entier comme une image jaunie ressurgie du passé, très peu de gens connaissent leur vraie nature. Malgré des bus entiers de touristes déferlant dans certains villages, ils ont toujours su préserver leurs règles de vie ancestrales.
L’image idyllique style « Petite maison dans la prairie » est celle qui ressort de prime abord. Néanmoins, une immersion plus poussée dans une communauté de Pennsylvanie ou de l’Ohio, vous permet une plongée dans un décor oublié depuis plus d’un siècle. Celui d’un univers sans électricité, sans moteur, fait d’une vie simple et rustique où le travail de la terre, l’élevage et la religion sont les seuls piliers d’une vie rudimentaire, où le simple fait de passer une communication téléphonique à un parent éloigné prend des proportions titanesques.
Pourtant, passez plusieurs jours à proximité de ces hommes et ces femmes, et le charme opère immédiatement. La simplicité, le recueillement, l’envie d’un monde passé où la solidarité et le partage sont essentiels, où les valeurs ont un véritable fond et pas la forme d’une carrosserie ou la taille d’une piscine, où « passer un moment ensemble » prend tout son sens. Cette exigence dans la simplicité, vous prend immédiatement au cœur et vous plonge dans un abime de réflexions.
Sont-ils dans le vrai ? Nous sommes-nous fourvoyés dans une société matérialiste, consumériste et technologique, où le paraitre a plus de sens que l’être ? En partageant leurs repas de kermesse, leurs lieux d’échanges comme les marchés, les enchères publiques, – mais jamais leur intimité qu’ils préservent de toute pollution extérieure -, on éprouve un sentiment de bien-être, de douceur, de plénitude, vers lequel on se sentirait facilement glisser en silence.CV 2015 MartaExpo

Cependant, passé la magie des lieux, de retour dans le quotidien, devant mes clichés, un doute m’étreint alors. À la vue de tous ces visages d’enfants, une impression surgit. Une sorte de mélancolie ambiante, un vague à l’âme général, comme une profonde méditation. Hasard des cadrages ? Circonstances malheureuses ? Distorsion du regard ? Pure subjectivité de l’auteur ? Ou véritable état d’âme d’une jeunesse dans le doute ? Pourquoi un tel décalage entre le moment passé et le « retour sur image » ?

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Peut-être que la simple cadence d’une éducation « au naturel », au rythme du soleil, des chevaux, des moissons, du simple tic-tac des horloges familiales, des pas sur le chemin de l’école, laisse plus de place aux enfants amish pour flâner dans leur tête, se perdre et s’oublier dans leurs pensées ?

Qui peut le dire réellement ? À 16 ans les adolescents se confrontent au monde environnant à travers le « Running Time Period », une tranche de vie débridée de quelques années où tout est permis, y compris les excès, afin de choisir son avenir en toute conscience, celui des labours à cheval, ou des IPads. À 90 % les « brebis égarées » retournent vers leur communauté. Réelle motivation, ou incapacité à s’acclimater ? Seuls les Amish le savent…