Etienne Desclides – Les Derniers des Mentawaï

Né en 1978 en Charente, graphiste et photographe. Journaliste de formation, il travaille d’abord comme infographiste pour des medias français (BFM, Europe 1), puis comme directeur artistique au sein d’agences de communication digitale (Soleil Noir, Megalo[s]). Basé à Paris, il publie régulièrement son travail photographique dans un journal de bord interactif : http://nfabula.netetienne desclides

 

http://etienne.desclides.net

 

EXPOSITION BARROBJECTIF 2013 : Les Derniers des Mentawaï

Ce reportage a été réalisé en juillet 2012, à Sumatra. Avec l’aide d’une association locale, j’ai eu la chance de partir sur l’île de Siberut à la rencontre des Mentawaï, un peuple autochtone indonésien.

Les « Hommes-Fleurs » vivent retranchés au cœur de la forêt humide dans de longues maisons claniques sur pilotis. Ils pratiquent des cérémonies rituelles chamaniques, se tatouent et mettent des fleurs d’hibiscus dans leur cheveux pour plaire aux esprits environnants.

Au siècle dernier, le gouvernement a entrepris de sédentariser et d’évangéliser ce peuple animiste (« orang bodoh » pour hommes stupides) en les regroupant dans des villages en béton sur les côtes de l’île.

Aujourd’hui, la pression politique et religieuse est retombée mais la culture mentawaï reste fragilisée, le tourisme n’arrangeant rien : les jeunes ne se tatouent plus, préfèrent le riz du continent au sagou local et portent des t-shirts de surfeurs et des montres bling-bling plutôt que le traditionnel cache-sexe végétal.

Malgré ces bouleversements, certains groupes, comme celui de Bajak Sorumut, perpétuent leur mode de vie ancestral, dans la jungle, loin des villages gouvernementaux. Ils continuent de vivre à leur rythme, de chasser les singes avec des flèches empoisonnées, de récolter quotidiennement la chair du sagoutier et de raconter aux enfants les vieilles légendes de la création du Monde au coin du feu.

J’ai pu suivre le vieux chamane dans ses activités quotidiennes, chantant et déambulant dans la jungle, son parang renversé sur l’épaule ou bien répétant les gestes anciens de la fabrication du omai.

 

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