Adil Boukind _ Le Kalaripayattu

Adil BOUKIND est photographe documentaire indépendant, né en France et basé à Montréal depuis 2008. Ses travaux portent sur l’intégration des pratiques ancestrales dans le contexte de la société moderne et sur la manière dont elles se sont adaptées ou, au contraire, sont restées identiques. Le but de cette approche est de souligner quels sont les enseignements et les bienfaits qu’ils produisent. Parallèlement à son travail, il explore également les questions sociétales liées à l’identité et au territoire.

..EXPOSITION BARROBJECTIF 2020 : Le Kalaripayattu..

Considéré comme le pionnier de tous les arts martiaux, le Kalaripayattu (kalari signifiant école et payattu combat) a retrouvé sa notoriété ces dernières années. Bien qu’il existe depuis environ 5 000 ans, cet art martial originaire de la région du Kerala, au sud de l’Inde, a presque disparu pendant l’occupation britannique en raison de ses techniques mortelles dangereuses pour les soldats britaniques. De nos jours, les kalaris sont en train de rouvrir et ce type de combat a un renouveau en tant que technique d’autodéfense et en raison de ses bienfaits pour le corps.

Les artistes martiaux doivent être capables de se retourner complètement pendant le saut complet. Cela leur permet de mieux contrôler leurs techniques et de devenir plus imprévisibles aux yeux de leurs adversaires. © Adil Boukind
Les exercices de yoga font partie intégrante de la formation. © Adil Boukind

Comme un autre art martial qu’il a inspiré, le Kungfu, qui a également subi la répression, le Kalaripayattu continue d’être enseigné de la manière traditionnelle, à l’aube ou au crépuscule, pour éviter la chaleur indienne. Les combattants doivent suivre des étapes strictes, en commençant par l’exercice physique, puis en manipulant différentes armes telles dites de guerre telles que des lances, des épées et des boucliers, en terminant l’apprentissage de soins pour traiter les blessures. Pendant l’entraînement, les coups ne sont pas retenus, il n’est donc pas rare de voir des armes se briser sous des attaques ou des blessures, parfois graves.

Isabeau de Rouffignac _Marbre à tout prix

..COUP DE CŒUR DU FESTIVAL .. 

Photographe exposant à Barrobjectif

Graphiste de formation, Isabeau de ROUFFIGNAC a longtemps travaillé en agence en tant que directrice artistique puis en indépendante, découvrant la photographie au début des années 2000. C’est une révélation, et bientôt une évidence. Depuis, elle photographie les univers lointains ou proches, entre approche documentaire et démarche résolument artistique. Une ligne de conduite, comme un fil qui traverse ses travaux et leur donne leur cohérence : approcher l’autre, l’apprivoiser, prendre le temps, apprendre sa langue, se faire oublier.

Isabeau de Rouffignac est une discrète et une tenace. 
Depuis quelques années, elle se consacre entièrement à la photographie et explore la complexité d’autres cultures sur lesquelles elle porte un regard très personnel, toujours curieux, et fondamentalement empathique. C’est ainsi qu’elle a suivi, dans ses tournées aux confins du désert, un facteur indien, découvert la médecine traditionnelle akha en Thaïlande, remonté les traces du génocide des Khmers rouges au Cambodge.

Il y a, chez Isabeau de Rouffignac, une révolte sourde qui emprunte la photographie pour dire le sort des plus fragiles. Que cela soit son travail à Bhopal en Inde, sur les traces de la pire catastrophe chimique que le monde ait connue, ou ce dernier travail sur les mineurs du Rajasthan ce sont des plaidoyers pour celles et ceux, souvent sans voix, qui luttent toujours pour faire reconnaître leurs droits. Elle les raconte avec pudeur, nous offrant une photographie documentaire inédite, dans laquelle elle embarque ses sujets. Et nous avec eux.

..EXPOSITION BARROBJECTIF 2020 : Marbre à tout prix ..

Marbre, translucide dans les palais, veiné d’orangé, comme une feuille légère et fragile. Marbre. Autour de nos baignoires et de nos piscines, dans nos halls somptueux, dans nos aménagements récents comme au temps de nos rois. L’inde est un des plus gros exportateurs de marbre et le Rajasthan fournit 90% du marbre qui quitte le pays. Dans cette région, les carrières à ciel ouvert s’étendent à perte de vue, créant dans le paysage aride de gigantesques escaliers blancs où s’activent hommes et machines.

carrière de marbre
Les machines sont arretées, C’est la fin de la journée de travail. © Isabeau De Rouffignac

Depuis quelques années, la demande en marbre n’a fait que s’accroitre, rendant toujours plus difficiles et dangereuses les conditions de travail. Dans les mines de marbre indiennes, de pauvres payes, pas de contrats de travail, pas plus d’assurances.

Dans cette série, j’interroge l’univers des ouvriers du marbre sur leur lieu de travail, à travers les paysages, des portraits, des détails. Les mineurs sont vêtus de leurs vêtements quotidiens blanchis par la poussière de marbre qui s’incruste partout. Souvent, ils ne sont chaussés que de sandales. Ils devraient porter casques, gants et chaussures de protection, mais il fait chaud et, surtout, ces équipements de sécurité sont rarement fournis ou leur port n’est pas obligatoire. Quand il l’est, aucune vérification officielle ne vient s’assurer que les ouvriers soient correctement protégés. Tout au long de ce travail, je n’ai jamais vu d’ouvriers correctement protégés.

Au Rajasthan, la moitié des emplois sont fournis par le secteur du marbre. Sa présence en sous-sol a fait disparaître une part trop importante de l’agriculture. Son exploitation assèche les terres et il faut bien vivre de quelque chose. Certains travaillent là, comme leurs parents avant eux. Comment changer de vie quand on ne sait ni lire ni écrire et que l’on ignore ses propres droits ? Alors, on travaille au jour le jour. Faute de pouvoir épargner, quand arrivent les quatre mois de mousson et que l’exploitation des mines s’arrête le temps des fortes pluies, le seul moyen de s’en sortir est souvent d’emprunter à son employeur de quoi tenir jusqu’à la reprise du travail. Avec un taux d’usurier autour de 25 %, ils se retrouvent souvent pieds et poings liés avec les propriétaires des mines qui ont toute liberté pour imposer les conditions de travail.

Avant d’extraire le marbre, certains d’entre eux étaient agriculteurs et propriétaires de leur terre. Mal informés de sa valeur réelle, ils l’ont souvent cédée à vil prix et se retrouvent à travailler pour celui qui l’a acquise ainsi. Il y a aussi ceux qui sont venus d’autres régions de l’Inde pour travailler ici et retourneront chez eux pendant les mois de mousson.

Les conditions de travail sont telles que beaucoup souffrent de déshydratation, de blessures mal soignées, de problèmes auditifs. Surtout, les pathologies respiratoires sont très fréquentes, notamment la très dangereuse silicose provoquée par l’inhalation de particules de poussière de silice qui détruit les poumons. Elle ne se soigne pas. En 2016, une étude a évalué qu’un mineur de marbre sur deux serait (ou sera un jour) atteint de silicose ou de silico-tuberculose. Cela représente plus de 800 000 personnes.

L’état a mis en place des mesures pour améliorer les conditions de travail et prévenir les risques sanitaires, mais elles restent généralement lettre morte. Pendant ce temps, le marbre continue de détruire les corps et de tuer, mais il faut bien, chaque jour, aller travailler…

Alain Roux _ Les damnés de Dhaka

Alain ROUX est né en 1948. Médecin aujourd’hui retraité, il effectue plusieurs voyages dans le sous-continent Indien depuis plusieurs années pour en photographier les aspects sociaux.
Depuis 5 ans, il photographie la vie des paysans de l’Aubrac autour de chez lui.

2001 Prix de la photographie sociale et documentaire Paris
2003 Meilleur reportage Visa Off Perpignan
2004 Premier prix concours Agfa N & B
2006 Exposition sur les pratiques religieuses extrêmes en Inde et au Pakistan
2015 Expose galerie Espace 13 « les bidonvilles de Bombay« 
2016 Exposition collages photo « Orient extrême« 
2017 Exposition Phot’Aubrac « Mumbai central »
2018 Exposition N & B « Paysages de l’Aubrac » à la Maison de L’Aubrac
2018 Exposition Maison Charrier Nasbinals « Traditions de l’Aubrac« 
2019 Publication du livre  » Un dernier hiver » sur les paysans de l’Aubrac
2019 Expose à Phot’Aubrac « Les damnés de Dhaka » sur le travail et la pollution au Bangladesh
2019 Sollicité pour le prix de la fondation A. Khan
2020 Coups de cœur Fish Eye magazine

..EXPOSITION BARROBJECTIF 2020 : Les damnés de Dhaka..

Dahka a été fondée il y a 400 ans et a acquis le statut de capitale politique et économique en 1971.

Aujourd’hui Dhaka et sa proche banlieue comptent plus de 18 millions d’habitants contre à peine 1,5 Million en 1971, année où le Bangladesh a accédé à l’indépendance.

La pollution industrielle produite par les tanneries, usines textiles, briqueteries, chantiers navals,…est la première source de contamination.

À la pollution industrielle s’ajoute le rejet des eaux usées et matières fécales dont seuls 10% sont traitées.

La Buriganga, artère fluviale de la ville est devenue une rivière morte, véritable égout à ciel ouvert, bouleversant les conditions de vie.

La Buriganga, artère fluviale de la ville de Dhaka.
La Buriganga, artère fluviale de la ville de Dhaka. Alain Roux

Le désordre écologique est encouragé par l’absence d’application des lois, la corruption, les intérêts des investisseurs bangladais et étrangers.

Les ONG, journalistes et scientifiques défenseurs de l’environnement sont régulièrement menacés, voire physiquement agressés pour le combat qu’ils mènent.

Conséquences immédiates de l’exode rural et de la montée des eaux 30 % des habitants de Dhaka vivent dans des bidonvilles insalubres et survivent « grâce » à un salaire moyen de 40 euros par mois pour 10 heures de travail par jour dans des conditions dignes de la révolution industrielle en Europe au XIXe siècle, sous l’emprise d’un capitalisme anthropophage et auto destructeur.

Benjamin Filarski_ Lallubhai Compound

BIOGRAPHIE

Benjamin FILARSKI est un photographe franco-polonais, né en 1993. Il est distribué par studio Hans Lucas depuis 2015 et basé à Paris. Après une licence en sciences humaines et sociales (sociologie et sciences politiques) à l’université Paris 8, Benjamin travaille désormais en tant que photographe documentaire indépendant, en France et à l’étranger, sur des thématiques sociétales et l’actualité.

Déjà, au cours de ses études, il avait été amené à couvrir l’actualité internationale telle que la révolution ukrainienne de 2014 (lauréat du Grand Prix Paris Match du photoreportage étudiant) et le tremblement de terre au Népal en 2015 (finaliste du même concours). Aujourd’hui, il se concentre principalement sur deux projets au long cours autour des thématiques de la migration, l’intégration et la jeunesse : le premier concerne le processus d’intégration de deux jeunes frères syriens qui ont trouvé l’asile en Allemagne. Le second trace l’histoire d’un jeune travailleur népalais à travers laquelle Benjamin va pouvoir raconter le phénomène de la migration de travail qui touche la population népalaise. Au-delà de l’image en tant que telle, Il est avant tout animé par le sujet qu’il va aborder. La photographie est le médium qu’il va utiliser et qui le conduira à témoigner de la condition humaine.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2019 : Lallubhai Compound

Inde, Bombay, migration
Entourés de béton, aucune infrastructure n’a été mise en place pour que les enfants puissent jouer en plein air. Ces derniers trouvent ce qu’ils peuvent dans la rue pour tuer le temps qu’ils ne passent pas sur les bancs de l’école. L’un d’entre s’est trouvé une nouvelle occupation en sautant par dessus des tiges de bambou. Mankhurd, Bombay, Inde – 26 mai 2017.

À Bombay, plus de 40% de la population vit dans des bidonvilles. Depuis une quinzaine d’années, les autorités indiennes ont décidé de mettre en place un plan de « réhabilitation des bidonvilles » qui consiste à déplacer les pauvres vivant dans les bidonvilles du centre de Bombay vers la périphérie. Mais derrière ce projet se cache en réalité un marché immobilier très juteux pour les promoteurs qui marchent main dans la main avec le gouvernement. Le terrain vaut de l’or. Bien évidemment, ces derniers tentent de vanter les mérites du projet : remplacer les bidonvilles par des centres commerciaux, des quartiers d’affaires ou tout type d’infrastructures pour développer et embellir la capitale économique de l’Inde. Mais afin d’expulser les habitants, les autorités n’ont pas hésité à employer la force et falsifier des autorisations pour accélérer la procédure. Dans un système encore régi par les castes, les pauvres sont bien souvent dépourvus de droits car considérés comme des moins que rien.

Ainsi, cette spéculation immobilière qui ne dit pas son nom a laissé apparaître des dizaines de colonies de réinstallation autour de Bombay. Lallubhai Compound, l’une des plus grandes colonies de réinstallation de l’agglomération de Bombay, est sorti de terre en 2004. Ce sont près de 8 000 familles venant de différents quartiers de la ville qui vivent désormais dans ce bidonville vertical de 65 barres. Ces bâtiments, endommagés par les moisissures en raison de l’humidité et des hautes chaleurs, mais surtout en raison des mauvais matériaux de construction, semblent avoir été construits il y a 60 ans. Cependant, le principal problème reste les conditions de vie avec le manque d’accès à l’eau courante et l’absence de système de collecte d’ordures. En outre, le chômage chez les jeunes est l’une des causes principales de la délinquance.

En essayant de faire passer ce projet économique pour un projet social de relogement de la population vivant en bidonville, le gouvernement n’a fait que déplacer le problème. Les bidonvilles d’hier du centre de Bombay sont devenus les ghettos d’aujourd’hui en périphérie.

Laurent Blandin – Sri Lanka – La mer comme quotidien

Laurent BlandinLaurent BLANDIN – FRANCE
Né en 1982 et vit à Nantes. C’est par hasard, la veille du départ d’un tour du monde qu’il décide de s’équiper d’un appareil photo. Là, c’est le déclic, sa passion naît et ne le quittera plus. Ancien graffeur, il retrouve une certaine adrénaline et le goût des compositions graphiques au travers de la photo. Irrésistiblement attiré par la rencontre en voyage et curieux de l’environnement qui l’entoure, son travail photographique s’oriente aujourd’hui autour de 2 axes majeurs : la découverte du monde et les faits de société. Autodidacte, son inspiration s’est nourrie de quelques photographes s’inscrivant dans la tradition du photojournalisme ou de la photographie humaniste.

L’humain dans sa singularité et sa propension à lutter est au cœur de ses projets personnels.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2018 : Sri Lanka – La mer comme quotidien

Le village de Nilaveli - côte Est du Sri Lanka

Focus sur des pêcheurs en voie d’extinction.

C’est un petit paradis sur terre. La nature est luxuriante et les nombreux animaux font partie du décor. Les plages sont d’un bleu transparent, la vie y est douce et tranquille, les villageois entretiennent sourire et bienveillance.
Cet endroit, c’est Nilaveli. Petite bourgade de pêcheurs nichée sur la côte Est du Sri Lanka à une quinzaine de kilomètres au nord de Trincomalee. La vie du village s’organise autour de la pêche, chacun y trouve sa place selon ses aptitudes. À 5 h 30, le soleil se lève et amène avec lui les pêcheurs, détendus et souriants, par petits groupes le long du rivage. Certains partiront en bateau pour la pêche au filet ou pour la « pêche au gros » à l’hameçon, d’autres tireront un long filet de plus de 500 mètres pour attraper les poissons plus près des côtes. Les jours coulent paisiblement dans ce village où le poisson est de loin la principale ressource.

Cependant Nilaveli, à l’image de nombreux villages de pêcheurs du pays, est confronté aux mêmes problématiques, la douceur de vivre n’est qu’apparence quand les gros poissons s’en mêlent.

Après 30 ans de guerre civile, les pêcheurs ont enfin pu reprendre la mer avec l’espoir de pouvoir à nouveau gagner leur vie ainsi. Depuis la défaite des rebelles tamouls en 2009 les restrictions sur la pêche ont peu à peu été levées sur l’une des zones les plus fertiles des océans de la planète et pourtant de nouveaux problèmes sont vite venus remplacer les anciens. Les grosses entreprises de pêche utilisent de la dynamite et d’autres pratiques interdites qui détruisent les fonds marins autant que les petits poissons et leurs œufs. Par conséquent, les réserves s’amenuisent considérablement. D’autre part, les infrastructures hôtelières tendent à se développer fortement dans cette partie de l’île jusqu’à présent épargnée par le tourisme de masse. Chaque nouvel hôtel restreint un peu plus l’espace de ces pêcheurs, souvent installés depuis des générations le long des plages, jusqu’au jour où il n’y aura malheureusement plus d’espace pour eux.

C’est ce quotidien que j’ai voulu figer avant que ces pêcheurs disparaissent.

Marta Rossignol – Indian Vertigo

Bénarès, Vârânasî… !? Peu importe. Point de convergence des corps et des âmes. Je marche sur le fil de l’existence. Les Ghats, ce chemin entre la vie et la mort.

Nulle part ailleurs, je ne me sens aussi vivante, aussi mortelle. Ma raison vacille, perd pied. Une sorte de distorsion de ma perception. D’un coté la présence physique, de l’autre l’abime spirituel. Entre les deux, des corps, du feu, de l’eau, du sang, des couleurs, des senteurs, des chants, des prières. Je m’étourdis de cette atmosphère. Mélange d’un univers matériel et spirituel, condensé de larmes, d’espoir, de rires, de silences.

Ma raison vacille, ma vue se trouble. Suis-je bien présente ? Le sont-ils vraiment ? La vie glisse sur les marches, se noie dans les eaux, renait dans les chants, s’envole dans la fumée, s’enferme dans les cendres, remplit le vent…

Cet homme n’en sera bientôt plus un. Cette femme prépare son passage vers un ailleurs. Cet enfant prend le temps de vivre. Il sait qu’un cycle est en cours, passager éphémère du vivant. Je respire, au bord de la suffocation. Je regarde, proche de la cécité. Je touche, à la limite de la brûlure.

Je suis…

Ses expositions récentes :

    • 2016  « Amish, un monde décalé » Le Splendid, Langoiran
    • 2015 Festival Présence photographie, Montélimar  

EXPOSITION BARROBJECTIF 2016 : Indian Vertigo

L’Inde est un choc pour les voyageurs, un quitte ou double de l’esprit, qui s’adapte ou se fracasse sur l’incompréhension culturelle. Bénarès réserve la même épreuve aux plus aguerris des voyageurs. L’accoutumance doit se faire, le cerveau doit s’imprégner du tumulte de la ville.

« Boat, roupies, hachich !… » Les malades et les mendiants réclament une aumône ; les corps brûlent sur les bûchers, les plus pauvres flottent dans le fleuve. Votre esprit est au bord de l’implosion, vos sens au bord de la saturation. Mais vous auriez tort de buter sur ces aspects mercantiles, morbides et misérables de la ville. L’âme de Bénarès s’apprivoise peu à peu.

Le souffle spirituel est bien là, l’essence de ce lieu saint se respire tard le soir dans les ambiances nocturnes aux lueurs pâles, ou tôt le matin dans les nuages de brume, bercé par les rames d’une barque. Les couleurs se révèlent, ou s’estompent, les senteurs s’évaporent et se diffusent. Les Sâdhus s’emmitouflent dans la nuit ou guettent les premières lueurs de soleil pour réchauffer leurs corps.

Les balades sur les Ghats prennent alors une tout autre allure, une marche entre la vie et la mort, entre le palpable et le spirituel. D’un côté les eaux sombres du Gange, de l’autre les marches, les murs décrépis couverts de graphismes colorés, hindi tout en courbes comme un labyrinthe d’émotions. Entre les deux mon esprit vacille, obscurité, couleurs, sentiment flou entre deux mondes, à peine distants l’un de l’autre, reliés par un simple souffle. Sentiment que naitre à la vie, c’est aussi naitre à la mort. Fissure du moi, qui fait sombrer dans un entre deux méditatif.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Amish un monde décalé

EXPOSITION BARROBJECTIF 2014 : Lalibela

Caroline Tanghe – Clin d’œil

Caroline Tanghe (née à Courtrai en 1973) a terminé ses études en photographie à l’INRACI à Bruxelles en 1997. En avril 1998, elle a commencé son propre studio de portrait à Vichte. Aujourd’hui Caroline est la maman de 3 enfants, Arthur, Thibo et Julie. Il est intéressant de trouver un bon équilibre entre les moments à passer avec les enfants, la vie Professionnelle et le travail créatif personnel.

Caroline.Thang-portraitCaroline est surtout connue pour ses portraits en studio.

La photographie est pour Caroline plus qu’une représentation de la vérité, l’émotion donne une dimension en plus à ses images.
« Un image raconte plus que 1000 mots« : Caroline arrive à traduire des sentiments qu’on ne sait pas à exprimer à l’écrit.
La sérénité et la simplicité sont ce qui caractérise ses portraits et son travail personnel en général.

Depuis fin 2014, Caroline fait partie d’un collectif d’art photographique f-8 (www.f-8.be) Qui présente son travail ‘abstrait

Caroline Tanghe (1973) studeerde af als fotograaf aan het NARAFI in 1997. In april 1998 startte ze haar eigen portretstudio in Vichte. Ondertussen is Caroline mama van 3 kinderen, Arthur, Thibo & Julie. Het is boeiend om een evenwicht te vinden tussen tijd voor de kinderen, professioneel werk en eigen creatief werk. Caroline is vooral bekend voor haar studioportretten.
Fotografie is voor Caroline meer dan een reflectie van de waarheid, emotie geeft haar beelden een extra dimensie !„ Een beeld zegt meer dan 1000 woorden”: gevoelens die niet omschreven kunnen worden met pen en papier, weet Caroline te vertalen in haar foto’s.
Sereniteit en eenvoud zijn heel typerend in zowel haar portretfotografie als persoonlijk werk.
Sinds eind 2014 maakt Caroline deel uit van het fotografisch kunstcoöperatief f-8 (www.f-8.be) waar een collectie van eigen, meer abstract werk in opgenomen is.

In februari vorig jaar maakte Caroline deel uit van een delegatie van Belgische, Nederlandse en Franse beroepsfotografen die deelnamen aan het 2de IPMGA congress (The International Photography Museum and Gallery Alliance) in Calcutta. Deze expositie werd door Mala Mukerjee en haar team georganiseerd. Tijdens haar verblijf in Calcutta heeft zij er het drukke leven in de stad in kaart gebracht. Caroline vertelt over haar ervaringen:
„Ondergedompeld worden in de chaos en drukte van Calcutta heeft een diepe en blijvende indruk op me gemaakt. Naast m’n ervaring in de commerciële fotografie, kreeg ik nu ook de kans om het dagdagelijkse leven in Calcutta te leren kennen en vast te leggen. In de fotoreeks die hier tentoongesteld wordt, wordt niet zozeer de omgeving, maar vooral het persoonlijke contact met mensen geaccentueerd.”

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EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Clin d’œil

En février 2014, Caroline a fait partie d’une délégation de photographes professionnels Belges, Hollandais et Français qui ont participé au 2ième congres IPMGA (The International Photography Museum and Gallery Alliance) à Calcutta. Cette exposition a été organisée par Mala Mukerjee et son équipe. Pendant son séjour à Calcutta, Caroline a surtout été confrontée avec une vie très intense dans une ville énorme et chaotique. C’était une première impression de la vie en Inde. « Au début je ne voyais que la masse et ca m’a pris un peut de temps pour comprendre que tous ces gens sont tout de même des beaux personnages individuels. » Étant portraitiste, C’est cela que Caroline veut exprimer avec cette série d’images. Ce n’est pas l’environnement mais le contact personnel avec des beaux personnages individuels que Caroline veut accentuer dans les images dans cette exposition.

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Olivier Remualdo – Sâdhus, Les hommes saints de l’hindouisme

Photographe originaire de Nice, Olivier Remualdo est passionné par la culture indienne. Après des études de commerce à Cannes et d’Arts Plastiques à l’université Paris VIII, il commence à voyager en Europe, en Amérique et en Asie. C’est en 2004 qu’il se rend en Inde pour la première fois, une véritable révélation pour le photographe qui depuis, n’a de cesse d’y retourner.

Son grand projet « SÂDHUS, les hommes saints de l’hindouisme » a débuté en avril 2009 à Varanasi. Deux autres voyages suivirent : à Haridwar en 2010, lors du plus grand rassemblement religieux au monde (Maha Kumbh Mellah) et en février 2011 dans la ville sainte d’Omkareshwar. Il a réalisé plus de 110 portraits & interviews de Sâdhus et Sâdhvis afin de constituer ce projet iconographique. Le livre Sâdhus sort en novembre 2013 chez Mahaganga Editions.
En 2011, il réalise le Yatra, un pèlerinage traditionnel à pieds jusqu’aux sources du Gange. Il parcourt plus de 600km en solitaire ou aux côtés des Sâdhus dans l’Himalaya.

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Son travail est primé à plusieurs reprises, notamment en France et aux États-Unis. La première maquette du livre a été élue « Grand Prize Winner » au « Best Blurb Book Contest » dans la catégorie voyage parmi près de 1800 participants (2009). Olivier Remualdo a également été récompensé par le prix Lucien Clergue 2011 dans le cadre du Sept Off à Nice. Le projet Sâdhus a été Lauréat de la correspondance visuelle du magazine Compétences Photo, finaliste du Concours Samsung Launching People en 2013 et élu « coup de cœur » du magazine Les Inrocks.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Sâdhus, Les hommes saints de l’hindouisme

Le regard photographique d’Olivier REMUALDO nous entraîne vers une série de portraits atypiques, profonds et fascinants. Réalisés entre 2009 et 2011, ces portraits de Sâdhus ne se limitent pas au simple catalogue d’images. Il s’agit d’anecdotes et de récits de rencontres fondés sur des échanges véritables, le reflet d’une expérience authentique où il a su créer des liens avec des êtres au mode de vie si différent du nôtre et dont le quotidien est tourné vers la spiritualité. Ils lui ont offert de capter leurs regards et leurs attitudes, avec la promesse, désormais accomplie, de les partager au retour du voyage.

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Rodolphe Marics – Sur La Route des Vents d’Est

Auteur photographe, né en 1966, à Nantes, France. Basé entre Rennes et Saint-Malo. Après des études d’architecture et une formation de « reporter d’images » à Paris, Il devient photographe indépendant en 1995 pour la presse magazine et la communication.

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Depuis toujours passionné par le vol libre et l’aviation, il découvre en 2007, l’ULM paramoteur.
La photographie aérienne devient un nouvel axe pour son travail sur le paysage.

RODM2014-INDERAJASTHAN-Marics3Expositions :
2011, une résidence de création « Intime campagne ».
2012 ce sera les « Voies Maritimes ».
2013, « A Fleur de Baie » à Dol de Bretagne.
2014, « Verticales Mor Braz » dans le cadre du festival « Escales Photos » , et un “Air de campagne” pour la 15eme édition de “Barrobjectif ”.

Il travaille principalement sur le paysage géographique et humain, mêlant vision poétique et documentaire.
De récents voyages aériens en Afrique et en Inde à bord de son ULM, sont de nouvelles sources de découvertes et d’inspiration.
Rodolphe Marics est membre du studio Hans Lucas depuis 2015.

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EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Sur La Route des Vents d’Est

En allant vers le désert de Thar , aux confins du Rajasthan et de la frontière Pakistanaise, sur la “ ROUTE DES VENTS D’EST ” est un long travelling, une route aérienne à bord d’un ulm paramoteur.

Effectué en Inde, fin 2014, cet “ air movie “ est une succession de rencontres spontanées au fil du voyage.

A bord du petit aéronef, les paysages défilent sous les ailes, captivant le regard…
C’est aussi un voyage intérieur, vecteur d’émotions, d’imaginaire et de liberté.

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Site internet de Rodolphe Marics

Isabel Corthier – Ayethikar, une nonne Bouddhiste à Myanmar

Isabel Corthier est une photographe freelance. Elle travaille en Belgique et dans le monde entier pour faire des reportages photographiques et des portraits.
Avec son mari, elle va dans le tiers monde où elle travaille en tant que photographe ainsi que comme logisticienne pour Médecins sans Frontières. Pendant son travail sur le terrain elle fait des photos des gens qu’elle rencontre.
Entre les missions, Isabel fait des reportages photographiques pour les ONG comme MSF, Caritas, Trias, Vredeseilanden (VECO), Louvain Coopération et Entrepreneurs pour Entrepreneurs. Ses photos étaient montrées dans des expositions en Chine, Inde, Belgique et quelques images ont remporté des prix.
Dans sa photographie son but est de montrer l’humanité dans la vie de chacun.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Ayethikar, une nonne Bouddhiste à Myanmar

Agée de 21 ans, Ayethikar était très malade, et les gens du village lui avaient recommandé de se retirer dans le monastère, ça apporte le bonheur.
C’est ce qu’elle a fait et depuis elle habite dans le couvent Agayar Tawya à Yangon.
Elle a maintenant 32 ans. Néamoins , après quelques années, elle a été infectée  par l’ hépatite C à cause d’un traitement non hygiénique chez le dentiste.

Photographe Isabel Corthier miroir voiture

Isabel Corthier

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Cependant elle n’est pas fâchée. Le bouddhisme lui apprend à faire face à ces problèmes. Elle est reconnaissante de n’avoir encourru que l’hépatite C et rien d’autre.
Elle ne doute jamais de son choix et est prête à servir dans le couvent jusqu’à la fin.

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Au total, 30 religieuses vivent dans ce couvent.
La plus jeune est âgée de 7 ans.
Les nonnes se lèvent à 4 heures pour la première méditation.
Elles font les travaux domestiques ensembles, pendant lesquels chaque personne a sa propre tâche.
Beaucoup d’enfants se sentent appelés par le noviciat.

Au M, il est commun pour un  bouddhiste de servir au moins une fois dans sa vie  une période dans un monastère.
Ceci apporte le bonheur dans la famille.corthier_ayethikar19

EXPOSITION BARROBJECTIF 2014 : Rencontres dans le sud Soudan