Julien Ermine _ Les Toraja, le peuple qui fait vivre ses morts – Indonésie

Julien ERMINE est un photographe français indépendant âgé de 38 ans basé dans l’ouest de la France à Rennes. Membre et Co-fondateur de l’agence Dalam, son travail est actuellement diffusé par le studio Hans Lucas. Ancien travailleur social, son activité se concentre essentiellement autour de la photographie d’actualité et de reportage.

Ses sujets s’orientent principalement sur des thématiques liées aux inégalités sociales, aux problématiques humanitaires et aux zones de conflits à travers le monde, Asie, Afrique et Moyen-Orient.

Prix et récompenses

  • 2013 – Prix de la Photographie Humaniste de l’année et Prix du meilleur jeune talent photographique de l’année
  • 2014 – Prix du reportage de l’année. www.photographiesdelannee.com
  • 2016 – Mention spéciale du Lens’Art Photographic. www.lensartphotographic.com
  • 2019 – Participation à la World Photographic Cup – catégorie Reportage »

Expositions à BarrObjectif

http://www.julienermine.com/

..EXPOSITION BARROBJECTIF 2021 : Indonésie – Les Toraja, le peuple qui fait vivre ses morts – Indonésie.. 

A l’intérieur du Tongkonan, un des petits-fils de Marthens admire les décorations du cercueil qu’ils viennent de placer avec certains de ses frères. Sadan Matallo – Sulawesi. © Julien Ermine

Perdu dans les montagnes verdoyantes du centre de l’ile Indonésienne de Sulawezi vit un peuple aux coutumes funéraires très particulières. Les croyances qui entourent la vision de la vie et de la mort de ce groupe ethnique diffèrent en bien des points de nos traditions occidentales. Pour les Toraja, la mort n’est pas la fin. La mort n’intervient que sur le corps physique, elle ne représente simplement qu’une étape où l’esprit perdure et continue ailleurs son chemin. Afin d’accompagner les défunts dont l’âme continue de les entourer, les rituels funéraires Toraja possèdent nombre des particularités fascinantes et déconcertantes à la fois.

Les funérailles (appelé Le Tomaté), ont lieu jusqu’à 3 ans après le décès. Celles-ci durent 7 jours et revêtent le caractère le plus sacré.

Le précieux buffle blanc- Sulawesi
Ramener un buffle blanc à des funérailles fait l’événement. C’est le signe d’une grande prospérité. Tana Toraja Mountain – Sulawesi. © Julien Ermine

Pendant cet intervalle d’un à trois ans, la famille du défunt veille sur son corps ou sur son cercueil, entreposé le plus souvent dans une pièce de la maison familiale, attendant patiemment que n’arrive le premier jour d’une longue cérémonie.

Dans certains villages du nord Toraja, il existe un rituel, celui du « Ma’néné » ou « des deuxièmes funérailles ». Selon la tradition locale, les corps, au préalablement embaumés, sont ressortis de leur cercueil, pour être entretenu par la famille. Ils sont nettoyés et changés. C’est un moment pour la famille de renouer le lien, de leur parler, éprouvant joie et tristesse dans un moment qui à certains égards peut décontenancer.

Texte intégral de Julien Ermine à télécharger
version française, version anglaise.

Jérémie Jung _ Le Daghestan sur le fil

Jérémie JUNG photographe français né en 1980. Il est diplômé de l’université des beaux-arts de Strasbourg en 2001 et a été formé en photojournaliste à l’EMI-CFD en 2011. Jérémie Jung est représenté par l’agence Signatures (France). Il est membre de la coopérative Inland.
© Karina Mesárošová

Jérémie Jung s’intéressant à la région baltique et par extension aux marges de la Russie. Depuis 2013, il travaille notamment sur les identités estoniennes. Son travail a été publié par plusieurs médias tels que National Géographic, Géo, The Washington Post et exposé dans des musées et festivals tels que Les Rencontres d’Arles et le Musée d’Orsay. Il a reçu le prix ANI-PixTrakk en 2017 à Visa pour l’image.

https://www.jeremie.eu/

..EXPOSITION BARROBJECTIF 2021 : Le Daghestan sur le fil.. 

Un jour Ali appela son voisin de l’autre côté de la vallée : « Eh ! Ahmed, viens donc nous rendre visite. Tu n’as qu’à jeter une corde pour traverser ! »

Au sud de la Russie en république du Daghestan le funambulisme est une pratique courante. On y affirme que cet art aujourd’hui circassien y aurait même vu le jour et était d’abord un moyen de se frayer chemins par delà les reliefs.

Funanbuliste
Magomed Alibegove, funanbuliste autodidacte de l’éthnie Avars et vivant dans le petit village de Kharakhi (1000 habitants) © Jérémie Jung

Il est difficile de trouver des documents attestant de l’origine effective de cet art au Daghestan. Cependant, selon un historien local – Sergey Manyshev – la pratique serait apparue au 19e siècle et était un moyen pour les chefs de guerre de prendre l’avantage sur l’occupant russe peu entrainé à ce relief caucasien.

La Marche sur corde raide
La marche sur corde raide © Jérémie Jung

Puis petit à petit, le funambulisme est devenu un moyen de gagner sa croute dans des endroits reculés où parfois rien ne pousse. Des troupes se sont montées et ont loué leurs spectacles de village en village, célébrations en célébrations. Très rentable, la discipline devint attractive auprès des jeunes. Face à la concurrence, les artistes devinrent très bons ! Les cirques soviétiques vinrent ainsi recruter leurs funambules au Daghestan. Il est même des villages comme Tsovkra Piervaya où l’on affirme que tous les habitants pouvaient tenir sur le câble. Mais aujourd’hui à Tsovkra, la moitié du village est en ruine et on y trouve surtout de la nostalgie chez les vieux, l’envie de déguerpir chez les jeunes, des vaches et une mosquée flambant neuve.

Effectivement aujourd’hui tout a bien changé, beaucoup de ces villages trop reculés subissent un exode rural massif. Le funambulisme n’intéresse plus et ne rapporte plus. La jeune génération rêve de la capitale, Makhatchkala. D’autres, plus crédules, ont été recrutés et sont partis combattre en Syrie. Mais face à cet appauvrissement certains résistent encore et pratiquent tant bien que mal, d’autres s’évertuent à transmettre et ont ouvert des écoles où tous peuvent apprendre.

C’est ainsi qu’Askhabali Gasanov, ancien funambule enseignant aujourd’hui l’art du câble à de jeunes étudiants dans un vieux théâtre abandonné de Makhatchkala, explique la naissance du funambulisme au Daghestan.

Patrick Bard _ El dia de los muertos

INVITÉ D’HONNEUR EN 2010

BIOGRAPHIE

Membre de l’agence Signatures, Patrick Bard est photographe et romancier. Ses travaux ont été exposées en France, en Espagne, en Belgique, en Angleterre, au Mexique et aux USA et publiés dans la presse internationale. Il est l’auteur de plus de vingt ouvrages photographiques et de neuf romans traduits en espagnol, italien, grec, anglais (USA) pour lesquels il a reçu de nombreux prix. L’Amérique Latine, les frontières, la question des femmes sont au centre de son travail. En 2015, il a publié « Mon neveu Jeanne » (Ed. Loco), un essai documentaire sur le genre. Son roman sur l’embrigadement, « Et mes yeux se sont fermés » (Syros, 2016), a été récompensé par douze prix. Il a également publié une monographie sur la forêt en 2018, «Promenons-nous dans le bois » (Imogene) dont les images seront présentées à l’automne 2019 au musée Zadkine à Paris.

Photographe Patrick Bard © Marie-Berthe Ferrer

EXPOSITION DES 20 ANS DE BARROBJECTIF : El dia de los muertos

2015. « Spectre », l’un des tout derniers épisodes de James Bond, débute par une impressionnante scène tournée à Mexico durant la Fête des morts, au beau milieu des chars et d’une foule grimée en squelettes. Plus mexicain, tu meurs. Sauf que l’instant doit tout à la fiction. Qu’importe, on ne montre pas impunément la mort aux Mexicains qui trouvent l’idée excellente et achètent les chars à la production, à l’issue du tournage. Le défilé de cinéma devient réalité dès l’année suivante. En 2016, 200 000 personnes le suivent ou y participent à l’occasion de la fête des Morts. En 2017, ils sont plus d’un million. Cette capacité mexicaine à donner vie aux mythes est, sans nul doute, à l’origine de la ferveur dont le peuple fait montre chaque année et de manière croissante, deux semaines durant, aux alentours de la Toussaint.

Pour comprendre, il faut revenir à la période qui suit la conquête. Si l’Église a bien intégré la fête pré-hispanique des morts, elle en a déplacé le temps. Auparavant, elle avait lieu au mois d’août, son déroulement coïncidant avec la fin du cycle agricole du maïs, de la courge, des pois et des haricots. Elle commençait avec la coupe du xócotl, un arbre dont on retirait l’écorce et que l’on décorait de fleurs. Les familles lui apportaient des offrandes vingt jours durant. Ces festivités étaient dédiées aux défunts proches. Elles étaient célébrées entre le neuvième et le dixième mois du calendrier solaire mexica correspondant aux mois de juillet et d’août et étaient placées sous la protection de Micteccacihuatl, épouse du Seigneur de la terre des morts, Mictlantecuhtli. Les crânes des sacrifiés étaient exposés sur des tzompantlis, des murs-autels de crânes. Mais la conquête change la donne.

Dans le courant du siècle qui suit la colonisation, la Fête des Morts est déplacée vers la Toussaint. Sa célébration est encore marquée par des offrandes de monnaie, de cacao, de cire pour les cierges, d’oiseaux, de fruits, ainsi que de grandes quantités de graines et de nourriture. Le premier jour est dédié aux enfants morts, le lendemain aux adultes. Des autels sont dressés – dans les foyers autochtones, surtout, au centre et au sud du pays. On y dispose les représentations des ancêtres, les quelques objets qu’ils affectionnaient, ainsi que leurs plats et boissons préférés. On se rend au cimetière pour les visiter et disposer un bouquet de fleurs. Une façon de perpétuer rituels et croyances pré-coloniaux tout en respectant à minima les traditions chrétiennes de la Nouvelle-Espagne.

Le temps passe encore. Nous sommes au début du XIXème siècle. La fête des Morts aztèque est pratiquement tombée dans l’oubli. Seules les communautés autochtones isolées du Chiapas ou de Oaxaca la célèbrent encore de façon plus traditionnelle, comme c’est toujours le cas chez les Mazatèques de Huautla de Jimenez, avec des masques de bois, en fondant des cierges en cire d’abeille, en buvant force aguardiente à base d’agave. L’indépendance du Mexique en 1821, la séparation d’avec le Guatemala en 1823, la guerre de 1836 avec les États-Unis, la perte de la moitié des territoires cédés au nord aux Américains en 1848, enfin, l’invasion française, improbable aventure impériale qui s’achève par la victoire mexicaine et l’exécution de Maximilien 1er en 1867 vont faire émerger progressivement un ardent désir d’identité nationale chez les Mexicains. En 1858, Benito Juarez, un Zapotèque originaire de Oaxaca, devient le premier président indigène de l’histoire de son pays et du continent américain. Après avoir résisté aux Français, il rétablit la république. Hélas, la démocratie est bien vite confisquée par le dictateur Porfirio Diaz, lequel sera renversé par la révolution mexicaine de 1910.

C’est à ce moment charnière que les intellectuels ressuscitent les racines autochtones du pays, s’en emparent et les revendiquent, quitte à tordre quelque peu la vérité historique. Qu’importe, le Mexique se forge déjà une réputation de géant culturel, qui, elle, est tout sauf usurpée. La Fête des morts et ses origines pré-hispaniques resurgissent un peu à la manière dont, pendant la guerre de 1870, les Français exhument la figure de Jeanne d’Arc oubliée depuis le Moyen-Âge pour réveiller un patriotisme anesthésié par Napoléon III.

Étendard de cette résurrection, la Catrina ou Catrina garbancera voit le jour en 1912 sous le crayon imaginatif de José Guadalupe Posada, un caricaturiste qui la dessine sous la forme d’un squelette coiffé d’un chapeau à voilette, parfois habillé de vêtements féminins. Le succès est immédiat. Le personnage devient très vite une figure populaire, bientôt reprise et déclinée sous de nombreuses variantes par les artistes des années 20, Diego Rivera en tête. C’est en effet lui qui la baptise Catrina (synonyme d’une élégance parfois exagérée en castillan mexicain) et l’intègre dans une fresque murale. Reproduite en masse, elle deviendra rapidement une figure consubstantielle de la mexicanité et sa popularité ira croissante jusqu’à nos jours, d’autant que le commerce s’en mêlera vite et que l’Halloween des voisins gringos s’invitera à la fête. Reflet de l’âme mexicaine, la fête des morts, ressuscitée au tournant des années 1910, est aujourd’hui tout à la fois l’incarnation d’un syncrétisme joyeux et d’un événement à la fois culturel commercial.

Définitivement, au Mexique, pays où selon Paz « La mort est la mère des formes », mourir, c’est renaître.

Patrick Bard

SOIRÉE PROJECTION VIDÉO : Mon neveu Jeanne

Dimanche 15 septembre à 20h30 projection vidéo qui traite de la question du genre « Mon neveu Jeanne » de Patrick BARD ,

Jeanne, lors de la soirée de Noël 2005, à Savigny-sur-Orge. © Patrick Bard

Hervé Chatel _ Gardians – Un choix de vie

BIOGRAPHIE

Hervé CHATEL installé à Vincennes. Autodidacte, il apprend la photographie en pratiquant la street photography en 2014. En octobre 2016, après 15 années dans le domaine du graphisme et du webdesign, il intègre l’Emi-Cfd pour suivre la formation reporter photographe – photojournaliste documentaire.

Il est le lauréat du Grand-prix photo reportage étudiant / Paris Match 2017

EXPOSITION BARROBJECTIF 2019 : Gardians – Un choix de vie

À quelques kilomètres de Montpellier, le mistral balaye cette terre sauvage habitée de chevaux à la robe gris clair, lorsque « Benben », 25 ans, se lève tôt pour commencer sa longue journée de travail.

Il s’occupe d’une cinquantaine de chevaux, entretient la manade. Depuis tout petit, il est passionné par la nature et les animaux et pour rien au monde, il ne changerait de vie.
Les vacances, lui il ne connaît pas, c’est un gardian.

Mais pour combien de temps ce mode de vie va-t-il encore perdurer ?

Avec le réchauffement climatique, la Camargue risque de disparaître progressivement sous les eaux, il y a aussi les enfants héritiers qui ne souhaitent pas forcement reprendre ce métier.

Otto de la Paillère – Fête de l’ours

Otto-de-la-PaillereOtto de la PAILLÈRE
– FRANCE
Photographe autodidacte né au Pays basque en 1971, je vis aujourd’hui à Saint Laurent de Cerdans, petit village des Pyrénées Catalanes. J’ai découvert la pratique de la photographie il y a une trentaine d’années avec l’argentique noir et blanc. À la fois auteur et photographe-artisan, un peu touche-à-tout, je me promène depuis 30 ans à travers tous les domaines de la photographie. La curiosité et le besoin permanent d’être là où je ne suis pas sont des moteurs formidables pour aller rechercher de nouvelles sources d’inspiration trop exaltantes pour être ignorées.
Pourtant, je reviens régulièrement vers quelques sujets de réflexion qui ne sont jamais loin de mes préoccupations photographiques, ceux qui, notamment, questionnent les relations humaines.
Depuis 2006, je photographie les événements et les personnalités du Haut-Vallespir, petite région isolée des Pyrénées Catalanes en essayant de témoigner d’un mode de vie singulier, empreint de traditions séculaires et d’un savoir-vivre ensemble tout à fait particulier.
À la fin de l’année 2017, je deviens micro-entrepreneur et je mets maintenant cette expérience à disposition de ceux qui le désirent.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2018 : Fêtes de l’ours

Les traditions dans les Pyrénées Catalanes

Dans les Pyrénées Catalanes, que ce soit à Prats-de-Mollo, à Saint-Laurent-de-Cerdans ou à Arles-sur-Tech, les trois villages du Haut-Vallespir où cette pratique perdure, la Fête de l’Ours est un témoignage de la relation profonde d’un peuple à son territoire.

L’Homme tente d’exorciser ses peurs, d’exprimer ses angoisses pour mieux les conjurer dans un jeu de rôle déconcertant, parfois violent, souvent terrifiant.

Face à une nature jugée menaçante, l’Homme tente d’exorciser ses peurs, d’exprimer ses angoisses pour mieux les conjurer dans un jeu de rôle déconcertant, parfois violent, souvent terrifiant. Il s’agit ici de recréer les conditions de l’existence rude des habitants de ce petit pays isolé. L’ours entre dans le village et vient y jeter le chaos dans une mise en scène baroque ou s’affrontent bien et mal, noir et blanc, humains et animaux, hommes et femmes. Mais ici, les événements de cette existence sont codifiés à l’extrême. On sait d’emblée que les hommes seront finalement libérés de leur peur. Tous les événements qui ne mènent pas à cette délivrance ne sont que contingences. L’ours sera finalement capturé et rasé, dévoilant ainsi la nature humaine de la bête. L’ours ne fait plus peur, car il est redevenu un être civilisé. L’Homme a enfin, le temps de cette chasse débridée, le contrôle absolu et maîtrise totalement son univers.

Mais dès le lendemain, il devra retourner vivre dans la nature en étant tout aussi vulnérable. Pourtant, pour les habitants de ces villages, les lendemains de la Fête de l’Ours ne ressemblent en rien aux jours qui la précèdent.

Christian Belloteau – La journée du cochon

Christian-BelloteauChristian BELLOTEAU – FRANCE
Photographe amateur dans l’âme, j’ai toujours pratiqué la photographie. En me laissant guider par les réflexes du cœur. Fixer l’instant qui procure l’émotion est primordial dans ma démarche.
Un paysage, une fleur, un nuage sur l’horizon, le sourire d’un enfant ou celui d’un visage marqué par la vie sont autant de sujets auxquels je m’attache.
Depuis quarante ans j’essaie de marcher dans les pas des grands maîtres qui ont contribué à construire et faire fructifier mon regard. Henri Cartier-Bresson, Doisneau, Willy Ronis, Izis sans oublier Diane Arbus ou Ansel Adams pour le paysage ont et bercent encore mes yeux de leurs merveilleuses images.

La photographie noir et blanc a ma prédilection, car elle mène à l’essentiel. Ce qui est loin d’être acquis pour l’amateur que je suis.
Pour conclure je ferai mienne cette pensée de Démocrite, philosophe grecque :

 La vie est un passage,
le monde une salle de spectacle.
On entre, on regarde, on sort .    

EXPOSITION BARROBJECTIF 2018 – La journée du cochon

Autrefois, comme sans doute encore dans quelques fermes de nos campagnes profondes, la journée du cochon était l’occasion de réunir famille et amis pour le cuisiner et préparer les victuailles pour les beaux jours. La cochonnaille faisant partie des repas quotidiens ou presque. Jambon, grillon, boudins ou saucisses accompagnaient souvent les casse-croûtes de l’agriculteur qui se prenaient au bout du champ sous l’ombrage bienfaisant d’un cerisier ou d’un noyer.

Tout est bon dans le cochon disaient-ils.

Ce sont ces souvenirs d’enfance qui m’ont conduit à mettre en images ce presque cérémonial encore pratiqué par une bande de vieux copains à la faconde certaine.Je me souviens encore de ces hurlements horribles qui me faisaient boucher les oreilles jusqu’à ce qu’une lame bien effilée vienne en éteindre les couinements.
Peur encore, quand je voyais la carcasse suspendue dans la pénombre de la remise.         Le lendemain de cette mise à mort se transformait en fête où chacun jouait sa partition.Tout le monde était affairé telles des abeilles dans la ruche. La longue table de la cuisine se graissait, avec des zébrures de sang au fur et à mesure que la journée avançait. Le parfum poivré de la cuisine flattait les narines en même temps que la chaleur de l’âtre faisait oublier la froidure du dehors.Le jour du cochon
Il faut dire que le jour du cochon se passait toujours au cœur de l’hiver afin que la viande ne se gâte pas. En effet, la bête était engraissée afin que son poids optimum soit atteint en février. La plupart des fermiers des alentours suivaient ce rite quasiment immuable.
Aujourd’hui, tout ceci s’est perdu au fil du temps, mais quelques irréductibles perpétuent cette tradition pour leur consommation personnelle.

C’est la raison pour laquelle vous avez devant vous cette bande de copains qui, en toute convivialité vont se transformer en charcutiers hors pair le temps d’une journée, La journée du Cochon.