Jérémy Lempin _ Ils pissent vert et rouge

30/06/2017 Première sortie et découverte du centre ville de Calvi pour les jeunes légionnaires brevetés parachutistes du 2ème REP. Arrivés quinze jours auparavant ils n’avaient pas l’autorisation de sortir le temps de leurs préparations au saut qui valide leur intégration définitive au sein du 2ème REP.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2019 : Ils pissent vert et rouge

Dans l’armée française, la Légion Étrangère est un corps à part. Composée d’engagés volontaires étrangers, elle est régie par ses propres règles de tradition et animée d’un très fort esprit de cohésion. Les hommes qui la composent sont donc difficiles à approcher en profondeur.

Le 2ème Régiment Étranger de Parachutiste (REP) m’a pourtant permis de le faire en m’ouvrant ses portes. Depuis sa création en 1948, ce régiment d’élite est envoyé sur tous les champs de bataille où sa dimension aéroportée le rend nécessaire. Il est installé depuis 50 ans à Calvi, en Corse, et fait désormais partie du paysage local.

Des jeunes volontaires étrangers fraîchement engagés jusqu’aux anciens du régiment qui ont pris leur retraite sur place, je tente de suivre et de comprendre le fil invisible du quotidien, qui conduit ces soldats à faire de l’île de Beauté leur Patrie, de Calvi leur capitale, et du 2ème REP, leur éternelle famille.

BIOGRAPHIE

« Fils d’un père ouvrier mécanique et d’une mère aide-soignante en réanimation, ce chtimi au sourire « bright » ne laisse personne indifférent, surtout les protagonistes de ses reportages. Qu’il s’agisse de vivre le quotidien d’un pompier urgentiste, d’intégrer le groupe très fermé des ultras du Racing Club de Lens, ou de jouer des coudes dans le tumulte de manifestations étudiantes, Jérémy Lempin, n’a de cesse d’ « aller voir », de confronter les regards pour contrer les idées reçues. Ses armes, il les a faites dans la Marine Nationale en tant que photographe à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle puis à l’ECPAD. Sur les océans, il aura à cœur de témoigner des conditions de vie de l’équipage et notamment lors des opérations Agapanthe au large de l’Afghanistan et Harmattan près des côtes libyennes. À terre, il participera  notamment à l’opération Serval au Mali et à l’opération Sangaris en République centrafricaine. Là aussi, il s’imposera toujours de garder son regard à la hauteur de l’Homme. Au-delà des commandes, il témoignera du quotidien du soldat engagé, dans des conditions précaires, sur ces théâtres d’opérations; ce qui lui vaudra l’honneur de recevoir la médaille militaire des mains du Président de la République François Hollande. Après dix années passées dans les armées et toujours avide d’histoires d’homme, il posera sa casquette de marin pour endosser pleinement le gilet de photojournaliste.

Toujours en mouvement, cet explorateur insatiable n’hésite pas à regarder au-delà, à poser un œil indiscret, mais honnête sur les faits de société qu’il traite ou sur les groupes sociaux qu’il intègre. Sa dernière immersion au sein des légionnaires du prestigieux, mais fermé 2ème REP le prouve. Par son allant, il parvient à séduire pour montrer ce qu’il y a de mieux chez l’humain et comprendre, à travers lui, notre société.

Membre de l’agence Divergence Images. Il ne s’interdit aucun sujet au nom d’une curiosité qu’il place à la hauteur de sa passion pour le reportage. Sa méthode, le travail au long cours. Et pour cause, s’il réussit à montrer des choses différentes, c’est que son travail s’apparente plus au documentaire photographique qu’au seul pris sur le vif.

Il collabore régulièrement avec de nombreux magazines  » Le Figaro, VSD, L’Équipe Magazine, Le Parisien, Management, Capital, Rendez-Vous Photos, 24h01, Le Nouvel OBS « 

Marie Magnin _ Chez Totor – À la croisée des solitudes

EXPOSITION BARROBJECTIF 2019 : Chez Totor – À la croisée des solitudes

C’est un rendez-vous que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaître. On y vient pomponné, bien sapé, le dimanche après-midi, c’est bal musette Chez Totor.
Rompre l’isolement du temps qui passe, draguer pour snober les années, danser pour surmonter le deuil, se rencontrer et s’aimer. Ces seniors le disent tous, Chez Totor, c’est la famille.
Une histoire de famille, démarrée en 1962. Un simple juke-box d’abord, et peu à peu l’étable familiale est muée en thé dansant à succès.

Victor Maurice, alias Totor, est le plus ancien gérant de dancing en France. Il a même été honoré d’une médaille de la SACEM. Après 57 ans d’activité, il vient pourtant de passer la main à sa fille Nathalie. La relève est assurée, mais les jeunes boudent le bal musette. La clientèle peine à se renouveler et le rendez-vous dominical de Chez Totor pourrait bien s’éteindre avec ses derniers habitués.

BIOGRAPHIE

Après une formation en droit puis en journalisme, Marie Magnin travaille d’abord pendant une dizaine d’années comme journaliste reporter d’images et chef monteuse pour la télévision avant de devenir photojournaliste.

Basée à Paris, et membre du studio Hans Lucas depuis 2017, elle suit l’actualité sociale et développe des projets photographiques documentaires.

Son travail, qu’il soit au côté des migrants de Calais ou de Mayotte, ou encore en immersion aux urgences ou auprès des seniors, questionne la vulnérabilité, l’isolement, la rudesse de la société.

En parallèle, Marie Magnin est photographe dans le domaine de la musique et collabore avec des artistes, festivals et salles de concerts.

Sabrina Mariez _ Solange

EXPOSITION BARROBJECTIF 2019 : Solange

J’ai rencontré Solange en bas de chez moi, dans son camion, sur le périphérique. Elle, parmi tant d’autres femmes ayant pratiquement vécu la même histoire.

Nées en Algérie dans les années 60-70, mariées toutes très jeunes, sans aucune éducation scolaire, elles ont fui leur pays, leurs vies, leurs maris.

En France, leurs conditions de vie ne se sont guère améliorées.

Mères de famille et femmes battues, elles se sont tournées vers la prostitution pour quitter leurs nouveaux époux et élever leurs enfants. Gagner de l’argent, le plus possible et le plus vite possible.

Elles mènent une double vie et sont effrayées à l’idée que l’on puisse les identifier. Elles vivent souvent dans des quartiers sensibles et craignent d’être violentées par les habitants s’ils venaient à apprendre leur métier : la prostitution.

J’ai dû composer ce travail en faisant face à de nombreux aléas. D’abord des rendez-vous manqués, puis la sensation d’importuner ces femmes sur leur lieu de travail (rivalité, peur de perdre des clients…), et enfin j’ai dû endurer le regard des hommes porté sur moi et même, parfois, leur violence verbale à mon égard.

Pour mener à bien ce projet, j’ai régulièrement rendu visite à Solange pendant plusieurs mois. Je montais à l’arrière de sa camionnette quand il n’y avait pas de client et je restais là, avec elle, à discuter de tout et de rien. Lorsqu’un client arrivait, Solange me donnait un tabouret et je m’asseyais dehors en attendant la fin de la passe.

Sans fard et parfois crûment, Solange me parle de son travail et des clients, de sa famille. Elle m’a aussi invitée chez elle, une fois, unique. Je l’ai retrouvée dans son appartement où elle vit avec ses proches, un matin à cinq heures, avant qu’elle ne parte au travail. J’ai pu constater sa générosité. Tous ses enfants, petits-enfants et belles-filles vivaient chez elle. Ils dormaient à même le sol, ou entassés sur des lits. Certains étaient sans-papiers, d’autres sans-travail. Solange pouvait être fière, elle faisait vivre toute sa famille, seule, « grâce, me dit-elle, à la prostitution. » Chez elle, elle était reine, autonome et revendiquait l’absence de tout contrôle masculin.

Voici ces instantanés d’une vie entre intimité, et précarité. Ils vous interrogeront, sans doute. Le débat est connu. Faut-il condamner la prostitution ? Faut-il priver ces femmes de leurs clients ? Ou au contraire faut-il leur permettre de travailler dans la dignité ? Je ne prétends pas ici apporter une réponse. J’espère seulement, apporter un regard sans jugement. Un regard humain. À hauteur de femme.

BIOGRAPHIE

Photographe française autodidacte née en région Centre en 1976, je vis et travaille aujourd’hui aux alentours de Paris. Elle est représentée par le studio Hans Lucas.

De père ouvrier et de mère au foyer, j’endosse mon personnage de petite fille modèle et ne le quitte plus jusqu’à la fin de mes études supérieures en chimie. L’existence me semble banale et sans fantaisie. Ce qui compte à mes yeux, c’est ma vie intérieure, celle qui fourmille de personnages aux destins singuliers.

Arrivée dans la capitale, je me lance à la recherche de ces personnages, de ces artistes ; ces poètes ; ces hommes ces femmes aux destins différents : souvent des marginaux et des délaissés. Je consacre alors mon temps à les photographier chez eux dans leur environnement, ou dans des mises en scène. Je porte également une attention toute particulière aux appareils photographiques que j’utilise. Je travaille en argentique et moyen format afin d’augmenter la proximité et l’intimité avec mon sujet.

Peu de temps après, je remporte le premier prix du concours Hensel (2013) du magazine Réponse photo. C’est alors que poussée par Sylvie Hugues, je présente ma série « L’homme est une femme comme les autres » à différents festivals photographiques. Celui-ci a été présélectionné aux festivals MAP et les Boutographies (2014), mes portraits d’enfants aussi ont été primés et exposés au festival MAP (2015), d’autres ont été édités aux Éditions Xavier Barral, dans le beau livre photo Estée Lauder Pink Ribbon Photo Awards (2017).

Ces prix sont prolongés par diverses publications en tant que portraitiste dans différents journaux et magazines dont Libération, L’œil de la photographie, Réponse Photo, Fisheye…

Joseph Melin _ Ikejime, la revanche du Miyabi

Pêche au nord de l’île de Houat le 03/05/2017. Le Miyabi est un bateau ligneur de 9 mètres appartenant à Daniel Kerdavid, jeune marin pêcheur basé à Quiberon dans le Morbihan.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2019 : Ikejime, la revanche du Miyabi

Le Miyabi est un bateau ligneur de 9 mètres appartenant à Daniel Kerdavid, jeune marin pêcheur basé à Quiberon dans le Morbihan. À la suite d’un grave accident de pêche, entraînant la mort d’un de ses coéquipiers, Daniel a décidé d’acheter ce bateau en 2016 et de devenir son propre patron. Il y pratique une pêche responsable et d’excellence basée sur une tradition japonaise : la méthode ikejime.

Moins cruelle, moins douloureuse et moins stressante, cette méthode consiste à tuer instantanément le poisson (via un poinçon nommé tegaki) et à neutraliser son système nerveux (via une longue tige d’acier). La traditionnelle asphyxie est ainsi évitée. Le poisson est ensuite rapidement saigné. La chair d’un poisson ikejime se conserve mieux et est supérieure gustativement. Les cuisiniers ne s’y trompent pas et Daniel vend ses poissons (merlans, lieux jaunes…) en direct à de grands restaurants à des tarifs beaucoup plus intéressants que la traditionnelle criée.

Daniel essaie de valoriser avec sa technique des poissons moins cotés que le traditionnel bar et propose aux pêcheurs amateurs ou confirmés de venir découvrir son travail à bord. L’idée est simple : changer le regard du grand public sur la pêche professionnelle afin de changer les pratiques.

La revanche de Daniel a pour nom « ikejime » et il mène son combat sur le Miyabi.

BIOGRAPHIE

Photographe indépendant basé à Paris, je suis spécialisé en reportage et portrait.

J’ai étudié l’histoire et la géographie avant de découvrir la photographie. Mes images traitent de l’humain, du savoir-faire et de la mémoire. Je réalise des commandes photographiques pour la presse et pour la communication des entreprises, tout en produisant des sujets personnels comme celui présenté. Passionné d’apnée, je vais souvent dans le Morbihan explorer les fonds marins. C’est là-bas que j’ai entendu parler de ce pêcheur à la technique étonnante. À la suite d’une chute d’escalade de 8 mètres, je m’étais promis de réaliser un reportage sur Daniel Kerdavid dès que je remarchais.

Gérard Staron _ Hom(m)es

André cultive ses carrés de poireaux dans son potager

EXPOSITION BARROBJECTIF 2019 : Hom(m)es

Un territoire est d’abord la signature d’une collectivité, une commune, un département, une région.

Dans ce projet, je me suis intéressé à la plus petite division du territoire, la maison, comme expression d’une l’individualité. J’ai donc cherché dans les habitations des signes du caractère de leur habitant, chacun laissant ainsi son empreinte sur le monde. L’étude est vue comme un inventaire, permettant d’identifier des catégories, des « Tiny house », jusqu’aux «néo- châteaux ».
Si la méthodologie s’inspire de l’école de Dusseldorf, l’objectif de la série est bien différent. Il ne s’agit pas là d’objectivisme, mais au contraire de laisser la subjectivité du regardeur rencontrer celle de l’auteur.

Chaque image d’habitation est accompagné d’un récit et sera complétée d’une vue d’intérieur qu’on attribuera au propriétaire des lieux. Ces objets appartiennent en fait au photographe, un lien s’établit alors entre l’auteur et le sujet, et par transitivité entre l’auteur et le regardeur.

BIOGRAPHIE

Gérard Staron est né en 1962 à Alger. Il grandit en France entouré des œuvres de son grand-oncle Henry Caillet, peintre du début du 20ème siècle.

À 30 ans, à l’occasion d’un voyage au Mali, il emprunte le Polaroid de son père, lui-même passionné de photographie, afin de pouvoir laisser une photo aux enfants des écoles du pays Dogon. Il ne lui a jamais rendu.

Fin 2013, Il décide de s’investir totalement dans la photographie. Il a participé de 2014 à 2018 à de nombreuses manifestations nationales et internationales.

Gérard Staron travaille sur le rapport au temps et à l’espace du médium photographique.

Ancrée dans le réel et cantonnée à l’instantané, la photographie doit briser ses carcans pour devenir subjective, jouer l’illusion.

Il parle alors du temps qui passe, de la nostalgie (Les bains de mer, Ma vie en Haddock), de la mémoire (Cauchemar, Rêves d’enfance), de la nature éphémère du monde (Lost, Faire-Parts, La boule à neige, Flower Timegram).

Il parle d’espaces qui n’existent plus, ou qui existeront, ou qui existent et qui sont au-delà de la réalité (Les nuits sans lune, Hom(m)es, Faux-Semblants).

Gigacircus – Hospitalité en actionS : re-sculpter le monde

Routes Transhumaines

Routes Transhumaines.

GIGACIRCUS FRANCE
L’oeuvre artistique menée par Sylvie Marchand avec Gigacircus est au coeur des questions anthropologiques, éthiques et esthétiques que posent la mutation des formes de mobilités humaines dans le monde d’aujourd’hui.

Artistes polymorphes dont le champ d’expérimentation se situe aux points de contacts entre groupes humains, Gigacircus nourrit une « écologie des relations », ‘branchant’ des connections, renforçant des liens, créant des dialogues.

Environnements multisensoriels et laboratoire, interface et lieu de vie, leurs dispositifs artistiques reflètent la complexité des enjeux aigus qui traversent le monde contemporain, et l’étendue des possibilités esthétiques qu’autorisent les technologies mobiles en réseau appliquées aux scénographies interactives implantées dans l’espace public.

http://gigacircus.net/fr/creations/

EXPOSITION BARROBJECTIF 2018 : Hospitalité en actionS – Re-sculpter le monde

Ils sont arrivés d’Afghanistan, d’Érythrée et du Soudan avec leur culture, avec leurs langues, leurs musiques, leur corps, et avec la volonté farouche de survivre ; ils embellissent nos esprits de nouvelles images, de couleurs, de saveurs. Ensemble nous envisageons la vision d’un autre monde, capable de faire surgir la beauté et le renouvellement de la perception des frontières.

« Re-sculpter le monde » présente une mosaïque d’images réalisées d’avril 2017 à juin 2018 pour ‘Hospitalité en Actions’.

La substance artistique qui cimente cette création ‘relationnelle’ est le fruit d’ « Hospitalité en ActionS« , un projet de rencontres entre habitants et réfugiés mené par Sylvie Marchand, Lionel Camburet et le réseau d’artistes Gigacircus.

Cette œuvre artistique est une invitation au dialogue, à la conversation, elle active un désir de langage, elle met à l’épreuve la communication entre les êtres, l’obligation envers l’Autre.

Chaque semaine, nous invitons anciens et nouveaux habitants à marcher ensemble à la découverte des paysages et patrimoines locaux. Les jeunes collectent des images avec caméra et appareils photos. Ils nous livrent leur regard sur nos paysages.
Ces ballades sont suivies d’ateliers de création musique, vidéo, peinture et performance.
Parallèlement nous nous réunissons autour d’un programme de films, spectacles, expositions et conférences afin de convoquer un dialogue transculturel fertile autour des notions d’humanité, d’art et de migration.
Enfin en Juillet dernier la Fête de l’Hospitalité nous a tous réunis sur la place publique autour d’un bal, de musiques, de lectures, de jeux et d’un banquet somptueux !

Le Jeudi 20 septembre à 20h30, une projection-rencontre à la salle des fêtes de Barro. Venez dialoguer avec les jeunes artistes afghans, érythréens et soudanais du réseau Gigacircus.

Sur les deux weekends du Festival, « le Café de l’Hospitalité » vous accueille au cœur de Barrobjectif !

Pierre Faure – France périphérique

Portrait Pierre FaurePierre FAURE – FRANCE
Né en 1972 et vit en France, il a étudié les sciences économiques.
De 2012 à 2014 il aborde les thèmes de la grande précarité et de l’exclusion. Il passe une année sur un bidonville « Tziganes », en 2012 et deux années en centre d’hébergement d’urgence et centre d’hébergement et de réinsertion sociale « Les Gisants », 2013, « Le Bateau », 2014. Devenu membre du studio Hans Lucas en 2013, il documente la montée de la pauvreté en France, en parcourant l’ensemble du pays depuis 2015.
Prix Roger Pic, 2016 I Prix I shot it, 2017 I Prix Albert Kahn, 2018 I Prix Fidal, 2018

Association Camille LeapgePierre Faure à reçu le prix Camille Lepage en 2017

L’association Camille Lepage – On est ensemble décerne depuis 2015 un prix aux photographes engagé(e)s dans un projet au long cours. Ce prix doté de 8OOO€ est remis durant le festival  » Visa pour l’image « . Depuis 2 ans la Société des auteurs des arts visuels et de l’image fixe (SAIF) s’engage aux côtés de l’Association Camille Lepage – On est ensemble pour financer le prix .

EXPOSITION PARTENAIRE : France périphérique

Montée de la pauvreté en France, témoignage photographique.

Depuis 2015, je documente la montée de la pauvreté en France en privilégiant les zones rurales et péri-urbaines. Ce travail a pour but de rendre visibles et concrètes les conditions de vie d’une partie de nos compatriotes.

Le titre « France Périphérique » est emprunté à l’ouvrage éponyme du géographe Christophe Guilluy qui aborde les problématiques politiques, sociales et culturelles de la France contemporaine par le prisme du territoire. Il s’intéresse à l’émergence d’une « France périphérique » qui s’étend des marges périurbaines les plus fragiles des grandes villes jusqu’aux espaces ruraux en passant par les petites villes et villes moyennes. Il souligne que désormais 60 % de la population — et les trois quarts des nouvelles classes populaires — vit dans cette « France périphérique », à l’écart des villes mondialisées.

La France compte 8,8 millions de pauvres (INSEE, 2016) et 2,3 millions de personnes vivent au mieux individuellement avec 672 euros par mois. Comble pour l’un des premiers producteurs agricoles mondiaux, pour manger, près de deux millions de personnes auraient eu recours à l’aide alimentaire en 2015 (Observatoire des inégalités).

Économiste de formation, je m’intéresse aux évolutions qui modifient la société française en profondeur, sur le long terme. La pauvreté a baissé à partir des années 1970 jusqu’au milieu des années 1990. Elle est ensuite restée plutôt stable jusqu’au début des années 2000 avant d’augmenter.

Depuis 2004, le nombre de personnes pauvres a progressé de 1,2 million (+ 30 %). Ce mouvement de hausse constitue un tournant dans l’histoire sociale de notre pays. La dégradation économique enregistrée depuis 2008 pèse tout particulièrement sur les moins favorisés (source : L’Observatoire des inégalités).

Mon objectif est donc de réaliser un témoignage photographique de la hausse structurelle de la pauvreté dans l’hexagone.
Montée de la pauvreté en France

Au-delà des statistiques, le phénomène est peu visible. Pourquoi  ? Les analyses de Pierre Bourdieu et Michel Legros peuvent nous éclairer. Selon le premier, l’invisibilité sociale est un effet de la domination. L’espace social est un espace clivé, divisé entre dominants et dominés. Dans la conception la plus large, l’invisibilité concerne tous ceux que les dominants estiment ne pas relever d’une vie normale et accomplie.
Pour Michel Legros (Observatoire de la pauvreté et de l’exclusion sociale), l’invisibilité peut constituer un mode de régulation de la pauvreté. Il s’agit alors de rendre les pauvres invisibles. Les politiques urbaines visent notamment à « nettoyer » l’espace public en évitant que les pauvres ne l’occupent trop massivement pour ne pas déranger le reste de la population. La rénovation urbaine a pu conduire à repousser les pauvres toujours plus loin en périphérie, et la politique de mixité sociale passe en réalité par l’expulsion plus ou moins directe et négociée de catégories que l’on ne souhaite plus voir dans les espaces rénovés. (ONPES).
Je souhaite que ce témoignage rende visibles et concrètes les conditions de vie d’une partie de nos compatriotes. Que des visages se substituent aux statistiques afin d’apporter au public des éléments de sensibilisation et de compréhension.
Car le regard des Français sur les pauvres se fait plus dur. Selon une enquête du Crédoc (1) portant sur un échantillon représentatif de 2 000 personnes, effectuée de décembre 2013 à janvier 2014, et publiée le 12 septembre 2014, 37 % des Français pensent que les personnes qui vivent dans la pauvreté n’ont pas fait d’efforts pour s’en sortir alors qu’ils n’étaient que 25 % en 2009, au déclenchement de la crise.

(1) CREDOC : Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie.

Thomas Morel-Fort – Une vie à servir

Autoportrait-Thomas-Morel-FortThomas MOREL-FORT – FRANCE
Après des études à l’institut National Supérieur des Arts du Spectacle (INSAS) à Bruxelles et un parcours universitaire à la Sorbonne (Licence en Philosophie) et à la Sorbonne Nouvelle (Licence de Cinéma). Thomas décide de se consacrer pleinement à la photographie. En 2012, il est diplômé de Icart Photo, promotion Remi Ochilk et obtient l’European Bachelor of Photography. La même année il travaille chez Sipa Press puis au journal Le Parisien. Basé à Parie, il est membre du studio Hans Lucas depuis 2015. Son travail a été publié dans Grazia, Le Parisien, l’Express, L’Obs, Paris Match, La Croix, Le Figaro, Épic Stories.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2018 : Une vie à servir

Plus de 50 000 Philippins vivent en France. Plus de la moitié d’entre eux sont des travailleurs clandestins sans-papiers. Ce reportage se concentre sur les femmes de ménage surnommées « Filipinas » qui représentent 80 % de cette main-d’œuvre domestique et qui travaillent le plus souvent dans les beaux quartiers de l’Ouest parisien et dans des villas de la Côte d’Azur.

Filipinas

Octobre 2016. Paris 16e. Myrna travaille dans un des appartements de ses employeurs qu’ils louent en air’bn’b.
Myrna , 48 ans, est arrivée à Paris il y a six ans . Elle travaillait pour une princesse saoudienne en Arabie Saoudite. Pendant les vacances de la famille de sa patronne à Courchevel, elle s’est enfuie avec une autre employée philippine de leur chalet. Après s’être cachée pendant quelques mois dans un foyer de sans abri elle a pu se rendre à Paris.

Pendant trois ans, j’ai pu suivre au plus près le quotidien de plusieurs « Filipinas » Donna, Tita, Myrna et Jhen.  Donna et ses amies ont laissé leurs familles et leurs enfants aux Philippines pour travailler dans les beaux quartiers à Paris. La condition de domestique est leur «  destin » disent ces jeunes femmes. Je me suis fait embaucher pendant 1 mois et demi avec elles.

Patrice Mariolan – Plumes

Patrice MoriolanPatrice MARIOLAN – FRANCE
De l’horizon lointain à l’œilleton étroit, de l’émotion de l’instant à la maitrise du « clic« , la photo a changé mon regard sur la vie qui m’entoure et tout devient image. La lumière redessine à chaque instant le paysage, jamais à l’identique.
Elle rythme la vie animale, actrice de cet enchantement quotidien.

J’ai choisi le noir et blanc pour épurer l’image et conduire le regard à l’essentiel de l’attitude, du mouvement, de l’action.

 

EXPOSITION BARROBJECTIF 2018 : Plumes

« Fascinants oiseaux ! Ils ressentent, expriment, réagissent, en êtres singuliers.

Jet de lumière dans la transparence des barbules déployées, virtuoses des turbulences, ils sont à chaque instant notre inaccessible rêve d’Icare.

Dans l’épure du noir et blanc et la poésie des mots, PLUMES rend hommage à cette élégante fragilité. »

 

SON LIVRE SERA EN VENTE SUR LE FESTIVALLIVRE PLUMES

Camilo León-Quijano – Les Rugbywomen : plaquer les stéréotypes

Camilo LEÓN-QUIJANO – COLOMBIE – Né Camilo León -Quijanoen 1991 à Bogotá. Il est titulaire de deux Masters en sociologie et vit en France depuis 2012. Photographe autodidacte, il explore les liens entre photographie et recherche en sciences sociales au sein d’un doctorat en sociologie visuelle à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales depuis 2015. En 2017 il a été lauréat du Prix du Diaporama Sonore (Libération et Fisheye Magazine). Cette même année il a été sélectionné pour la Nikon-NOOR Academy à Paris et a reçu le Prix Robert Lemelson de la Society for Visual Anthropology (American Anthropological Association). En 2018, il a été lauréat (1st Prize) du Rachel Tanur Prize for Visual Sociology, finaliste du LUMIX Festival for Young Photojournalism et du Days Japan International Photojournalism Awards.

EXPOSITION BARROBJECTIF2018 : Les Rugbywomen – plaquer les stéréotypesSport féminin à Sarcelles

Sarcelles est une ville de banlieue située à 15 kilomètres au nord de Paris. Cette ville nouvelle est à présent une ville marquée par une forte stigmatisation socio-spatiale. La ville compte environ 60 000 habitants, une population jeune (presque 50 % a moins de 29 ans), un taux de chômage supérieur à 23 % et un revenu moyen de 16 891 € annuel. 35 % de la population est non diplômée et 50,7 % vit dans des HLM (INSEE, 2015). Le décompte de la population immigré-e-s est d’environ 18 000 individus, la plupart venue de l’Afrique du Nord, de l’Afrique Sub-saharienne et de la Turquie.

J’ai voulu explorer la ville sous l’angle du sport et de la jeunesse. De ce fait, en 2017 j’ai photographié le quotidien d’un groupe de jeunes joueuses de rugby inscrites à l’UNSS du Collège Chantereine de Sarcelles, l’un des centres éducatifs le plus stigmatisés de la ville. En photographiant leur quotidien, j’ai découvert la manière dont elles vivaient et interagissaient dans la ville.

En me plongeant dans leur vie personnelle et collective, j’ai appris l’importance de ce sport dans leur vie quotidienne : le rugby est un moyen de « plaquer » certains stéréotypes sociaux (filles de banlieue) mais aussi de genre (un « sport de garçons »).

Regarder la ville en chaussant les lunettes de ces jeunes joueuses a été l’occasion de photographier la banlieue autrement. Bien que des problématiques sociales persistent, le sport est un moyen de s’émanciper et de retrouver une dignité très souvent reniée par les institutions et les médias.
À la fin du projet et en vue mettre en valeur l’engagement sportif des jeunes rugbywomen du collège Chantereine, nous avons réalisé une exposition photographique «  éphémère » dans leur collège : 22 images en grand format ont été collées sur les murs de l’établissement pour mettre en valeur cette expérience.