Jean Daniel Guillou – Sara la kali

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Né en 1963 à Dakar (Sénégal), il vit en Charente. Photographe freelance, il est l’auteur du livre 18, Appels d’urgence (éditions Arléa) sur les sapeurs-pompiers, un reportage qui a nécessité deux ans de travail. Il a notamment réalisé pour Géo un exceptionnel témoignage photographique sur les derniers Tziganes vivants en roulotte dans le Limousin.

Jean-Daniel Guillou est un passionné de l’Afrique où il a réalisé un reportage sur l’association de L’Arche de Zoé. Emprisonné au Tchad pendant deux semaines, il s’est retrouvé au cœur de l’actualité.
Curieux des univers les plus variés, il est un observateur patient du quotidien et de ses semblables. Il appartient à la famille des photojournalistes au long cours et réalise des sujets complexes ou nécessitant une approche précautionneuse. Jean-Daniel Guillou aime se fondre dans le paysage, se glisser dans la peau d’un anonyme jusqu’à se faire oublier pour capter la sincérité de l’autre dans l’intimité de son quotidien. C’est ainsi qu’il met également son expérience acquise au fil de ses reportages au service des entreprises et des institutions. Quel que soit le sujet, il conduit son travail avec la même exigence : partager la richesse de ses rencontres, restituer les émotions et les instants qui lui sont offerts.
Jean-Daniel Guillou aborde la photographie comme une façon de vivre avant même de l’envisager comme profession.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Sara la kali

C’est au mois de mai que les gens du voyage se rassemblent, face à la mer, aux Saintes Maries. Ils viennent par milliers vénérer Sainte Sara (Sara la kali ou Sara la noire) dont la statue se trouve dans la crypte de l’église fortifiée de notre dame de la mer.

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Jean Daniel Guillou

Sara la Kali, Sara la noire, serait la servante de Marie Jacobé et Marie Salomé chassée de Jérusalem après la mort du Christ dans une barque sans voile ni rames qui échoua en Camargue.

Avertie miraculeusement de l’arrivée de Marie Jacobé et de Marie Salomé, Sara la noire les conduisit au temple païen, le temple « Ra » à l’emplacement même ou  fut édifié l’église fortifiée de Notre Dame de La Mer. Très vite après la mort des Saintes, un culte se répandit avant que la construction de l’église forteresse au XIIe siècle ne le confirme.

Au XIV siècle le pèlerinage est déjà très populaire. Il prendra une tout autre ampleur après 1448, quand les fouilles entreprises par le roi René sous l’autel de l’église découvrent les reliques des saintes femmes.Guillou_9607

Elles furent mises dans des châsses (coffre, cercueil ou reliquaire) et transportées dans la chapelle haute de l’église. L’émotion est à son comble lors de la descente des châsses contenant les reliques descendues de la chapelle haute qui s’ouvre sur la nef de l’église par une fenêtre située au dessus de l’arc du clocher. Un treuil de cordages de marine fleuries descend au milieu des chants et des acclamations. Peut après, c’est le tour de la statue de quitter l’église Notre dame de la Mer, elle est portée par les gitans et escortée jusqu’à la mer par des milliers de fidèles sous la conduite des gardians à chevaux.Guillou_6952 Guillou-1449EXPOSITION BARROBJECTIF 2014

Jérôme Barbosa – Nadrupe, les derniers rites

Avec ces photographies, je n’ai pas vraiment réfléchi à ce que je faisais. Je ne me suis pas imposé une démarche, comme pour tout autre sujet. Ce fut un élan de nostalgie pure. Les opportunités se sont présentées, je m’en suis saisi. J’espère le moins maladroitement possible. Confusément, je voulais préserver ce temps de l’enfance où j’ai été heureux, entouré de personnes avec lesquelles je ne pouvais pas communiquer (je me suis forcé à parler portugais pour l’occasion). Mais aussi rendre compte d’un temps, d’un mode de vie sur le point de disparaître. D’un monde que je connais finalement assez peu, mais dont je suis issu et dont les valeurs m’habitent.jerome barbosa

EXPOSITION BARROBJECTIF 2013 : Nadrupe, les derniers rites (2003–2011)

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Cela a commencé un peu par hasard. Je venais de découvrir la photographie et, d’avoir grandi et vécu en banlieue parisienne, j’éprouvais le désir de faire le portrait de mes grands-parents, de les suivre dans leurs activités journalières. Mes nombreuses vacances au Portugal m’ont permis de le faire, de manière chaotique, tout du moins au début.

Quand j’ai initié ce projet, mes grands-parents travaillaient encore aux champs, j’ai donc pu suivre les labours des terres, le ramassage des poires, celui du maïs. Puis comme leur santé ne leur a plus permis de travailler autant à l’extérieur, je les ai photographiés chez eux : à table, faisant la cuisine, priant, s’assoupissant sur le canapé, travaillant dans la remise.

Petit à petit, mon champ d’investigation s’est élargi. Je me suis intéressé à la fête du village que j’avais connue très tôt dans mon enfance et dont je ne savais finalement pas grand-chose. Le caractère collectif de tout ce travail ne menait qu’à une chose : célébrer le fait d’être ensemble. Or, avant même les festivités, la bonne humeur des préparatifs ainsi que les anecdotes que chacun se raconte pendant l’effort avaient dominé.

Aujourd’hui, la modernité s’est bien ancrée dans les campagnes. Ces interminables soirées estivales où chacun se retrouvait dans les rues sur le pas des portes à discuter jusqu’à des heures indues ne sont plus qu’un souvenir. Le dernier vestige de ce temps demeure celui de la fête du village qui a lieu début août. On s’y retrouve, on y danse, on y mange copieusement et on se remet doucement de ces émotions.

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