Christian Arnaise – Et après

Christian Arnaise a été photographe professionnel, reporter de guerre pendant de longues années. Depuis 13 ans, il parcourt la France avec son cheval et sa roulotte.

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EXPOSITION BARROBJECTIF 2014 : Et après

Assis au bord de l’eau, on porte un brin d’herbe à sa bouche, mais la motte, les racines et même un bloc de ciel tchéchène sont venus avec. Ombre de la photo, sommeil de rocket et de plomb.
L’empreinte du temps sur l’image, comme la marque de l’avion dans notre vide nocturne. Les torches de Grozny, bûcher embrasé tout là-bas, par quelque naufrageur, trouée rougeâtre jaunissant au pourtour. L’orée d’un autre monde, la photographie m’a renvoyé dans mon « pays d’origine », mais son origine n’a pas de pays.
Pourtant, il y a les astres qui se balancent. A l’idée qu’au sein de cette splendeur on s’adonne à tant de violence.. dévêtu de mon âme, le temps va sans ardeur…
Vivre des jours et des jours de quiétude infinie, des jours à perte de vue. Voyage au bord du monde, un rien de lune au cœur.
Le ruban de déroule où, quand et comme il veut. Sa trajectoire peut varier à tout instant. Ma roulotte est une île.

La roulotte de Christian Arnaise

Maya Angelsen – Mise aux poings

Née le 02 décembre 1969 à Paris

Serbe et norvégienne d’origines, directrice de production dans une agence de voyages spécialisée dans le grand nord durant 18 ans, Maya Angelsen est avant tout une femme de l' »ailleurs ». Un quai de gare encombré, un port balayé par le vent, une salle d’embarquement bruyante et une lueur de bonheur illumine son regard. De son ADN métissé et de ses nombreux voyages, elle a développé un goût de l’autre, un tropisme de la rencontre. L’altérité comme carburant de la vie.

Et si elle emporte toujours avec elle son appareil photos, c’est qu’elle a un besoin viscéral de témoigner. Une inclinaison mâtinée d’un sens artistique, un goût pour le détail invisible, un instinct de l’harmonie, un amour du beau.

Alors, lorsqu’elle décide en 2012 de changer d’orientation professionnelle, la photographie n’est pas un choix. C’est une évidence !

Autodidacte, instinctive, sensible, Maya Angelsen est avant tout une photographe de l’humain. La rencontre, le lien, le moment présent sont les ferments de son travail. La technique s’efface devant l’intention de restituer l’émotion de l’instant. Ajoutez une bonne dose de bienveillance et vous obtiendrez le socle de tout l’univers photographique de Maya Angelsen.

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EXPOSITION BARROBJECTIF 2014 : Mise aux poings

C’est un hasard heureux qui m’a guidée jusqu’à la boxe. Ce n’était pas une démarche volontaire au départ. Les combats de boxe, j’en avais horreur. Comment accepter un sport où tout me semblait violence ? Et puis, il y a eu la rencontre fortuite avec l’un des anciens entraîneurs du boxeur Jean-Marc Mormeck, M. Lucien Dauphin. Il m’a ouvert les portes d’une salle d’entraînement, un soir en banlieue parisienne. Je pénétrais dans cet univers masculin sur la pointe des pieds, timide et mal à l’aise à la fois. Il y avait quelque chose de fascinant dans l’intensité de leurs efforts. Ils se défiaient du regard, leur corps s’affrontant avec une étonnante maitrise et un profond respect. Je m’installais dans un coin de la salle pour observer. Mes a priori sur la boxe et les boxeurs venaient de tomber.

Un mois plus tard, j’assistais au championnat de France de boxe à Fontenay sous Bois. J’allais réaliser mes premières photos, tout près du ring, aux  côtés de photographes avertis. Sentiment d’un ultime privilège : dans les coulisses des vestiaires, je suivais les préparatifs du boxeur au combat. La minutieuse séance du bandage des mains, les passages du médecin et de l’arbitre, les conseils chuchotés, l’échauffement : la néophyte que j’étais ne perdait rien de ce qui fait de l’avant combat, un véritable rituel.

Sortie des vestiaires pour rejoindre la salle, je passais de l’ombre à la lumière, du calme au brouhaha, de l’intime à la foule. Grisée par l’ambiance générale, je laissais mes émotions guider mon regard. Je faisais la « mise au poing ». Je déclenchais…

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Françoise Barbaras – L’incertitude

Je m’intéresse depuis quelques années à la dimension poétique des images photographiques – que j’essaie de définir, par ailleurs, dans un essai que je suis en train de rédiger sur ce sujet.

Cela signifie, entre autres choses, que je me tiens à l’écart de tout effet réaliste ou naturel des scènes que je photographie. Je privilégie la mise en scène délibérée, le caractère un tant soit peu artificiel, ou quelquefois plus  délibérément construit, de la pose des personnages.

Le caractère non absolument explicitable du sens de l’image, son décalage perceptible vis à vis de la lisibilité directe, le côté un peu énigmatique de la scène, constituent les dimensions essentielles que j’explore dans mes images.

Il peut s’agir de faire sentir une mélancolie, un mystère ; ou bien un effet de basculement et de saisissement qui laisse le spectateur un peu interdit.

De façon plus générale, je cherche à ce que l’image ouvre vers un espace mental et un sens qui ne sont pas entièrement maîtrisables. C’est pourquoi je joue de tous les aspects de la prise de vue qui permettent ces effets : la composition et le cadrage, bien entendu, mais aussi les accessoires que portent les personnages, quand il y en a. Je joue de la théâtralité de leur pose, et du type de regard que je leur demande d’adopter, impassible et sans expressivité.

C’est aussi le traitement en noir et blanc que je choisis la plupart du temps, car il donne toute sa dimension théâtrale aux images que je construis.

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 EXPOSITION BARROBJECTIF 2014 : L’incertitude

Cette série met en scène l’énigme que constitue pour une jeune fille l’individu qui émerge en elle au sortir de l’enfance. Cette jeune fille se nomme Clara.
Clara a perdu la complicité qui la reliait aux choses ; elle est en train de quitter l’insouciance. Elle interroge ce que peut être sa prochaine identité. Elle est tournée vers un avenir qu’elle sait être celui d’une femme, mais sans en comprendre la teneur.
Le regard qu’elle porte vers nous est comme interloqué, chargé de l’expérience de basculement qui lui arrive. Il comporte une interrogation sur la nature de la féminité.

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La série se compose de deux types d’images, en noir et blanc, légèrement colorisées par endroits :

– 10 portraits de Clara, de format A3 .
– 11 plus petits formats (A4) accompagnant les portraits et reprenant un objet – ou un objet apparenté – figurant sur les portraits eux-mêmes.
– La disposition de l’ensemble donne des diptyques ou des triptyques, chaque fois centrés sur un portrait accompagné de ses objets latéraux.

Le rythme de la séquence est construit pour donner le sentiment d’une fugue musicale, le thème se rebrodant dans les appogiatures que semblent être les petits formats côtoyant les grands portraits.

Maud Bernos – Blue Eyes

Photographe free-lance, autodidacte, sans amarres, sans cesse en voyage et en mouvement, Maud est sur tout attachée à la liberté. Après une enfance passée entre Avignon, Dakar, Alger, Lyon et Barcelone, elle pose son sac à Paris en 2006. Formée à l’IUT Métiers du Livre, elle évolue d’abord dans le milieu du livre et se lance plus tard dans la photo en devenant l’assistante de différents photographes.
Des librairies au Festival de Cannes, du monde de la nuit aux portraits de personnalités,
son parcours se construit dans la diversité.

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Site web de Maud Bernos

EXPOSITION BARROBJECTIF 2014 : Blue Eyes

La série BLUE EYES est née en novembre 2012 à l’occasion du départ du dernier Vendée Globe. Tour du monde à la voile, en solitaire, sans assistance et sans escale, cette course est une véritable odyssée. Durant trois mois, des hommes traversent les Océans et reviennent inévitablement transformés par ce long voyage.

Au fur et à mesure des arrivées, la photographe immortalise les visages marqués par l’effort et la détermination. Fascinée par l’humain et plus particulièrement par sa force de vie elle souhaite retranscrire à travers de portraits sans artifice et sans décor l’intensité et l’énergie qui habitent ces navigateurs, véritables héros des temps modernes.

Bernard Stamm, Série BLUE EYES

© Maud Bernos

Tous les marins ont les yeux bleus. Ils ont beau avoir les iris noires, vertes, gris d’orage ou caramel doré, ils ont les yeux bleus, c’est une loi de la nature, une loi du genre humain – du genre marin.

On se dit que leurs yeux ont pris la couleur de ce qu’ils traversent, de ce qu’ils sondent paupière plissée ou de ce qu’ils scrutent les globes basculés hors des orbites : le ciel et la mer, le ciel en haute mer, la mer sous le ciel, le ciel dans la mer. On suppose que leurs yeux se sont oxydés peu à peu au cyan, au cobalt, sont devenus vitraux, filtrant la peur derrière le cristallin, ciblant le plaisir jusque dans la pupille, et l’on se souvient qu’il y a huit mille ans, une mutation du gène OCA2, porté par le chromosome 15, a créé la couleur bleue des yeux – sans doute exprès pour eux.

Tous les marins ont les yeux bleus. Ce bleu est autre chose qu’une couleur : un espace et un temps, la matière du vertige, la texture d’un songe, le vent dans la bouche, l’horizon en coupole, la vitesse qui grise et la solitude qui cogne pour quelques semaines, la mémoired’une trajectoire. L’outremer et l’azur dans un même regard.

Maylis de Kerangal

François Gabart; Série BLUE EYES

© Maud Bernos

Tanguy De Lamotte; Série BLUE EYES

© Maud Bernos

 

Nicole Bonnefoy – Cuba

Nicole Bonnefoy, Sénateur et conseillère générale de la Charente

Exposition BarrObjectif 2012

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Exposition BarrObjectif 2014 : Cuba, fabuleux métissage de l’Espagne et de l’Afrique

Au centre du plus grand archipel des Caraïbes, Cuba fabuleux métissage de l’Espagne et de l’Afrique où vient s’ajouter une architecture hispano-coloniale remarquable.

Mais Cuba aujourd’hui, c’est encore une grande misère. Le peuple est pauvre, démuni, même si des services publics sont peu chers (transports, spectacles, électricité, loyers…) voire totalement gratuits (médecine, éducation…).

Eldorado pour les touristes mais pas pour le peuple dont la jeunesse qui n’a pas connu la révolution, aspire à d’autres horizons. Les cubains sont de plus en plus conscients que la misère économique est la résultante d’un système obsolète doublé d’un embargo américain qui n’a plus de raison d’être appliqué.

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Voici quelques photos pour témoigner de la beauté et de la pauvreté de Cuba, de La Havane, de ce peuple fier, chaleureux et courageux.

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Éric Bouvet – Les révoltés de Maïdan

 

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Eric Bouvet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Exposition Barrobjectif 2013 : Burning Man : l’art déjanté à ciel ouvert

Exposition Barrobjetif 2012 : The Rainbow Family

Site de Eric bouvet

EXPOSITION BARROBJECTIF 2014Les révoltés de Maïdan (Ukraine)

Kiev, en janvier et début février les événements qui s’y déroulent  sont si près, si photogéniques, dans des conditions relativement aisées, plus facile que d’aller sur un conflit compliqué d’accès lointain, dangereux et onéreux. Aisé car travailler dans la journée, prendre une boisson pour se réchauffer dans un bar, manger chaud dans un restaurant le soir, se coucher dans un lit confortable et une salle de bain propre c’est rarement le cas. Je ne ferai pas la liste des guerrillas Africaine, ou autre Tchechenie rasée ou encore traverser les montagnes Afghanes à pied en hiver.

De plus ici vous êtes le bienvenue, ce n’est pas toujours le cas ! Certains conflits sont très délicats à couvrir car les parties en présence n’ont pas envie de montrer les horreurs commises. Les Ukrainiens de la place Maidan ont été très avenants avec tout ce qui portait un appareil photo, un bloc note, une caméra ou autre micro. A propos des appareils photos c’est devenu insupportable de passer son temps à essayer de faire une image sans avoir un soit disant photographe dans son champ. Que des jeunes veulent percer et viennent travailler, c’est normal, mais les pseudo photographes, mi touristes, mi je viens passer le week end à Kiev faire des images pour les mettre sur les réseaux sociaux (la gloire !) ou encore se faire peur… Entre professionnels nous en discutons et c’est devenu un véritable fléau.

Si je n’ai pas pu venir avant c’est qu’il fallait au minimum 600€, et bien évidemment, ça ne se trouve pas comme cela. Je regarde donc tout cela le plus loin possible car ça ne sert à rien de se faire mal au ventre.
Début février un ancien stagiaire me demande de l’accompagner. Un mécène nous paye les frais ! C’est la quatrième fois que j’ai ce genre de demande, car le fait d’animer des workshops depuis 12 ans et ayant eu plus de 500 stagiaires, une confiance et une réputation s’installe. Mais j’avais toujours refusé pour différentes raisons. Cette fois ça me démange et nous voilà partit pour 4 jours, à une condition c’est que si cela dégénère, en premier lieu Gregory s’enferme dans sa chambre, ensuite je le remets dans le premier avion venu.
Nous passons donc tous les deux ce court séjour avec plaisir, la journée en prises de vue tous les deux sans que je le lâche, et le soir editing, comparaisons des points de vues, etc… D’ailleurs je serai très heureux et agréablement surpris de l’évolution de Grégory.
Belle expérience pour nous deux. Par contre j’avais emmené la chambre 4X5 pour le plaisir, mais au retour il s’avérera que les trois quarts de mes plans films ont subit des dommages… tristesse mais heureusement j’avais mes numériques Fuji avec moi dont le nouveau XT1 en avant première ainsi que le petit bijoux d’optique le 56mm f1 .2.
Mon prochain équipement sans aucun doute !

Nous repartons après ce long week end de découverte, de plaisir du travail de l’œil et de partage.
Quelques jours plus tard, les choses bougent à Kiev, cette fois, suite à ma demande Paris Match m’aide, comme souvent.
Sur place le calme n’est plus. La police a reprit une partie des positions. L’ambiance y est digne d’une ville en guerre. Le lendemain de mon arrivée, je passe par les barricades il est 8 H, ça chauffe, des nuages noirs du à la consumation des pneus s’élèvent, une partie de la place est plongée dans la pénombre. Les gens sont très combatifs, les pierres volent, des grenades assourdissantes arrivent de notre coté, pas bon pour les oreilles… J’entends des tirs, mais je ne sais pas quelle en est la teneur. D’un coup les barricades s’ouvrent et les gens de Maidan s’élancent. À ma grande surprise sur cette étendue, il serait facile de tomber dans un piège. J’attends que passe devant moi une bonne centaine de personnes. La fumée couvre tout, je traverse sous de multiples détonations, des premiers blessés tombent. Un premier mort, puis un deuxième, les tirs commencent à être plus précis. Un homme à coté de moi est touché, pourquoi celui ci plutôt que son voisin ? Je me retourne en haut d’un escalier une fourmilière est en marche, c’est incroyable, des centaines de personnes montent à l’assaut. Les premières lignes ont quelques dizaines de mètres d’avance. Je laisse cette distance, les blessés et les sans vies sont évacués rapidement vers l’arrière, je fais quelques images à la volée. Les tirs fusent. J’ai bien compris que le danger n’est plus de prendre une pierre sur la tête, mais que des tirs à armes automatiques font mouche. Comme d’habitude je cherche à savoir d’ou vient le danger et les moyens de se protéger, murs, arbres, etc…

Je suis surpris de ne pas voir le reste de la presse, pourtant hier soir encore des centaines de journalistes se promenaient sur la place. Je regarde comment évoluent « les combattants », ils montent à l’assaut avec leur bouclier en ferraille ou en bois, ce qui n’arrête pas une balle d’arme automatique… Et juste derrière de suite « les ouvriers » avec des pneus, des palettes de bois, des sacs de pierres, le tout pour remonter des barricades. Et ça fonctionne ! Mais qui dirige ? Comment font ils pour une telle organisation ?

Les réponses ne me viennent pas car pour l’instant faire attention et faire des images sont les deux priorités. Sur le plat, quelques taules verticales nous protègent de la vision de la police. Les forces s’organisent et se multiplient, je ne sais plus si c’est une fourmilière ou une ruche. De l’autre coté de la rue un homme tire un corps par ses pieds, la tête et le buste trainent par terre. Derrière un autre homme les protège de son bouclier d’infortune. Je redescends un peu pour traverser plus bas, plus à l’abri. Quelques images et je remonte en slalomant entre les arbres. Un homme tombe, son voisin le tire comme il peut, sa tête ensanglantée cogne contre les pavés. Je file un coup de main, mais vu l’état du malheureux je n’y crois plus beaucoup. Encore et encore des hommes remontent, une fois des infirmiers ayant pris en charge le blessé, j’enquille avec les nouveaux arrivants. Je courre mais cette fois sans m’en rendre compte, je tombe sur six corps, instinctivement je fais une image à la volée. Le choc me fait comprendre que l’endroit est pourri. Les trois autres personnes qui sont la, font ce qu’elles peuvent pour se protéger, effectivement des tirs arrivent de la gauche et d’en face, l’un des hommes se déplace et tombe sous les balles. De suite je pense à repartir mais le découvert est trop grand. D’autres combattants arrivent pour prendre les corps et les blessés, encore deux autres tombent. C’est le tir aux pigeons. Un brancardier arrive et lui aussi est touché. Ça fait beaucoup, il ne reste plus qu’à faire le mort et attendre. Impossible de savoir d’ou vienne les tirs qui font mouche. Une infirmière après avoir essayé d’aider un blessé à la tête, s’écroule à quatre pattes à découvert. Elle est tétanisée. Plusieurs combattants arrivent et embarquent les blessés, l’un d’eux est encore touché, je profite du mouvement pour m’échapper de cette horreur.

Un peu plus bas je retrouve l’infirmière encore à quatre pattes, je la porte comme je peux, d’autant qu’elle n’est pas fluette. Mais comme toujours dans ce genre de cas, l’on arrive à faire des choses impensables en temps normal. Nous arrivons au pied de l’hôtel Ukraina, à l’abri, le hall sert d’infirmerie et de morgue. Mais je n’y suis plus, je sais que j’ai quelques images, je sais que j’ai eu beaucoup de chance. Comme toujours, la colère monte en moi. Il n’y a pas grand-chose à faire à part déguerpir. La chance il ne faut pas en abuser, et cela fait trente trois ans qu’elle me gâte. Je rentre décharger les images pour les sauvegarder. Plus tard viendra l’editing et la petite post prod.
Il est 11h00 du matin, ma journée est terminée, plus question de remonter en première ligne aujourd’hui, d’ailleurs je dois aller chercher Emilie, la journaliste de Paris Match qui vient d’arriver en ville. Une autre histoire commence, après le news, une série de portrait, à la rencontre de gens extraordinaires, des Ukrainiens de tous les jours qui luttent pour leur liberté.

Site Médiapart : la bataille de Kiev d’Eric Bouvet

 

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Mathieu Chazal – Les apprentis

Le photographe Matthieu Chazal, né en 1975, a débuté en 2012 un projet documentaire sur le thème de la ruralité en Charente. Il veut proposer une vision du monde rural, de ses mouvements et ses transitions à travers différentes séries de photographies en noir et blanc. Ce travail tentera de proposer un arrêt, un temps de pause, propice à la réflexion sur le devenir agricole et rural. Il propose ici la série « Les Apprentis », faits de portraits posés et de scènes prises sur le vif. Un regard sur les futurs agriculteurs, le travail à la ferme, leurs relations à la terre et aux animaux.
Diplômé en philosophie et en journalisme, Matthieu Chazal a été journaliste, notamment au journal « Sud Ouest », jusqu’en 2005, avant de se lancer dans la photographie documentaire. Après des reportages au Niger sur les Touaregs et au Sénégal sur la lutte, sport national, il s’installe à Istanbul en 2007. Il s’intéresse aux minorités, aux frontières et aux migrants, de la Mer Noire à la Mésopotamie. Le projet sur la ruralité en Charente, département où il a grandit, est un retour aux sources : il installe un labo photo argentique à l’association Thélème, située à Chasseneuil-sur-Bonnieure, et y anime des ateliers photo, notamment avec les élèves de la MFR de La Péruse. Il tente de trouver l’équilibre entre des projets aux longs cours dans des territoires lointains, et des sujets en Charente, proche et familière.

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EXPOSITION BARROBJECTIF 2014 :  Les apprentis

Ils ont entre 14 et 18 ans et se destinent à une carrière agricole. Octavien, Vincent, Thomas ou Valentin sont en apprentissage à la Maison familiale et rurale (MFR) de la Péruse, en Charente-Limousine.
Cette MFR fait partie d’un réseau de 440 établissements créés à partir de 1937 et répartis en zone rurale sur tout le territoire français. Les MFR forment en alternance plus de 70 000 jeunes et adultes par an aux métiers agricoles, surtout, mais aussi aux métiers de bouches, services à la personne, commerce…
La MFR de la Péruse accompagne des jeunes vers la filière agriculture et élevage. Certains sont fils d’agriculteurs, d’autres en recherche d’une rapide autonomie professionnelle, d’autres encore en situation d’échec scolaire dans le système classique. Aux cours théoriques en salle de classe, tous les jeunes préfèrent les ateliers pratiques sur le terrain, avec les moniteurs de la MFR et des professionnels de l’agriculture : contention de bétail, séance de tronçonnage, sélection de bétail, sorties aux abattoirs, au Salon de l’Agriculture de Paris…

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Formés en alternance, Octavien, Thomas, Valentin et les autres travaillent en stage dans différentes exploitations du département. Ils s’épanouissent dans « la vie au grand air, le travail avec les animaux, l’utilisation des engins agricoles, machines et tracteurs ».

Certains effectuent leur stage sur l’exploitation familiale, élevages bovin, porcin ou ovin, pour reprendre la ferme une fois diplômés. Durant son stage, Thomas se lève tôt pour aller nourrir et soigner les bêtes, une cinquantaine de vaches limousines et autant de moutons. Il envisage de développer la petite exploitation familiale et ne vivre bientôt que de l’élevage, alors que ses deux parents ont un emploi « à l’extérieur » pour compléter les revenus de la ferme. Octavien, lui, espère rapidement acquérir une autonomie professionnelle et financière en étant embaucher en tant qu’ouvrier agricole par son maître d’apprentissage.
Education théorique, formation pratique, apprentissage de la vie en collectivité et expériences sur le terrain… « Les Apprentis » s’exercent aux techniques agricoles et à la gestuelle paysanne. Des forces nouvelles bientôt prêtent à prendre la relève.

Joana Choumali – De l’ombre à la lumière

Née en 1974 à Abidjan Côte d’Ivoire, Joana Choumali est une photographe free-lance ivoirienne basée à Abidjan.

Elle a étudié les Arts graphiques à Casablanca (Ecole Art’Com) et a travaillé en tant que Directrice Artistique pour l’agence McCann-Erickson avant d’entamer sa carrière de photographe free-lance.

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Expositions

Octobre 2000 : Goethe Institute Abidjan, festival bi-annuel « les Rencontres du Sud », série plastique « Birth », 1999.

Septembre 2011: « Bicici, Amie des Arts » Abidjan, série documentaire ‘Ces Invisibles’.

Octobre 2011: “Petite revue de l’art moderne et contemporain de Côte d’Ivoire ” exposition d’art contemporain, Galerie Rotonde des Arts, série documentaire ‘Ces Invisibles’.

Dec 2011– Jan 2012 : Eureka Galerie , Abidjan exposition série plastique « Nappy ».

Mai 2012 : Ecole internationale Jules Verne, série documentaire « Instants de vie » , Abidjan.

Juin 2012 : « OFA 2012 Olympics of Arts » Jeux Olympiques de Londres, série plastique « Nappy » Londres.

Septembre 2012 : « Bicici, Amie des Arts » Abidjan, série plastique ‘Akan’ ,

Novembre 2012 : Projection « On the Roof « , Cinémathèque du musée National de Bamako . Biennale africaine de la photographie, 9ème édition. Bamako série documentaire ‘Ces Invisibles’.

Mai 2013 : Mois de la Photographie. » l’Emoi photographique » Espace Franquin Série plastique « Nappy », Angoulême.

Octobre / Décembre 2013 : Siège ASCOMA, Abidjan exposition série plastique “émotions à nu”.

Avril 2014: Mois de la Photographie. » l’Emoi photographique » Série plastique « Hââbré*, la dernière génération »(* écriture/scarification en langue Kô), Angoulême.

 

EXPOSITION BARROBJECTIF 2014 : De l’ombre à la lumière

Cette série est le fruit d’un travail effectué pendant 2 ans .Tous issus d’un milieu social modeste, ces jeunes font l’objet de discrimination, d’un rejet de leur entourage… souvent contraints d’arrêter leurs études et de voir se « débrouiller » lorsqu’ils deviennent non voyants, ils se retrouvent socialement isolés, assistés..L’association et la formation d’une troupe leur permet d’apprendre un métier, avoir un but dans la vie, de créer une autre famille, et d’avoir une lueur d’espoir pour l’avenir.

Je me suis rendue sur les lieux de formation deux fois par semaine, à Yopougon dans un quartier populaire d’Abidjan. Ce travail documentaire s’articule autour des répétitions de danses traditionnelles, d’ expression corporelle, théâtre, chants…du quotidien, pour témoigner des efforts sans cesse fournis par ces jeunes hommes et jeunes filles qui souhaitent devenir autonomes et se réinsérer dans la société. Les côtoyer a été une belle leçon de vie..j’ai été témoin de moments d’émotion, de partage, d’entraide, de joies et de peines, de déceptions et de progrès.. mais une chose est constante : leur désir de se battre contre les préjugés, et apprendre pour s’en sortir. 

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Passer de l’ombre à la lumière et changer son destin…

OES’42:16 est une ONG artistique et culturelle, interconfessionnelle, apolitique et à but non lucratif dont la mission est la réinsertion, la réhabilitation et la promotion des personnes handicapées visuelles par les arts, l’action culturelle, la pratique du sport et les actions communautaires, l’évangélisation par les arts de la scène et la promotion du gospel.

Dans le cadre de ses activités, l’ONG OES’42:16 a entrepris depuis 5 ans des événements socioculturels et artistiques pour promouvoir et sensibiliser la population, sur l’importance de l’intégration des personnes en situation d’handicap visuel dans le tissu social et ainsi que des ateliers de formations artistiques(danses traditionnelles, expression corporelle, théâtre, chants)

le but de cette ONG est de restaurer spirituellement la personne handicapée visuelle, rendre accessible la pratique des arts de la scène, de l’expression corporelle et du sport aux personnes handicapées visuelles, assurer la formation et le renforcement des capacités et l’appui à la professionnalisation dans le domaine artistique et culturel et réaliser des activités socio-éducatives et culturelles avec des personnes handicapées visuelles et des personnes valides afin de favoriser leur intégration et leur ouverture aux autres. Elle manque cruellement de soutien et de moyens de développement de son activité. L’ONG et les jeunes vivent grâces à des dons (trop rares), et souhaite vivement trouver un moyen d’étendre ses activités avec un réel soutien financier.

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« Faute d’être en mesure de fonder par magie un état du monde tel qu’on le souhaite, il convient de sauver ce qui reste d’un monde souhaitable »

Antoine de St Exupery

Henri Coldeboeuf – Dimanche après-midi

Photographe amateur depuis 1975, j’écume les manifestations et événements de la région Limousin.
Dans les années 90 cette passion s’est assoupie, mais depuis 2008 elle revit, encore plus intense.

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henricolde@yahoo.fr
Site web de Henri Coldeboeuf

Prix 
– 2ème Grand Prix Nikon 1986
– Prix des Professionnels du magazine PHOTO 1984
– 1er Prix ANGOURAMA 1984

Présence dans les collections
– Fonds Régional d’Art Contemporain Limousin

Expositions
– Festival BARROBJECTIF 2012
– Salon RENDEZ-VOUS IMAGE de Strasbourg 2013
– Voies Off à Perpignan 2013

EXPOSITION BARROBJECTIF 2014 : Dimanche après-midi

Série sur les loisirs des Français, plus exactement sur les animations de fin de semaine.

J’aime beaucoup ces petites manifestations (compétitions sportives, concours, carnavals, festivals de folklore, cérémonies religieuses, défilés hétéroclites, fêtes aux thèmes improbables,,,) loin des grosses machineries qui ne laissent aucune place à l’imprévu, au hasard, à la poésie.

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Collectif Clair-Obscur – Frich’Style

Le collectif « Le Clair-obscur » est né en 2013 par la volonté de deux photographes de partager leur passion commune de la photographie. Mélange des points de vue, sensibilités différentes et originalités des projets sont les sources d’inspiration du collectif.

http://www.le-clair-obscur.com

pascal-dulacPascal Dulac
Tél 06 73 28 49 79
pascal.dulac@club-internet.fr
phillippe-le-royPhilippe Le Roy
Tél 06 52 36 32 67
contact@plr-photo.com

EXPOSITION BARROBJECTIF 2014 : Frich’Style

L’exploration urbaine, communément URBEX (de l’anglais urban exploration), est une activité consistant à visiter des lieux construits par l’homme, abandonnés ou non, en général cachés, interdits ou difficiles d’accès. Elle nous a permis de découvrir un passé industriel oublié, où parfois des générations entières ont travaillé pendant de longues années.

Après la recherche de lieux abandonnés, une première reconnaissance permet de repérer les éventuels moyens d’accès à l’intérieur des sites, puis des bâtiments. Parfois c’est un gardien qui nous accueille et met fin à nos espoirs, ailleurs ce sont des portes et portails grand ouverts.

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Sur place, l’environnement nécessite la plus grande attention. Au sol et en l’air, les dangers sont nombreux : trous béants, planchers en décomposition, verre et acier tranchants, toitures effondrées, installations électriques potentiellement sous tension … la nécessité de ne pas être seul s’impose. Même si la quasi-totalité des lieux visités a déjà été pillée de toute matière négociable puis largement vandalisée,  ces lieux ne sont pas non plus abandonnés de tous : forces de l’ordre, vigiles, squatters, pilleurs et animaux n’aiment pas être dérangés ou surpris.

Une fois l’accès franchi sans effraction, le travail photographique peut commencer. Le désordre généré par le pillage associé aux effets du temps sur les matières, la nature qui reprend ses droits, font de ces sites des lieux uniques offrant de multiples opportunités de composition. Dans cette diversité chaotique de lumières rares, de matières et de couleurs, l’œil doit savoir rester attentif à la fois au détail de proximité et à la vue d’ensemble. Cet exercice, passionnant pour le photographe, devient très particulier lorsqu’il doit être associé à une vigilance permanente.11-frich_style

La visite virtuelle proposée ici rassemble des vues issues d’une dizaine d’explorations effectuées fin 2013 en Charente. Celle-ci ne prétend à rien d’autre qu’à la simple recherche artistique. Le propos n’est sûrement pas de dénoncer le vandalisme ni de déplorer l’abandon et le démantèlement de ces sites, au passé industriel et humain aussi riche et prospère fussent-ils. Cette exposition n’est pas non plus une incitation à la pratique de l’exploration urbaine. Outre les risques de blessure déjà évoqués, il convient de rappeler que ces emprises sont des lieux privés et dont l’accès sans autorisation, même sans intention nuisible, est passible de poursuites.08-frich_style