Julien Ermine – Les bonnets rouges

Julien Ermine – Les bonnets rouges

portrait julien ermine

Julien Ermine est un photographe rennais, âgé de 32 ans. Passionné par la photo, il a d’abord travaillé 8 ans dans le secteur de l’animation jeunesse, éducative et sociale à Rennes et sa périphérie.
C’est en 2008 que le déclic arrive. Après quelques années d’une intense pratique de la photographie, il met fin à ses activités pour effectuer un virage dans son parcours professionnel. Il retourne à l’école, en formation de photographie à l’âge de 27 ans à Rennes, et confirme les attentes placées en lui.
Début 2010, il part en Inde effectuer une série de reportage sur des thèmes variés qu’il mène jusqu’au début de l’année 2012. Vous pouvez retrouver une partie des images dans le menu portfolio.
En Mars 2013, il est nominé à trois reprises, pour recevoir le prestigieux prix des Photographies de l’année 2013
Seul photographe à cumuler trois nominations, il remporte finalement deux Prix :
Le PRIX de la PHOTOGRAPHIE de l’année 2013 – catégorie « PHOTOGRAPHIE HUMANISTE »
-Le PRIX du « MEILLEUR JEUNE TALENT PHOTOGRAPHIQUE » 2013.
-Son reportage « 1sur5″, lui aussi nominé, termine 3eme du Concours pour « le Reportage de l’année ».
En 2014, il remporte le prix du Reportage de l’année pour un sujet sur le mouvement des bonnets rouges qui a embrasé la Bretagne à la fin de l’année 2013.

Julien ERMINE réalise également des travaux photographiques sur commande, à l’attention des entreprises, de fondations, de magazines et revues, etc.
N’hésitez pas le contacter pour toutes informations concernant la réalisation de projets photographiques, en cliquant ici.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2014 : Les bonnets rouges

© Julien Ermine

Le mouvement « des Bonnets rouges », apparu fin 2013 en Bretagne à la faveur de la crise économique qui a fait vaciller le gouvernement en cette fin d’année, est un mélange complexe de revendications économiques, fiscales et régionalistes.Historiquement, ce mouvement voit le jour en 1675 lorsqu’éclate une révolte antifiscale dans l’ouest de la France. En 2013, un élan de protestation Breton en reprend certains codes, dont le symbole le plus emblématique est le bonnet rouge.

Fin 2013, alors que l’industrie agroalimentaire Bretonne (Groupe GAD (abbatoir de porc), Marine Harvest(production de poisson), Tilly Sabco et Doux(production de volailles), Jean Caby(salaison)) connait de graves difficultés économiques, le gouvernement annonce la mise en place de l’écotaxe poids-lourd.

Pour des milliers de citoyens Bretons, d’élus, de syndicalistes et de patrons, cette nouvelle taxe est ressentie comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase. La fronde s’organise et reprend le flambeau d’un mouvement lancé par les salariés de ces entreprises en difficultés.

Le collectif « Vivre, décider et travailler en Bretagne », emmené notamment par le maire de Carhaix (29) Christian Troadec, (maire « divers gauche régionaliste ») devient le fer de Lance d’une vague contestataire qui s’étend. En s’élargissant, celle-ci prend la forme d’une union régionale face au pouvoir national, centralisé à Paris.

La contestation touche à d’autres thématiques qui intègrent alors le spectre de la colère et des revendications : Soutien économique, augmentation du taux de TVA au 1er janvier, radars, politique plus régionaliste et, même à sa marge l’équitaxe.

Bonnets rouges, entre coleres et revendications blog
Julien Ermine – Les bonnets Rouges 2013

A la fin du mois d’octobre,  les bonnets rouges organisent des rassemblements un peu partout en Bretagne.

Le 2 novembre, une grande manifestation réunie 30000 personnes à Quimper(29) et raisonne à l’échelle nationale. Une forêt de drapeaux bretons et de bonnets rouges envahissent les rues tandis qu’à sa marge, éclatent de violents affrontements  avec les forces de l’ordre.

Fort du succès de cette manifestation, les rassemblements se succèdent et chaque jour, les bonnets rouges concrétisent leurs mécontentements. Les portiques écotaxes sur les axes routiers sont mis à mal, des radars sont vandalisés, etc.

À Paris, le manque d’anticipation initial amène plusieurs ministres à se mobiliser autour du 1er ministre d’alors, Jean Marc Ayrault. Le gouvernement propose le 29 octobre la suspension du projet écotaxe, ainsi qu’un pacte régional pour la Bretagne doté de 2 milliards d’euros (Composé d’aides déjà prévues, et de nouvelles aides)

Les revendications du collectif perdurent néanmoins, ne voyant là qu’une manœuvre politique reportant simplement la mise en place d’une taxe jugée injuste pour une région qui ne possède pas d’alternatives au transport routier.

D’autres manifestations suivront.Apres le succès des rassemblements, le collectif des bonnets rouges prolonge son action et organise les états généraux de Bretagne en Mars 2014. Les sympathisants s’expriment lors de comités locaux. Il en résulte un cahier de Doléance où figurent 11 propositions.

Suite au remaniement ministériel post-élection municipale du mois d’avril 2014, Ségolène Royal, fraichement arrivée au gouvernement, annonce dans la foulée de sa nomination une volonté de remettre à plat cette taxe. Est-ce un effet d’annonce ou bien le 1er acte de la mise à mort de ce projet ? Nul ne le sait encore.

Même si le mouvement fait « moins parler de lui » au printemps, les bonnets rouges continuent les attaques éclairs contre certains portiques (incendies à Bains de Bretagne, puis démontage du portique, occupation du portique de La Gravelle, présences permanentes des forces de l’ordre sur certains portiques, etc.) et attendent une réponse officielle du gouvernement après les élections européennes…

…sous peine de reprendre le mouvement.