Gaël Turine _ Prix RSF “Lucas Dolega-SAIF” 2024

Gaël Turine _ Prix RSF “Lucas Dolega-SAIF” 2024

Gaël TURINE est Belge et vit à Bruxelles.

Après douze ans de travail en freelance, j’ai rejoint l’agence VU en 2006 où j’ai été sociétaire pendant neuf ans, avant de co-fonder l’agence MAPS en 2017, que j’ai présidée durant trois ans. Aujourd’hui, je représente mon travail de manière indépendante.

Parallèlement à mon activité de photographe, j’enseigne le photojournalisme à l’école de journalisme de l’Université Libre de Bruxelles et anime des ateliers de photographie documentaire dans différents pays, notamment en Haïti, en Turquie et au Sénégal.

Je suis l’auteur de plusieurs livres, dont Le Mur et la Peur et Aveuglément dans la collection Photo Poche, ainsi que Vaudou, Avoir 20 ans à Kaboul, En bas la ville (sur Port-au-Prince) et Traces.

Mon travail est exposé dans des galeries, musées et festivals. Mes essais et reportages sont publiés dans des médias internationaux tels que Le Monde, The New York Times, Stern, Figaro Magazine, L’Espresso, Géo, De Standaard ou Newsweek Japan. J’ai également reçu plusieurs prix et bourses en Europe et aux États-Unis.

Depuis 2020, je réalise aussi des reportages journalistiques pour la chaîne ARTE.

Le Prix RSF de la Photo « Lucas Dolega-SAIF » est destiné aux photojournalistes professionnels. Son but est de soutenir et d’encourager leur travail, exercé dans des conditions difficiles ou sur des zones à risques. Il récompense un.e photographe qui, par son engagement personnel, son implication sur le terrain et la qualité de son travail, aura contribué de manière notable à la défense ou à la promotion de la liberté de la presse dans le monde.
Organisé en partenariat avec la SAIF, le Prix RSF de la Photo “Lucas Dolega-SAIF” récompense un·e photographe d’une dotation SAIF d’une valeur de 10 000 euros et d’une parution dans l’album de Reporters sans frontières.

Au cours des trente-six derniers mois, une personne est morte d’une overdose toutes les cinq minutes aux États-Unis.

© Gaël Turine

Alors que l’épidémie d’opioïdes se poursuit, un nouveau cocktail appelé Tranq, qui mélange l’opioïde fentanyl avec un puissant sédatif animal, la xylazine, a encore aggravé la situation.

Selon des études, le Tranq est environ cinquante fois plus puissant et addictif que l’héroïne. Et si le mélange le plus courant est celui des opioïdes, la xylazine a également été trouvée dans l’héroïne
et le crack. Produite par des laboratoires clandestins, la Tranq a contaminé une grande majorité de toxicomanes à leur insu.

Plus connue sous le nom de drogue zombie, la Tranq provoque des ulcérations sur plusieurs parties du corps humain, pouvant conduire à l’amputation des membres infectés.

© Gaël Turine

Le quartier de Kensington, à Philadelphie, est l’épicentre de la vente et de la consommation de Tranq sur la côte est des États-Unis. C’est pourquoi j’y ai réalisé ce reportage. Considérée comme l’une des zones les plus dangereuses du pays, la police, complètement dépassée par la situation, y enregistre des vols avec violence, des meurtres, des viols, et son dernier rapport indique que les décès par overdose de xylazine ont augmenté de 750% en deux ans dans tout le pays.
Et malgré ces chiffres alarmants, la situation risque encore de s’aggraver, car les organisations mafieuses, principalement basées en Chine et au Mexique, peuvent facilement délocaliser leurs laboratoires et exporter massivement à partir de n’importe quel endroit du monde.