Javier ARCENILLAS _ Prix Lucas Dolega 2019_ Latidoamerica : La violence en Amérique Latine

Herman Omar Benegas Palma membre de la Mara MS, abattu à l’intérieur de sa voiture sur la route du Miracle à Villanueva San Pedro Sula, son véhicule reçoit 40 coups de feu.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2019 : Latidoamerica – La violence en Amérique Latine

Un essai sociologique sur l’Amérique Latine, la zone la plus violente du monde, avec tous les drames et misères qu’elle engendre. L’impuissance de la douleur et l’enfer vécu par les victimes d’assassins dans ce décor quotidien qu’est la guerre, où la violence fait toujours la une sanglante de l’actualité.

Il est absolument nécessaire de montrer et d’expliquer cette histoire pour montrer la vraie nature de la violence, car les journaux, la télévision et les magazines ne le font pas actuellement. C’est vraiment dommage, car il est malheureusement nécessaire que ces histoires trouvent leur voix dans la société.

L’Amérique Centrale est considérée comme étant un des endroits les plus violents du monde. Chaque jour, dans les rues de villes comme San Pedro Sula, Guatemala City, Tegucigalpa, San Salvador et Mexico City, meurtres, vols, et autres actes de violence, sont de plus en plus fréquents.

Les derniers maillons grotesques de cette chaîne de violence sont le narco-tourisme en Colombie, et le tourisme extrême en Amérique Centrale, qui transforment ces territoires déjà tâchés de sang et de larmes en cirque.

Les politiques internes de ces régions sont inefficaces et instables, le trafic de drogue vers les États-Unis incontrôlable et dangereux, sous la houlette des Maras, ou le contrôle de la frontière par les Zetas, ce qui fait de l’endroit une zone de guerre quotidienne. Le rapport de l’Organisation des États-Unis montre que dans un pays comme le Honduras, il y a une mort violente toutes les 74 minutes, alors que le pays n’est pas en état de guerre. En 2012, c’était le pays le plus violent du monde, avec un total de 7104 meurtres rapportés à la police.

Dans ces endroits, c’est un travail courant pour des enfants et des jeunes que d’être utilisés et entraînés à devenir des Sicarios (hommes de main). Ils sont attirés par l’argent facile et se sentent respectés et craints. Cette formation de jeunes tueurs, venus des strates les plus basses de la société, ne fait qu’augmenter le nombre de morts. Le peu de protection et de défense des enfants dans ces sociétés et dans ces situations de violence est alarmant.

EXPOSITION PARTENAIRE : Prix Lucas Dolega

Le Prix Lucas Dolega est destiné à soutenir les photographes qui exercent leur activité dans des conditions souvent difficiles et sur des zones pouvant comporter des risques pour assurer la diffusion d’une information libre et indépendante. Il a pour essence de récompenser un photographe qui par son engagement personnel, son implication sur le terrain, ses prises de position et la qualité de son travail, aura su témoigner de son attachement à la liberté de l’information.

Javier Acenillas à reçu le prix Lucas Dolega 2019

BIOGRAPHIE

Humaniste, psychologue à l’Université Complutense de Madrid. Javier Arcenillas enseigne le photojournalisme et la photographie à l’école Internationale PICA.

Il développe des essais humanitaires où les personnages principaux sont intégrés dans des sociétés qui cloisonnent et attaquent la raison et les droits de l’homme, dans un monde de plus en plus indifférent.

Plusieurs récompenses lui ont été attribuées, pour en citer quelques-unes :
– Le prix Art Press, KODAK, Jeune photographe
Le prix Atlanta Journalism (meilleur photographe)
Une bourse du Fonds Social Européen
Le prix Fujifilm Fotopress
POYi
Le prix Sony World Photographic, 2010
Fotoevidence 2011
Le Terry O’Neill Award, 2012 et 2014
Photographe de l’année 2014, Moscou Photo Award 2014
Bourse Getty Image 2015
POYi Latam 2017
Photo de presse mondiale 2018

Tout au long de ces années, il a réalisé des projets sur l’Amérique Latine, comme “Territorios”, en JamaÏque, un travail qui se rapproche de “Traffic of Marihuana” ou de celui sur l’école Olympique de Boxe de La Havane. En 2013, il entre dans le dictionnaire des photographes espagnols. Il a publié quatre livres, “City Hope” sur les villes satellites qui émergent près des décharges d’Amérique Latine, “Welcome”, qui raconte l’histoire de réfugiés Rohingya de Myanmar dans le camp Kutupalong, “Sicarios”, sur les hommes de main en Amérique Centrale et UFOPRESENCES en 2018. En 2016, La Fabrica publie un Photobolsillo dans la collection des Photographes Espagnols. Ses articles les plus complets en dehors de la presse espagnole peuvent se trouver dans Time, CNN, iL Magazine, Leica Magazine, Der Spiegel, Stern, GEO, VICE News, National Geographic, TRIP, El Mundo, El Pais Semanal, Planeta Futuro, Zazpika, El Periodico de Guatemala, pour les magazines les plus importants. En ce moment, il travaille sur un projet pour Photographie Humanitaire. Ses articles et publications se retrouvent dans El Pais et El Mundo, El Confidential et Libero.

Francis Meslet _ Minds Travels

Glissement sous tes reins, Villa abandonnée, Italie

EXPOSITION BARROBJECTIF 2019 : Minds Travels

Ces endroits abandonnés ont fait place au silence au fil du temps. On n’y entend plus guère ici que le bruissement du vent par une vitre cassée ou là le rythme syncopé d’une goutte d’eau qui perle d’un plafond ravagé. Ces silences appellent pourtant le visiteur exceptionnel de tels lieux. Dans cette centrale électrique, des ordres étaient criés en allemand, dans ce collège catholique français, les cris d’enfants résonnaient au son de la cloche, mais qui peut imaginer les sons cachés derrière les murs de cet ancien asile psychiatrique en Italy ou sur les quais de cette île abandonnée au large du Japon ?
De ces silences, chacun tire sa propre interprétation, … réinterprétation…
www.francismeslet.com

EXPOSITION PARTENAIRE : Festival de Dax

Francis Meslet a exposé du 01 juin au 21 juillet 2019 au festival de DAX.

LE LIVRE

Les visuels de Francis Meslet donnent un écho tout particulier à la démarche musicale développée par Mind Travels. Musique et visuel se rejoignent ici dans le but commun de
transcender les sens et tentent de produire un discours de fond sur la manière de percevoir et réceptionner une oeuvre.
Éd : Mind Travels

BIOGRAPHIE

Diplômé major en Design de l’École des Beaux-Arts de Nancy en 1986, Francis Meslet exerce le métier de designer durant une courte période puis se tourne rapidement vers la communication en intégrant le circuit des agences de publicité comme Directeur Artistique. Après 30 années passées à triturer le concept créatif et autopsier l’image sous toutes ses décompositions, il est aujourd’hui Directeur de Création. Francis parcourt le monde à ses heures
perdues, à la recherche de lieux abandonnés, sanctuaires sur lesquels le temps s’est arrêté après que l’homme en ait volontairement ou non refermé les portes. Il en ramène des images saisissantes, capsules temporelles témoignant d‘un univers parallèle propice à l’évasion de l’esprit et à l’interrogation

Lucas Santucci _ Le Desman des Pyrenées

EXPOSITION BARROBJECTIF 2919 : Le Desman des Pyrénées

Discret et fragile, le Desman des Pyrénées est longtemps passé inaperçu aux yeux de l’homme. Proche cousin de la taupe, cet étrange mammifère n’a été découvert qu’en 1811. On sait qu’il vit dans les milieux aquatiques des Pyrénées, mais sa petite taille, son habitat, sa sensibilité aux manipulations, et la faible densité de ses populations en font une espèce méconnue. Protégé aux échelles française et européenne, le Desman fait l’objet de multiples études en vue d’améliorer sa conservation. Au-delà du travail scientifique, la réalisation des prises de vues du Desman des Pyrénées s’est révélée un challenge difficile à relever. Cette exposition est ainsi la première à présenter des photographies sous-marines de l’espèce dans son milieu naturel.

EXPOSITION PARTENAIRE : JDR de Bourisp

Cette exposition partenaire a été présentée du 3 au 21 juillet 2019 aux Journées du Reportage de Bourisp.

LE LIVRE

Récit : Frédéric Blanc et Mélanie Némoz
Photographies : Lucas Santucci et Frédéric Blanc
Dessins : Aurélie Calmet
Éd. du Desman Masqué

BIOGRAPHIE

D’abord ingénieur agronome, puis photo-journaliste, Lucas a intégré l’équipe d’Under The Pole comme responsable logistique et partenariat. Il a embarqué pour 18 mois d’expédition au Groenland dans la promiscuité d’un voilier où il s’est affirmé comme photographe terrestre et sous-marin. Après avoir documenté 9 mois de navigation qui l’ont amené à 80°Nord, il a vécu l’hivernage pris dans les glaces, à quelques kilomètres d’un village de 200 habitants, principalement des chasseurs-pêcheurs. Dans le cadre de ce projet, il a intégré l’agence Zeppelin Network et décidé de faire de la photographie son métier.

Les conditions extrêmes rencontrées en Arctique sont une école de rigueur et de patience qui ne pardonne aucune erreur tant humaine que matérielle. Il se spécialise aujourd’hui dans le reportage d’expéditions et accompagne les explorateurs à travers le monde.

Ces reportages ont été diffusés en France ou à l’international via l’agence Zeppelin dans des magazines : Geo, Paris Match, Ca m’Intéresse, VSD, National Géographic, Focus, entre autres ; En version Web chez , 6 mois, Le Parisions, Le Monde, La Croix, etc…

Depuis 2016 en parallèle de son activité de photojournalisme, il développe une activité de photographie en Architecture qui se rapproche du reportage.

Kasia Strȩk _ Prix Camille Lepage 2018 _ Le prix du choix

Environ 40 000 personnes ont parcouru les rues de Dublin pour participer à la 6e édition de la Marche pour le choix, la plus importante à ce jour. Les organisations féministes et pro-choix espèrent que ce fut aussi la dernière marche alors que le pays se prépare pour un référendum sur l’accès à l’avortement qui est prévu pour le premier semestre 2018. Les participants sont venus à Dublin de toute l’Irlande pour l’événement annuel qui a commencé en 2012, l’année de la mort de Savita Halappanavar. Au cours des discours qui ont suivi la marche, de nombreuses personnes ont pleuré en écoutant les témoignages émouvants de ceux qui ont été victimes de la loi dans l’ordre. Septembre 2017, Dublin, Irlande

EXPOSITION BARROBJECTIF 2019 : Le prix du choix

L’intégrité corporelle, entendue comme l’autonomie personnelle et l’autodétermination des êtres humains sur leur propre corps, est l’un des droits humains fondamentaux. Pourtant, les femmes du monde entier sont privées de ces droits en se voyant refuser l’accès aux contraceptifs et à un avortement sans risque. Dans les pays où les traditions et la religion définissent les règles de vie, ces droits sont parmi les plus stigmatisés socialement et les plus difficiles à défendre. L’accès à l’avortement est fortement politisé et reste une question de pouvoir sur qui a le droit de décider de la fertilité des femmes.

Bien qu’il existe des moyens sûrs d’interrompre la grossesse, environ 164 femmes meurent chaque jour des suites d’avortements dangereux, illégaux et clandestins, selon l’Organisation mondiale de la santé. Près de 90 % de ces décès surviennent dans les pays en développement. Chaque année, plus de 25 millions d’avortements dans le monde, soit près de la moitié de toutes les procédures de ce type, sont considérés comme dangereux.

Privées de services de conseil et d’avortement, souvent sans accès facile aux méthodes contraceptives modernes et avec peu de connaissance de leur sexualité, les femmes sont forcées de mener des grossesses non désirées ou mettant leur vie en danger ou de chercher des solutions dangereuses.
Beaucoup d’entre elles sont mineures ou victimes de viol. Beaucoup ont des problèmes de santé. Les restrictions à l’accès à un avortement sans risque créent des inégalités à l’intérieur des pays et entre les pays. Diverses études ont montré que les lois restrictives sur l’avortement n’empêchent pas la procédure elle-même, mais empêchent plutôt l’accès à des mesures de sécurité et mettent particulièrement en danger les femmes pauvres et sans instruction, qui sont déjà extrêmement vulnérables. Ces lois sont également associées à une mortalité maternelle plus élevée, qui est en moyenne trois fois plus élevée dans les pays où la législation sur l’avortement est plus restrictive. En 2019, la procédure d’avortement est toujours interdite ou extrêmement restreinte dans 123 pays du monde.

Parmi ces pays situés sur différents continents, pour « Le Prix du Choix » j’ai choisi les lieux selon les critères du contexte culturel, religieux, social, économique et politique. Jusqu’à aujourd’hui, j’ai travaillé en Pologne, aux Philippines, en Irlande, en Égypte et au Salvador pour finaliser le travail que j’ai l’intention de faire aux États-Unis d’Amérique et en République démocratique du Congo.

EXPOSITION PARTENAIRE : Prix Camille Lepage

L’association Camille Lepage – On est ensemble décerne depuis 2015 un prix aux photographes engagé(e)s dans un projet au long cours. Ce prix doté de 8OOO€ est remis durant le festival  » Visa pour l’image « . Depuis 3 ans la Société des auteurs des arts visuels et de l’image fixe (SAIF) s’engage aux côtés de l’Association Camille Lepage – On est ensemble pour financer le prix.

Kasia Stręk à remporté le Prix Camille Lepage 2018

BIOGRAPHIE

Kasia Stręk est une photographe polonaise basée entre Paris et Varsovie. Passionnée par les questions sociales et la littérature, elle a étudié la langue française et l’anthropologie à l’Université Jagellon de Cracovie, avant de découvrir la photographie à l’Académie des Beaux-Arts de Lodz en Pologne. Elle a ensuite étudié la photographie documentaire en Pologne, en France et en Australie.
Sa pratique photographique se concentre sur des sujets liés aux inégalités sociales, aux droits des femmes et aux questions environnementales. Depuis 2017, elle est membre du collectif français ITEM. Elle a été sélectionnée comme l’une des 30 femmes photographes de moins de 30 ans pour 2018. En 2018, elle a reçu le prix Camille Lepage  » On est Ensemble  » au festival Visa pour Image pour son travail sur l’accès à l’avortement dans les pays où cette pratique est illégale. Elle a également gagné la bourse de la Fondation Jean-Luc Lagardère, et a remporté le prix de Journalisme Tomasz Mazowiecki, catégorie multimédia pour son travail sur l’industrie minière en Pologne.

Pierre Faure – France périphérique

Portrait Pierre FaurePierre FAURE – FRANCE
Né en 1972 et vit en France, il a étudié les sciences économiques.
De 2012 à 2014 il aborde les thèmes de la grande précarité et de l’exclusion. Il passe une année sur un bidonville « Tziganes », en 2012 et deux années en centre d’hébergement d’urgence et centre d’hébergement et de réinsertion sociale « Les Gisants », 2013, « Le Bateau », 2014. Devenu membre du studio Hans Lucas en 2013, il documente la montée de la pauvreté en France, en parcourant l’ensemble du pays depuis 2015.
Prix Roger Pic, 2016 I Prix I shot it, 2017 I Prix Albert Kahn, 2018 I Prix Fidal, 2018

Association Camille LeapgePierre Faure à reçu le prix Camille Lepage en 2017

L’association Camille Lepage – On est ensemble décerne depuis 2015 un prix aux photographes engagé(e)s dans un projet au long cours. Ce prix doté de 8OOO€ est remis durant le festival  » Visa pour l’image « . Depuis 2 ans la Société des auteurs des arts visuels et de l’image fixe (SAIF) s’engage aux côtés de l’Association Camille Lepage – On est ensemble pour financer le prix .

EXPOSITION PARTENAIRE : France périphérique

Montée de la pauvreté en France, témoignage photographique.

Depuis 2015, je documente la montée de la pauvreté en France en privilégiant les zones rurales et péri-urbaines. Ce travail a pour but de rendre visibles et concrètes les conditions de vie d’une partie de nos compatriotes.

Le titre « France Périphérique » est emprunté à l’ouvrage éponyme du géographe Christophe Guilluy qui aborde les problématiques politiques, sociales et culturelles de la France contemporaine par le prisme du territoire. Il s’intéresse à l’émergence d’une « France périphérique » qui s’étend des marges périurbaines les plus fragiles des grandes villes jusqu’aux espaces ruraux en passant par les petites villes et villes moyennes. Il souligne que désormais 60 % de la population — et les trois quarts des nouvelles classes populaires — vit dans cette « France périphérique », à l’écart des villes mondialisées.

La France compte 8,8 millions de pauvres (INSEE, 2016) et 2,3 millions de personnes vivent au mieux individuellement avec 672 euros par mois. Comble pour l’un des premiers producteurs agricoles mondiaux, pour manger, près de deux millions de personnes auraient eu recours à l’aide alimentaire en 2015 (Observatoire des inégalités).

Économiste de formation, je m’intéresse aux évolutions qui modifient la société française en profondeur, sur le long terme. La pauvreté a baissé à partir des années 1970 jusqu’au milieu des années 1990. Elle est ensuite restée plutôt stable jusqu’au début des années 2000 avant d’augmenter.

Depuis 2004, le nombre de personnes pauvres a progressé de 1,2 million (+ 30 %). Ce mouvement de hausse constitue un tournant dans l’histoire sociale de notre pays. La dégradation économique enregistrée depuis 2008 pèse tout particulièrement sur les moins favorisés (source : L’Observatoire des inégalités).

Mon objectif est donc de réaliser un témoignage photographique de la hausse structurelle de la pauvreté dans l’hexagone.
Montée de la pauvreté en France

Au-delà des statistiques, le phénomène est peu visible. Pourquoi  ? Les analyses de Pierre Bourdieu et Michel Legros peuvent nous éclairer. Selon le premier, l’invisibilité sociale est un effet de la domination. L’espace social est un espace clivé, divisé entre dominants et dominés. Dans la conception la plus large, l’invisibilité concerne tous ceux que les dominants estiment ne pas relever d’une vie normale et accomplie.
Pour Michel Legros (Observatoire de la pauvreté et de l’exclusion sociale), l’invisibilité peut constituer un mode de régulation de la pauvreté. Il s’agit alors de rendre les pauvres invisibles. Les politiques urbaines visent notamment à « nettoyer » l’espace public en évitant que les pauvres ne l’occupent trop massivement pour ne pas déranger le reste de la population. La rénovation urbaine a pu conduire à repousser les pauvres toujours plus loin en périphérie, et la politique de mixité sociale passe en réalité par l’expulsion plus ou moins directe et négociée de catégories que l’on ne souhaite plus voir dans les espaces rénovés. (ONPES).
Je souhaite que ce témoignage rende visibles et concrètes les conditions de vie d’une partie de nos compatriotes. Que des visages se substituent aux statistiques afin d’apporter au public des éléments de sensibilisation et de compréhension.
Car le regard des Français sur les pauvres se fait plus dur. Selon une enquête du Crédoc (1) portant sur un échantillon représentatif de 2 000 personnes, effectuée de décembre 2013 à janvier 2014, et publiée le 12 septembre 2014, 37 % des Français pensent que les personnes qui vivent dans la pauvreté n’ont pas fait d’efforts pour s’en sortir alors qu’ils n’étaient que 25 % en 2009, au déclenchement de la crise.

(1) CREDOC : Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie.

Narciso Contreras – Traverser la Libye : le marché humain

Narciso Contreras Narciso CONTRERAS – MEXIQUE Né au Mexique en 1975. Photojournaliste, depuis 2010 il couvre diverses questions en Asie du sud et au Moyen-Orient, ce qui l’amène à se focaliser sur le coût humanitaire des conflits économiques et autres. Son travail contribue à construire notre image mentale du monde qu’il nous montre. Ses études de philosophie, ainsi que la photo et l’anthropologie visuelle l’ont amené à vivre et étudier dans un monastère en Inde pendant qu’il photographiait des communautés religieuses. Depuis, Narciso a suivi avec son appareil des histoires telles que les conflits ethniques au Myanmar et la guerre oubliée au Yémen, aussi bien que des évènements majeurs contemporains, y compris les bouleversements politiques à Istanbul, le conflit de Gaza, le coup d’état en Égypte, la guerre syrienne, et les troubles entre ethnies au Libye. Son travail sur la Syrie lui a valu un Pulitzer en 2013, et ses photos ont été publiées et exposées dans des galeries autour du monde.

Narciso CONTRERAS à reçu le prix Lucas Dolega 2018, décerné par l’association Lucas Dolega . Ce prix honore les photographes freelance qui prennent des risques pour informer.
Prix Lucas Dolega

EXPOSITION PARTENAIRE 2018 : Traverser la Libye – Le marché humain

Ce reportage révèle l’horreur du trafic d’êtres humains au sein de la complexité de la société tribale de l’après-Kadhafi libyen, mettant à nu le déroulement d’une crise humanitaire. Migrants, réfugiés, demandeurs d’asile se trouvent à la merci des milices qui les exploitent pour un gain pécuniaire. Détenus dans des centres pour les illégaux, ils subissent un traitement inhumain, entassés, sans sanitaires, battus même.

Un migrant clandestin subsaharien, malade mental, isolé dans l’un des centres de détention de Surman pour migrants illégaux sur la côte ouest de la Libye.

Le reportage suit le périple des migrants qui franchissent des frontières, pénètrent au cœur du Sahara, suivent la route des trafiquants vers la zone principale de repêchage au large de la côte libyenne.
Dans un contexte de violences sectaires, de corruption, de bureaucratie, le reportage contourne les voies officielles pour frayer son propre chemin. Les contacts avec milices, trafiquants, tribus, ONG, ont permis de saisir de près la réalité du trafic humain à travers la Libye.
Au lieu d’être un lieu de transit pour les migrants qui veulent gagner l’Europe, la Libye s’est transformée en un marché où quotidiennement des êtres humains sont vendus et achetés, révélant ainsi l’horreur complexe dont souffrent ces migrants anonymes.

Cyrille Bernon – Indoméni – Une enfance dans les camps

Cyrille BernonCyrille BERNON – FRANCE
Cela fait 20 ans que je suis photographe professionnel. Issu d’une formation urbanisme et environnement et passionné de photo, j’ai commencé à travailler pour des collectivités territoriales ( conseil général, CAUE ) et avec l’Observatoire photographique du paysage ( ministère de l’environnement ) pour mettre ma passion au service du patrimoine et de l’environnement. J’ai ensuite travaillé sur des commandes en architecture, puis une année au Conseil régional Languedoc Roussillon comme photographe dela dite région (institutionnel, reportages …) Puis une parenthèse de quelques années pour travailler dans le graphisme, fonder une famille, être instit …. Je suis revenu à mes premiers amours en me spécialisant dans la photo de mariage, que je pratique avec passion depuis bientôt 10 ans.
Depuis quelques années, je développe également une activité de reportage sur l’artisanat, sur les gens passionnés qui font vivre nos territoires … Très engagé dans le milieu associatif et humanitaire je fais également des reportages sur des sujets de société qui me tiennent à cœur. C’est ma façon d’aider, de me sentir utile, de m’engager. Mon dernier reportage sur le camp de réfugiés d’Idomeni a déjà fait l’objet de quelques expositions et projections-débats dans des cinémas. Mes images interpellent, bouleversent, font évoluer les mentalités … c’est là que mon métier prend tout son sens !
Depuis que j’ai fait ce premier reportage sur les réfugiés en Grèce, j’ai participé à certains concours …SIPA / VISA pour l’image  / Les rencontres d’Arles / Festival Présence Photographie / Festival de la photographie de Dax / Les Photographies de l’année / Amnesty international / Concours Sophot / Festival du Cinéma Europeen / La Quinzaine des tiers monde / CIMAD / MRAP

Le festival de la photographie de Dax. Du 2 au 22 juillet 2018. Depuis 2011, la ville de Dax organise et installe les travaux de photographes émergents, dans divers lieux de la ville. Cyrille Bernon y a exposé son reportage sur le camp informel des réfugiés d’Idomeni en 2017.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2018 : Idomeni, Europe, 2016 – Une enfance dans les camps

GRÈCE – CAMP INDOMÉNI – MARS 2016

Début mars 2016, j’ai passé 3 semaines en tant que volontaire avec des réfugiés dans le camp d’Idoméni au nord de la Grècela Macédoine venait juste de fermer sa frontière.

Ils arrivaient chaque jour plus nombreux, en famille, épuisés après un long et dangereux voyage. Mais ils étaient heureux parce que persuadés qu’ils allaient pouvoir continuer leur route vers la terre promise, le nord de l’Europe.
Routes migratoires vers L'Europe du nord

Mais depuis peu, Idoméni, n’était plus qu’un cul-de-sac synonyme de désespoir et de misère où végètent des milliers de familles. Je les ai vus jour après jour se transformer, perdre la raison, être avalés par ce camp inhumain. Mais comment pourrait-il en être autrement quand on a tout perdu, parfois même sa famille et que l’on a plus d’espoir, plus de but à atteindre ?

Mais le 08 mars 2016, en officialisant la fermeture de la route des Balkans, l’Europe a mis fin à tout espoir.

L’Europe avait rendez-vous avec l’histoire ! Elle a raté ce rendez-vous. Lorsqu’une civilisation se referme sur elle-même, qu’elle construit des murs plutôt que des ponts, elle s’appauvrit, et finit par s’éteindre !

J’ai ramené des photos à travers lesquelles  j’ai souhaité rendre compte de leur quotidien, de leur histoire, de leurs espoirs, et surtout de leur désespoir. Mon reportage s’est naturellement orienté vers les enfants et la famille. Peut être parce que j’ai moi même deux petites filles et que je ne pouvais m’empêcher de penser à elles en voyant tous ces enfants. Probablement me rappelaient ils aussi à moi père de famille, à quel point ces hommes et ces femmes étaient courageux.

Le camp d’Idomeni a été évacué fin mai 2016. Ces photos n’en sont que plus importantes. Elles témoignent de ce qu’ont vécu ces familles, chez nous, en Europe en 2016.

Mojahed Abo Al-Jood – Goodbye Aleppo

Portrait-Mojahed-Abo-Al-JoodMojahed ABO AL-JOOD (Ahmad Mojahed Attar) – SYRIE
Je suis né il y a 23 ans, dans le quartier ouest d’Alep, au Nord-est de Damas. Mon père est fabricant de tissus (entreprise familiale). J’ai trois sœurs, et deux frères. Mon frère ainé a été tué par la police du régime.
J’ai rejoint les manifestants, devenus insurgés lors du « printemps arabe » en 2011. Je préparais alors mon bac. Je suis un des membres fondateurs de l’AMC «  Aleppo Media Center  » créé pour témoigner contre la propagande officielle d’une opposition à la dictature. Par la suite, il a fallu témoigner de la violence de la répression, d’une opposition civile non armée, et démonter la propagande du régime qui la présentait dans un amalgame de terrorisme et d’islamisme. C’est ainsi que je suis devenu journaliste, et que j’ai travaillé pour plusieurs chaines (ITV, CNN, BBC).
J’ai été cameraman dans plusieurs films sur la Syrie tels que « Last men in Aleppo» qui a remporté 35 prix dans le monde (Sundance Festival, Copenhagen Festival, nominé aux oscars 2018).
J’ai gagné le «  Rory Peck Trust  » pour le film «  Goodbye Aleppo  » en 2017 et le prix «  Best off short » du festival « Middle east now  » à Florence en 2018.
Arrivée à Blagnac en novembre 2017, la France m’a accordé le droit d’asile en mars 2018.
J’étudie assidument le français depuis mon arrivée, dans l’objectif de parfaire ma formation dans le domaine des médias, en université à la rentrée 2018.

EXPOSITION PARTENAIRE : Les journées du reportage de Bourisp

Le petit village de Bourisp dans les Hautes Pyrénnées a exposé Mojahed Abo Al-Jood et seize autres photoreportages en plein air du 6 au 15 juillet 2018. Une formule à l’identique du festival de Barro.

EXPOSITION PARTENAIRES 2018 : Goodbye Aleppo

Le choc de perdre son fils après les bombardements – Alep

La révolution syrienne avait commencé en mars 2011, pour demander la liberté d’expression et les droits démocratiques.
Le régime de Al-Assad a attaqué les militants civils, et il a détenu la plupart d’entre eux.
En 2012 à Alep, la capitale économique de la Syrie, le régime a commencé à attaquer l’est de ville par des roquettes d’avions, cela a causé la mort de milliers et de milliers de citoyens.
Grâce à la Russie et à l’Iran, Al-Assad a pu assiéger l’est d’Alep, ce qui a conduit à une nouvelle catastrophe humaine.
Depuis 2012, le régime syrien a détruit la plus grande partie d’Alep, et à la fin de 2016, il a fait évacuer la population afin qu’elle reste en vie.

Brennan O’Connor – Prix Lucas Dolega – Paix et développement

Brennan O’ Connor  a travaillé pour les grands médias de son pays avant de se consacrer aux événements négligés par la presse. C’est en 2010 qu’il est parti dans le sud-est de l’Asie, poursuivant ses travaux sur les ethnies minoritaires de la Birmanie. Voyageant ainsi dans toute la région, il a photographié rebelles, migrants et réfugiés aux marges de cette société. N’acceptant que rarement des commissions, il s’autofinance et se concentre sur ce projet.
Son travail a été vu aux festivals photo d’Angkor et de Yangon, et inclus dans les journées photographiques Fotograf Vakfı en 2016. Ses photos des marges birmanes feront l’objet d’une publication en livre.
Il a reçu le Prix Lucas Dolega 2017

www.brennanoconnor.photoshelter.com

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Paix et développement

Paix et développement -1

Les enfants soldats qui ont quitté l’armée de Birmanie sont détenus à Laiza, siège de l’Armée de l’Indépendance de Kachin (KIA) situé près de la frontière chinoise. Le KIA s’est battu avec le gouvernement depuis son licenciement de dix-sept ans en 2011, la même année, des réformes ont été introduites.

Le combat que depuis plus de soixante ans l’armée de Birmanie mène contre les ethnies minoritaires a fracturé ce pays. Les réformes tentées par le régime quasi-civil qui a remplacé la dictature militaire n’ont pas abouti à une paix durable. Le nombre de réfugiés qui fuient devant les combats, se poursuivant en grande partie dans le nord du pays, crée une situation grave, situation qui n’a pas vu d’amélioration depuis l’accession au pouvoir du gouvernement NLD sous la tutelle d’Aung San Suu Ky.

Ce projet trace le processus de réforme depuis ses débuts en Birmanie, et montre une image saisissante des efforts vers la paix dans ce pays troublé. Des lignes de démarcation entre les groupes armés, dont certains ont cessé le feu, d’autres non, qui se battent contre l’armée et quelquefois entre eux, jusqu’aux camps où des milliers de villageois déplacés et oubliés contemplent un avenir incertain, privé des subventions des agences de l’ONU.
Là où un cessez-le-feu a ouvert la voie aux finances internationales, ces photos montrent les effets que, sous le nom de développement, ces projets miniers ou énergétiques pourront avoir sur les minorités ethniques.

Paix et développement-2

Un soldat de l’armée de l’indépendance de Kachin détient des mines terrestres qu’il a faites dans un camp de l’armée de première ligne. Deux semaines plus tard, il a été tué après avoir explosé en la plantant dans la jungle.

Jean-François Mutzig – Des éléphants et des hommes

©Aline Weiss

Sa vocation commence à Lille où il est né en 1962. Il a 14 ans lorsque son oncle l’initie au travail du laboratoire de développement : mystère des secrets de manipulations dans l’obscurité, magie de l’apparition de l’image, moment incomparable où l’artiste se fait artisan. Le goût de ce travail ne le quittera plus, même lorsqu’il passera naturellement à la photographie numérique.

Placé sous de tels auspices, il entre apprendre le métier à l’École de Photographie de Lille en 1980, formation suivie de trois années d’activité en laboratoire professionnel de développement noir et blanc. En 1984, il va à la lumière et s’installe à Manosque dans les Alpes de Haute Provence.

Depuis 1990, Jean-François Mutzig mène de front une activité de journaliste dans la presse régionale et un travail de reporter free-lance qui l’amène à publier ses images.

Jean-François Mutzig porte un regard ébloui sur sa région d’adoption. Ses photographies ont fait l’objet de plusieurs livres et publications dans des magazines. Il a partagé pendant un an au gré du vent le quotidien des pilotes de la société France Montgolfières, aventure dont il a tiré la matière de l’album «La Provence en ballon».

En tant que reporter, Jean-François Mutzig s’intéresse à l’évolution du monde actuel et ses conséquences culturelles ou environnementales. Il pose un œil bienveillant sur l’humanité sous toutes les latitudes : des images prises dans un grand respect du sujet, qui en font ressortir toute la dignité et qui mettent en avant des liens de confiance entre le photographe et la personne photographiée.

Son projet au long cours sur le thème «Des éléphants et des hommes» synthétise l’esprit de sa démarche de photographe. Pendant douze ans, Jean-François Mutzig a sillonné l’Asie pour portraiturer l’animal dans sa relation ancestrale avec l’homme. Ce travail lui a valu le Prix Spécial du Jury au prestigieux «Days Japan» International Photojournalism Awards 2017 pour son reportage sur le débardage des bois précieux en Birmanie.

En ces moments de mondialisation effrénée et d’uniformisation des modes de vie, il va à la découverte de comportements humains authentiques. Ses images s’attachent à montrer l’homme dans son activité quotidienne et à débusquer comme des valeurs rares mais sûres, l’harmonie et la paix qu’il entretient avec ses congénères et son environnement.

Jean-François Mutzig s’est vu décerner en 2015 la médaille de Chevalier des Arts et des Lettres par la ministre Fleur Pellerin.

Georges Rinaudo

Deuxième prix au concours « Les photographies de l’année » édition 2017, dans la catégorie paysage.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Des éléphants et des hommes

La main sur la trompe Laos (2013)

Ma première rencontre avec l’éléphant remonte à 1999 au zoo d’Hanoï où je terminais mon reportage sur les mineurs du Fleuve Rouge. Je m’apprêtais à photographier une éléphante lorsque celle-ci a fouillé de sa trompe mon sac photo sous les yeux des enfants rieurs, médusés par la scène qui venait de se jouer devant eux.

Sur les bords du Gange Inde (2015)

Ce fut un contact déterminant, car je réalisais alors qu’il existait entre l’homme et cet animal mythique, omniprésent dans la culture asiatique, une relation très forte établie par des siècles de cohabitation et de collaboration. Mais je constatais aussi, malheureusement, que l’éléphant courait à l’extinction.

Mon travail photographique privilégie ce lien entre l’éléphant et l’homme. Du Sri Lanka au Vietnam, en passant par le Laos, la Thaïlande, le Cambodge, la Birmanie l’Inde et le Népal, je me suis attaché à saisir les gestes attentionnés des cornacs et les réactions de l’animal. Plus généralement, j’ai photographié l’éléphant au milieu des populations locales pour caractériser cette relation ancestrale, faite d’affection et de domination.

La Toilette de l’éléphant Sri Lanka 2006

À l’état sauvage, les éléphants peuplaient autrefois les forêts du Sud-est asiatique. La démographie galopante des pays d’Asie a réduit drastiquement leur espace naturel de vie. Ils ne sont plus que quarante mille aujourd’hui et la pyramide des âges n’inspire pas un grand optimisme quant à la perpétuation de l’espèce.

Très largement utilisés pour le débardage dans les forêts, c’est encore le cas au Myanmar, les éléphants domestiques sont concurrencés par la machine. Ils ne sont plus rentables. De nos jours, ils sont destinés aux attractions touristiques, une basse besogne qui leur confère néanmoins un nouveau statut de travailleur. Le Laos, pays du million d’éléphants n’en compte plus qu’un millier et demi.

Pour parfaire son malheur, il est pourchassé, car la contrebande de son ivoire alimente un juteux commerce.
La survie de l’éléphant dépend donc d’initiatives particulières, mais surtout de décisions politiques radicales que certains états commencent à mettre en œuvre. La protection de l’animal relève de mesure d’urgence.
À ma manière et avec mes moyens, j’entends sensibiliser le public à la sauvegarde de l’animal pour enrailler la dynamique infernale qui le conduit à sa perte.
Un travail qui au fil de mes reportages publiés et présentés sous forme d’exposition participe à ce mouvement de prise de conscience. Ainsi s’amorce une synergie porteuse de l’espoir qu’un jour renaisse dans le monde l’harmonie entre l’éléphant et l’homme.