MYOP – Olivier Laban-Mattei – Survivre au cauchemar

IINVITÉ D’HONNEUR 2015 : le collectif MYOP

Olivier Laban Mattei sera présent à Barro le 19 et 20 septembre: il animera une conférence le samedi 20 et un workshop en partenariat avec Leica le  21 et le 22 septembre.

Des rescapés centrafricains à peine arrivés à la ville frontière de Garoua-Boulaï au Cameroun sont transférés par la Croix Rouge camerounaise, le 30 octobre 2014, vers le camp de réfugiés  de Gado à une vingtaine de kilomètres de là.<br /> La tension est palpable sur les visages. Après des mois d'errance dans la brousse pour échapper à leurs assaillants, ces nouveaux exilés pensent déjà à ce qu'ils vont devenir. L'une d'entre eux, la tête collée à la vitre, dira au moment où le bus entame sa traversée du camp : "c'est donc ça des réfugiés ?"

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Avec trois World Press, deux Prix Paris Match, deux Pictures Of the Year International (POYI), sans oublier un Prix Bayeux-Calvados et quelques autres distinctions, Olivier Laban-Mattei, à 37 ans, est un reporter chevronné. A BarrObjectif, il exposera un reportage réalisé en juin 2015 en Centrafrique « Survivre au cauchemar ».

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Survivre au cauchemar

Centreafrique. 2015Olivier Laban-Mattei / MYOP

À la fin de l’année 2013, la Centrafrique s’embrase. Les villages sont pillés et brûlés, des civils sont massacrés. Les organisations internationales de défense des droits de l’homme dénoncent unanimement les actes de torture, les disparitions et les crimes de guerre. Elles accusent les deux parties du conflit : les milices majoritairement chrétiennes et animistes appelées ‘anti-Balaka’ se vengent des exactions commises par les ex-Séléka (littéralement l’ ‘Alliance’ des musulmans) officiellement dissous. La frénésie meurtrière a atteint des sommets en Janvier 2014. Ni la force militaire française Sangaris ni la mission de stabilisation envoyée par l’ONU -Minusca- n’ont réussi à arrêter la spirale de la violence. Ce pays de 4,5 millions d’habitants a ainsi connu les moments les plus dramatiques de sa tumultueuse histoire depuis son indépendance en 1960. Près d’un demi-million d’hommes, de femmes et d’enfants ont pris la brousse pour fuir les atrocités. Et 330 000 autres, à majorité musulmane, des peuhls pour la plupart, ont entamé une longue marche vers les pays voisins. Au total, dix pour cent de la population vit aujourd’hui en exil. En quelques mois, près de 130 000 Centrafricains ont trouvé asile dans l’est du Cameroun, épuisés, blessés, souffrant de malnutrition avancée. Pour eux, il n’est pas question d’envisager un retour rapide en Centrafrique. La situation sécuritaire reste trop instable et les souvenirs des atrocités sont encore trop frais. Qu’ils soient déplacés dans leur propre pays ou réfugiés dans un pays voisin, les traumatismes psychologiques sont immenses pour les victimes du conflit.

Centreafrique. 2015Olivier Laban-Mattei / MYOP

En Centrafrique, dans la capitale Bangui ou en province, comme à Yaloké, des enclaves ont rapidement vu le jour, accueillant des populations minoritaires encore menacées de mort si elles s’aventurent à l’extérieur. Ces lieux de détresse humaine sont devenues le symbole du drame qui perdure, alors que leurs habitants sont souvent abandonnés à leur sort, affamés, mourant.

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La réconciliation nationale prônée par le gouvernement de transition et certaines organisations internationales reste un vœu pieux, alors que les deux principaux camps opposés n’ont toujours pas déposé les armes et se sont peu à peu mués en bandes criminelles organisées semant la terreur sur leurs territoires.

Sidi-omar Alami – « Se retrouver là-bas »

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S-O-Alami-photographe Sidi-Omar Alami

Portrait de Sidi-Omar Alami

Je m’appelle Sidi-Omar Alami, j’ai 21 ans, je suis né le 22/09/1993 à Senlis dans l’Oise. J’exerce en tant que photographe depuis 2014. Voici mon histoire : après un échec en Faculté de Médecine, j’ai décidé de me lancer dans la photographie.
Ayant découvert l’art de la photographie depuis 3 ans en autodidacte. Depuis 1 an, je me consacre pleinement à cette discipline, parcourant le monde seulement accompagné de mon appareil photo et de mon sac à dos. J’aime à partager des expériences uniques, découvrir d’autres cultures et apprendre plus sur moi-même et afin de me reconstruire d’où le titre

 » Se retrouver là-bas « .
Ce périple a duré 9 mois, et j’ai traversé plusieurs pays dont : Les Etats-Unis dont Hawaï, L’Islande, La Suède, Le Quatar, Le Maroc, La Belgique, L’Allemagne, La Suisse, L’Espagne, Singapour, La Malaisie, L’Indonésie, ainsi que L’Australie.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Se retrouver là-bas 

C’est en Juin 2014, n’ayant alors que 20 ans, que je décide de prendre  mon premier vol et ce pour les Etats-Unis. Débute alors une expérience incroyable d’un mois dans la ville de New-York City. skateboarding-in-ArizonaNe connaissant alors personne sur le territoire américain, j’ai du me débrouiller seul et j’ai cherché à me loger chez l’habitant. En effet j’ai été  hébergé par des gens fantastiques à Brooklyn et  par un Trader français dans un building à Broadway ( Manhattan ) qui m’a ouvert les portes de son appartement luxueux pendant une dizaine de jours, alors que je m’apprêtais à me retrouver à la rue. Je prenais un plaisir fou à discuter avec des « sans-abris » New-yorkais,  apprenant ainsi de leurs histoires.
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On-the-road-somwhereJe vous assure que pour un gamin de 20 ans c’était une expérience incroyable que d’arpenter les rues new-yorkaises avec son sac à dos et son appareil photo.

 

Jérôme Bardenet – Vers l’Est

Bardenet-Jerome_Roumanie_013Jérôme Bardenet est un photo-reporter institutionnel de 37 ans vivant à Niort et travaillant essentiellement dans le sud-ouest de la France ainsi qu’à l’étranger.
Autodidacte, sa pratique s’est enrichie au contact des autres et son regard s’est forgé au gré de ses expériences personnelles.
A travers ses travaux d’auteur, il s’intéresse à l’humain au sens large, à la singularité des peuples, leur histoire passée, présente et future.

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EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Vers l’Est

Avec le temps, l’Europe s’est agrandie, s’est construite en partie sur les ruines de l’URSS. Une Europe en crise à présent, qui se cherche, qui n’a pas tenu toutes ses promesses. Les espoirs déçus laissent la place pour certains russophones à une nostalgie du bloc soviétique.
Bardenet-Jerome_Roumanie_015Vers l’Est est né de l’envie de vérifier un sentiment, des émotions déjà ressenties lors d’un précédent voyage en Hongrie. L’abandon. La mélancolie. Il s’agit de retranscrire une atmosphère propre à l’ancien bloc de l’Est, dans sa généralité, sans que l’on ne puisse reconnaître un pays en particulier.

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Ces photos, dénuées de vocation politique, s’attachent à recueillir les signes du passé, telles des cicatrices encore visibles, comme un témoignage subjectif de l’ambiance des lieux.
Réalisé à l’est de la Roumanie, Vers l’Est est une première partie d’un projet de plus grande envergure construit avec mes camarades du collectif Corto.

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Youry Bilak – Le pays des Houtsouls

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Né à Villeurbanne en 1961, Youry Bilak baigne depuis sa tendre enfance dans la culture ukrainienne. Il la reçoit tout d’abord de ses parents, réfugiés en France après la guerre, puis de ses propres recherches, humaines et artistiques, tout au long d’un parcours singulier.

Très tôt, Youry s’initie à l’art de la danse cosaque et ukrainienne. Il n’a que sept ans lorsqu’il monte pour la première fois sur scène. À l’adolescence, son père, qui ne se sépare jamais de son appareil photo un Telka I 6×9, lui transmet sa passion de la photo. C’est à cette époque que le jeune Youry entre lui-même dans la vie active, un diplôme de prothésiste dentaire en poche et consacre son premier salaire à l’achat de son premier appareil, un Minolta SRT 100 X.
Parallèlement, Youry poursuit sa carrière de danseur en amateur. Il se met au classique et au modern jazz, en plein boum au début des années 80. Il s’essaye au mime et se produit à ses heures perdues dans des spectacles de rue. En 1983, il part en Ukraine pour la première fois, à Lviv, pour y suivre un stage de danse ukrainienne. C’est le choc culturel, il se trouve là dans une ville où l’on parle la langue de ses parents.
Fort de cette expérience, toujours pendant des congés sans solde, il enchaîne des stages à New York. Puis il rejoint pour quatre mois une troupe de danseurs ukrainiens dans un cabaret de Toronto, Ukrainian Caravan. Il vibre de sa passion. Sa technique photographique se peaufine pendant ce temps, il s’adonne à la photographie d’architecture. Les gratte-ciel de Toronto et surtout de New York le fascinent. Finalement, le déclic pour la photo humaniste, qui deviendra son credo par la suite, arrive au cours de deux longs voyages à moto, au Maroc puis en Israël.
1986, le tournant artistique professionnel décisif. Jérôme Savary arrive à Lyon et l’auditionne pour un rôle de danseur, chanteur et comédien dans sa nouvelle création au Théâtre du 8e (La Maison de la Danse). C’est la version française de « CABARET », célèbre comédie musicale qui, en 1972, fut adaptée au cinéma pour Liza Minelli. Youry est engagé, quitte la prothèse dentaire, et le voilà parti pour une tournée de trois ans en Europe dont une année au Théâtre Mogador à Paris. C’est une expérience qui le comble particulièrement. Médias, personnalités, il voit le Tout-Paris défiler. « Je prenais des photos à tout bout de champ, même depuis la scène, en cachette ».
En 1990, il commence à jouer des spectacles pour enfants en one man show puis se met à la mise en scène. Il prend la direction artistique d’un centre de vacances ukrainien à Rochepaule, en Ardèche, acheté par des membres de la diaspora de la génération de ses parents. Au travers d’un spectacle, il transmet à son tour aux enfants la culture ukrainienne. Il place sur scène chaque année plus d’une cinquante d’enfants dans des comédies musicales ukrainiennes.
En ce début de troisième millénaire, Youry investit dans du nouveau matériel photographique et part à la rencontre du monde, en commençant par le pays de ses origines. De 2004 à 2010, il découvre dans les Carpates l’atmosphère qui l’avait tellement marqué dans le premier film que ses parents l’on emmené voir en 1967 : « Les chevaux de feu » de Paradjanov. C’est dans ces montagnes enchanteresses que vivent les houtsouls.
Le photographe aime rencontrer les gens au hasard de ses voyages, ne sachant pas où et vers qui la providence le pousse. Avant tout, c’est la rencontre avec l’Homme qui l’intéresse. « À chaque fois, je vis ces images comme un cadeau que l’humanité me fait ». De ses voyages, naît en 2007, en Ukraine l’exposition « Ukrainiens » qui rencontre immédiatement un vif succès. Pour représenter l’Ukraine en 2009, elle se poursuit dans un format beaucoup plus grand et en plein air, à Fribourg en Allemagne. Le point d’orgue de cette exposition est la mise en relief de ces photos adaptées aux non-voyants. De 2008 à 2009, plus de quarante mille personnes se pressent pour aller les toucher aux quatre coins de l’Ukraine.
En 2010, à Kiev et au Palais Royal à Paris, Youry dévoile ses photos de studio dans « BILAK’s BACKS », une exposition où il met en lumière le dos féminin. En 2011, il prend part à une exposition collective « Mineurs du monde », en plein air et en grand format au centre minier de Faymoreau (Vendée, France). Pour obtenir ces photos, il vit le quotidien des mineurs de fond aussi bien dans l’est et que dans l’ouest de l’Ukraine. Une expérience inoubliable.
D’une manière générale, Youry Bilak part à la rencontre de minorités inexorablement influencées par l’Occident et témoigne ainsi pour les générations futures. Mutations et cultures ancestrales menacées de disparition : un sujet qui questionne l’avenir de notre propre société, elle aussi en transition. Ainsi en 2012 ses houtsouls ont l’honneur de participer aux Rencontres Européennes littéraires de Cognac qui s’interrogent, comme Youry en son temps, sur ce pays qu’on appelle l’Ukraine…
En 2013, il s’engage comme Artist Angel pour Madagascar et plus particulièrement pour le peuple Zafimaniry lors d’une exposition et vente aux enchères caritative chez Christie’s Paris.
En 2013 et 2014 a lieu la tournée canadienne des « Houtsouls ». Mais l’actualité exige davantage. A Toronto, en septembre 2014, Youry participe à une vente aux enchères caritative organisée par la Fondation Canada Ukraine (CUF) en présence du Premier ministre canadien Stephen Harper. Ses photos du Maïdan permettent de récolter des fonds destinés à l’Opération Rainbow pour l’aide médicale en Ukraine.

Youry-PortraitEXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Le pays des Houtsouls 

Le pays des houtsouls est une des régions les plus pittoresques de l’Ukraine. Situé à cheval sur la région d’Ivano-Frankivsk et la Transcarpathie, il s’étend également pour une petite partie, en Roumanie. Son territoire en Ukraine représente plus de 5.000 km2, pour une population d’environ 170.000 habitants.
D’après le Professeur Maria Lavruk de l’Université Nationale Ivan Franko de Lviv, les Houtsouls forment une sub-ethnie, au sens ethnographique du terme, bien distincte du reste des ukrainiens. Leur culture populaire et traditionnelle, en dépit de la crise, témoigne d’une remarquable vitalité, y compris parmi la diaspora.
Sergueï Paradjanov dans «Les chevaux de feu », a immortalisé l’image mythique des houtsouls. Plus récemment, la chanteuse Ruslana avec ses «Wild Dances» a remporté le Concours de l’Eurovision sur un thème houtsoul. L’ «Arkan», danse typique de la région, fait partie du répertoire classique ukrainien.

En 2004, le photographe français Youry Bilak découvre la région à Kosmatch. La beauté de la nature, et l’art des houtsouls l’ont émerveillé. Mais ce sont avant tout les gens qui l’ont charmé. Il est allé à leur rencontre, a découvert leur esprit, partagé leurs joies et leurs peines, puis il s’est attaché à photographier leur environnement et leur vie quotidienne. L’objectif principal de Youry Bilak est de témoigner devant les générations futures, afin de préserver ce patrimoine inestimable que constituent la culture et l’art houtsouls. Pour cela, il a visité les villages de Kosmatch, Kryvorivnia, Yavoriv, Sokolivka, Kosiv, photographiant sur son chemin, ce que les villageois avaient de singulier et d’authentique.

Après avoir constitué une belle collection, rendant compte d’un pan entier de la culture houtsoule, Youry Bilak a travaillé à la publication d’un ouvrage « Houtsouls, dans l’ombre des Carpates » en le dédiant au 600e anniversaire de Kosmach (1412-2012), le plus grand village de la Houtsoulie et d’Europe (90 km2). Ce recueil, sorte de chronique en photos du pays houtsoul, constitue un précieux témoignage, aussi bien aux yeux de l’Ukraine qu’à ceux du reste du monde.

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Marion Billou – Comme deux gouttes d’eau

Agée de 20 ans, Marion Billou vit et travaille au Mans et prépare actuellement une formation Brevet Technique des Métiers à la Faculté des métiers de Rennes, en Autoportraitalternance. Tout commence lorsque son grand-père lui offre son premier appareil photo, il y a 5 ans. Au début, seules sa soeur et son amie lui servent de modèles. Mais apparaît rapidement l’envie de photographier d’autres visages, d’autres regards.

Le portrait devient une évidence.

En général, mes modèles sont des inconnus mais les rencontrer derrière l’objectif me plaît beaucoup. Je choisis moi-même les visages que je souhaite immortaliser. Le seul critère : ils doivent m’inspirer. Les yeux sont importants, mystérieux, on dit qu’ils sont le reflet de l’âme, donnant naissance à l’émotion. Je suis assez d’accord et j’adore me noyer dans chacun de ces regards. Je crée des choses que je souhaite voir, que je souhaite toucher et approcher. 01Je plonge mes modèles dans des lieux et des univers que je veux respirer et qui me font rêver. Parfois je crée des images reflétant le réel, d’autres avec quelques divagations ou tout simplement par curiosité. Mais toujours avec une touche de mystère. »

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Comme deux gouttes d’eau

Dans le banquet, Platon raconte qu’à l’origine l’être avait deux têtes, deux bras et quatre jambes mais qu’il était si puissant que Dieu les scinda en deux les condamnant à passer le reste de leur existence à rechercher la part manquante. Nous sommes tous à la recherche de la personne avec qui nous traversons la vie, et dans le lien gémellaire, elle est là, dès la naissance.

«  Ma vie me paraît plus simple que les autres. Je n’ai jamais connu la solitude, jamais ! « 

Tout a commencé lorsque j’ai photographié Pauline et Camille pour une autre série. Leur ressemblance et leur complicité ont éveillé davantage cette fascination que je porte aux multiples. Cette série est nourrie de ma curiosité. Je reste au cours de sa réalisation, étonnée à chaque rencontre. Dans la rue quand on croise des jumeaux, on ne peut pas se permettre de trop les dévisager voire de les interroger. La photographie a été pour moi un moyen de me rapprocher d’eux.

Depuis toujours les jumeaux provoquent une grande fascination sociale. Nous sommes tous surpris et émerveillés par ce phénomène et par leur ressemblance parfois si troublante pouvant entrainer de certaines inquiétudes. C’est pourquoi nous cherchons à les dissocier.

Depuis toujours les jumeaux provoquent une grande fascination sociale. Nous sommes tous surpris et émerveillés par ce phénomène et par leur ressemblance parfois si troublante pouvant entrainer de certaines inquiétudes. C’est pourquoi nous cherchons à les dissocier.

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 » Au début, on s’était dit que l’on s’amuserait de temps à autre à les habiller de la même façon. Mais on ne le fait pas, j’ai du mal à les différencier, surtout de dos, ça me perturbe ! « 

 » Les garçons sont des triplés monochoriaux triamniotiques, ce qui veut dire même ADN, limite clone. Ce qui m’a fait peur à la grossesse. « 

La gémellité ne laisse pas indifférent. Elle interroge sur le caractère unique de l’être humain et nous font rêver à 15cet autre qui serait un peu soi. Mais, il n’est pas simple d’être deux et un à la fois.

 » On s’est construite à deux et c’est difficile de trouver un équilibre entre vie de couple et relation fusionnelle. Pour ma part, ça a été le plus dur de me détacher de ma soeur. Elle me manquait plus que mon petit ami. C’est d’ailleurs pour ça que je l’ai quitté. Je n’étais pas prête à lui consacrer du temps. « 

Que pouvous-nous ressentir quand une personne qui physiquement et parfois mentalement nous ressemble trait pour trait ? Comment percevons-nous la vie, nos relations, nos faits et gestes, nos choix personnels et professionnels ?

Stephane Blanchet-Nicoud – My « American Standard » Nights

Mon travail photographique, initié fin 2011, s’inscrit généralement dans un style urbain, déshumanisé avec très souvent une obsession du détail comme pour pouvoir ancrer davantage ce travail dans le réel. Mes sujets/genres de prédilection sont principalement l’architecture pour l’exploitation du graphisme que l’on peut en faire, et également (et surtout !) la photographie de nuit. Au fil des mois, la photographie est devenue pour moi une véritable catharsis. Reste donc à vous de choisir entre une lecture de type Fenêtre ou Miroir….

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EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : My « American Standard » Nights

03:00am, une banlieue nord-américaine.

Me revoilà seul, face aux symboles de ce continent qui m’attire tant. Les lieux se sont vidés, avec comme uniques traces de vie, ces maigres lumières qui résistent face à l’envahissante obscurité. Confronté à ces oasis de lumières, perdu quelque part entre deux mondes, je suis saisi d’un cruel sentiment de manque, d’absence. Paralysé par le silence glacial qui enveloppe les lieux, j’attends un signe.
La vie a-t-elle définitivement disparue ou est-elle juste en sommeil ?

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Yohan Bonnet – Leroy Somer

Conflit social à Noël

Né en 1980 à Angoulême, Yohan Bonnet est photographe indépendant depuis 2006.
Il a étudié la photographie à l’Institut Régional des Techniques de l’Image et du Son (IRTIS) de Rochefort-sur-Mer. Il travaille essentiellement sur l’actualité sociale et politique pour la presse magazine  et collabore occasionnellement avec The Associated Press et l’AFP.
Lorsque l’actualité sociale et politique le permet, Yohan travaille sur des sujets documentaires sur le long cours.
Le photojournaliste Yohan Bonnet

Il garde constamment un oeil sur l’actualité, les réseaux d’informations, les milieux de la photographie et spécifiquement du photojournalisme qui motive tous ses projets. Passionné de glisse et surtout de surf, il s’évade régulièrement  sur les plages de l’océan atlantique…Yohan Bonnet est membre du studio Hans Lucas.

Ses photographies ont été publié dans de nombreux magazines français et internationaux : Paris Match, VSD, Le Figaro, Libération, Le Monde, The Times, Le Nouvel Obs, La Croix, Alternatives Economiques, Marianne, l’Humanité, La Vie, L’Express, The Guardian, Herald Sun, Pélerin, GQ, Corriere Della Sera, Le Journal Du Dimanche, Sup Journal , Terre Sauvage, Le Parisien Magazine, M le magazine du Monde…

Conflit social à Noël

 

Anaël Boulay – A quoi pense t-il ?

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : À quoi pense t-il ?

« À quoi pense-t-il ?» est une réflexion photographique sur notre environnement que ce soit au détour d’une rue, dans un bistro, en ville, à la campagne. Ne vous êtes-vous jamais demandé « A quoi pense- t-il ? » en observant les personnes qui vous entourent, avec l’envie irrésistible de vous projeter dans leur tête, d’imaginer leurs joies, leur mal-être, leurs interrogations ?

En réalité, c’est souvent pour trouver une réponse à nos propres questions que nous partons instinctivement à la conquête du regard de l’autre.

portrait Anael Boulay

Autoportrait de Anaël Boulay

La série de photographies est réalisée (avec un Rolleiflex 2,8 f Planar et de la pellicule tri-X400) au gré de ma vie quotidienne, spontanément, en me laissant seulement guider par les scènes se déroulant devant mes yeux.


Bernard Brisé – Les engloutis

Bernard Brisé est né le 25 novembre 1966 à Lormont (Gironde)
Diplômé des Beaux-Arts de Bordeaux.

BBportraitJe m’intéresse depuis de nombreuses années à deux notions, à mes yeux essentielles et incontournables dans l’usage du médium photographique : le rapport à l’identité et à l’espace/temps.

Partant du constat simple qu’il n’existe bien évidemment pas d’objectivité photographique, je fais de cette relation ambiguë avec la réalité, l’objet principal de mes recherches.

Nous savons depuis Roland Barthes et sa « Chambre claire » qu’une photographie évoque toujours quelque chose qui a existé et qui n’existe plus, en cela elle nous parle irrémédiablement de nous, de l’éphémère du monde et de notre existence.

Site internet de Bernard Brisé

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Les engloutis

Inspirée du genre de la nature morte, la série de photographies Les engloutis est composée de plusieurs axes de recherches autour de la notion générique d’anéantissement et plus précisément de l’extinction d’une faune et d’une flore issues de l’univers aquatique originel.

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B.Brise-Mur englouti02Comme une fin du monde annoncée, liée à l’érosion côtière ou à l’activité humaine, la montée des eaux semble annonciatrice d’un changement, d’une mutation immuable qui n’épargnera ni nos empreintes, ni notre mémoire collective. Par la représentation d’animaux inanimés mais qui ont été dans un passé récent bel et bien vivants, la nature morte met surtout en scène la propre disparition de l’homme et le caractère transitoire de la vie. N’invite-t-elle pas à la réflexion sur le temps qui passe et à la « vanité » de nos attitudes face à la certitude de la mort ?

Les poissons morts ou agonisants ne sont que les symboles de notre propre perte et la conséquence de nos comportements irresponsables. Apparus il y a environ 530 millions d’années, lors de l’explosion cambrienne, leur destin s’avère pourtant aujourd’hui irrémédiablement subordonné au nôtre, bien qu’il y ait paradoxalement de forte probabilité qu’ils nous survivent… L’homme ambitionne un dessein illusoire : éternel et maître de la vie des autres.

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A.J Cassaigne – La part de l’obscur

A.Cassaigne-18 A.Cassaigne-l'obscur10Lors de la réalisation de cette démarche photographique, Josyane et Alain Cassaigne étaient photographes professionnels free-lance depuis quelques années. Ils ont collaboré sous une même signature à plusieurs revues et en se passionnaient pour des thématiques d’auteurs sur le long terme pour leurs propres ouvrages.
Ils ont à leur actif de nombreuses expositions noir et blanc et couleur, dans divers domaines tels que le voyage, le social et l’humain. Ils sont également les auteurs d’une dizaine de livres sur diverses thématiques dont les châteaux pour la plus récente. Curieux des rencontres pétries par le hasard et leurs errances, recherchant constamment cet attachement à la sensibilité humaine, à l’écriture de la lumière, ils fonctionnent par coups de coeur, voire défis, pour vivre l’intime interprétation de leurs émotions et de leur vécu.Auteur A.J.CASSAIGNE Habitants la région d’Argenton sur Creuse, ce travail issu de leur collaboration et présenté aujourd’hui est salué unanimement comme un travail inspiré, à la fois intime et impressionnant d’engagement. Josyane et Alain Cassaigne sont à présent séparés et travaillent indépendamment. Alain Cassaigne continu un travail d’auteur, toujours en photographie et sous le label artistique indépendant.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : La part de l’obscur

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Ce travail photographique en milieu psychiatrique n’est pas un reportage, ce n’est pas non plus une recherche thématique ou esthétisante… C’est une plongée en eau profonde, une plongée avec un appareil photo, un peu comme on voyage avec un vieil ami sans se préoccuper du retour. C’est un voyage au pays des peurs et des angoisses, un pays où l’autre est roi et ami… Cette démarche n’est qu’une recherche de la profondeur humaine dans ses aspects les plus complexes, un voyage au fil du temps où les hommes restent dans la quête d’eux-mêmes. Une errance dans un univers de gestes et de regards, dans un lieu où tout a un sens, même le plus anodin des murmures, et où, tout se vivant, rien n’a besoin d’être expliqué… La douleur d’être soi ne se raconte pas. Les photographies présentées sont autant de miroirs où la dignité et la souffrance se mêlent.
Regards, portraits serrés, émotions vivantes dans un constant mélange de lumière : mosaïque du soleil de la vie et de son incoercible « Part de l’Obscur ».

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Il y a des visages, des figures, des visages défigurés, des figures dévisagées. Des mains qui vibrent pour un langage qui ne vient plus. Il y a des douleurs et des cris de joie, des regards qui fuient l’angoisse et des pieds qui, au fil d’un couloir monotone, recomptent l’addition misérable de leurs pas inutiles. C’est avant tout une rencontre, un hymne à la différence et un lieu où dérivent les hommes dans l’indifférence d’une société. Un retour initiatique dans les limbes où enfantent des mondes extraordinaires et torturés. Une errance dans un univers de gestes et de regards, dans un lieu où tout a un sens, même le plus anodin des murmures, et où, se télescopent tous les paradoxes…
Josyane et Alain Cassaigne ont su, avec le temps, se faire accepter. Devenir les amis, les confidents, avant même de réaliser la première photographie. A l’opposé de toute notion de rentabilité, de retour financier ou d’utilisation d’image, cette volonté (pour ne pas dire démarche) est le fruit d’une rencontre entre l’homme et lui-même, pour le goût de l’autre et de l’échange, avec toujours ce choix de ne pas rester dans une logique de reportage, ne pas travailler le fond et la forme, le contexte ou le social, n’être plus rien, si ce n’est l’outil d’un transfert thérapeutique en attention flottante.