Corentin Fohlen

Photographe français diffusé par Divergence et travaillant en commande pour:
The New York Times, « M » ( le magazine du Monde ), Paris Match, Libération, Stern, Polka Magazine, The International Herald Tribune, Le Monde, le Figaro, le Point, le Nouvel Observateur, le JDD, l’Express, Marianne, Le Temps, Die Zeit, la Vie, les Inrockuptibles, Afrique Magazine, le Pèlerin, Causette, Long Cours, La Croix, Phosphore, Le Parisien Magazine, Top Santé, Femme Actuelle, Wondereur, Saveur…

Commandes institutionnelles: Handicap International, la Fondation Raoul Follereau…

Né en France en 1981, je découvre la photographie durant mes études de Bandes Dessinées à Bruxelles et change de passion au cours de la dernière année. Après m’être installé à Paris en 2003, je découvre l’univers de l’actualité, l’excitation des manifestations, le défi du journalisme et entre dans une petite agence photo, Wostok Press. Après être passé par les agences Gamma puis Abaca, je deviens totalement indépendant et diffuse à l’association Fédéphoto, devenu depuis Divergence. Jusqu’en 2011 j’ai couvert l’actualité française et internationale : élection présidentielle française en 2007, conflit au Nord-Kivu, Afghanistan, révolution en Ukraine et à Bangkok, émeutes en banlieue parisienne et à Athènes, séisme en Haïti, révolution arabes en Egypte et Libye, premières élections libres en Tunisie, famine dans la Corne de l’Afrique… avant de prendre du recul, du temps et orienter mon travail vers des histoires plus longues et une réflexion plus documentaire.

Depuis 2012 je me suis lancé dans un travail au long cours en Haïti: une réflexion sur les conséquences de la mainmise internationale sur le pays.

Lauréat de plusieurs prix photographiques dont un WORLD PRESS Photo, un VISA d’OR du Jeune Reporter, le Prix du SCOOP d’Anger, Photographie de l’Année…

photo corentin Fohlen

IN THE NAME OF HAITI : le tourisme humanitaire au nom de Dieu

Healing Haiti, Food for the Poor ou encore Hope Alive !  sont des organisations américaines chrétiennes installées en Haïti depuis plusieurs années.  A l’instar de centaines d’autres organisations, dont l’activité s’est envolée depuis le séisme du 12 janvier 2010, celles-ci organisent, en dehors de leurs actions humanitaires, du volontariat : chaque semaine une « team » composée d’une dizaine d’américains, débarque en Haïti pour un séjour organisé. Au programme, distribution d’eau dans le bidonville de Cité Soleil – considéré pourtant comme l’une des zones les plus dangereuses du pays – visite d’orphelinats, d’écoles avec distribution de chewing-gum, journée à la plage avec des orphelins, mais surtout des centaines de photos ramenées en souvenirs et de nombreux câlins distribués.

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Jeff Gacek et Alyn Shannon, fondateurs de Healing haiti, ont décidé de se consacrer, au nom de Dieu, à ce pays : «  Nous n’avons pas choisi Haïti…Dieu a choisi Haïti pour nous ».

Selon l’ambassade des Etats-Unis, environ 200 000 américains débarqueraient chaque année en Haïti, se sentant investis d’une mission où charité et prosélytisme font bon ménage. Aucun contrôle de l’Etat n’est effectué : il est très facile pour une organisation étrangère de créer sa propre ONG, église, école ou orphelinat, contribuant ainsi à déresponsabiliser le gouvernement local.

Un humanitaire français, travaillant lui pour une ONG internationale, laisse entendre à leur propos, « qu’au mieux ce qu’ils font est inutile. Au mieux…