MYOP – Olivier Laban-Mattei – Survivre au cauchemar

IINVITÉ D’HONNEUR 2015 : le collectif MYOP

Olivier Laban Mattei sera présent à Barro le 19 et 20 septembre: il animera une conférence le samedi 20 et un workshop en partenariat avec Leica le  21 et le 22 septembre.

Des rescapés centrafricains à peine arrivés à la ville frontière de Garoua-Boulaï au Cameroun sont transférés par la Croix Rouge camerounaise, le 30 octobre 2014, vers le camp de réfugiés de Gado à une vingtaine de kilomètres de là.<br /> La tension est palpable sur les visages. Après des mois d'errance dans la brousse pour échapper à leurs assaillants, ces nouveaux exilés pensent déjà à ce qu'ils vont devenir. L'une d'entre eux, la tête collée à la vitre, dira au moment où le bus entame sa traversée du camp : "c'est donc ça des réfugiés ?"

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Avec trois World Press, deux Prix Paris Match, deux Pictures Of the Year International (POYI), sans oublier un Prix Bayeux-Calvados et quelques autres distinctions, Olivier Laban-Mattei, à 37 ans, est un reporter chevronné. A BarrObjectif, il exposera un reportage réalisé en juin 2015 en Centrafrique « Survivre au cauchemar ».

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Survivre au cauchemar

Centreafrique. 2015Olivier Laban-Mattei / MYOP

À la fin de l’année 2013, la Centrafrique s’embrase. Les villages sont pillés et brûlés, des civils sont massacrés. Les organisations internationales de défense des droits de l’homme dénoncent unanimement les actes de torture, les disparitions et les crimes de guerre. Elles accusent les deux parties du conflit : les milices majoritairement chrétiennes et animistes appelées ‘anti-Balaka’ se vengent des exactions commises par les ex-Séléka (littéralement l’ ‘Alliance’ des musulmans) officiellement dissous. La frénésie meurtrière a atteint des sommets en Janvier 2014. Ni la force militaire française Sangaris ni la mission de stabilisation envoyée par l’ONU -Minusca- n’ont réussi à arrêter la spirale de la violence. Ce pays de 4,5 millions d’habitants a ainsi connu les moments les plus dramatiques de sa tumultueuse histoire depuis son indépendance en 1960. Près d’un demi-million d’hommes, de femmes et d’enfants ont pris la brousse pour fuir les atrocités. Et 330 000 autres, à majorité musulmane, des peuhls pour la plupart, ont entamé une longue marche vers les pays voisins. Au total, dix pour cent de la population vit aujourd’hui en exil. En quelques mois, près de 130 000 Centrafricains ont trouvé asile dans l’est du Cameroun, épuisés, blessés, souffrant de malnutrition avancée. Pour eux, il n’est pas question d’envisager un retour rapide en Centrafrique. La situation sécuritaire reste trop instable et les souvenirs des atrocités sont encore trop frais. Qu’ils soient déplacés dans leur propre pays ou réfugiés dans un pays voisin, les traumatismes psychologiques sont immenses pour les victimes du conflit.

Centreafrique. 2015Olivier Laban-Mattei / MYOP

En Centrafrique, dans la capitale Bangui ou en province, comme à Yaloké, des enclaves ont rapidement vu le jour, accueillant des populations minoritaires encore menacées de mort si elles s’aventurent à l’extérieur. Ces lieux de détresse humaine sont devenues le symbole du drame qui perdure, alors que leurs habitants sont souvent abandonnés à leur sort, affamés, mourant.

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La réconciliation nationale prônée par le gouvernement de transition et certaines organisations internationales reste un vœu pieux, alors que les deux principaux camps opposés n’ont toujours pas déposé les armes et se sont peu à peu mués en bandes criminelles organisées semant la terreur sur leurs territoires.