Thierry Clech – L’inde probablement

Thierry Clech est né en 1965, à Saint-Brieuc.

Il photographie essentiellement en voyage (Inde, Tokyo, Istanbul, Vietnam), mais également à Paris, où il réside (il a en particulier travaillé pendant quelques années sur le quartier d’affaires de La Défense). Il photographie exclusivement en noir et blanc et en argentique. Il a publié deux livres, en collaboration avec des romanciers (Philippe Jaenada et Bernard Chambaz).

Ses images ont été exposées en France (dernières expositions : galerie Nadar de Tourcoing, médiathèque d’Uzerche, galerie Spéos, Milim Gallery à Paris), et à l’étranger (Bibliothèque Nationale de Biélorussie).photo photographe

EXPOSITION BARROBJECTIF 2013 :  L’inde probablement

« Tu devrais la sentir, là-bas, vers l’orient, par-delà la Méditerranée, l’Asie mineure, l’Arabie, la Perse, l’Afghanistan, quelque part entre la mer Arabique et l’océan Indien… Sentir qu’elle est là, qu’elle t’attend… »
(Alberto Moravia, Une certaine idée de l’Inde)

Cette série est issue de cinq voyages en Inde, de l’état du Kérala à celui, voisin, du Tamil Nadu, en passant par Bombay, l’Inde du Nord au fil du Gange, jusqu’à Calcutta, à l’orée du Golfe du Bengale.

L’Inde est un pays dont on revient sans savoir ce qu’on a vraiment vu. Tout ce qui y semble réel ne l’est pas. Et tout ce qui paraît nimbé de surnaturel existe pourtant bel et bien. Cette incertitude, en fin de compte, est celle de la photo de rue, sur le vif, quand tout va trop vite, surgit et disparaît sans arrêt dans le viseur en quelques éclairs d’harmonie qu’on essaye de capter en suivant les impulsions que nous dicte notre inconscient. Mais on n’est jamais très sûr de ce qu’on a enregistré sur la pellicule, pleine d’images latentes qu’on ne découvrira qu’au moment du développement.

Rien de plus bizarre que ce qui ne l’est pas. Et rien de plus beau que cette apparente banalité. Ces photographies sont donc celles d’une Inde de l’anodin, invisible si on ne prend pas le temps de la regarder, d’ouvrir les yeux sur ses mystères et ses symboles qui sortent de l’ombre, passent un instant sous la lumière puis s’évanouissent, et dont ne subsiste que quelques souvenirs épars, en noir et blanc.

Bruno Morandi – Les couleurs de Holi

Né à Deauville d’une mère normande et d’un père toscan, il passa tous les étés de son enfance au pays de son père, la Toscane. On devine que ces paysages de collines où la lumière ne quitte jamais le registre de la peinture ont influencé son regard ainsi que son goût du voyage. Plus tard, il suit des études d’architecture à Paris et entame ses premiers voyages qui l’emmènent au Népal, au Pakistan et en Inde.

En 1990, Bruno Morandi devient photographe professionnel et réalise depuis des reportages pour de nombreux magazines comme “Le Figaro Magazine”, “Géo”, “Grands Reportages”, “Le Monde 2”, “Ulysse”, etc. Il a également publié une dizaine d’ouvrages chez Flammarion dont “Tableaux du Rajasthan” et “Toscane Eternelle”. Photographe indépendant, ses images sont entre autres distribuées par l’agence américaine Getty, l’allemande Laif et Lightmediation en France.

Son site : www.brunomorandi.com

Exposition BarrObjectif 2012 : les couleurs de Holi 

Holi ! La seule évocation de ce nom fait naître un sourire sur le visage de tout Indien, car c’est la fête la plus gaie, la plus débridée et la plus haute en couleurs du calendrier hindou. Ancienne fête agraire célébrant les moissons et la fertilité, Holi a conservé de son lointain passé de bacchanale printanière le goût des excès, des propos et des sous-entendus grivois. Ces festivités comportent également un aspect iconoclaste : celui de briser les tabous et les conventions et d’inverser les rôles fixés par la rigidité de la société de caste.

Selon le Bhagavata Purana (texte du Xè/XIIIè siècles qui retrace la légende et les exploits du dieu Vishnou), le dieu Krishna, huitième manifestation de Vishnou, serait né à Mathura non loin de Delhi. Pour les krishnaïtes fervents, Holi commémore les jeux de Krishna, le divin adolescent, avec les gopi, les bergères des rives de la rivière Jamuna. Selon une autre légende populaire, Krishna déplora un jour, devant sa mère, le fait d’être doté d’une peau sombre qu’il comparait non sans gêne au teint clair de Radha, son amante. La mère du jeune dieu enduisit alors le visage de Radha de poudre vermillon, inaugurant ainsi le jeu des couleurs.

Plusieurs jours d’affilée, des processions, accompagnées de danses populaires, se rendent dans les nombreux temples du Braj Bhoomi dédiés à Krishna. Le jour de Holi, pleine lune du mois de Phagun (correspondant au début ou à la mi-mars), marque l’apothéose des festivités. Dans tous les villages et petites villes de cette région, des foules énormes s’assemblent devant les temples. Depuis les toits et les étages des maisons qui bordent les rues menant aux sanctuaires, hommes et femmes lancent des poudres de couleur par poignées sur les passants qui rétorquent en leur jetant des paquets de poudres ou se contentent de badigeonner leurs voisins. Des nuages verts, jaunes, rouges, mauves et bleus se répandent dans l’atmosphère, transformant les rues et les places en un décor de théâtre irréel où les hommes et femmes, méconnaissables sous la pluie de couleurs, se transforment en personnages de contes de fée. La joie est la note prédominante lors de cette fête célébrant les jeux d’un dieu « éternellement jeune et souriant » et de son immortelle amante, Radha.

Holi est considéré comme la fête des shudras, les Indiens de basse caste qui forment la majorité de la population hindoue. Les shudras, généralement dominés et opprimés dans le système des castes hautement hiérarchisé, aspergent et badigeonnent de couleur les Hindous de haute caste et les insultent parfois, renversant ainsi les rôles, sapant –l’espace d’une fête – l’ordre social, la hiérarchie et le pouvoir établis. Selon un dicton lors de cette fête « le tyran est tyrannisé et le seigneur est rabaissé ».

Les jeunes filles et les femmes, généralement calmes et dociles, entrent dans le jeu, se défendent bec et ongles et malmènent les hommes, les frappant parfois avec des bâtons. Celles qui osent s’aventurer à l’extérieur sont souvent la cible de plaisanteries grivoises et d’attouchements plus ou moins osés. Car la « folie d’Holi » débouche parfois sur une certaine permissivité et licence sexuelle. Les Hindous célèbrent non seulement la victoire du bien sur le mal mais aussi les jeux amoureux de Krishna avec les bergères de Vrindavan. Krishna est considéré par les Hindous de basse caste comme le dieu bienveillant, protecteur des pauvres et des opprimés, qui  encourage ce renversement des rôles.

Jadis, les célébrants utilisaient des couleurs végétales censées posséder des vertus médicinales. Aujourd’hui, les couleurs sont presque toujours chimiques et parfois toxiques ; elles peuvent provoquer des allergies, des intoxications  et endommager l’épiderme. Mais les jeunes se livrant à ces joutes chromatiques ne semblent guère s’en soucier, s’aspergeant  et s’enduisant le visage et le corps avec une énergie et un enthousiasme qui ne fléchissent pas au fil des heures. En mars, mois qui marque le début de l’éphémère printemps indien, il fait déjà très chaud. Pour étancher leur soif, les participants absorbent de grandes rasades de thandai, un breuvage rafraichissant. Sous sa forme bénigne le thandai est un mélange d’eau, de lait, d’amandes, de pétales de rose, de graines de pavots, de cardamome et d’anis. Mais les jeunes ajoutent souvent une forte dose de bhang (concoction de feuilles de marijuana pilées) ou boivent de l’alcool.

En fin de matinée ou en début d’après-midi, les groupes commencent à se disperser ; les jeunes rentrent chez eux, certains titubants, afin de se livrer à d’énergiques récurages qui effaceront les traces de ces débordements rituels.

Pierre Ferrua – Images de l’INDE – de Bombay au Ladakh

Venu sur le tard à la photographie, après de nombreux stages de formation avec des photographes de renommée internationale, il se consacre à la photographie d’architecture et de paysage en moyen et grand format. Au concours de la fédération nationale des sociétés photographiques de France 1986/1987, sur les deux images présentées, il obtient pour l’une le premier prix du paysage en noir et blanc et pour l’autre une mention du paysage. Il se tourne ensuite vers la photographie publicitaire en studio. Au cours de ses voyages il réalise diapos et négatif en 24×36. Chef d’entreprise dans un autre domaine, il ne peut consacrer le temps qu’il souhaiterait à la photographie.

Son site : http://www.undestin.com (rubrique photographie)

Exposition BarrObjectif 2012 : Images de l’INDE – de Bombay au Ladakh.»

L’Inde est pays aux multiples visages, où se côtoient l’extrême pauvreté et les plus grandes richesses, où se pérennise une culture millénaire, un mode de vie, des valeurs et mœurs ancestrales tout en s’adaptant aux bouleversements apportés par notre monde moderne.

L’Inde a conservé une croyance religieuse profonde et authentique dans la plus grande tolérance.

De Bombay, mégalopole dont l’activité industrielle est d’avant-garde, au Gujarat (Ahmedabad, Palitana, Mount Abu), au Rajasthan (Jaisalmer, Mandawa, Jodhpur),  au Cachemire (Srinagar) et au Ladakh, ce sont des exemples de ces multiples facettes de l’Inde que l’on rencontre.