Ludovic Ribère – Voyage en Inde et au Népal

Issu des métiers de la restauration, puis de la formation professionnelle, j’ai pratiquement débuté la photographie en même temps que mon premier voyage en Inde en 2010 avec un appareil numérique. J’ai vite trouvé qu’il manquait une corde à mon arc et me suis donc intéressé à l’argentique en commençant par le 24×36 pour très vite passer au moyen format. J’espère, dans le futur, explorer les merveilles du  grand format…

J’utilise avec bonheur les deux systèmes, chacun ayant des attraits différents. Si je devais qualifier mon style photographique, je dirai que je suis une hédoniste de la ballade. J’aime particulièrement prendre le temps de déambuler et me laisser surprendre par l’instant présent et essayer de capter ce qui déjà n’est plus.

Capture d’écran 2014-05-26 à 07.00.16EXPOSITION BARROBJECTIF 2014 : A chacun son regard  : voyage en Inde et au Népal

En choisissant les photographies j’ai pris de parti de laisser libre cours à mes émotions plutôt que de chercher une logique géographique, ethnologique ou tout simplement thématique.

Cela donne une sélection éclectique qui regroupe des photographies prises au court de trois Voyages en Inde et au Népal entre 2010 et 2013.  Le fil conducteur tient autant dans l’intensité des regards des nomades Rabari (nomades que l’Etat tente de sédentariser), que dans la poésie de lieux (tel que Chittorgarh), la gravité ou la drôlerie de certaines situations. Il y a encore tant à découvrir que je ne peux que vous inviter à réfléchir à cette très belle phrase de Marcel Proust :

« Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux.»

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Michel Béguin – Michel le Berger

Dernières Expositions

2013
– Festival photographique Le Transsibérien en hiver, juillet, Dax (40)
– Au château de la Grange, Rêverie, paysages photographiques, août, Celle-l’Evescault (86)

2012
– Au dortoir des moines avec le G6 : L’homme dans la ville, St-Benoît (86)
– Le Transsibérien en hiver, Lusignan (86)
– Festival BarrObjectif : Le Transsibérien en hiver, Barro, (16)

2011
– Invité de Focal 86, Naintré (86)
– Festival BarrObjectif : Porter au Népal, Barro, (16)
– 32ème Quinzaine Photographique : – Rêverie, Cholet, (49)
– Une série sur le peuple Kirghize, 2ème au GPA, St-Benoit (86)

2010
– Au dortoir des moines avec le G6 : La forêt, St Benoit (86)

michel Beguin

EXPOSITION BARROBJECTIF 2013 : Michel le Berger

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Ma rencontre avec le monde de Michel le Berger commence par cette apparition de novembre 2010 : un troupeau de moutons au Mont-Dore. Image stéréotypée, un troupeau et Anouk devant. Oui, pour les ovins, souvent le berger devance. L’hiver s’annonce et il faut rentrer le troupeau, celui-ci court pour rejoindre sa bergerie à Murat-le-Quaire.

Au printemps suivant, je pars à la recherche de cette histoire ; l’estive, les troupeaux, les bergers, la montagne. Du côté du col de la Croix-Robert, du Puy de l’Angle, vers le Cluzeau, la Cacadogne, les Eggravats, le Sancy, je rencontre Michel le Berger. Il connaît ce coin d’Auvergne depuis peu, mais il en connaît les dangers, le vent froid, les pluies et les journées sans fin, la nuit et le soleil, l’herbe abondante, mais aussi l’herbe rare et grillée des mois d’été. Michel en connaît les sentiers inondés et ravinés après la pluie qu’il parcourt pour surveiller le troupeau. Michel sait lâcher les brebis tôt le matin pour qu’elles profitent de la rosée et ainsi s’abreuver à bon compte. Il connait la neige qui revient et bloque la végétation. Il connait les Parisiens (nom générique donné aux marcheurs) qui viennent vers lui pour partager cette liberté que nous recherchons, sans en connaître le prix.

Michel le Berger sait ménager l’herbe pour son troupeau mais aussi trouver le coin humide pour découvrir la renouée, les géraniums, mais aussi le plateau à gentiane, le coteau à myrtille. C’est déjà un peu sa montagne. Il connaît bien son troupeau, enfin les différents cheptels qui lui sont confiés, ces brebis appartenant à différents éleveurs qui lui sont confiées pendant les mois de l’estive, de mai à octobre. En 2012 plus de 1000 têtes bêlantes, des Ravas principalement.28 826 3616 02

Avec Bouboule et ses autres compagnons, et particulièrement les Patous attachés à la protection de leur troupeau, Michel le Berger conduit, soigne, repère, surveille. Il faut relever la brebis coincée sur le dos, couper les ongles et soigner les pattes blessées. Surveiller les brebis et mettre à l’écart celles dont la mise bas peut mettre en danger les agneaux. Pour ce travail, Michel peut compter sur l’aide des propriétaires et particulièrement de Michel l’éleveur. Dans ce conte, je suis Michel le photographe. Une grande partie de ces tâches s’effectuent dans des enclos près de la route départementale.

Le soir Michel le Berger retrouve sa roulotte, pour le repos de la nuit. Protection efficace contre le froid et la pluie, avec le confort du poêle qui chauffe vite et fort pour se réchauffer, se sécher de la journée. Il faut aussi préparer le repas du soir, le pique-nique du lendemain midi, nourrir les chiens. Un brin de toilette avec le chauffe-eau solaire, des instants de lecture, un sommeil réparateur et demain matin, une nouvelle journée. Aujourd’hui, l’isolement du berger est moins vrai, Michel écoute la radio et depuis quelques années avec le téléphone portable, il communique avec sa famille, ses amis, les relations professionnelles. Bref s’il y a un endroit où cet outil est apprécié et utile c’est bien ici.

L’automne revient, la première gelée matinale et la crainte d’une neige précoce : il faut terminer la saison. Les éleveurs remontent pour trier le troupeau, refaire aussi le point de l’estive, et c’est l’occasion de trinquer une dernière fois. Qui devant, qui derrière, repartiront pour conduire le troupeau dans les bergeries, en bas, bien au chaud.

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