Alisse Victorine _ Nous resterons ici tant qu’il y aura du thym et des olives

Alisse Victorine _ Nous resterons ici tant qu’il y aura du thym et des olives

Petite-fille d’agriculteur, Victorine Alisse mène un travail documentaire depuis cinq ans sur la disparition du monde paysan, avec un premier volet en France et un second en Palestine et en Israël.

Son approche documentaire l’amène à traiter de sujets sociétaux et environnementaux ; c’est avant tout la rencontre avec l’autre qui nourrit son travail photographique. Elle s’intéresse aux nouvelles formes narratives, notamment en combinant textes et images.

En 2021, la série “Au grand air” co-réalisée avec JS Saia est récompensée par le Prix Caritas Photo Sociale. En 2022, elle reçoit la Bourse du Talent. Son travail est exposé en France et à l’étranger.

Membre du Collectif Hors Format, elle travaille avec des médias français et internationaux tels que Libération, Le Monde et Der Spiegel. 

Victorine poursuit parallèlement un travail de création en résidences avec des centres d’art comme Diaphane et des établissements culturels comme Les Champs Libres.

À quelques kilomètres de Bethléem, le village agricole de Wadi Fukin est littéralement encerclé. À l’est, il y a la colonie israélienne de Beitar Illit ; à l’ouest, celle de Tzur Hadassah. L’expansion grandissante des colonies et de leurs infrastructures menace toujours plus les terres des agriculteurs et agricultrices du village.

Dans l’immédiat ou dans le long terme, les colonies israéliennes vont disparaître. Et la justice aura lieu, peu importe le temps que cela prendra”, a écrit un agriculteur sur ce paysage qui montre le village de Wadi Fukin au premier plan avec la colonie de Beitar Illit au second plan.
Wadi Fukin,  le 26 mars 2022 © Alisse Victorine _ Nous resterons ici tant qu’il y aura du thym et des olives

Sans bruit ni explosion, les agricultrices et agriculteurs palestiniens du village de Wadi Fukin sont en première ligne d’un long combat de résistance à l’expropriation.

Non loin de Bethléem, au creux d’une vallée, le village de Wadi Fukin – 1400 habitants – est littéralement encerclé par deux colonies israéliennes. L’expansion croissante de ces dernières et de leurs infrastructures menace de plus en plus les terres du village.

Depuis 2022, au cours de plusieurs séjours, je partage le quotidien des agricultrices et des agriculteurs, mais aussi des habitants de Wadi Fukin, et je les photographie. Des membres de la communauté ont choisi une ou plusieurs photos et y ont inscrit leurs pensées et leurs sentiments. Tous ont en commun un attachement viscéral à leur terre et à leur village.


© Alisse Victorine
Légende de l’image d’entête

“Ala Dalona et Ala Dalona, ​​les olives de mon pays sont les meilleures” (cette phrase est extraite d’une chanson palestinienne traditionnelle). La saison de la cueillette des olives est la plus belle saison pour le paysan palestinien, c’est la récolte d’une année entière d’attente.
On se réunit le jour de la cueillette dans la nature, on fait à manger et on fait du thé. Tout le monde est heureux, on chante pour les olives en les cueillant”, a écrit une agricultrice de Wadi Fukin, Cisjordanie occupée, le 27 octobre 2022. ©Alisse Victorine