
Depuis l’adolescence, ROLBAC influencé par son père, marche l’appareil photo en bandoulière. Il scrute l’humanité devant sa porte… et ailleurs. Pour bien comprendre ce monde, il s’ imbibe de philosophie, d’histoire et d’arts plastiques.
Je voulais montrer ce monde beau et laid. J’ai pensé alors que la photo ne suffisait pas. Je voulais donner une voix, un son à l’image. Naïf… J’ai donc fait une formation de cadreur vidéo à l’école des Gobelins. J’avais ainsi un deuxième œil pour regarder le monde.
Cet outil, la caméra, m’a fait vibrer et offert un revenu :
Reporter indépendant : chute de Ceaușescu à Bucarest (1989), les bidonvilles de New Delhi (1993) …
Cadreur : Jeux Olympiques de Barcelone, prises de vues en hélicoptère, TVHD/France TV (1992), captation de concerts…
Documentariste : Pour Arte, France 3, La Cinq, La Cité des Sciences…
Documentariste radio : Pour France Culture (les nuits magnétiques) en immersion avec les Amérindiens Wayampis de Guyane…
Enseignant : Chargé de cours, atelier prise de vues et prise de sons. Université Bordeaux 3 (2012–2017).
Pendant tout ce temps, la « photo passion », continue à se faire une place généreuse dans mon quotidien…
Quelques expositions bien accueillies dans des lieux citoyens jalonnent mon parcours.
La lumière danse, bruisse, scintille et se coule dans les ombres.
ROLBAC
Le photographe voit, enregistre, interprète le réel,
Qu’un autre, le regardeur, interprétera à son tour.
Les visions subjectives se fondent.
La lumière gratte, caresse, sculpte la surface blanche du papier.
Un autre réel apparaît.
Dégustez…
EXPOSITION BARROBJECTIF 2026 : Les Hommes de boue

Depuis des siècles, la Garonne a assuré le trafic de passagers et de fret (bois, moellons de construction, vin) vers Bordeaux. Ainsi, de nombreux chantiers de constructions navales s’installèrent le long du fleuve.
Les chantiers Tramasset, du nom de son créateur, furent créés en 1837 au Tourne, un village à une trentaine de kilomètres en amont de Bordeaux. Mais l’arrivée de la vapeur puis de la route ont signé la mort du trafic maritime.
Les chantiers Tramasset ferment définitivement en 1985.
En 1997, la mairie d’alors décide de détruire les bâtiments jugés dangereux.
L’association des Chantiers Tramasset est alors créée avec trois objectifs :
- sauver de la destruction ce joyau de la construction navale patrimoniale.
- sauver et transmettre le savoir-faire traditionnel des charpentiers de marine encore présents dans le village : en réparant et en construisant des bateaux.
- créer et faire vivre un lieu d’accueil d’événements culturels et sociaux (Espace de vie sociale).
J’ai adhéré avec enthousiasme à l’association et à son projet. Depuis, je documente par mes photos l’histoire humaine et environnementale des Chantiers.
Mais aujourd’hui, un autre danger menace les Chantiers.
En effet, le lit du fleuve a été dragué sans cesse depuis le Moyen-Âge pour y permettre la navigation de bateaux de plus en plus gros en amont de Bordeaux. La grave extraite a été utilisée pour construire des maisons, des routes et amender les vignes (vin des graves).
Aujourd’hui, la Garonne tend à reboucher cette tranchée créée en son mitan… en dégraissant ses berges. ! Celles-ci s’effondrent progressivement dans la Garonne.
De plus, le phénomène naturel de l’érosion est accentué par la force de la marée et de son mascaret qui se fait ressentir jusque-là…à une centaine de kilomètres de la mer.
Refusant la « fatalité » de ce phénomène, une petite bande d’adhérents irréductibles, aidée par l’expertise des techniciens de rivière, a décidé de lutter pour contrer cet effondrement.

Nous récupérons d’anciens piquets de vignes que nous plantons en parallèle du tombant de la berge. Nous y tassons des fagots de bois pour créer des fascines où à chaque marée le limon se déposera. Nous y plantons ensuite des scions de saule, un arbre semi aquatique au système racinal profond pour ancrer les berges.
C’est un travail de guérison. Un travail de fourmi, un travail quasi invisible, sans prestige et donc sans budget.
Qui va s’intéresser à des petites mains qui les pieds dans la boue piquent des piquets dans la grave limoneuse.
C’est un combat d’avant-garde classé en combat d’arrière-garde.
C’est peut-être aussi pour ça que j’aime ce combat. Et aussi parce que j’aime patauger dans la Garonne qui boude.
Voici en images ce que j’y ai vu et vécu …