Philippe Pécher – À la lumière de Venise

Philippe Pécher est photographe professionnel (artisan) à Couzeix près de Limoges depuis 15 ans. Ses domaines d’intervention vont de la publicité à l’illustration en passant par la photographie de mariage et les natures mortes culinaires en studio…

Amoureux du littoral et de la mer en général, il est auteur depuis plusieurs années de nombreuses images de paysages marins bretons, le plus souvent hors-saison, notamment sur les îles de la Mer d’Iroise au large du Finistère.

Il participe au festival Barrobjectif avec cette série sur Venise réalisée au mois de mars dernier.

Son site : http://www.philippepecher.com

Exposition BarrObjectif 2012 : À la lumière de Venise 

À Venise, la somptueuse lumière qui éclaire tous les hauts lieux somptueux de cette belle cité des Doges active les clameurs d’une fréquentation touristique de plus en plus étouffante. Le centre de la ville entre le fameux pont du Rialto et la non moins fameuse « Plazza San Marco » accueille en son sein une concentration inouïe de monuments inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO et une foule impressionnante.

Ça y est, la belle lumière du matin fait déjà de l’œil aux innombrables marchands de souvenirs. Elle glisse entre les ruelles étroites, fait briller de mille éclats les canaux et met en valeur des ombres aussi graphiques les unes des autres. Elle oblige les gondoliers à s’auréoler du chapeau qui est au folklore local ce que le melon est aux bottes de cuir. Plus loin, en s’éloignant du Grand Canal, elle éclaire des quartiers plus discrets, plus authentiques.

Ça y est, le jour prend fin… le brouhaha en langues internationales également… sans doute une coïncidence. On garde en tête la forte voix des vénitiens, c’est une nouvelle Venise qui se lève avant le jour. L’éclat des lampadaires et des lumières au loin donne un relief particulier à cette cité lacustre. On en oublierait l’eau, le clapotis de quelques embarcations furtives tranche avec les vagues du Grand Canal en plein jour où le trafic maritime est digne du « périph » parisien. Les places s’apaisent, les pavés brillent et les façades ont perdu leurs couleurs. La musique de loin en loin s’enfuit à travers les portes de nombreux lieux culturels.

On parle doucement… Ça y est. J’entends enfin le bruit du miroir de mon reflex photo s’ouvrir et juste après se fermer. Au fur et à mesure du soir l’instant s’allonge. Il est le miroir des émotions que procurent cette ville aux mille visages. Venise se cache au bout de sa lagune dans son recoin de mer Adriatique. Elle se cache mais de plus en plus de monde la trouve belle. Alors, sans doute pour mieux se cacher elle s’enfonce comme un poisson dans le sable. Les touristes la font vivre mais la tue petit à petit en le sachant…

Venise, que ta lumière qui a traversé les siècles ne tombe pas dans la nuit des temps.

Frédéric Pluviaud – Littératures Métisses : portraits croisés

39 ans, ingénieur à Météo-France, mes études de météorologie m’ont d’abord mené dans un univers scientifique sans rapport direct avec la photographie. Mes premières photos furent alors orientées vers la nature (orages, nuages, éclipse de soleil en 1999…) avant que je m’intéresse plus précisément au travail en Noir & Blanc.

Rapidement, ma pratique de la photo m’a fait rejoindre le Club Photo d’Angoulême Atelier Focale 16  dont je suis récemment devenu le président, et un petit collectif d’auteurs-photographes (www.grainsdefolie.net), cofondé avec un ami d’enfance.

Depuis 2001, je photographie en particulier la scène musicale angoumoisine (La Nef, Musiques Métisses). La photo de concert reste un plaisir intense, grâce aux musiciens et à ce qu’ils apportent ; la photo de reportage « humaniste » est la plus difficile mais aussi la plus exaltante. De manière plus anecdotique et parfois plus introspective, je me consacre aussi à des recherches artistiques à travers le paysage, mais aussi le portrait…

Le site du collectif : http://www.grainsdefolie.net

Exposition BarrObjectif 2012 : Littératures Métisses : portraits croisés

En 2009, je décide de changer de point de vue sur le festival Musiques Métisses, qui ne se limite pas aux musiciens : « Littératures Métisses » accueille chaque année une petite dizaine d’auteurs afin d’animer des débats, des rencontres autour de leur œuvre. Ceci se traduit (pour la quatrième année en 2012) par des portraits plutôt intimistes sur le site du festival, comme pour garder une trace de leur passage. Chaque année un fil conducteur anime ma démarche : en 2009 je débute par des portraits où chaque auteur communique avec ses mains ; en 2010 chacun (com)pose autour d’un canapé rouge ; en 2011, c’est en compagnie d’un miroir que je demande à chaque auteur de poser. En 2012, chacun partage une pile de livres comme compagnon de portrait…

Chaque année, « tirer le portrait » c’est aussi et avant tout faire de belles rencontres, croiser un instant des auteurs passionnants, passionnés et souvent charismatiques. Moments privilégiés et ô combien enrichissants…

L’expostion « Portraits d’auteurs » est gracieusement prêtée par le FESTIVAL MUISIQUES METISSES- ANGOULÊME

Emilio Morenatti – Prix Lucas Dolega 2012

Emilio Morenatti a commencé sa carrière de photojournaliste dans un journal local, à Jerez de la Frontera en Espagne.
En 1992, il rejoint l’agence EFE, la principale agence de news espagnole et s’installe à Séville. De là, il couvre de nombreux événements nationaux et internationaux, dont plusieurs Jeux Olympiques et la guerre d’Irak en 2002.
Fin 2003, il part pour l’Afghanistan comme correspondant pour l’agence Associated Press. Basé à Kaboul, il couvre la transition démocratique qui suit la chute du régime Taliban. En 2005, AP l’envoie au Moyen-Orient pour couvrir le conflit entre Gaza et Jérusalem.
En 2006, pendant qu’il couvre le conflit à Gaza City, il est kidnappé par des soldats avant d’être libéré un jour plus tard, indemne.
En 2008, il est nommé Photographe d’Actualité de l’année par Pictures of the Year International.
En 2009, il est l’un des deux journalistes d’AP (ainsi que deux soldats américains) gravement blessé en Afghanistan. Il perd son pied gauche dans l’explosion, et est évacué dans un hôpital à Dubai. Il est maintenant basé à Barcelone.

Les nombreuses récompenses reçues par Emilio Morenatti incluent des prix comme le Fuji Eureopean Press Awards en 1996 et des National Headliner Awards en 2005 et 2006. Il a également gagné le prix du Photographe de l’année en 2010, lors de la compétition du meilleur photojournaliste, sponsorisé par la National Press Photographers Association.

Cette année, il a reçu le prix Lucas Dolega

Exposition BarrObjectif 2012 : Déplacés en Tunisie 

Quand la révolution libyenne a commencé, plus de 250.000 travailleurs émigrés ont fui les combats en Libye vers les pays voisins, principalement en Tunisie et en Égypte.

À la frontière entre la Tunisie et la Libye, des milliers de réfugiés se sont entassés dans les camps pouvant accueillir 20.000 personnes, en attendant leur évacuation. Ceux qui venaient de Libye ont déclaré avoir tenté de fuir, mais ont été retenu par la violence des combats sur la route.

Cette série d’images est une chronique de la vie de ces réfugiés.

Bruno Morandi – Les couleurs de Holi

Né à Deauville d’une mère normande et d’un père toscan, il passa tous les étés de son enfance au pays de son père, la Toscane. On devine que ces paysages de collines où la lumière ne quitte jamais le registre de la peinture ont influencé son regard ainsi que son goût du voyage. Plus tard, il suit des études d’architecture à Paris et entame ses premiers voyages qui l’emmènent au Népal, au Pakistan et en Inde.

En 1990, Bruno Morandi devient photographe professionnel et réalise depuis des reportages pour de nombreux magazines comme “Le Figaro Magazine”, “Géo”, “Grands Reportages”, “Le Monde 2”, “Ulysse”, etc. Il a également publié une dizaine d’ouvrages chez Flammarion dont “Tableaux du Rajasthan” et “Toscane Eternelle”. Photographe indépendant, ses images sont entre autres distribuées par l’agence américaine Getty, l’allemande Laif et Lightmediation en France.

Son site : www.brunomorandi.com

Exposition BarrObjectif 2012 : les couleurs de Holi 

Holi ! La seule évocation de ce nom fait naître un sourire sur le visage de tout Indien, car c’est la fête la plus gaie, la plus débridée et la plus haute en couleurs du calendrier hindou. Ancienne fête agraire célébrant les moissons et la fertilité, Holi a conservé de son lointain passé de bacchanale printanière le goût des excès, des propos et des sous-entendus grivois. Ces festivités comportent également un aspect iconoclaste : celui de briser les tabous et les conventions et d’inverser les rôles fixés par la rigidité de la société de caste.

Selon le Bhagavata Purana (texte du Xè/XIIIè siècles qui retrace la légende et les exploits du dieu Vishnou), le dieu Krishna, huitième manifestation de Vishnou, serait né à Mathura non loin de Delhi. Pour les krishnaïtes fervents, Holi commémore les jeux de Krishna, le divin adolescent, avec les gopi, les bergères des rives de la rivière Jamuna. Selon une autre légende populaire, Krishna déplora un jour, devant sa mère, le fait d’être doté d’une peau sombre qu’il comparait non sans gêne au teint clair de Radha, son amante. La mère du jeune dieu enduisit alors le visage de Radha de poudre vermillon, inaugurant ainsi le jeu des couleurs.

Plusieurs jours d’affilée, des processions, accompagnées de danses populaires, se rendent dans les nombreux temples du Braj Bhoomi dédiés à Krishna. Le jour de Holi, pleine lune du mois de Phagun (correspondant au début ou à la mi-mars), marque l’apothéose des festivités. Dans tous les villages et petites villes de cette région, des foules énormes s’assemblent devant les temples. Depuis les toits et les étages des maisons qui bordent les rues menant aux sanctuaires, hommes et femmes lancent des poudres de couleur par poignées sur les passants qui rétorquent en leur jetant des paquets de poudres ou se contentent de badigeonner leurs voisins. Des nuages verts, jaunes, rouges, mauves et bleus se répandent dans l’atmosphère, transformant les rues et les places en un décor de théâtre irréel où les hommes et femmes, méconnaissables sous la pluie de couleurs, se transforment en personnages de contes de fée. La joie est la note prédominante lors de cette fête célébrant les jeux d’un dieu « éternellement jeune et souriant » et de son immortelle amante, Radha.

Holi est considéré comme la fête des shudras, les Indiens de basse caste qui forment la majorité de la population hindoue. Les shudras, généralement dominés et opprimés dans le système des castes hautement hiérarchisé, aspergent et badigeonnent de couleur les Hindous de haute caste et les insultent parfois, renversant ainsi les rôles, sapant –l’espace d’une fête – l’ordre social, la hiérarchie et le pouvoir établis. Selon un dicton lors de cette fête « le tyran est tyrannisé et le seigneur est rabaissé ».

Les jeunes filles et les femmes, généralement calmes et dociles, entrent dans le jeu, se défendent bec et ongles et malmènent les hommes, les frappant parfois avec des bâtons. Celles qui osent s’aventurer à l’extérieur sont souvent la cible de plaisanteries grivoises et d’attouchements plus ou moins osés. Car la « folie d’Holi » débouche parfois sur une certaine permissivité et licence sexuelle. Les Hindous célèbrent non seulement la victoire du bien sur le mal mais aussi les jeux amoureux de Krishna avec les bergères de Vrindavan. Krishna est considéré par les Hindous de basse caste comme le dieu bienveillant, protecteur des pauvres et des opprimés, qui  encourage ce renversement des rôles.

Jadis, les célébrants utilisaient des couleurs végétales censées posséder des vertus médicinales. Aujourd’hui, les couleurs sont presque toujours chimiques et parfois toxiques ; elles peuvent provoquer des allergies, des intoxications  et endommager l’épiderme. Mais les jeunes se livrant à ces joutes chromatiques ne semblent guère s’en soucier, s’aspergeant  et s’enduisant le visage et le corps avec une énergie et un enthousiasme qui ne fléchissent pas au fil des heures. En mars, mois qui marque le début de l’éphémère printemps indien, il fait déjà très chaud. Pour étancher leur soif, les participants absorbent de grandes rasades de thandai, un breuvage rafraichissant. Sous sa forme bénigne le thandai est un mélange d’eau, de lait, d’amandes, de pétales de rose, de graines de pavots, de cardamome et d’anis. Mais les jeunes ajoutent souvent une forte dose de bhang (concoction de feuilles de marijuana pilées) ou boivent de l’alcool.

En fin de matinée ou en début d’après-midi, les groupes commencent à se disperser ; les jeunes rentrent chez eux, certains titubants, afin de se livrer à d’énergiques récurages qui effaceront les traces de ces débordements rituels.

Luc Moleux – Reflets du large

Luc Moleux est un photographe originaire de Boulogne-sur-Mer. Depuis son enfance, il capte avec sensibilité et subtilité la réalité poétique de sa région avec laquelle il a créé un lien affectif et profond. Reporter-photographe pour le quotidien régional La Voix du Nord pendant 30 ans, son regard tendre et pudique plein d’humour plonge sans cesse dans l’authentique et l’identitaire de cette région diverse et féconde. Il a réalisé de nombreuses expositions comme A poil au carreau, 2005 – A la vie, à la mer, 2006 – Dos à l’image, 2007 –Volute, 2007 – Les chats grecs, 2008 – Le NOOOORD, 2011.

 

Exposition BarrObjectif 2012 : Reflets du large 

4h30, un matin de février 2012 sur les quais de Boulogne-sur-Mer, Luc Moleux  embarque à bord d’un chalutier étaplois pour une série de campagnes de pêche.  Durant un mois, à bord d’un coquillard, « le Charles de Foucauld », et d’un  chalutier,   « le Saint Nicolas », l’objectif du photographe a immortalisé les visages de  ces marins unis et solidaires devant les risques quotidiens, la dureté du métier,  l’anxiété face à l’avenir, mais avant tout, leur passion commune : la mer. « Reflets du large » est un témoignage sur le vif, une plongée au cœur du métier d’une  entreprise plus humaine qu’économique, au rythme de travail effréné et aux  conditions difficiles. En 25 clichés couleur, l’exposition propose un aperçu fidèle du  ressenti des marins d’aujourd’hui et permet au visiteur de ressentir les sentiments  éprouvés au contact quotidien d’un équipage de bateau.

Patrick Mesner – Algérie, le temps suspendu, les années de plomb

Né le 15 septembre 1953 à Alger, membre de la société des Océanistes.

1978, premiers reportages.
Images et textes publiés dans la presse internationale et l’édition – diffusion Agence GAMMA dans 50 pays

1985, Patrick MESNER s’oriente  vers la télévision et l’écriture. (reportages d’actualité, enquêtes de société, magazines et documentaires). Récompensé par un XV d’or TV en 1992.

2012,  Réflexion sur la photographie pour le magazine www.photographie.com
En marge de la télévision, Patrick MESNER poursuit un travail photographique au long cours, les errances. Son travail d’auteur porte sur l’édition de livres, carnets de voyages et expositions.

Principaux travaux:

  • «Il était une fois, Le festival de Lille – 1984» avec Henri Cartier Bresson, Cindy Sherman, Edouard Quin… (travail de groupe)
  • «Les Marseillais – 1988/1992 – Soleil productions» L’errance 1.
  • «New York – 1992» L’errance 2.
  • «Les Princes de juillet -1984/1995» L’errance 3.
  • «L’automne d’or – Arménie – 1993/1995» L’errance 4.
  • «Salam alékoum brother – Algérie – 1990/1994 – La Marseillaise» L’errance 5.
  • “Aubagne en vue 1994” (travail de groupe)
  • « Au pays de Joseph K -1995 Prague» L’errance  6.
  • «Venise2000» L’errance 7.
  • «Chronique du pays Kanak – 2000 – éditions Planète Mémo»
  • «Sydney Street – 2001» L’errance 8.
  • «La Réunion – 2003» L’errance 9.
  • «Algérie, la tombe de ma mère» éditions Le Temps qu’il Fait – 2004» L’errance 10.
  • «mémoires du quotidien, écrits et images du Sud – 2006 – EncragEdition» (travail de groupe)
  • «Kanak-portrait de groupe – 2011 – Nouvelle Calédonie – Idées +» L’errance 11.
  • «Algérie Le temps suspendu – L’esprit du monde – 2012» L’errance 12.
  • «Avec Elle – 1981 – 2011» L’errance 13.
  • «I Love Paris- 1982/2012» L’errance 14.

Son site : www.lescarnetsdusud.com

Exposition BarrObjectif 2012 : Algérie, le temps suspendu – les années de plomb

En 1990 et jusqu’en 1994, je me suis rendu en Algérie afin de couvrir les premières élections libres pour lesquelles tous les partis politiques furent autorisés. Les tensions étaient palpables entre les autorités et la population rêvant de plus de démocratie. Le FIS labourait le champ fertile des sans voix, petit peuple des miséreux, prônant une République Islamiste. Les leaders Abassi Madani et Ali Bel Hadj en tête du scrutin menaçaient de renverser la dictature des généraux.

Le deuxième tour des élections fut annulé, l’année suivante. Furieux, les islamistes radicaux commencèrent leurs exactions…attentats aveugles, enlèvement d’hommes et de femmes qui servaient de putains dans les maquis…viols d’enfants et égorgements. Le pays bascula dans l’horreur…les visas impossibles à obtenir pour la presse étrangère. Le pays était fermé, interdit. J’ai pu obtenir un second visa d’écrivain, en 1993 et me rendre sur place, traversant le territoire algérien avec trois amis. Je me suis rendu dans tous les endroits où les massacres avaient eu lieu, traversant l’Algérie d’est en ouest, de la Kabylie à la frontière marocaine. Je voulais montrer la grande dépression dont souffrait la population vivant dans les campagnes, petits bleds et fermes isolées et n’étant sous aucune protection mais aussi sous la terreur des islamistes… me refusant de photographier cadavres et autres hommes en armes, militaires et “Ninjas”…hommes encagoulés de la sécurité d’état. Le GIA menait des opérations d’une cruauté inouïe.
C’est ce témoignages que je donne à voir dans ce récit où se mélangent photographies et extraits de mes carnets de notes publiés dans deux ouvrages Algérie la tombe de ma mère éditions Le temps qu’il fait et  Algérie, le temps suspendu édition L’esprit du monde.

Fabrice Lépissier – CAFI

Grâce à son métier « très sérieux », mon père a eu la chance d’énormément voyager entre les années 70 et 90, et armé de son Canon me ramenait des photos des quatre coins du monde.

Et, naturellement, à quatorze ans je prenais mes premières photos.

Ce qui m’intéresse depuis 20 ans ? C’est d’avoir pu aller à la rencontre des gens, grâce à mon boitier qui m’a permis mille fois d’engager la conversation.

Les expériences ont été multiples : assistant photographe pour le studio « Vogue » à Paris, photographe en Thaïlande pour l’agence de presse Gamma, gérant d’un magasin de photo à Versailles, photographe pour un studio photo dans la région Parisienne, co-créateur de l’agence photographique « Synchro-x » … Et aujourd’hui, je suis photographe indépendant toujours plus curieux de la vie, et de la manière dont vivent mes contemporains. Ma propension à travailler sur des sujets de société et éventuellement, parler de ce qui ne « va pas » me fait penser que cela donne peut être à réfléchir et faire évoluer des situations qui ne devraient plus exister au 21ème siècle.

Son site : http://www.fabrice-lepissier.com/

Exposition BarrObjectif 2012 :  CAFI

Printemps 1956, un village vietnamien prend vie dans le Lot et Garonne. L’arrivée de 1200 français d’Indochine (dont 740 enfants) à Sainte-Livrade-sur-Lot, a transformé le camp militaire du village en « Petit Vietnam ».

« CARI : centre d’accueil des rapatriés d’Indochine »

La pancarte a été accrochée à l’entrée du camp quelques semaines avant leur arrivée. Pour loger « provisoirement » ces familles, les baraquements militaires ont été divisés en « appartements » de 2 à 4 pièces. C’est la seule transformation qui ait été apportée à ces bâtiments vétustes pour y loger les familles indochinoises, dont les nombreux enfants étaient souvent très jeunes. Une table, un buffet, des lits de camp équipés de matelas de paille, un petit poêle à charbon qui sert aussi bien pour chauffer que pour cuisiner. Et un couvert par personne.

« On nous a placé là, dans un camp ! Comme si nous étions des gens à surveiller.        « Centre » c’est juste un nom moderne pour désigner un camp ! » Claude était enfant lorsqu’il est arrivé au centre d’accueil de Ste-Livrade. Aujourd’hui il est un peu amer. Il a le sentiment que les français rapatriés d’Indochine après la chute de Dien Bien Phu, ont tout simplement été oubliés là. Cette amertume est un sentiment partagé par bien des habitants du « petit Vietnam sur Lot ». Car le centre existe toujours. Ce qui devait être du provisoire a duré.

Le Cari est devenu « Cafi » : Centre d’accueil des Français d’Indochine. La vie s’est organisée. Les enfants sont allés à l’école du centre jusqu’à sa fermeture dans les années 70. Une pagode et une église ont été aménagées pour le culte. Femmes et enfants ont répondu au besoin de main d’œuvre de leurs voisins agriculteurs, travaillant d’arrache-pied pour un maigre salaire… Après la désillusion de l’arrivée, les familles se sont installées, le camp s’est empli des rires et des jeux des enfants, dans les allées embaumant la cuisine vietnamienne… Les baraquements n’ont pas bougé. Ils ont pris des couleurs, ont été améliorés par les familles qui y ont investi leurs économies. En bricolant de petites avancées couvertes de tôles, des cuisines et des bouts de salle de bain sont venus améliorer le mode de vie de ceux qui sont restés au Cafi. Les jeunes mamans arrivées en 56, sont aujourd’hui les mamies du Cafi. Mais elles n’y sont pas seules. Certains des enfants qui avaient grandi là y vivent encore aujourd’hui. Ceux qui sont restés pour s’occuper de leurs parents qui vieillissaient, ceux qui ont rencontré des difficultés à s’insérer ailleurs et les nostalgiques, qui sont revenus au Cafi à l’heure de la retraite.

La Mairie de Sainte-Livrade, propriétaire du terrain et du bâti depuis les années 80, transforme le camp du Moulin du Lot en lotissements HLM. En 2010 les premières maisons neuves ont poussé au milieu des baraquements. Tous les habitants vont y être relogés d’ici 2 ans. Les premiers déménagements ont eu lieu en février 2011. Les barres de logements ainsi vidées sont promises à la destruction dans les semaines suivantes. A leur place une deuxième série de maisons sera construite…. jusqu’à la disparition des 36 barres du camp militaire qui durant plus de 50 ans, ont abrité la communauté Cafi.

Le Cafi est de ce genre de « sujets » qui m’a fait bondir en lisant l’article dans              « Courrier International » de Tommaso Basevi, journaliste Italien qui s’est immergé pendant trois mois dans ce camp perdu au fin fond du Lot … Comment des histoires comme celle de ces gens peuvent-elles être possible en France aujourd’hui ?

Un grand merci aux habitants du Cafi pour leur disponibilité et leur gentillesse durant tous mes courts séjours.

Claudette Le Moël – La route 66 Mystique

Moitié Charentaise, moitié Bretonne,  je revendique mes racines et mon identité Bretonne, aujourd’hui plus qu’hier  puisque  je vis maintenant  sur les « 2 Terres »…

Depuis de nombreuses années  je fais de la photo en amateur.

Après avoir été une inconditionnelle du noir et blanc et de la diapo pendant des années , c’est mon grand ami photographe Jean Daniel GUILLOU qui m’a poussé en 2004 à faire de la couleur notamment  en ce qui concerne la photo de spectacles.

Depuis je n’arrête plus… dès que l’on aperçoit du bleu on devine qui est celle qui se cache derrière l’appareil photo. On me voit déambuler dans de nombreuses salles de spectacles, dans les festivals du département et depuis 2 ans en Bretagne  dans le Pays du Poher, là où se trouvent  mes racines… Toujours présente dans les rues où se fait l’actualité, les actions sociales et les grandes causes humaines.

C’est par souci financier que depuis 2008 seulement je me suis mise au numérique tout en gardant mes différents boîtiers pour faire encore de l’argentique au gré de mes envies.

Je fais partie de l’équipe des photographes du Festival Musiques Métisses à Angoulême, des Sarabandes à Rouillac et de l’Imprévu à Montemboeuf . Je réalise aussi pour la commune de Champniers des reportages photos  lorsqu’elle organise différentes manifestations  sur sa commune.

J’ai exposé dans différents lieux du Département  avec des photos de spectacles.

Bénévole à Barrobjectif depuis plusieurs années, j’ai voulu présenter autre chose que des photos de spectacles  pour ce Festival  qui tient une grande place pour moi. Ma précédente  exposition en 2006 était sur le thème « Marchés d’ailleurs » , un clin d’œil aux odeurs, aux saveurs et aux couleurs de certains pays que j’ai visités. Avec cette année La Route 66 Mystique… c’est une autre Histoire…

Exposition BarrObjectif 2012 : La route 66 Mystique

2012 est l’année durant laquelle on fête Kerouac (sortie du film « sur la route » et de nombreux livres). Jack KEROUAC  d’origine franco- canadienne est l’icône de la beat generation ; considéré aujourd’hui comme l’un des auteurs américains les plus importants du 20e siècle et inspirateur de nombreux écrivains et artistes.

Son roman écrit en 1951 « On the Road » mais publié seulement en 1957 va connaître un grand succès. Il devient le livre culte de toute une génération de jeunes Américains.

Avec cette exposition je veux lui rendre  hommage car je partage avec lui  la quête de nos racines bretonnes. Dans les dernières années de sa vie, la recherche de ses origines et de l’identité de son ancêtre breton est devenue une véritable obsession. Une quête inaboutie, puisque l’écrivain est mort  avant de découvrir le berceau de sa famille, pas très loin du mien et dans le même Pays celui du Poher.

Au cours de mon voyage dans l’Ouest Américain en juin 2011, j’ai pu emprunter une partie de la fameuse route 66 en passant par l’Arizona, le Nevada, le Nouveau Mexique  à Santa Fe  avec ses légendaires locomotives, sans oublier le célèbre  « Bagdad Café » en plein désert californien,  Las Vegas avec ses Casinos, Marilyn,  Elvis…

En relisant en début d’année le livre de Kerouac ,  je me suis projetée sur cette fameuse Route pleine de délires ; les voitures avec les pompes à essences sont encore là, figées, d’une autre époque.

Je  vous emmène en Voyage  en moto, en voiture ou en camion faire des rencontres sur cette route, mystères,  icônes, et  mythes se côtoient….

Fanny Legros – DES-HUMAINS Chronique agricole

Un constat raisonnable nous amènerait à penser que la terre est vide, les rivières polluées et notre santé en danger. Un système politique a pourtant demandé à nos agriculteurs de produire et de produire. C’est un système désormais géré par les lobbys et des financiers, ils tiennent les rênes de notre alimentation, qui semble aujourd’hui menacée.

Nous devons cependant continuer à nous nourrir trois fois par jour et nous pouvons donc nous interroger sur notre devenir dans un tel système. Actuellement, nous sommes 7 milliards d’hommes sur la planète. En 2050 on estime que la population atteindra 9 milliards. Il faut aujourd’hui 2,5 tonnes de pétrole pour fabriquer 1 tonne d’engrais chimique polluant, les études démontrent sans équivoque les méfaits de ces produits sur notre santé et l’environnement.

L’agriculture d’hier est vouée à disparaître car ses méthodes ne sont plus rentables dans un tel système. Les petites exploitations se font racheter par les grandes et celles-ci s’agrandissent, laissant toujours plus de place à la chimie et à la haute technologie de programmation qu’aux hommes.

C’est un processus qui semble irréversible. Il a changé la place de l’animal et de l’humain pourtant au cœur du problème.

Ce travail photographique fait état d’un monde en pleine mutation et questionne la place de l’homme et de son environnement dans une future agriculture qui pose le problème de notre survie.

Ce travail s’articule aujourd’hui en trois parties:

  • La première jette un regard sur l’agriculture passée et actuelle.
  • La deuxième nous met face à ces hommes de notre quotidien en arborant les principaux secteurs de l’agriculture.
  • la troisième réflexion de ce travail est une série de portraits de futurs exploitants agricoles, qui poursuivent actuellement leurs études dans un centre de formation agricole pour adulte.

Guy Kunz – Jacques – Le saunier

Lorrain d’origine, Guy Kunz-Jacques aborde véritablement la photographie à travers le diaporama dans les années 1980, en remportant notamment le « Challenge Mondial du Diaporama de Vichy », le premier prix du « Festival Européen du diaporama d’Epinal » ainsi qu’un deuxième prix au « Festival du Diaporama de Doué la Fontaine »

Saintongeais depuis 1991, il présente en 1994 en Charente et Charente Maritime une grande exposition photographique Noir & Blanc itinérante : Paysages et Gens de Saintonge. La même année lui est attribué le premier prix du Ve Concours photographique national d’Avrillé, en catégorie Noir & Blanc.

Lauréat en 1995 du Grand Prix d’Auteur photographique Poitou-Charentes 1995-1996, il obtient l’année suivante une double médaille d’or au Festival image de Cenon et un premier prix au Concours photomobile de Saintes, avant de réaliser les photographies de la campagne de promotion de la Pousse en Claire (Bassin de Marennes Oléron) et de signer photographiquement un certain nombre de plaquettes de présentation d’établissements ostréicoles.

En 1997, il est lauréat du Grand Prix d’Auteur photographique Poitou-Charentes 1997-1998.

En 1998 lui est décerné, par le Conseil Général de Charente-Maritime, le Prix littéraire des Mouettes, pour son ouvrage photographique « Au Rythme des Marées », consacré à l’ostréiculture et aux ostréiculteurs du Bassin de Marennes Oléron.

La même année il expose au musée DUPUY MESTREAU, en association avec le peintre Jacques Gaillard, une série photographique intitulée « NOCES : REGARDS CROISÉS», bénéficiant d’une publication de l’Université Francophone d’Été dans la collection          « écrit-parlé » dirigée par Jean GLÉNISSON.

En 1999 un « Prix exceptionnel » récompense sa participation au concours photographique organisé par la Communauté de Communes du Pays Rochefortais.

L’année 2000 voit la sortie aux Editions Bordessoules du premier volume d’une série de  quatre, intitulé « Paysages & Gens de Saintonge »

En 2001 lui est remis le premier prix du 11ème concours National de Ruffec (16)

En mai 2002,  les Editions Atlantica, éditent son ouvrage « Paysages et Gens de Soule », qui est présenté dès sa sortie au grand salon du livre photographique de Biarritz, « Terre d’Images »

Le 21 Novembre 2003 est présenté officiellement à MORNAC l’ouvrage intitulé « Balade en Saintonge Maritime »,  édité chez Bordessoules, en association avecCatherine GOULLETQUER pour les textes et PAUL DE ROOS pour les aquarelles,

En Novembre 2004 il est lauréat (médaille d’argent) du 8ème Prix Photographique International « Charlemagne » de Thionville (57)

En 2005 il est pour la troisième fois lauréat du Grand Prix d’Auteur photographique Poitou-Charentes.

La même année 2005 voit la sortie d’  « Oléron Encres Argentées » un ouvrage photographique Noir & Blanc sur l’Ile d’Oléron en collaboration,  pour les textes,  avec Thierry GUILABERT, prix des Mouettes 2003. Cet ouvrage est sélectionné en 2006 au Prix International du Livre Insulaire d’Ouessant.

En Novembre 2006 il est lauréat (médaille d’or) du 9ème Prix Photographique International « Charlemagne » de Thionville (57)

Son site : http://www.couleur-noiretblanc.fr

Exposition BarrObjectif 2012 : le Saunier

Il s’agit d’un reportage sur, sans doute,  le plus vieux saunier de France, réalisé en 2005 dans le secteur d’Olonnes, à proximité des Sables du même nom.

Agé de plus de 85 ans il a pris comme « apprentie » sa petite fille qui bien qu’ayant suivi brillamment de longues études universitaires s’apprête finalement à succéder à son grand-père pour que son entreprise lui survive…