Ludovic Ribère – Voyage en Inde et au Népal

Issu des métiers de la restauration, puis de la formation professionnelle, j’ai pratiquement débuté la photographie en même temps que mon premier voyage en Inde en 2010 avec un appareil numérique. J’ai vite trouvé qu’il manquait une corde à mon arc et me suis donc intéressé à l’argentique en commençant par le 24×36 pour très vite passerCapture d’écran 2014-05-26 à 07.00.16 au moyen format. J’espère, dans le futur, explorer les merveilles du  grand format…

J’utilise avec bonheur les deux systèmes, chacun ayant des attraits différents. Si je devais qualifier mon style photographique, je dirai que je suis une hédoniste de la ballade. J’aime particulièrement prendre le temps de déambuler et me laisser surprendre par l’instant présent et essayer de capter ce qui déjà n’est plus.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2014 : A chacun son regard  : voyage en Inde et au Népal

En choisissant les photographies j’ai pris de parti de laisser libre cours à mes émotions plutôt que de chercher une logique géographique, ethnologique ou tout simplement thématique.ribere-gujarot

Cela donne une sélection éclectique qui regroupe des photographies prises au court de trois Voyages en Inde et au Népal entre 2010 et 2013.  Le fil conducteur tient autant dans l’intensité des regards des nomades Rabari (nomades que l’Etat tente de sédentariser), que dans la poésie de lieux (tel que Chittorgarh), la gravité ou la drôlerie de certaines situations. Il y a encore tant à découvrir que je ne peux que vous inviter à réfléchir à cette très belle phrase de Marcel Proust :

« Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux.»

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Pierre Delaunay – Moins on possède, moins on désire

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Photo © Pierre Delaunay

Pierre Delaunay photographe professionnel à Ruffec depuis 32 ans la ville ou il est né en 1962, comme Obelix il est tombé tout petit dans la potion nommée «  révélateur «  (parents photographes).
Photographe humaniste et social, à travers sa sensibilité il traduit dans ses images l’émotion qui se dégage des personnages et c’est ainsi qu’il fixe sur la pellicule des instants parfois étonnants.
De nombreuses fois primé comme portraitiste, il expose ses œuvres en France et aussi à l’étranger..
En 2003, il a reçu un QEP (Qualified European Photographer) en Mariage et, en 2005, Il est devenu le premier MQEP français (Master Qualified European Photographer) c’est à Bruxelles en juin 2012 que lui est décerné son deuxième MQEP.

Formateur et maître de conférences internationale, il est un des fondateur/organisateurs du festival de photo-reportage (Barrobjectif).

pierrot portrait ChivaWEB

Contact
Site web de Pierre Delaunay

Prix, récompences et Conférences

1981 :   C.A.P  photographie
1995 :   Portraitiste de France  ( 5 titres )
1996 :   Grand Prix  Noir et Blanc AGFA
1999 :   Prix Du jury Noir et Blanc  ILFORD
2002 :   Objectif d’or Trophée Reportage
2003 :   Qualified European Photographer
2004 :   Objectif de Rubis (3 eme a l’été des Portraits Bourbon –Lancy )
2004 :   Conférencier aux congrès international d’Orvieto (Italie) et Anvers (Belqique)
2005:    2 mentions special Award Orvieto (Italie)
2005 :   Master Qualified European Photographer  (1er  Français à recevoir le titre)
2006 :   3 ème cat. Reportage au concours Professional Fotografia Awards Orvieto (Italie)
2006 :   Conférencier au congrès international d’Avilés  (Espagne)
2007 :   3 éme  prix Créativité concours photo de Mariage Fuji
2008 :   5 Awards de bronze Orviéto fotografia (Italie)
2009 :   1 Awards de bronze Orviéto fotografia (Italie)
2009 :   Objectif d’Argent  Congrès National de  Montpellier
2009 :   1 Prix Arterre «  concours d’art »
2009 :   Conférencier «  Vive la France » en Belgique
2010 :   Conférencier au congrès international de Naples (Italie)
2010 :   Trophée 3 ème Age  « été des portraits » Bourbon-Lancy
2011 :   Conférencier  au 2 ème Congrès Européen de la FEP (Lyon)
2011 :   Conférencier au Congrès international du Portugal
2011 :   1 Awards d’argent et 2 bronze Orviéto fotografia (Italie)
2011 :    Workshop  en Hollande (juillet)
2011 :    Mention Honneur Prix PX3 Prix de la Photographie Paris
2011:     2 Awards d’argent FEP European Professional Photographer of the Year 2011
2012 :    4eme au Silken Awards 2012 à Bruxelles (Belgique)
2012:     1 Award d’or 9 Awards d’argent et 6 bronze Orviéto fotografia (Italie)
2012:     finaliste au FEP European Fine Art Photograph of the Year 2012
2012:     2 Nominations au Black & White Spider Awards
2012 :    2eme Master Qualified European Photographer ( juin 2012)
2012:     Workshop «  Make a Memory »  en Hollande (octobre)
2012:     Conférencier au Congrès international de la Belgique ( Malle)
2012 :    Médaille d’argent au Médaille Photographie Professionnel Française 2012
2012      3eme au Silken Awards 2013 à Bruxelles (Belgique)
2013 :    3eme prix au concours photo Canon « Le Monde de l’image »
2013:     Conférencier au Congrès des maitres Photographes Québécois  (Canada)       2013:     Conférencier et workshop au Congrès de la FIOF  à Bareletta (Italie)
2013 :    1 Awards d’argent et 6 bronze 3 eme en Portrait Orviéto fotogr
2013 :    3 me Prix du Master Chef de la photographie Professionnelle 2013 (Tours)
2013:     Conférencier au Congrès the InspirationCamp event organized by DFF  (Copenhague  DK )
2013 :    FEP Facebook cover  picture of the month – juillet
2013:     2 nominations  au Black & White Spider Awards
2013 :    3 Médailles de bronze au Médaille Photographie Professionnel Française  2012
2013 :   désigné comme le Juge Français de la 1er Coupe du Monde de Photographie WPC ( 15 juges au Monde )
2014 :    2me du concours de couverture du magazine Sortir Label Charente
2014 :    3me du concours des Photographies de l’année 2014 en Catégorie « humaniste »
2014 :    Conférencier et workshop au 2me Congrès IPMGA  à Kolkata (Inde)
2014 :    1 Awards de bronze et finaliste au concours One Eyeland Awards
2014 :    finaliste au FEP European Professional Photographer of the Year Awards
2014 :    1 Award d’or 4 Awards d’argent et 11 bronze Orviéto fotografia (Italie) vainqueur de la categorie Portrait.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2014Moins on possède, moins on désire

« Moins on possède, moins on désire » Gandhi
 » La technique n’est pas ma priorité dans le portrait , je la connais et la domine mais je préfère me  consacrer à la plus importante source de réussite photographique : la relation humaine.

Plus je vais me rapprocher du sujet, plus il va avoir confiance et plus je vais communiquer. Si la personne est réticente, je n’insiste pas. : j’ai pu ainsi remarquer que lorsque je suis très près de mon sujet, l’appareil disparaît (le paradoxe de la proximité).A ce moment-là, vous n’êtes plus un voyeur mais un proche ».

Ces Images ont été réalisées à Calcutta , Bénarès et dans les Sundarbans (delta du Gange) en février 2014.

Pierre Delaunay

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Photo © Pierre Delaunay

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Photo © Pierre Delaunay

 » Notre vie est une longue et pénible quête de Vérité  » Gandhi

Antonio Gibotta – La Crémation en Inde

Né à Avellino au mois d’août 1988, sa passion pour la photo se développe aux côtés de son père, lui-même photographe professionnel de distinction.

Diplômé en 2006, il transforme sa passion en profession, accumulant les expériences et les reportages. Il se forge une identité photographique, reflet de sa personnalité.

Au cœur de son œuvre, notre commune humanité et les questions sociales. Il est primé à de nombreux concours internationaux.

Expositions

        • 2010 IPM-Italian Photo Master
        • 2010 “In the balance between tradition and modernity”, en Tanzanie, à paraître dans le mensuel Potpourri
        • 2011, reportage sur le marché aux poissons de Dar Es Salaam et la fabrique de sisal, sur vogue.it
        • membre Anfm, Fiof, Tau-Visual, Wpja
        • un des huit jeunes talents sélectionnés par Fiof
        • expose, en 2011: Vogue Fashion Night Out au Palazzo Morando, Milan
        • Lishui, Chine, 14e Exposition Internationale d’Art Photographique
        • 2012 : Festival du Portrait Européen Photographique, Arles 15 juillet–23 septembre

Collabore à l’Agence Backlit

Contact

site : www.antoniogibotta.com
courriel : antoniogibotta@me.com

EXPOSITION BARROBJECTIF 2013 : La Crémation en Inde

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La pratique de la crémation des morts est fondamentale pour la religion hindoue, qui enseigne que le corps est composé de cinq éléments : eau, feu, terre, air, éther. Seul Agni, dieu du feu, peut transporter l’esprit du mort vers les dieux. La crémation purifie la dépouille et rend à l’Univers les cinq éléments qui le composent.

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Julien Ermine – Conditions de vie des enfants pauvres en Inde

Il propose, au travers d’une sélection de vingt-cinq images, un regard singulier et digne sur les craintes et espérances de tout un peuple. Ce reportage a été nominé pour le prix du reportage de l’année 2013. Julien Ermine a d’ailleurs obtenu le Prix de la Photographie Humaniste de l’année, ainsi que le prix du Meilleur jeune talent Photographique de l’Année.julien ermine

Exposition Barrobjectif 2013 : 1/5 Conditions de vie des enfants pauvres en Inde

1/5 : quel drôle de titre ! Le photographe s’est rendu pendant quatorze mois en Inde, pays où un enfant sur cinq est considéré comme « pauvre » selon les Nations Unies, et de fait vit en dessous du seuil de pauvreté. Dans ce pays aux mille contrastes, aux mille coutumes et aux mille tumultes, là où l’économie est pourtant florissante, bon nombre de lacunes inquiètent et s’accumulent dans une Inde surpeuplée.

Ce pays pourtant à l’aube de temps nouveaux, affiche nombre de facteurs d’inquiétude sur des questions pourtant fondamentales : accès au développement pour tous, à la santé, à la scolarisation, disparité dans l’accès aux richesses, précarité, insalubrité, notion aléatoire des droits de l’homme parfois. Derrière les façades des taux de croissances et autres indices de développement économique présentés de manière satisfaisante mais parcellaire se cache d’autres réalités, sociales celles-là. L’Inde possède plus de 360 millions de « pauvres ». À titre de comparaison, cela représente autant de personnes que le nombre d’habitants dans l’ensemble des pays d’Europe.

L’inquiétude que le photographe a souhaité mettre en relief porte sur l’avenir de ces millions de laissés-pour compte. L’Inde peut-elle relever le défi de sortir de la misère tous ces déshérités lorsque l’on sait que le sous-continent est foulé par un milliard deux cent millions d’âmes ? Comment seront-ils intégrés à ce monde en pleine mutation ? Ce monde qui, justement, développe un modèle économique fondé en partie grâce à ces millions d’hommes et enfants que l’on peut payer trois fois rien, « la main-d’œuvre à bas coût », comme on se plaît à la nommer en occident. Ces enfants cassés ou abandonnés à leur sort ou à celui de leur condition de misère sont au nombre de 80 millions en 2012. Un enfant sur neuf est au travail, c’est le record mondial. Douze millions travaillent chaque jour dans des emplois dits « à risques ». Mal nourri, mal soigné, le quotidien des plus pauvres est fait de petits travaux, de débrouille pour la survie, d’ennui, de précarité. Dans la majorité des cas, il n y a pas de porte de sortie, pas de solution liée à l’amélioration de leur condition humaine, pas de système permettant de les sortir de leur situation de misérable, et ce même à moyen ou à long terme. Ils sont souvent livrés à la rue dès l’enfance, parfois contraints, parfois mutilés. La multitude des facettes des conditions subies semble désolante : travail infantile, conditions de vie sociale, d’habitat, le rapport aux maladies, à la sous-alimentation, aux conditions de mendicité, et pourtant, la force des choses, les efforts consentis imposent là aussi le respect. Le regard ici est parfois inquiétant, parfois fascinant sur ces laissés pour compte, sur les joies et les tristesses partagées par ces 80 millions d’enfants auxquels la vie n’a pas accordé une bonne étoile, ou une bonne situation liée au cycle des réincarnations pour être plus en phase avec la philosophie indienne.

Thierry Clech – L’inde probablement

Thierry Clech est né en 1965, à Saint-Brieuc.

Il photographie essentiellement en voyage (Inde, Tokyo, Istanbul, Vietnam), mais également à Paris, où il réside (il a en particulier travaillé pendant quelques années sur le quartier d’affaires de La Défense). Il photographie exclusivement en noir et blanc et en argentique. Il a publié deux livres, en collaboration avec des romanciers (Philippe Jaenada et Bernard Chambaz).

Ses images ont été exposées en France (dernières expositions : galerie Nadar de Tourcoing, médiathèque d’Uzerche, galerie Spéos, Milim Gallery à Paris), et à l’étranger (Bibliothèque Nationale de Biélorussie).photo photographe

EXPOSITION BARROBJECTIF 2013 :  L’inde probablement

« Tu devrais la sentir, là-bas, vers l’orient, par-delà la Méditerranée, l’Asie mineure, l’Arabie, la Perse, l’Afghanistan, quelque part entre la mer Arabique et l’océan Indien… Sentir qu’elle est là, qu’elle t’attend… »
(Alberto Moravia, Une certaine idée de l’Inde)

Cette série est issue de cinq voyages en Inde, de l’état du Kérala à celui, voisin, du Tamil Nadu, en passant par Bombay, l’Inde du Nord au fil du Gange, jusqu’à Calcutta, à l’orée du Golfe du Bengale.

L’Inde est un pays dont on revient sans savoir ce qu’on a vraiment vu. Tout ce qui y semble réel ne l’est pas. Et tout ce qui paraît nimbé de surnaturel existe pourtant bel et bien. Cette incertitude, en fin de compte, est celle de la photo de rue, sur le vif, quand tout va trop vite, surgit et disparaît sans arrêt dans le viseur en quelques éclairs d’harmonie qu’on essaye de capter en suivant les impulsions que nous dicte notre inconscient. Mais on n’est jamais très sûr de ce qu’on a enregistré sur la pellicule, pleine d’images latentes qu’on ne découvrira qu’au moment du développement.

Rien de plus bizarre que ce qui ne l’est pas. Et rien de plus beau que cette apparente banalité. Ces photographies sont donc celles d’une Inde de l’anodin, invisible si on ne prend pas le temps de la regarder, d’ouvrir les yeux sur ses mystères et ses symboles qui sortent de l’ombre, passent un instant sous la lumière puis s’évanouissent, et dont ne subsiste que quelques souvenirs épars, en noir et blanc.

Bruno Morandi – Les couleurs de Holi

Né à Deauville d’une mère normande et d’un père toscan, il passa tous les étés de son enfance au pays de son père, la Toscane. On devine que ces paysages de collines où la lumière ne quitte jamais le registre de la peinture ont influencé son regard ainsi que son goût du voyage. Plus tard, il suit des études d’architecture à Paris et entame ses premiers voyages qui l’emmènent au Népal, au Pakistan et en Inde.

En 1990, Bruno Morandi devient photographe professionnel et réalise depuis des reportages pour de nombreux magazines comme “Le Figaro Magazine”, “Géo”, “Grands Reportages”, “Le Monde 2”, “Ulysse”, etc. Il a également publié une dizaine d’ouvrages chez Flammarion dont “Tableaux du Rajasthan” et “Toscane Eternelle”. Photographe indépendant, ses images sont entre autres distribuées par l’agence américaine Getty, l’allemande Laif et Lightmediation en France.

Son site : www.brunomorandi.com

Exposition BarrObjectif 2012 : les couleurs de Holi 

Holi ! La seule évocation de ce nom fait naître un sourire sur le visage de tout Indien, car c’est la fête la plus gaie, la plus débridée et la plus haute en couleurs du calendrier hindou. Ancienne fête agraire célébrant les moissons et la fertilité, Holi a conservé de son lointain passé de bacchanale printanière le goût des excès, des propos et des sous-entendus grivois. Ces festivités comportent également un aspect iconoclaste : celui de briser les tabous et les conventions et d’inverser les rôles fixés par la rigidité de la société de caste.

Selon le Bhagavata Purana (texte du Xè/XIIIè siècles qui retrace la légende et les exploits du dieu Vishnou), le dieu Krishna, huitième manifestation de Vishnou, serait né à Mathura non loin de Delhi. Pour les krishnaïtes fervents, Holi commémore les jeux de Krishna, le divin adolescent, avec les gopi, les bergères des rives de la rivière Jamuna. Selon une autre légende populaire, Krishna déplora un jour, devant sa mère, le fait d’être doté d’une peau sombre qu’il comparait non sans gêne au teint clair de Radha, son amante. La mère du jeune dieu enduisit alors le visage de Radha de poudre vermillon, inaugurant ainsi le jeu des couleurs.

Plusieurs jours d’affilée, des processions, accompagnées de danses populaires, se rendent dans les nombreux temples du Braj Bhoomi dédiés à Krishna. Le jour de Holi, pleine lune du mois de Phagun (correspondant au début ou à la mi-mars), marque l’apothéose des festivités. Dans tous les villages et petites villes de cette région, des foules énormes s’assemblent devant les temples. Depuis les toits et les étages des maisons qui bordent les rues menant aux sanctuaires, hommes et femmes lancent des poudres de couleur par poignées sur les passants qui rétorquent en leur jetant des paquets de poudres ou se contentent de badigeonner leurs voisins. Des nuages verts, jaunes, rouges, mauves et bleus se répandent dans l’atmosphère, transformant les rues et les places en un décor de théâtre irréel où les hommes et femmes, méconnaissables sous la pluie de couleurs, se transforment en personnages de contes de fée. La joie est la note prédominante lors de cette fête célébrant les jeux d’un dieu « éternellement jeune et souriant » et de son immortelle amante, Radha.

Holi est considéré comme la fête des shudras, les Indiens de basse caste qui forment la majorité de la population hindoue. Les shudras, généralement dominés et opprimés dans le système des castes hautement hiérarchisé, aspergent et badigeonnent de couleur les Hindous de haute caste et les insultent parfois, renversant ainsi les rôles, sapant –l’espace d’une fête – l’ordre social, la hiérarchie et le pouvoir établis. Selon un dicton lors de cette fête « le tyran est tyrannisé et le seigneur est rabaissé ».

Les jeunes filles et les femmes, généralement calmes et dociles, entrent dans le jeu, se défendent bec et ongles et malmènent les hommes, les frappant parfois avec des bâtons. Celles qui osent s’aventurer à l’extérieur sont souvent la cible de plaisanteries grivoises et d’attouchements plus ou moins osés. Car la « folie d’Holi » débouche parfois sur une certaine permissivité et licence sexuelle. Les Hindous célèbrent non seulement la victoire du bien sur le mal mais aussi les jeux amoureux de Krishna avec les bergères de Vrindavan. Krishna est considéré par les Hindous de basse caste comme le dieu bienveillant, protecteur des pauvres et des opprimés, qui  encourage ce renversement des rôles.

Jadis, les célébrants utilisaient des couleurs végétales censées posséder des vertus médicinales. Aujourd’hui, les couleurs sont presque toujours chimiques et parfois toxiques ; elles peuvent provoquer des allergies, des intoxications  et endommager l’épiderme. Mais les jeunes se livrant à ces joutes chromatiques ne semblent guère s’en soucier, s’aspergeant  et s’enduisant le visage et le corps avec une énergie et un enthousiasme qui ne fléchissent pas au fil des heures. En mars, mois qui marque le début de l’éphémère printemps indien, il fait déjà très chaud. Pour étancher leur soif, les participants absorbent de grandes rasades de thandai, un breuvage rafraichissant. Sous sa forme bénigne le thandai est un mélange d’eau, de lait, d’amandes, de pétales de rose, de graines de pavots, de cardamome et d’anis. Mais les jeunes ajoutent souvent une forte dose de bhang (concoction de feuilles de marijuana pilées) ou boivent de l’alcool.

En fin de matinée ou en début d’après-midi, les groupes commencent à se disperser ; les jeunes rentrent chez eux, certains titubants, afin de se livrer à d’énergiques récurages qui effaceront les traces de ces débordements rituels.

Pierre Ferrua – Images de l’INDE – de Bombay au Ladakh

Venu sur le tard à la photographie, après de nombreux stages de formation avec des photographes de renommée internationale, il se consacre à la photographie d’architecture et de paysage en moyen et grand format. Au concours de la fédération nationale des sociétés photographiques de France 1986/1987, sur les deux images présentées, il obtient pour l’une le premier prix du paysage en noir et blanc et pour l’autre une mention du paysage. Il se tourne ensuite vers la photographie publicitaire en studio. Au cours de ses voyages il réalise diapos et négatif en 24×36. Chef d’entreprise dans un autre domaine, il ne peut consacrer le temps qu’il souhaiterait à la photographie.

Son site : http://www.undestin.com (rubrique photographie)

Exposition BarrObjectif 2012 : Images de l’INDE – de Bombay au Ladakh.»

L’Inde est pays aux multiples visages, où se côtoient l’extrême pauvreté et les plus grandes richesses, où se pérennise une culture millénaire, un mode de vie, des valeurs et mœurs ancestrales tout en s’adaptant aux bouleversements apportés par notre monde moderne.

L’Inde a conservé une croyance religieuse profonde et authentique dans la plus grande tolérance.

De Bombay, mégalopole dont l’activité industrielle est d’avant-garde, au Gujarat (Ahmedabad, Palitana, Mount Abu), au Rajasthan (Jaisalmer, Mandawa, Jodhpur),  au Cachemire (Srinagar) et au Ladakh, ce sont des exemples de ces multiples facettes de l’Inde que l’on rencontre.