Vincent Boisot _ Prix du public 2025

Vincent Boisot _ Prix du public 2025

Vincent Boisot, photographe

Vincent BOISOT est un photojournaliste et photographe documentaire français basé à Paris.

Après des études en sciences politiques et des débuts professionnels loin de la photographie, il se forme au photojournalisme en 2006 et co-fonde l’année suivante le collectif Riva Press avec quatre autres photographes partageant son goût de l’actualité et du reportage. Il commence alors à travailler régulièrement en commande pour la presse et des ONG internationales.

En parallèle de son travail sur l’actualité, Vincent réalise des sujets plus approfondis sur la société française et à l’international, principalement en Afrique où il documente notamment la richesse et la diversité des cultures urbaines. Sa série sur l’extravagante communauté des adeptes de la SAPE en République Démocratique du Congo a été exposé au Louisiana Museum of Modern Art de Copenhague et son travail sur la mode africaine a été récompensé par un prix World Press Photo en 2012.

Ses derniers travaux l’ont conduit à Kiev pour photographier la résistance du ballet de l’Opéra National d’Ukraine après trois ans de guerre contre la Russie et dans un quartier populaire de Lagos au Nigéria pour suivre le quotidien de la seule école de danse classique du pays, la Leap of Dance Academy. Publiée dans de nombreux magazines internationaux, cette histoire étonnante a également été projetée au Festival Visa pour l’Image à Perpignan en 2024.

Le Prix du Public, lancé en 2023 et reconduit en 2026, invite les festivalier·es à élire leur exposition préférée parmi la sélection officielle de l’année. Cette démarche participative place le regard des visiteurs au cœur du festival : chaque vote contribue à distinguer la série photographique qui les a le plus marqués.

L’auteur ou l’autrice de l’exposition lauréate est ensuite invité·e à présenter, l’année suivante, une nouvelle série hors sélection du jury.

En 2025, c’est Vincent Boisot qui a remporté le Prix du Public 2025 grâce à sa série Les Étoiles de Lagos, largement plébiscitée par les visiteurs. En récompense, il est invité à présenter en 2026 une nouvelle exposition hors sélection : Metal Botswana.

Parallèlement, sa série Les Étoiles de Lagos, lauréate du Prix du Public 2025, sera présentée du 10 au 16 août 2026 au Festival de Confolens, partenaire de cette édition de Barrobjectif.
Les musiciens du groupe mozambicain Norbormide jouent sur scene au Festival Overthrust Winter Metal Mania 2018 dans la salle du Community Hall de Ghanzi, un des principaux festival de musique Heavy Metal du Botswana. Chaque année depuis 2010, plusieurs centaines de personnes se rassemblent dans cette petite ville du Nord-Ouest du Botswana pour deux jours de fete et de musique live. Une vingtaine de groupes s’y produisent sur la scène du Community In Ghanzi, 26/06/2018 © Vincent Boisot

En cette brulante fin d’après-midi, c’est le calme avant la tempête à Ghanzi, petite bourgade assoupie du nord du Botswana.

Une femme Héréro vêtue de sa traditionnelle robe victorienne et de sa lourde coiffe jette un regard distrait aux quelques individus habillés de noirs qui se rassemblent au croisement des deux rues principales.

Mais sous l’ardent soleil du désert du Kalahari, c’est rapidement une centaine d’hommes et de femmes qui s’interpellent bruyamment et se saluent en esquissant une chorégraphie bondissante aux allures de danse country. Portant santiags, chapeaux de cowboys et lourds blousons de cuir, bardés de chaînes et de clous, arborant pour certains crânes, ossements d’animaux et cartouchières, cette joyeuse bande se prépare pour un des temps forts du Winter Metal Mania, le plus grand festival rock du Botswana.

Le signal du départ donné, tous s’élancent au pas de charge pour deux kilomètres de marche à travers les rues poussiéreuses de la petite cité, sous le regard hilare ou interloqué des habitants.

Dans une ambiance totalement délirante, à grand renfort de musique, de cris et de danse, ils arrivent bientôt au Community Hall de la ville. C’est dans cette salle des fêtes sans âme, coincée entre deux églises, que vont se succéder pendant deux jours des groupes venus de toute l’Afrique Australe.

Au plus fort de la fête, cinq cents fans hurleront leur plaisir d’être ensemble au son des riffs brutaux des guitares et des voix d’outre-tombe.

Des fans botswanais de Heavy Metal sont dans les rues de Ghanzi pour une « marche contre la pauvreté » pendant le Festival Overthrust Winter Metal Mania 2018. le 26/05/2018 / PHOTO Vincent Boisot