José Nicolas _ Témoin de décembre 1989

José NICOLAS est né en 1956 à Casablanca au Maroc. Depuis 1984, je suis reporter photographe. J’ai commencé par travailler pour un quotidien régional puis pour des organisations humanitaires telles que Médecins du monde qui m’a permis de suivre Bernard Kouchner dans ses missions au Kurdistan, en Afghanistan, en mer de Chine, au Liban …

Pendant 15 ans, j’ai couvert tous les conflits pour l’agence Sipa-Press à Paris (le Tchad, la guerre du Libéria en 1990, la guerre du Liban de 1984 à 1986, l’Afghanistan, la révolution roumaine en 1989, la Bosnie de 1991 à 1996, la Somalie en 92-93, …

Depuis 1996, je suis devenu indépendant et collabore régulièrement avec les revues françaises et étrangères. Je suis aussi auteur de plusieurs livres sur de multiples sujets qui me tiennent à cœur. Depuis 2014, je me consacre à mon fonds photographique que je valorise soit par des acquisitions auprès des musées et collectionneurs, par des ouvrages ou par des expositions.

Livres :

  • Souffle du Monde Ed. ACF – BBK
  • Les soldats de l’ombre Ed – BBK
  • GIPN – Au cœur de l’action Ed. L’Instantané
  • Légion Etrangère– ED.ETAI
  • Afghanistan Ed. l’Esprit de tous les combats
  • Les hommes des roseaux Acte Sud – Ed. du Rouergue
  • Les vins du Rhône – Cotes et Vallée – Ed. Glénât
  • Le Bandol Ed. Loubatieres
  • Vivre pour Vivre (1979-2011 : parcours d’un photographe)
  • French Doctors, l’aventure humanitaire – Ed. La Martinière 2017
  • Tchad, des héros anonymes – Ed. Imogene 2018

Prix :

  • 1987 – Prix de l’action humanitaire
  • 1994 – Prix Marc Flamant

http://josenicolas-art.fr/fr/accueil.html

..EXPOSITION BARROBJECTIF 2021 : Témoin de décembre 1989..

En 1989, je suis photographe à l’agence Sipa Press. L’époque est faste pour le photoreportage.
Le 22 décembre, j’arrive en fin de matinée à l’agence ; c’est l’effervescence : Nicolae Ceaușescu vient d’être renversé. Rapidement quatre personnes sont choisies pour partir en Roumanie ; j’en fais partie. C’est l’effervescence, nous allons témoigner d’un événement historique, la chute du dictateur roumain.

L’avion que nous partageons avec FR3 atterrit vers 17 h à Bucarest. L’aéroport est encore une passoire ; une demi-heure après il est fermé à tout trafic.
Nous arrivons dans la capitale roumaine ; il fait nuit. Le mouvement populaire s’amplifie, l’armée le réprime.

Révolution Roumaine 1989
Roumanie, Bucarest le 23 décembre 1989. Après le départ de Nicolae Ceaușescu, un militaire brandit le drapeau roumain à une fenêtre du palais.
Roumanie, Bucarest le 23 décembre1989, Le soldat casqué engoncé dans son uniforme de gros drap, écoute un manifestant qui lui indique la cache d’un sniper. A l’arrière, trois autres insurgés tendant vers l’objectif la une d’un journal : « Libertatea ».

Les gens courent dans tous les sens, des tirs d’armes automatiques crépitent. Un de nos camarades de l’agence Sygma prendra une balle dans la jambe. À pied nous nous dirigeons vers la télévision où il n’y a plus personne, puis vers le palais de Ceaușescu. Une foule est massée place de la République devant l’édifice, des flammes s’échappent, la population essaie de pénétrer à l’intérieur, des tirs sporadiques la font reculer, finalement nous rentrons tous ensemble. La nuit est longue.

Un drame survient : le grand reporter Jean-Louis Calderon est accidentellement tué par un char. Au petit matin, les tirs reprennent. Comme au spectacle, la foule regarde progresser les soldats ; ils courent, se jettent au sol, tirent des rafales et repartent. La paranoïa est extrême, on voit des espions de la Securitate (police politique) partout, des suspects sont arrêtés ou lynchés par la foule en délire.

Tout se déroule en direct sous nos yeux ; nous enchainons les images, les pellicules défilent. Nous faisons de petits groupes, personne ne sait ce qu’il se passe, c’est dangereux. Du palais partent quelques tirs auxquels ripostent les mitrailleuses de char et les kalaches des soldats.

Les jours suivants, la tension retombe. Pour le Nouvel An, des intellectuels et hommes politiques viennent boire une coupe de champagne, puis repartent. Des vedettes se font photographier avec des enfants rachitiques dans les bras…

C’est la fin du régime de l’un des plus sinistres dictateurs du bloc soviétique.

Romain Petit _ Assoupissement

Romain PETIT est né né en 1988. Je vis et travaille entre Nantes et Paris. Depuis 2014, je suis diplômé de l’école supérieure des beaux-arts de Nantes. En fin 2015, je suis devenu photographe indépendant. Je travaille avec de petites, moyennes et grandes entreprises. Je réalise différentes formes de reportages et de portraits institutionnels. En parallèle de mon activité de photographe, j’ai gardé et continu à développer ma démarche plasticienne de la photographie. Mon univers artistique est marqué par la peinture, la sculpture, le cinéma et la photographie.

Expositions :

  • 2013 – exposition collective « Faire« – Dulcie Galerie à Nantes
  • 2014 – exposition collective « Short cut« – Espace Short à Nantes
  • 2016 – Itinéraires photographiques en Limousin – Pavillon des Verduriers à Limoges
  • 2017 – exposition collective « Là où les sentiers naissent » – Artelier à Tarbes
  • 2017 – Festival photo de Montmélian

..EXPOSITION BARROBJECTIF 2021 : Assoupissement..

Un froissement, une explosion de couleur, le regard se lève, sous-vêtements, chandail, pantalon, pull, serviettes respirent. Notre seconde peau qui se greffe à nous se trouve prise entre deux espaces, le privé et le public.

Assoupissement-barrobjectif
Assoupissement © Romain Petit

Un flâneur assoupi.

La pesanteur et la légèreté se côtoient dans un même instant, entre deux temps. L’objet prend corps, il se révèle tout en se cachant sous les yeux de tous. Une certaine sculpturalité en ressort avec un jeu graphique, un relief se forme, les montages, les rivières et les plaines s’estompent, s’érodent et fluctuent sous les poils de coton et de matières synthétiques. Une carte se dessine, les frontières deviennent incertaines, elles débordent et se rétractent sous la même voûte bleutée. Femmes du Nil, hommes de Yatakala, enfants de Naoned sous la voûte bleutée attendent le souffle, le temps les fixe sur sa plage de sel d’argent.

Jacques Pion _ Donetsk, sur le chemin de l’oubli

Jacques PION est un photographe français formé à l’École Nationale Louis Lumière (1983). Membre du collectif Hans Lucas. Ayant plus de vingt ans d’expérience dans le monde entier, sa recherche d’un lien et d’un dialogue, aussi intime que possible, avec ses sujets est à la base de sa démarche.
« J’essaie de décrire avec lumière les moments de la vie de l’humanité »

  • 2016 le prix du « Meilleur reportage photographique de l’année » dans le cadre du concours « Les Photographies de l’Année France » pour son travail de terrain à Idomeni (Grèce).
  • 2018 prix de la Fondazione Forma « MilanoMeravigli »

http://www.jacquespion.com/

..EXPOSITION BARROBJECTIF 2021 : Donetsk, sur le chemin de l’oubli..

En février 2015, les accords de Minsk 2 ont arraché après de longues heures de négociations un cessez-le-feu applicable le 15 du même mois et qui prévoyait notamment le retrait des armes lourdes sur la ligne de front entre l’Ukraine et les Républiques Populaires de Donetsk et Lugansk. Mais qu’en est-il au quotidien ?

La réalité en ce début d’année 2020 est malheureusement bien différente.

sur les chemins de l'oubli. Donetsk-Ukraine
Un chien attend son maitre devant l’entrée de l’hôpital. Donetsk, Ukraine, le 31 décembre 2019. © Jacques Pion

Malgré une courte période d’accalmie pendant les dernières fêtes de fin d’année, les tirs ukrainiens ont repris contre la population de la république « séparatiste ». Des mortiers de 120 mm et des obusiers d’artillerie lourde bombardent toujours les zones périphériques de la ville de Donetsk. La stratégie de harcèlement employée par le gouvernement de Kiev semble assez claire.
Sur le plan militaire, elle vise à vider progressivement de toute présence humaine civile les zones proches de la ligne de front pour permettre une avancée éventuelle, aujourd’hui impossible.
Sur le plan politique intérieure à calmer les partisans de la guerre et sur le plan extérieur à provoquer une révision des accords de Minsk au profit d’un scénario de type Croate, voire leurs abandons.
Le plan de paix semble s’effriter chaque jour un peu plus sans qu’aucune voix officielle ne s’élève. Il faut souligner que le contexte politique en ce début d’année 2020 est très instable entre une pression nationaliste extrême en Ukraine, qui ne veut rien lâcher, et un possible changement d’orientation politique de Moscou dans le Donbass.
En attendant un hypothétique règlement du conflit, la population souffre encore et encore.

Cette guerre européenne a déjà fait entre 10 000 et 20 000 morts.

À Donetsk, des quartiers entiers et des villages proches du front, parfois coupés en deux, se vident progressivement provoquant un exil vers des zones plus « calmes » ou à l’étranger, des maisons brulent, des murs s’effondrent, des fenêtres volent en éclats laissant les dernières Babouchkas et les familles qui refusent de quitter leurs maisons, seules au milieu de quartiers déserts.

Deux babouchka s’embrassent dans la rue. Donetsk, Ukraine, le 07 janvier 2020. © Jacques Pion

Chaque semaine apporte son lot d’enterrements de civils innocents ou de combattants souvent très jeunes qui s’engagent dès l’âge venu dans les forces de défense à l’exemple de ces 4 jeunes de 20 ans tués, en ce mois de janvier 2020, sous les bombardements ukrainiens.

Le bilan est encore lourd : 328 soldats républicains ont été tués en 2019 et déjà une vingtaine depuis le début de l’année 2020.

La plupart des enfants qui vivent ou ont vécu, proches de la ligne de front, sont traumatisés. La perte d’un papa trop tôt disparu, les bombardements qui résonnent encore dans leurs têtes et qui réveillent leur anxiété à chaque détonation sourde. C’est toute une génération qui n’aura connu que la guerre et dont il faudra s’occuper un jour.

Sur tous les visages rencontrés qui n’ont rien de bien « terroristes » — ce qualificatif est encore employé par le gouvernement de Kiev — j’ai pu lire le désarroi, la lassitude, la tristesse, la fatigue et la souffrance. Mais malgré cela et le nombre de désillusions vécues dans l’espoir d’une fin proche du conflit, rien ne semble vouloir entamer la volonté de ce peuple fier et solidaire à vouloir décider de son propre destin.

Isabeau de Rouffignac _Marbre à tout prix

..COUP DE CŒUR DU FESTIVAL .. 

Photographe exposant à Barrobjectif

Graphiste de formation, Isabeau de ROUFFIGNAC a longtemps travaillé en agence en tant que directrice artistique puis en indépendante, découvrant la photographie au début des années 2000. C’est une révélation, et bientôt une évidence. Depuis, elle photographie les univers lointains ou proches, entre approche documentaire et démarche résolument artistique. Une ligne de conduite, comme un fil qui traverse ses travaux et leur donne leur cohérence : approcher l’autre, l’apprivoiser, prendre le temps, apprendre sa langue, se faire oublier.

Isabeau de Rouffignac est une discrète et une tenace. 
Depuis quelques années, elle se consacre entièrement à la photographie et explore la complexité d’autres cultures sur lesquelles elle porte un regard très personnel, toujours curieux, et fondamentalement empathique. C’est ainsi qu’elle a suivi, dans ses tournées aux confins du désert, un facteur indien, découvert la médecine traditionnelle akha en Thaïlande, remonté les traces du génocide des Khmers rouges au Cambodge.

Il y a, chez Isabeau de Rouffignac, une révolte sourde qui emprunte la photographie pour dire le sort des plus fragiles. Que cela soit son travail à Bhopal en Inde, sur les traces de la pire catastrophe chimique que le monde ait connue, ou ce dernier travail sur les mineurs du Rajasthan ce sont des plaidoyers pour celles et ceux, souvent sans voix, qui luttent toujours pour faire reconnaître leurs droits. Elle les raconte avec pudeur, nous offrant une photographie documentaire inédite, dans laquelle elle embarque ses sujets. Et nous avec eux.

..EXPOSITION BARROBJECTIF 2021 : Marbre à tout prix ..

Marbre, translucide dans les palais, veiné d’orangé, comme une feuille légère et fragile. Marbre. Autour de nos baignoires et de nos piscines, dans nos halls somptueux, dans nos aménagements récents comme au temps de nos rois. L’inde est un des plus gros exportateurs de marbre et le Rajasthan fournit 90% du marbre qui quitte le pays. Dans cette région, les carrières à ciel ouvert s’étendent à perte de vue, créant dans le paysage aride de gigantesques escaliers blancs où s’activent hommes et machines.

carrière de marbre
Les machines sont arretées, C’est la fin de la journée de travail. © Isabeau De Rouffignac

Depuis quelques années, la demande en marbre n’a fait que s’accroitre, rendant toujours plus difficiles et dangereuses les conditions de travail. Dans les mines de marbre indiennes, de pauvres payes, pas de contrats de travail, pas plus d’assurances.

Dans cette série, j’interroge l’univers des ouvriers du marbre sur leur lieu de travail, à travers les paysages, des portraits, des détails. Les mineurs sont vêtus de leurs vêtements quotidiens blanchis par la poussière de marbre qui s’incruste partout. Souvent, ils ne sont chaussés que de sandales. Ils devraient porter casques, gants et chaussures de protection, mais il fait chaud et, surtout, ces équipements de sécurité sont rarement fournis ou leur port n’est pas obligatoire. Quand il l’est, aucune vérification officielle ne vient s’assurer que les ouvriers soient correctement protégés. Tout au long de ce travail, je n’ai jamais vu d’ouvriers correctement protégés.

Au Rajasthan, la moitié des emplois sont fournis par le secteur du marbre. Sa présence en sous-sol a fait disparaître une part trop importante de l’agriculture. Son exploitation assèche les terres et il faut bien vivre de quelque chose. Certains travaillent là, comme leurs parents avant eux. Comment changer de vie quand on ne sait ni lire ni écrire et que l’on ignore ses propres droits ? Alors, on travaille au jour le jour. Faute de pouvoir épargner, quand arrivent les quatre mois de mousson et que l’exploitation des mines s’arrête le temps des fortes pluies, le seul moyen de s’en sortir est souvent d’emprunter à son employeur de quoi tenir jusqu’à la reprise du travail. Avec un taux d’usurier autour de 25 %, ils se retrouvent souvent pieds et poings liés avec les propriétaires des mines qui ont toute liberté pour imposer les conditions de travail.

Avant d’extraire le marbre, certains d’entre eux étaient agriculteurs et propriétaires de leur terre. Mal informés de sa valeur réelle, ils l’ont souvent cédée à vil prix et se retrouvent à travailler pour celui qui l’a acquise ainsi. Il y a aussi ceux qui sont venus d’autres régions de l’Inde pour travailler ici et retourneront chez eux pendant les mois de mousson.

Les conditions de travail sont telles que beaucoup souffrent de déshydratation, de blessures mal soignées, de problèmes auditifs. Surtout, les pathologies respiratoires sont très fréquentes, notamment la très dangereuse silicose provoquée par l’inhalation de particules de poussière de silice qui détruit les poumons. Elle ne se soigne pas. En 2016, une étude a évalué qu’un mineur de marbre sur deux serait (ou sera un jour) atteint de silicose ou de silico-tuberculose. Cela représente plus de 800 000 personnes.

L’état a mis en place des mesures pour améliorer les conditions de travail et prévenir les risques sanitaires, mais elles restent généralement lettre morte. Pendant ce temps, le marbre continue de détruire les corps et de tuer, mais il faut bien, chaque jour, aller travailler…

Alain Roux _ Les damnés de Dhaka

Alain ROUX est né en 1948. Médecin aujourd’hui retraité, il effectue plusieurs voyages dans le sous-continent Indien depuis plusieurs années pour en photographier les aspects sociaux.
Depuis 5 ans, il photographie la vie des paysans de l’Aubrac autour de chez lui.

2001 Prix de la photographie sociale et documentaire Paris
2003 Meilleur reportage Visa Off Perpignan
2004 Premier prix concours Agfa N & B
2006 Exposition sur les pratiques religieuses extrêmes en Inde et au Pakistan
2015 Expose galerie Espace 13 « les bidonvilles de Bombay« 
2016 Exposition collages photo « Orient extrême« 
2017 Exposition Phot’Aubrac « Mumbai central »
2018 Exposition N & B « Paysages de l’Aubrac » à la Maison de L’Aubrac
2018 Exposition Maison Charrier Nasbinals « Traditions de l’Aubrac« 
2019 Publication du livre  » Un dernier hiver » sur les paysans de l’Aubrac
2019 Expose à Phot’Aubrac « Les damnés de Dhaka » sur le travail et la pollution au Bangladesh
2019 Sollicité pour le prix de la fondation A. Khan
2020 Coups de cœur Fish Eye magazine

..EXPOSITION BARROBJECTIF 2021 : Les damnés de Dhaka..

Dahka a été fondée il y a 400 ans et a acquis le statut de capitale politique et économique en 1971.

Aujourd’hui Dhaka et sa proche banlieue comptent plus de 18 millions d’habitants contre à peine 1,5 Million en 1971, année où le Bangladesh a accédé à l’indépendance.

La pollution industrielle produite par les tanneries, usines textiles, briqueteries, chantiers navals,…est la première source de contamination.

À la pollution industrielle s’ajoute le rejet des eaux usées et matières fécales dont seuls 10% sont traitées.

La Buriganga, artère fluviale de la ville est devenue une rivière morte, véritable égout à ciel ouvert, bouleversant les conditions de vie.

La Buriganga, artère fluviale de la ville de Dhaka.
La Buriganga, artère fluviale de la ville de Dhaka. Alain Roux

Le désordre écologique est encouragé par l’absence d’application des lois, la corruption, les intérêts des investisseurs bangladais et étrangers.

Les ONG, journalistes et scientifiques défenseurs de l’environnement sont régulièrement menacés, voire physiquement agressés pour le combat qu’ils mènent.

Conséquences immédiates de l’exode rural et de la montée des eaux 30 % des habitants de Dhaka vivent dans des bidonvilles insalubres et survivent « grâce » à un salaire moyen de 40 euros par mois pour 10 heures de travail par jour dans des conditions dignes de la révolution industrielle en Europe au XIXe siècle, sous l’emprise d’un capitalisme anthropophage et auto destructeur.

Sadak Souici _ Guinée Conakry : les manifestants face aux violences policières

Sadak SOUICI est né et a grandi dans la région parisienne dans les années 1980. Photojournaliste professionnel depuis 2008, il travaille comme photographe indépendant et pigiste, représenté par l’agence Le Pictorium depuis 2015. Son travail est divisé entre reportages d’actualités et documentaires de longue durée. Ses thèmes sont les zones de conflit, la vie sociale, l’environnement et la politique.

Il publie régulièrement en France et à l’étranger : Le monde, La Croix, Le Parisien, Mediapart, Libération, The Guardian, Daily Mirror, Die Zeit, Der Spiegel, Russia Reporter, la Libre.be, Vice, le New York Times et RTS pour des reportages vidéo. Après deux années passées en Ukraine à documenter la vie des populations civiles sur la ligne de front entre l’Ukraine et le Donbass, son travail photographique est exposé par l’ONG Premiere Urgence Internationale. Cette collaboration de travail sur une année a fait l’objet de plusieurs expositions à Paris (Mairie du Xe arrondissement, La Bellevilloise) et à Kiev en Ukraine en 2019, et d’un catalogue. Plus récemment, il passe du temps en Algérie pour couvrir les manifestations pacifiques du peuple contre le régime d’Alger. Le quotidien Libération a choisi l’une de ses photographies pour sa couverture du 29 mars 2019. Sadak Souici est un photoreporter qui documente et propose des sujets d’enquête aux différentes directions média et photo de la presse française et internationale. Il collabore étroitement en 2018 et 2019 avec le magazine Hesa Mag, revue consacrée à la santé et à la sécurité au travail qui lui commande successivement un sujet sur le travail en prison, le harcèlement au travail, les mines de charbon en Europe ou encore un vaste sujet sur l’agence européenne Frontex. Mediapart relaie trois de ces reportages en 2019 sous forme de portfolio.

..EXPOSITION BARROBJECTIF 2021 : Guinée Conakry : les manifestants face aux violences policières..

Depuis mi-octobre, la capitale de Guinée vit au rythme des scènes de guérilla urbaine entre les jeunes manifestants du Front national pour la défense de la Constitution et les forces de l’ordre. Ils protestent contre la volonté du président Alpha Condé de briguer un troisième mandat en changeant la Constitution. Au moins une trentaine de personnes ont péri dans les heurts depuis fin 2019.

Guinée, Conakry, 29 février 2020. Le jeune Alpha Oumar Keïta, 16 ans, touché derrière l’oreille par une cartouche de gaz lacrymogène, est évacué, inconscient, du siège d’un parti de l’opposition pour être emmené vers l’hôpital national.

Initialement prévues dimanche 1er mars 2020, les élections législatives et référendaires sont reportées à une date indéterminée, a annoncé le 28 février le président Alpha Condé. Au lendemain de l’annonce, les premiers affrontements ont eu lieu entre les forces de l’ordre et les jeunes du quartier d’Hamdallaye, en banlieue de Conakry.
Le jeudi 5 mars l’opposition guinéenne a appelé à un mouvement de — ville morte — où personne ne sortait. Mais le quartier de Wanindara, une banlieue bien connue de la capitale a vu se dérouler des heurts violents entre des centaines de manifestants et les forces de police locales.

Guinée, Conakry, 29 février 2020. Initialement prévues dimanche 1er mars 2020, les élections législatives et référendaires sont reportées à une date indéterminée, a annoncé le 28 février le président Alpha Condé. Le lendemain, les forces de l’ordre patrouillent le long de « l’axe de la démocratie » et vont à la confrontation avec les jeunes manifestants.

Depuis un décret présidentiel : les rendez-vous électoraux sont fixés au 22 mars, malgré le coronavirus.

Yann Slama _ Abandon

Yann SLAMA est un photographe autodidacte français, né en 1987 à Lyon.

Après six mois passés dans l’ouest des États-Unis, il revient avec plusieurs séries tirées de ce voyage Abandon, Nostalgia 66, Blue Diamond et L.A. Technicolor.a

© Nicolat Baret

  • 2016  Mention spéciale du Jury pour son exposition photographique Blue Diamond à l’Institut National de Géographie de Paris
  • 2016 il écrit et réalise son premier court métrage, Tarde Venientibus Ossa, et travaille actuellement à l’élaboration du second
  • 2017 et 2018 ses reportages sont publiés dans The Birmingham MailBirmingham What’sOn ou encore dans le magazine Gonzaï
  • 2019 expose sa série « LADOGA » lors de la 4e édition du Festival Champ Libre. Ces images retraçant un voyage en Russie (Carélie)  mettent en lumière l’atmosphère anachronique et délétère de cette région

..EXPOSITION BARROBJECTIF 2021 : Abandon..

Abandon © Yann Slama

En 2015, j’ai voulu sillonner le désert de Mojave et voir ce qu’il avait à m’offrir.

Dès les premiers jours, j’ai constaté que ce désert est en réalité une incroyable décharge pour les rêves usagés. Des objets de nécessité immédiate devenus obsolètes.

Parce qu’à force d’en vouloir toujours plus, on est obligé de se séparer de ce qui était déjà là. Parce qu’il est facile d’abandonner à l’abri des regards.
Chasser ces trésors qui n’en sont plus, ces trésors parfois mis en scène, parfois criblés de balles.

Archéologie de ma propre civilisation.

Abandon © Yann Slama

Se méfier des scorpions et des crotales presque autant que des hommes.

Parce qu’il y a plus de douilles que de fleurs sur ce sol. Attendre la venue des hordes sauvages échappées de Mad Max. Vont-elles arriver bientôt ? Sont-elles déjà passées par là ?

* Ces images ont été prises dans le Nevada, et en Californie.
* Il n’y a eu aucune intervention physique de ma part sur les objets présents dans ces photographies. Je les présente tels qu’ils me sont apparus. Il n’y a aucune manipulation numérique par la suite.

Murat Yazar _ Ombres du Kurdistan

Murat YAZAR est un photographe kurde originaire de l’est de la Turquie. Il a créé des projets photographiques dans son pays d’origine et au Moyen-Orient, en Arménie, en Géorgie et en Europe. Murat a traversé l’Anatolie jusqu’en Géorgie en marchant 1200 km dans le cadre du projet Out of Eden.

La photographie de Murat Yazar pose la question de savoir si les frontières imposées ou les limites sont la marque de notre humanité. Ses projets photographiques cherchent à rassembler les gens, en célébrant les détails et les différences dans un seul livre ou une seule salle d’exposition.

Les expositions :

  • Shadows of Kurdistan : Zoom Photo Festival Saguenay, Canada – Paris Kurdish İnstitute en France – à Milan, au Festival du film Corto Dorico, au Festival du film Babel et à Rome en Italie.
  • Les réfugiés – Centre Cívic Can Basté, à Barcelone
  • Les visages de la Mésopotamie à Berlin.
  • Les réfugiés et une promenade à travers l’Anatolie au festival BarrObjectif
  • Les réfugiés à Barcelone au Centre Cívic Can Basté

Les publications : National Geographic Magazine, Now Magazine, The Times, IZ Magazine, Le Courrier, The New York Times, Artribune magazine, Travel Globe Magazine.

Le projet : Shadows of Kurdistan a été soutenu par l’Istituto italiano per il Medio ed Estremo Oriente » (ISMEO)

  • 2019 Prix MonoVisions de la photographie en noir et blanc
  • 2020 Lauréat des Sony World Photography Awards

..EXPOSITION BARROBJECTIF 2021 : Ombres du Kurdistan.. 

Recherche photographique d’une identité culturelle

En 1916, les Accords Sykes-Picot divisent le Kurdistan en quatre territoires. Cette partition existe encore aujourd’hui pour plus de 30 millions de Kurdes.

Festival de printemps de Newroz.
Des hommes portent des torchent jusqu’au sommet de la montagne pour célébrer le Nouvel An kurde qui se déroule le premier jour du printemps..
Akre, Irak 2019 © Murat Yazar

Je suis né dans un village kurde dans le sud-est de la Turquie et, comme des millions de Kurdes de Turquie, d’Iran, d’Irak et de Syrie, j’ai rencontré des obstacles dans l’expression de ma culture et mon identité kurdes. Nous vivons sur notre terre comme des ombres, sans couleur, ce qui donne le titre à ma série de photographies.

Les derniers jours avant l’hiver.
Les bergers veillent sur les animaux dans les montagnes. Avant l’arrivée de l’hiver, au pied du Mont Ararat, les villageois séparent les différents troupeaux qui retournent chez leur propriétaire.
Dogubeyazit, Turquie 2015 © Murat Yazar

Dans ce projet, je montre des scènes de la vie quotidienne, ordinaire, mais aussi des photos qui expriment la situation politique dans nos villes et villages. Il est également important pour moi que l’éclat de la culture kurde y rayonne.

Enfin, en arpentant les quatre territoires kurdes, j’essaie de créer, par la photographie, des archives de la culture et de mon territoire.

Ana Maria Arévalo Gosen _Dias Eternos

..PRIX LUCAS DOLEGA 2020..

Portrait-photographe-Ana-Maria-Arévalo-Gosen

Ana Maria ARÉVALO GOSEN, née 1988 à Caracas, Vénézuéla, se bat pour les droits des femmes, et son arme c’est le récit visuel. Elle vit actuellement à Bilbao, mais fait de longs séjours au Vénézuéla. Alliant la discipline de la recherche à l’intimité du détail, elle espère créer un impact positif par ses projets.
À cause de la crise, elle a quitté le Vénézuéla en 2009 pour Toulouse, où elle a étudié les sciences politiques et la photographie. Elle a effectué un stage à l’Agence France-Presse où elle s’est familiarisée avec la photographie de presse. En 2014, Ana est partie à Hambourg, où elle travaille comme photographe indépendante. Elle a été photographe éditorialiste, et son travail a été publié dans des médias tels que Szene Magazin ou Der Spiegel.

C’est de 2016–2017 que date son entreprise la plus éprouvante : « Le sens de la vie » raconte la lutte de son mari contre le cancer du testicule. Ils s’en servent aujourd’hui pour sensibiliser le public au sujet de cette maladie. En 2017 à Madrid, et en 2018 à Bilbao, l’exposition a collecté des fonds pour la recherche dans les cancers de l’homme. En 2017, écoutant l’appel de ses racines, elle est retournée à la source de son inspiration, au Vénézuéla. Son premier grand projet, « Dias eternos », sur les conditions des femmes dans les centres de détention préventive de son pays, a été sélectionné par Women Photograph en 2018, et a bénéficié d’une bourse du Pulitzer Center. Le POY Latam lui a décerné le premier prix dans la catégorie Force féminine, et le PH Museum lui a adjugé une mention honorable. Ce travail a été publié par le New York Times, LFI, 6 Mois, El País, Wordt Vervold, entre autres médias, et exposé au Manifesto Festival à Toulouse. En avril 2018, elle a été invitée à la Florida International University de Miami, où elle a participé à un congrès sur la défense des droits humains. Elle voudrait étendre son travail à toute l’Amérique latine.

..EXPOSITION BARROBJECTIF 2021 : Dias Eternos — jours éternels..

Une détenue transgenre en prison au Venezuela
Poli-Valencia, Carabobo, janvier 2017 : une détenue transsexuelle montre ses cicatrices à travers les barreaux de sa cellule. Elle est traitée comme homme, et doit donc attendre de comparaître avec des détenus masculins qui abusent d’elle. © Ana Maria Arévalo Gosen

Le crime et la violence enracinés dans la société vénézuélienne s’ajoutent à la misère économique qui sévit actuellement et s’amplifient à l’intérieur des centres de détention préventive. La lenteur des procédures tient des milliers de femmes éloignées de leur famille pendant des mois, et même des années.

Le système carcéral va au-delà de ce qui est considéré inacceptable dans les sociétés où la démocratie fonctionne. On y meurt de sous-alimentation, de maladie infectieuse, ou dans les émeutes. Les locaux sont excessivement surchargés, la précarité sanitaire est extrême, et les familles doivent fournir le nécessaire. La présence médicale manque, et dans ce contexte de privation, les détenues sont très menacées.

Ce sont des femmes de condition modeste, leurs vies marquées par l’abandon familial, l’abus sexuel, ou la violence. Elles sont accusées de trafic de drogue, vol, port d’armes prohibé, enlèvement, association de malfaiteurs, corruption de mineur, infanticide, terrorisme, et pillage de propriété privé. Les chefs d’accusation s’étendent aussi à la politique. La loi « anti-haine », adoptée en janvier 2018, interdit tout protestation contre le gouvernement, et de nombreuses femmes se sont retrouvées ainsi derrière les barreaux.

Avoir une deuxième chance dans la vie est une idée chérie par presque tout le monde. Comment est-ce que ces femmes, dont certaines sont mères, pourront, une fois libérées, poursuivre leur vie et réintégrer leur famille ? Qu’est-ce que ces conditions nous apprennent au sujet de la crise actuelle du Vénézuéla ?

Face à cette hideuse réalité du système judiciaire, le débat public et l’action politique, partout dans le monde et non seulement au Vénézuéla, doivent impérativement assumer la tâche d’établir d’urgence un système carcéral qui ne viole pas les droits humains de ces femmes.

Christian Belloteau _ Une mémoire silencieuse, Oradour sur Glane – 10 juin 1944

..EXPOSITION Les JOURNÉES du REPORTAGE de BOURISP..

Christian BELLOTEAU est un photographe amateur dans l’âme, il a toujours pratiqué la photographie en se laissant guider par les réflexes du cœur.

Fixer l’instant qui procure l’émotion est primordial dans sa démarche. Un paysage, une fleur, un nuage sur l’horizon, le sourire d’un enfant ou celui d’un visage ridé par la vie sont autant de sujets auxquels il s’attache. Depuis cinquante ans, il essaie de marcher dans les pas des grands Maîtres qui ont contribué à construire et faire fructifier son regard.

Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, Willy Ronis, Izis, sans oublier Diane Arbus, Elliott Erwitt ou Ansel Adams pour le paysage, ont et bercent mes yeux de leurs merveilleuses images.

La photographie noir et blanc est ma prédilection, car elle mène à l’essentiel, ce qui est loin d’être acquis pour l’amateur que je suis. Pour conclure, je ferai mienne cette pensée du philosophe grec  Démocrite : « La vie est un passage, le monde est une salle de spectacle. On entre, on regarde, on sort. »

Exposition BarrObjectif 2018 : La journée du cochon

..EXPOSITION BARROBJECTIF 2021 : Une mémoire silencieuse, Oradour sur Glane – 10 juin 1944.. 

Oradour sur Glane © Christian Belloteau

Cauchemar éveillé.

À peine ai-je foulé le bitume écaillé de cette longue rue grise qui s’étire devant moi, un lourd silence se fait sentir, oppressant. L’Histoire m’envahit de ses pages sanglantes auxquelles se mêlent celles d’une réalité qui s’offre à mon regard éberlué devant ces ruines érodées par les assauts du temps.

Mon esprit a du mal à s’extraire de ce chaos qui s’y installe. Je me vois mort à chaque coin de rue comme les 642 victimes dont 170 enfants de moins de quatorze ans, de ce jour d’apocalypse que fut le samedi 10 juin 1944.

Oradour sur Glane © Christian Belloteau

La réalité est confrontée aux désirs du cœur. Cet imbroglio infernal déverse une avalanche d’images qui se superposent les unes, les autres pour former un monde où le Bien et le Mal se livrent une guerre sans pitié. Le passé tente de ressusciter par quelques signes existentiels pour se noyer très vite dans le présent qui m’assaille de toutes parts.

Une mort lente grignote inlassablement les pans de murs ayant résisté à la horde barbare qui a glorifié sa haine par le massacre aveugle de toutes les âmes innocentes de ce petit village paisible que fut Oradour sur Glane.

Seuls, quelques arbres, témoins passifs de ce jour fatal, traversent les saisons pour donner l’illusion d’une vie qui restera pour toujours, sans saveur.