Christian Barbé _ Pollution du dénuement, pollution de l’abondance

Christian Barbé _ Pollution du dénuement, pollution de l’abondance

Christian BARBÉ est né à Deauville en 1970.

Christian Barbé réside actuellement à Paris. Après des études de philosophie, il commence par effectuer des stages dans un laboratoire professionnel de développement et tirage au cours desquels il apprend l’essentiel de la photographie.

Parallèlement, suivent des reportages, ainsi qu’une activité de photographe reporter au sein du journal la tribune de Diégo de Madagascar de 2015 à 2017. Prendre le chemin de l’émotion pour parvenir à capturer l’instant d’une rencontre. Une émotion qu’il essaie de capturer sobrement à travers des photos épurées. Sous forme poétique. Chaque photo traduit au-delà des mots ce qu’il y a de plus remarquable. Que ce soit au quotidien ou en zone de guerre comme en Ukraine, ses images captent l’authenticité du moment.

  • 2015 /2017 :  Photographe reporter dans le journal La tribune de Diégo à Madagascar
  • 2018 : 3e prix au festival photographique d’Annecy Lac Photo 2018 pour la série « Altruisme d’une population démunie devant la maladie mentale » à Madagascar
  • 2019 : sélectionné pour le festival 2019 « l’Émoi photographique » d’Angoulême
  • 2019 : sélectionné par la Fondation Dapper pour la 12e édition regards sur cours à l’île de Gorée au Sénégal sur le thème « contre vents et marées »
  • 2019 :  sélectionné parmi les finalistes pour le prix Roger Pic et le concours photographique de la FIBA 2019 
  • 2021 : sélectionné au festival Errances Photographique de Nontron série « les tableaux ambulants »
  • 2022 : Lauréat du grand prix Photo de Saint-Tropez 2022 « Le monde de l’enfance » et vente aux enchères au profit de Mécénat Chirurgie Cardiaque
  • 2022 : sélectionné pour la 5e édition des Rencontres photographiques de Rabat sur le thème « Terre nourricière » avec la série « Madagascar, des hommes et des arbres »
  • 2022 : Exposition à la galerie de l’Assemblée générale des Nations unies à New-York sur le changement climatique (finaliste du prix mondial Photography 4 Humanity 2022)
  • 2023 : Lauréat au Festival ALP d’Annecy Lac Photo 2023 pour la série « La rage du cyclone Madagascar 2022 »
  • 2023 : sélectionné pour la 6e édition des Rencontres photographiques de Rabat sur le thème « Résilience » avec la série « L’impensable rage d’exister
  • 2024 : Sélectionné pour le festival 2024 « l’Émoi photographique » d’Angoulême sur le thème « Et demain ? » avec la série « Ukraine : la culture sous cocon»

Christian de Perthuis en parle dans son livre[1], Christian Barbé l’a photographié au Ghana.

Pollution de l’abondance – une décharge, une plage d’Accra 

À 2 pas du centre d’Accra, un bidonville, Old Fadama. Contre le bidonville, une montagne. Une montagne à Accra ? Elle culmine à vingt mètres, des vaches y paissent. Ce sont des habits usagés, des plastiques, des déchets informatiques des détritus organiques … Bêtes et hommes tirent leur subsistance de l’abondance de sociétés lointaines. C’est la nouvelle transhumance où les bêtes et les bergers, sur les « alpages d’Accra », ne se meuvent plus, mais où la montagne se renouvelle en permanence.

Sur la plage, les enfants s’agitent. Ces nouveaux chercheurs d’or fouillent les vagues receleuses des trésors que promettent les déchets informatiques, plastiques ou métalliques que charrie le ressac. C’est la « plage-poubelle » bien connue des habitants d’Accra ; la plage de la richesse.

Ce jour-là, sur le sable, devant son bureau à ciel ouvert, un enfant pianote en rêvant sur un clavier d’ordinateur lavé par la mer. Son ancien propriétaire pouvait-il imaginer que son clavier traverserait les océans pour finir entre les mains d’un enfant sur une plage de sable blanc du golfe de Guinée ?


Pollution du dénuement – les abattoirs d’Accra

© Christian Barbé

Les fumées épaisses et noires qui s’élèvent au loin, en bord de mer, à 2 pas du quartier de James Town, ce sont les abattoirs de « Boday ».

On n’est pas le bienvenu dans ce lieu caché aux regards mais essentiel aux habitants d’Accra : c’est là que l’on cuit sur des pneus les viandes de chèvre, de bœuf, de mouton, de porc, qui seront lavées avant d’être vendues dans le London market. Le pneu est un trésor : sa combustion élimine les poils de l’animal, attendrit la peau, cuit la viande, réduit le temps de cuisson, est moins cher que le bois ou le charbon. Il est toxique ? Observation de nanti !

Guillaume Charpy

© Christian Barbé

[1] Carbone fossile, carbone vivant – Christian de Perthuis, éditions Gallimard