
Guillaume PETERMANN est un photographe français basé à Bruxelles, en Belgique. Son travail couvre un large éventail de sujets, avec un accent particulier sur le voyage, la culture, le social et le documentaire environnemental.
En tant que photographe documentaire, il explore des thématiques telles que la conservation de la nature, la préservation des cultures, la durabilité et la protection de l’environnement.
Il collabore actuellement comme photojournaliste pour l’agence Zeppelin, et ses travaux sont régulièrement publiés dans des médias tels que The Guardian, De Volkskrant, Animan, Rhythms Monthly, GEO Ado, Asian Geographic, entre autres.
Au fil des années, Guillaume a reçu de nombreuses distinctions, dont un premier prix dans la catégorie Voyage à International Photography Awards (IPA) 2023, ainsi que le titre de Photographe de l’année dans la catégorie Voyage aux reFocus Awards 2023. Son travail a également été exposé dans des galeries, musées et festivals à travers le monde.
En parallèle de son activité éditoriale, Guillaume collabore avec diverses agences des Nations Unies, des ONG et des agences de voyages.
EXPOSITION BARROBJECTIF 2026 : Les Mohana, un peuple à la dérive
C’est l’histoire d’une lente disparition : celle des Mohana, un peuple de pêcheurs vivant depuis des générations au rythme du lac Manchar, au sud du Pakistan.
Ce lac, le plus grand du pays, a longtemps été une oasis de vie. Mais aujourd’hui cet écosystème est en train de mourir et avec lui, le mode de vie séculaire et unique des Mohana.

Jadis, le lac Manchar était un sanctuaire naturel et nourricier. Les poissons abondaient et les oiseaux migrateurs y affluaient. Mais dans les années 1990 fut construit un canal qui redirigea les engrais et les pesticides de l’agriculture, ainsi que les effluents industriels et les eaux des égouts de plusieurs grandes villes de la province directement dans ses eaux. En quelques décennies l’écosystème fragile du lac s’est effondré. Parallèlement, le changement climatique n’a fait qu’accélérer le désastre.
Autrefois peuple nomade, les Mohana, descendants des premiers peuples de la vallée de l’Indus, vivaient exclusivement sur des habitations flottantes appelées Galiyo. Ils buvaient l’eau du lac et leur pêche florissante nourrissait toute la région. Aujourd’hui, cette pêche s’est drastiquement réduite et ne suffit plus à faire vivre les familles. La disparition des poissons a entraîné la baisse de fréquentation des oiseaux migrateurs, compagnons de tout temps des Mohana.
Privés de poissons et d’eau potable, la plupart des Mohana ont été contraints de se sédentariser sur les berges du lac, dans des abris de fortune s’alignant le long de l’eau saumâtre. Tandis que la pauvreté s’installe, et que les pêcheurs tentent d’attraper les derniers poissons capables de résister aux eaux polluées, les enfants Mohana se tournent vers d’autres aspirations.

© Guillaume Petermann
Au-delà de l’aspect environnemental, le destin des Mohana, reflète les bouleversements écologiques et sociaux qui fragilisent aujourd’hui tant d’autres communautés de par le monde, et interroge notre rapport à la nature et à la mémoire collective :
que devient une culture lorsque disparaît le milieu qui l’a façonnée ?
Légende de l’image d’entête
Un groupe de pêcheurs Mohana rangent leurs filets. Chaque capture est devenue si rare qu’ils n’hésitent plus à pêcher durant la période de reproduction, mettant en péril les ressources halieutiques du lac. © Guillaume Petermann