
Originaire de l’île de Beauté, je vis et travaille à Paris.
Autodidacte, mes premiers amours passent par l’écrit, puis la musique et la photographie.
J’ai commencé à fixer des fragments de mon quotidien, de mon intime, dès l’adolescence, comme une quête existentielle, une mémoire visuelle de ma vie et de celle de mes proches. Dans les interstices laissés, les territoires traversés sont devenus peu à peu le terrain de mes projections intérieures, d’une pensée politique et sociale, d’un regard singulier sur le monde, les êtres et leurs environnements.
La photographie et l’écriture sont au service de ce récit intime.
À partir de cette quête intime, mon travail se construit comme une exploration intérieure, où photographie et écriture avancent ensemble. Ma pratique s’inscrit dans une photographie documentaire et de récits visuels, attentive aux trajectoires humaines et aux contextes sociaux.
Je photographie depuis l’intérieur, là où l’intime rencontre le monde.
Pour comprendre ce qui me relie aux autres.
Membre de l’agence Hans Lucas, le travail de Laurent DEMARTINI a notamment été remarqué lors de Visa pour l’Image 2024 (Coup de cœur ANI lors des lectures portfolios) et aux Rencontres photographiques Face à la Mer à Tanger (Prix Lumière Darnour, 2024).
Il mène également des ateliers photographiques, notamment auprès de jeunes à Montfermeil, en Seine-Saint-Denis, où la photographie devient un espace de rencontre, d’expression et de transmission.
EXPOSITION BARROBJECTIF 2026 : Do Something For Nothing
Joshua Coombes est coiffeur britannique, fondateur de Do Something For Nothing. Il parcourt les grandes villes du monde pour offrir des coupes de cheveux aux personnes à la rue.
Lors de ses venues à Paris entre 2015 et 2025, nous avons arpenté la ville à la recherche de femmes et d’hommes qui accepteraient que Josh prenne soin d’eux.
Je n’avais pas pris conscience que je deviendrais l’interlocuteur privilégié : parlant la langue de Molière, je palabrais la vie pendant que Josh coupait les cheveux, tout en s’inquiétant à chaque instant de leur bien-être, de leurs envies.
Précis, doux, attentionné.
Tous parlaient de sensation de douceur. Certains s’endormaient.
Leurs traits s’apaisaient peu à peu.
Leur visage changeait sous ses mains, un à un. C’était beau. Intimement violent.

Ce reportage parle d’un instant éphémère dans leur traversée.
D’une dignité retrouvée, le temps d’un instant.
J’ai vu des femmes, des hommes, jeunes ou plus âgés, se découvrir dans le miroir, pleurer, sourire, se trouver mieux, beaux, plus nets, embrasser Josh, le serrer fort, l’enlaçant une première puis une seconde fois, vouloir une photographie avec lui, avec nous…
Des thank you, merci, gracias, grazie mille… et je t’en passe…
Et je t’ai vu toi, David, cinquante-quatre ans.
On parlait de ton Sénégal natal, de Léopold Sédar Senghor, et je t’ai vu pleurer, pudique. J’avais posé la question de trop, celle qui creuse trop, et j’ai pris peur. J’avais le creux dans la gorge. Je me suis excusé de mon ignorance et je t’ai vu pleurer, me prendre dans tes bras, serrer fort et me dire :
»tu savais pas »
Aujourd’hui
Je vous sais un peu plus
