Marie Coco _ Turkmenistan, délire architecturale et porte de l’enfer

Marie Coco _ Turkmenistan, délire architecturale et porte de l’enfer

Je m’appelle Marie COCO, je suis née en 1964, j’habite et travaille à Ruffec ( Charente).

J’ai commencé ma carrière en tant que modiste, à Paris, dans la haute couture avant de créer ma première entreprise. J’ai ensuite créé et développé plusieurs activités commerciales indépendantes. Un rythme effréné, des années de travail et de pression, sans vacances et souvent sans week-ends.

En 2011, j’approche de mes 50 ans, je vieillis, il est temps pour moi de passer à autre chose.

Je vais essayer de réaliser un rêve un peu fou : partir, à pied, en stop, partir sans but précis, sans itinéraire.

Mon but n’est pas touristique, j’ai peu d’attrait pour les sites qui attirent les foules.
Ce que je souhaite, ce sont des rencontres, des découvertes humaines, des partages d’histoires et de points de vues.

Je liquide mon entreprise, je vends tout ce que je possède.

Et je pars, seule, avec un sac à dos, de bonnes chaussures, et un petit appareil photo compact.

Je voyagerai ainsi jusqu’au Timor Oriental ( à 700 km de l’Australie) sans jamais avoir pris l’avion. Deux ans et demi d’émerveillement, de chaleur humaine, de support et d’aide incroyable de la part des belles âmes rencontrées au fil des kilomètres et des frontières qui se succèdent. C’est souvent grâce à ces incroyables rencontres que je trouve l’énergie de continuer ce périple malgré la fatigue et les obstacles.

Mon projet était assez improbable pour une femme seule : voyager à pied et en stop sans itinéraire établi.

Partie en décembre 2011, je découvre l’Iran et les Iraniens en juillet 2012 après avoir traversé l’Europe du Sud, les Balkans et le Caucase. Mon visa n’est que d’un mois, il me faut donc très rapidement penser à la suite : destination l’Ouzbékistan. Mais pour ça, il faut traverser le Turkménistan.

Ce pays dont on ne parle jamais est un des pays les plus fermés du monde.

En Turkménistan les droits de l’homme sont bafoués, il est souvent comparé à la Corée du Nord. Il est extrêmement difficile d’obtenir un visa. C’est grâce à l’aide d’Iraniens accueillants et dévoués que j’obtiens un visa de transit de 4 jours…

Et je suis ébahie par ce que je découvre en arrivant dans la capitale Ashkabat, qui est juste derrière la frontière.

Des routes à 6 voies, si larges qu’un avion pourrait y atterrir, avec seulement quelques très rares véhicules.
Des alignements d’immeubles en marbre blanc, entourés de sapins et de fontaines, alors qu’on est au milieu du désert, il fait 45°. Des statues dorées( statues des dirigeants), des panneaux lumineux à la gloire du gouvernement, des feux rouges tarabiscotés (toujours en blanc et doré), des bâtiments à coupoles (dorées, bien sûr), ou carrément futuristes…..des pyramides, des tours, des arches, des cubes, un téléphérique….

Tout ça, sans piétons, sans voitures, sans commerces, les rues sont vides, on se croirait dans un décor de cinéma, tout a l’air faux, inutile, inadapté.

Les personnes que l’on croise sont souvent des militaires. Par deux fois, ils m’interpellent : j’ai photographié un bâtiment officiel…et c’est interdit. Par deux fois, ils exigent que j’efface la totalité des photos. Je m’en tire à bon compte, j’aurais pu, pour ce délit, finir emprisonnée.

Depuis l’indépendance, en 1991, deux dictateurs se sont succédé, avec la même folie des grandeurs, le même culte de la personnalité, et ont construit cette capitale de marbre et d’or tout en opprimant leur peuple.  
Pas de parti d’opposition.
Pas de liberté de la presse, deux journaux seulement avec le président en première page chaque jour.
Disparitions de détenus politiques. 


Couvre feu à 23 heures
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Très peu d’accès internet et forte censure.
Sédentarisation forcée des habitants du désert.

Le contraste est flagrant dès qu’on quitte la capitale. Fini les routes impeccables, fini le marbre et les fontaines. On ne trouve qu’une route toute défoncée qui avance dans le désert aride.

Turkmenistan © Marie Coco

On croise quelques rares villages de Bédouins sédentarisés. Sédentarisation qui entraîne des changements de mode de vie et les dérives qui vont avec, la plus visible étant la pollution. Ils vivent de l’élevage des chameaux qui pâturent au milieu de monceaux de plastique.

Je me dirige vers Darvaza, un village qui fut visité par le Président Saparmurat Niazov en 2002. Celui-ci ne le trouva pas à son goût et le fit raser. Il n’en reste plus rien, mais on y trouve une attraction hors du commun : La porte de l’enfer.


La « Porte de l’Enfer », situées dans le désert du Karakoum au Turkménistan, est un cratère de gaz naturel en combustion continue depuis 1971, à la suite d’un accident lors d’un forage soviétique. Si ce phénomène spectaculaire attire des visiteurs du monde entier, il rappelle surtout les conséquences de l’exploitation des ressources fossiles et les défis environnementaux liés aux émissions de gaz et à la gestion durable de l’énergie.
Turkmenistan © Marie Coco