
Pierre ROUANET a 39 ans, il est photojournaliste à La Voix du Nord, à Valenciennes.
Originaire de l’Aveyron, du bassin minier de Decazeville, il a quitté le relief du Massif central pour des études de journalisme en Bretagne (IUT de Lannion), après une licence d’Histoire-Géographie. Il a d’abord travaillé en Radio (à France Bleu Roussillon notamment) avant de rejoindre la presse écrite (Midi Libre en Lozère). Grand écart géographique, c’est à La Voix du Nord qu’il obtiendra sa première carte de presse, à 21 ans.
Arrivé pour renforcer les équipes de reporters avec la parution du journal le lundi, il découvre le Nord dans l’Avesnois de décembre 2008 au printemps 2010.
En juin 2010, il part en tour du monde en solitaire, sac au dos, de la Russie à l’Argentine. Il se passionne et s’exerce à la photographie argentique et numérique durant ces un an et demi de voyage. À son retour, dans le Nord, il est embauché en 2013 à La Voix du Nord comme reporter à Denain. Il rejoindra le service photo du journal en 2017. Depuis, il a eu l’occasion de couvrir tous types de sujets d’actualité. Sportifs, comme les courses cyclistes de Paris-Roubaix ou la Coupe du monde de rugby 2023 ; mais aussi des grands reportages à la frontière Pologne-Biélorussie, un tour d’Europe avant les élections européennes, jusqu’au désert blanc de l’Antarctique. Les sujets qu’il affectionne particulièrement sont liés à l’humain, à notre société, au travail. Il a notamment longuement suivi les ouvriers de l’aciérie Ascoval de Saint-Saulve, dans leur lutte admirable pour la sauvegarde de leur emploi.
Pierre Rouanet donne aussi des cours de photojournalisme à l’Université polytechnique Hauts-de-France (UPHF) et intervient en conférence à l’École supérieure de journalisme (ESJ) de Lille. Il a été exposé à trois reprises. Finaliste du concours des jeunes photographes Libération-APAJ avec une série sur le Pamir en 2015, il a obtenu le Grand Prix Varenne 2021 de la photo de la presse quotidienne régionale avec une image prise dans un EHPAD lors de la crise du covid-19.
EXPOSITION BARRPBJECTIF 2026 : Ascoval, le long combat des hommes d’acier

Ascoval, c’est Vallourec.
Le 29 avril 2015, le géant mondial des tubes sans soudure pour l’industrie pétrolière décide de se séparer brutalement de son aciérie historique de Saint-Saulve, près de Valenciennes.
La “cathédrale” de Saint-Saulve a quarante ans.L’annonce surprend tout le monde, salariés, direction et politiques. Il faut dire que le site est prometteur et n’est exploité qu’à un tiers de ses capacités.
Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie en visite, s’engage sur la pérennité de l’usine.
Mais deux ans plus tard, c’est acté, Vallourec se sépare de son aciérie au profit d’Ascométal, moribond.
Ascoval est mort-née.
En perspectives, 320 familles sur le carreau et une friche industrielle supplémentaire abandonnée par un géant métallurgique historique longtemps et largement soutenu par les collectivités publiques.

Pour les ex-Vallourec, le début d’un long et douloureux combat vers la sauvegarde de l’emploi commence.
Grâce à la ténacité des ouvriers, main dans la main avec leur direction, Ascoval vivra.
Mais il lui faudra renaitre cinq fois de ses cendres avant d’être rachetée par l’Allemand Saarsthal, en août 2021. L’usine passera successivement dans les mains d’Ascométal, Altifort, British Steel, Olympus Steel et Liberty.
Six longues et pénibles années d’incertitudes pour les 320 salariés de l’aciérie et leurs familles. Six longues années d’allers-retours harassants au tribunal de commerce de Strasbourg, de désillusions de fausses reprises, de négociations jusqu’au sommet de l’État, de manifestations et d’occupations du site. Six longues années de combat et de sang-froid cristallisés autour du rond-point du Galibot, emblématique lieu de luttes transformé en brasier et rebaptisé “rond-point de la colère”.
Légende de l’image d’entête
26/10/2018. Depuis ce vendredi 5 heures, les Ascoval de Saint-Saulve bloquent la tuberie Vallourec d’Aulnoye-Aymeries. Les ouvriers de l’aciérie en sursis tentent de faire pression sur Vallourec. Le site de Saint-Saulve est toujours bloqué. © Pierre Rouanet _ LA VOIX DU NORD