Hubert Sacksteder – Domicile : cimetière

Portrait de Hubert SackstederMon premier appareil photo a été confisqué durant mon service militaire à Berlin, en 1970, alors que je faisais des photos à l’intérieur de l’unité. A cette époque-là, je voulais devenir journaliste, je suis devenu linguiste.
Quarante ans plus tard, à l’âge de la retraite, j’ai toujours la passion des gens, de la vie, du regard sur la vie et je retrouve la photographie, enfin !
Hubert Sacksteder

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Domicile : cimetière

Cimetière de Carreta à Cebu

Vue partielle sur le cimetière Carreta, à Cebu

Cimetière : terrain, le plus souvent clos de murs, dans lequel on enterre les morts.
Aux Philippines cependant, particulièrement dans les grandes métropoles comme Manille
ou Cebu, de nombreuses familles vivent dans les cimetières, parfois depuis plusieurs
générations.
Ainsi, le North Cemetery de Manille, lieu pour les morts certes, compte près de deux mille habitants. Lieu de vie donc. Les conditions de vie y sont bien moins précaires que celles des sans-abri qui vivent sur les trottoirs de ces villes-là. Lesmausolées servent d’habitat, il y a plusieurs points d’eau dans l’enceinte du cimetière, la pollution est bien moindre que dans les rues congestionnées de la ville. Chaque jour, il y a une vingtaine d’inhumations dans ce cimetière. Et la mort procure du travail : les hommes construisent et entretiennent les tombes et les mausolées, portent les cercueils lors des obsèques, procèdent aux exhumations, taillent et gravent les plaques funéraires, conduisent les tricycles pour transporter les gens qui viennent rendre visite à leurs défunts. Les femmes s’occupent des enfants, du ménage, de la cuisine, élèvent des poules, cultivent des fleurs, fabriquent et vendent des cierges.
Les enfants, comme partout, jouent…