Francine Couvret – Les yeux des arbres

Francine Couvret  je suis photographe amateur, c’est ma quatrième participation au festival de BarrObjectif :
– 2002 : Doux Jésus
– 2003 : Transparences
– 2007 : Transformistes

C’est le livre La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben qui m’a inspiré ce sujet. Pour lui les arbres sont des êtres vivants qui apprennent, se souviennent, et qui forment une communauté très soudée. Leur système radiculaire semblable à un réseau Internet végétal leur permet de partager des nutriments avec les arbres malades mais aussi de communiquer entre eux. Les parents vivent avec les enfants et les aident à grandir. Ils font équipe pour survivre. Et c’est en les observant de près, que je me suis rendu compte qu’ils avaient aussi des yeux.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Les yeux des arbres

Les yeux des arbres -2

Savez-vous que les arbres sont des créatures vivantes ? Ils nous observent de leurs yeux reptiliens. Nous sommes tous concernés. Certains semblent menaçants, mystérieux et énigmatiques, d’autres inoffensifs et tristes. Ils sont effrayés par les humains qu’ils tiennent pour responsables de la déforestation, de la pollution et des incendies de forêts, une menace pour leur habitat naturel. Ils ont accepté avec réticence d’être photographiés, ne montrant que leurs yeux.
Si vous ne me croyez pas et pensez que je suis victime d’hallucinations, regardez attentivement les photos prises dans mon jardin.

Anne-Marie Croutzet – Érrances géorgiennes


J’habite la forêt landaise …

J’aime cueillir des champignons …
Je préfère le lilas mauve …
Je déteste les autoroutes …
j’adore les points de suspension …

les photos sont des points en suspension …
témoins de la réalité, à distance de la réalité …
Je photographie pour la distance aux choses …

au delà de sa forme et de son sujet, l’image devient nouvel objet, fascinante,
les codes qu’elle porte en elle, sont sa propre vie …

 

fabriquer des images pour dire sans les mots : attraper l’Air du temps …
raconter un lieu …

Choisir inconsciemment ce que je veux voir … quelque chose résonne en moi …
une évidence extérieure, une exigence intérieure, rentrées en concordance, en une fraction de seconde, je déclenche …

images pieuses, images exorcistes, ces images portent en elles ma réalité …
depuis 2012, mon apn est l’œil de mon cœur …

Anne-Marie Croutzet

 EXPOSITIONS BARROBJECTIF 2017 :  Érrances géorgiennes

Érrances géorgiennes-1 Juste mes premières impressions, Sans rien attendre, sans rien chercher. Avec le regard neuf, avec le cœur ouvert. Rester étrangère, garder mes distances.
Oser aller trop près, savoir reculer.Juste me laisser imprégner. Je reviendrai retrouver ces gens courageux, qui se contentent de peu : le pain, le vin, la religion.
Une histoire chaotique. Un passé culturel riche. Un présent économiquement pauvre. Je les ai aimés, je les ai photographiés.Érrances géorgiennes-2

Érrances géorgiennes-3

 

Anita De Roquefeuil – Siberia : from future past

Anita De Roquefeuil est photographe freelance, née à Bordeaux en 1986, elle est fascinée Portrait de Anita De Roquefeuilpar la Russie et les anciens pays de l’URSS.

La photographie pour elle est une façon d’enquêter sur la vie quotidienne des différents groupes et communautés dans le contexte des changements environnementaux, politiques, sociaux et ou économiques.

Son travail tente de montrer l’impact de l’activité humaine, les modes d’adaptation et la diversité des modes de vie.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 – Siberia : from future past

Ce reportage a été réalisé au cours de séjours en Sibérie, entre 2015 et 2017, de l’Altaï, en passant par le Kraï, de Krasnoïarsk à l’Oblast d’Irkoutsk. Une manière de tirer le portrait d’un monde en train de basculer.

Ces régions ont été fortement marquées par les années de l’Union soviétique, qui ont accaparé l’identité des Russes. A cette époque, l’individualisme avait disparu derrière une idée, celle du communisme.

Certains Russes de Sibérie, comme dans beaucoup de ces régions oubliées financièrement par Moscou, paraissent regretter cette époque. Ils semblent dire que la vie était plus facile avant.

Aujourd’hui, la vie des Sibériens est plus complexe. La jeunesse quitte les campagnes pour les grosses villes de l’ouest de l’Oural. Ceux qui restent sont partagés entre un besoin d’émancipation individuelle et une retenue profonde qui est sans doute liée à l’histoire du pays.

Cette dualité se traduit par des scènes du quotidien surréalistes, une multi-nationalité insoupçonnée, une âme slave toujours aussi insondable, et qui pourtant toujours nous ramène en Russie.

Thibaut Derien – J’habite une ville fantôme

Thibaut Derien naît en 1974 en Bretagne mais grandit en Normandie. Lycéen, il
travaille le samedi après-midi dans la boutique du photographe local qui lui offre son
premier appareil photo.
Il appartient à une famille de photographes qui font de la photographie documentaire un art, de la trivialité du quotidien, un poème, et qui constatent avec effroi les mutations de notre société, ses laideurs contemporaines et ses splendeurs passées. Sa ville fantôme nous dévoile les ruines d’une société qui n’existe plus, nous met face à nos responsabilités et nous révèle à la fois la beauté qui se dégage de ses décombres.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : J’habite une ville fantôme

Thibaut a commencé à parcourir la France il y a dix ans, évitant à dessein les grands axes de circulation et ses sorties bordées par des kilomètres de panneaux criards, d’insipides préfabriqués, de lotissements uniformes et de ronds points à donner le tournis, que des années de politiques urbaines négligentes ont imposé comme les nouveaux standards esthétiques des zones périurbaines. Il est parti à la recherche des rares petits commerces encore debout mais bel et bien abandonnés, témoins d’une époque, d’un métier, d’un goût, d’une mode.
Des petits commerces désertés, laissés aux aléas du temps, qu’il a sélectionnés avec attention parmi la multitude trouvée sur sa route, pour l’émotion singulière qui s’en dégageait, et qui lui ont inspiré cette ville fantôme observant impuissante l’animation de centres commerciaux impersonnels, là-bas, au loin. Pas si loin.
Ces petits commerces peuplent sa ville fantôme, formant un cimetière, un varia de traces, de vestiges d’une époque révolue, balayée par les industriels, les franchises et l’indifférence de clients envoutés par les sirènes de la consommation de masse et ses temples de tôle et de parpaings. Dans ce cimetière de boutiques, les rideaux sont baissés, tirés, les portes scellées, les fenêtres murées. Les devantures étouffent dans un cadre strict, carré, qui éclipse tout le reste. On retrouve dans ces photographies la frontalité de Walker Evans et d’Eugène Atget, qui avant lui ont immortalisé des petits commerces en voie d’extinction. Mais la frontalité de Thibaut est, elle, poussée à l’extrême, réduisant les boutiques à leur seule façade, excluant toute profondeur de champ, anéantissant les volumes susceptibles de réanimer ces ruines exsangues et réduisant au silence ce qui faisait la particularité de ces commerces de proximité : le lien social.

Éric Dufour – Urbanities

Originaire du Beaujolais, 53 ans, photographe autodidacte et professionnel. J’ai réellement commencé la photographie en 2006 avec le développement de la photo numérique et Portrait de ric Dufour l’inscription dans un club photo mais j’ai toujours été très attiré par la photo autant que je m’en souvienne. Plus jeune, j’ai eu l’occasion de pas mal voyager à l’étranger et de faire des photos argentiques : des scènes de vie et de rue car j’aime avant tout aller au contact des populations. 2006 fut un tournant avec mes débuts dans la photographie artistique. Ma démarche d’auteur a pris un nouvel élan en 2008 lorsque j’ai décidé de passer professionnel, et la photographie architecturale pour son côté esthétique notamment s’est rapidement imposée à moi. J’ai eu l’honneur et le plaisir d’être lauréat en 2014 des Photographies de l’année dans la catégorie architecture et du prix Européen Eisa Maestro Silver Award à Berlin, puis finaliste des Photographies de l’année en 2015 et 2017 dans la catégorie architecture. Éric Dufour

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Urbanitiesurbanities 3urbanities 5urbanities 11

Mon terrain de chasse se situe essentiellement dans les grandes métropoles européennes mais aussi zones industrielles et commerciales en périphérie des villes, notamment en Europe du Nord, que j’ai la chance de sillonner tout au long de l’année avec un gout prononcé pour l’architecture et le graphisme urbain moderne.

Les villes en perpétuel mouvement, avec un essor important de nouvelles constructions de plus en plus audacieuses, nous offrent des visages multiples avec des quartiers entièrement rénovés. J’ai voulu à travers mon objectif montrer l’environnement urbain sous toutes ses couleurs et formes, mettant l’accent sur les aspects esthétiques des nouvelles architectures qui nous entourent. Sans cesse en quête d’esthétisme, j’aime pourchasser les courbes, les lignes, les diagonales, jouer avec les symétries, débusquer des motifs répétitifs. Je suis attiré par les formes graphiques, géométriques, les sujets ayant une couleur dominante et des atmosphères minimalistes particulières.

Photographier des choses simples, capables de susciter l’émotion et d’exprimer des concepts sans contenu superflu me séduit tout particulièrement. Ma démarche photographique pourrait se résumer à cette citation d’Anne Geddes « Le plus difficile dans la photographie est de rester simple. »

Jean-Éric Fabre – Ad Terrae acta : correspondances congolaises

Éric Fabre, dit Jean-Éric, né à Paris. Après des études à l’école EFET, je travaille quelques années comme tireur noir&blanc.

portrait de Jean-Eric Fabre par Stephen Bartels. London, Pimlico (UK)

© Stephen Bartels. London, Pimlico (UK)

Lors d’un de mes voyages, je m’attarde au Congo où je reste plusieurs années. Ce voyage au long cours me marquera de son empreinte, et oriente ma carrière de photographe que j’ai reprise à part entière dès le début des années 2000. Je documente la vie en brousse depuis 1993. Mes images et reportages sont diffusés par des agences et sont à destination de la presse, y compris scolaire et de jeunesse, de l’édition, et des muséums d’histoire naturelle.
Ad Terrae acta présente un extrait de mon projet de livre, entre poésie et documentaire.

EXPOSITION BARROBJECTIF 20017 : Ad Terrae acta : correspondances congolaises

Ad Terrae acta est le journal de ma vie en Afrique. J’ai vécu sur cette Terre, au-delà du Mayombé, dans les grandes plaines de la vallée du Niari au Congo. J’étais forestier en Afrique là, à deux pas des contreforts de la vieille montagne, l’Équateur à 260 miles plus au nord, le vent venu de l’Atlantique laissait de temps à autre s’installer un climat plus serein que partout ailleurs (ne l’appelions-nous pas la petite Suisse du Congo ?).
Pourtant rien ne me disposait à vivre ici, parmi les arbres, loin de toute vie tracée au cordeau. Du passage sur une piste, d’un pont traversé, d’un recoin de forêt ou de savane visité, d’un animal observé, d’une rencontre furtive dans un village, il subsistera, tapi au fond de votre cœur, un sentiment léger d’une époque à jamais révolue. Une photo attestera peut-être de ces moments, mais au fin fond de la brousse, des générations s’en souviendront pour les avoir vécus ou entendus de la bouche des anciens.Ad Terrae acta 4
Laissez-moi vous conter, à travers mes photos, ces tranches de vie. Et puis ces lettres, peu empruntées au qu’on dira-t-on, collectées au fil des années, adressées à ma femme, à des tiers ou à moi-même. Ces lettres vous sont livrées telles quelles pour en garder l’authenticité.

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Je suis lié à ces gens, à cette Terre.

Markus Fauvelle – Un cirque, c’est un inventaire à la Prévert

En 1968, à 11 ans, la révolution de Markus Fauvelle est sa première photo obtenue grâce une boite à chaussures transformée en Sténopé. Ce nouvel angle de vue fait partie dès lors de son existence. En 1976, vivant à Heidelberg, il se forme au photojournalisme et fait ses premières armes au Quartier Général des forces américaines en Allemagne. Plusieurs villes du Palatinat lui confient de nombreux reportages dans le cadre des jumelages franco-allemands.
Très vite il met en place de nombreuses expositions signées Markus, le prénom que lui donnent ses amis d’Outre-Rhin et qu’il adopte pour signer ses travaux. En 1995, il crée en France sa plate-forme d’édition qui regroupe toutes ses connaissances des arts graphiques et y développe un département photographie.
En 2008, le spectacle magique d’un chapiteau et de caravanes couverts de givre permettra sa rencontre avec André-Joseph Bouglione, qui dirige le dernier cirque itinérant de cette illustre famille en France.
Cette immersion se concrétisera par un livre reprenant les moments forts du quotidien de cette dynastie.
Divers rendez-vous sont prévus pour 2017, reprenant son travail sur les ports à sec de
l’estuaire de la Gironde et sur Saint-Palais sur-Mer.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Un cirque, c’est un inventaire à la Prévert

Des roulottes, une buvette qui sent bon la barbe à papa, un magicien farceur, un chapiteau, une funambule, une malle aux costumes, des lions, un cacatoès insolent, des rires d’enfants, des lumières, des clowns, une cuisinière, des chevaux, un maître d’école, un dompteur, toutes les langues et les musiques du monde, des kilomètres de cordage, des massues et leurs jongleurs, un bébé dromadaire qui vacille sur ses pattes… C’est le spectacle magique d’un chapiteau et de roulottes couverts de givre qui m’a permis de rencontrer André-Joseph Bouglione et de m’immerger plusieurs années dans le quotidien circassien de ces artistes voyageurs.

Laurence Fleury – Les nouvelles bergères des Pyrénées

Laurence Fleury, journaliste indépendante, rédactrice, photographe et réalisatrice depuis vingt ans, collabore avec tous types de médias : Presse quotidienne régionale, presse magazine spécialisée, presse institutionnelle et chaines TV.
Après avoir démarré sa carrière comme photo journaliste free-lance pour des magazines de montagne, et avoir couru le monde et les sommets, Laurence Fleury s’intéresse aux montagnes qui l’entourent, les Pyrénées, et à la vie dans les estives. Ce qui a donné lieu en 2015 à un documentaire « Des brebis et des femmes» et en 2016 à un travail photo, en cours, dont sont issus les quinze clichés joints.Portait de Laurence FleuryCe qui l’anime : La rencontre avec l’Autre.

Au coin de la rue ou au bout du monde, elle croise les gens dans leur quotidien, les écoute, les raconte, capte leurs émotions. En un mot, elle se fait témoin.
Le voyage, la montagne, les rencontres humaines… Beaucoup de curiosité et l’envie d’ailleurs sont ses moteurs.

 

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Les nouvelles bergères des Pyrénées

Il y a trente ans, le métier de berger était presque exclusivement masculin. Aujourd’hui, près de la moitié des cabanes d’estive en Béarn sont occupées par des couples ou des familles, et plus d’un tiers par des bergères ; des femmes qui restent tout l’été en montagne et qui font le même travail pastoral que les hommes. La profession rajeunit, se conjugue désormais au féminin et séduit bon nombre de citadines.

« Une amie m’a invitée à suivre une transhumance, lorsque les brebis redescendent de la montagne à la fin de l’été. Je me suis retrouvée face à quatre cents brebis qui pacageaient tranquillement. Le berger a sifflé son chien et en une fraction de seconde, tout le troupeau a dégringolé la pente. C’était magnifique ! J’ai pleuré. Et je me suis dit : “C’est ça ! C’est ça que je veux faire !” Je ne savais même pas que ça existait. »

Isabelle est bergère depuis dix ans et partage sa cabane d’estive avec Nils, son fils de quatre ans, et Anne, son associée, citadine elle aussi, originaire de Rouen. Ni l’une ni l’autre n’avaient mis les pieds en montagne avant d’arriver dans les Pyrénées.

En Béarn, de plus en plus de femmes choisissent de quitter la ville pour embrasser ce métier. Et le pourcentage de salariées à l’estive l’été dépasse presque les 50 %. Un désir de retour à la nature et à une vie plus saine. Au lycée agricole d’Oloron (Pyrénées-Atlantiques) qui propose la formation « Berger-vacher transhumant », on constate une augmentation constante du nombre de femmes depuis vingt ans. Elles étaient une ou deux par classe au début, pour arriver à la parité dans les dernières promotions.

Le Béarn, situé entre le Pays basque et la Bigorre, compte deux cents estives sur soixante-cinq mille hectares de pâturages, et cent cinquante cabanes fromagères, dont la moitié n’est accessible qu’à pied, à plus d’une heure de marche de la route, en moyenne. Les cabanes d’estives sont des maisonnettes construites dans la montagne pour accueillir les bergers durant les quatre mois d’été, de juin à fin septembre. Ils gardent leurs brebis là-haut, qu’ils traient matin et soir et fabriquent leur fromage dit « d’estive », qui se distingue du fromage fabriqué l’hiver à l’exploitation, parce que plus riche et plus goûteux. Les cabanes plus éloignées sont à plus de trois heures de marche de la route. Soixante-deux sur cent cinquante abritent des couples ou des familles, et une bonne dizaine est occupée par des femmes, seules ou à deux.

Un métier longtemps réservé aux hommes

 Il y a quarante ans, la profession était encore l’apanage des hommes et en particulier des cadets, célibataires. Ils transhumaient, l’été, d’une cabane à l’autre à mesure que l’herbe venait à manquer, et partaient l’hiver dans le Gers ou en Gironde, là où il y avait de quoi faire pâturer le troupeau. Bien souvent, le métier était subi par ces hommes qui ne l’avaient pas choisi.

Aujourd’hui, il est pour les jeunes qui l’embrassent une passion, un choix de vie. Un engagement presque militant, aux antipodes du consumérisme et des turpitudes citadines. Pour toutes ces femmes, c’est très clair : vivre du pastoralisme, c’est vouloir vivre autrement. Il y a vingt ans, aucune d’entre elles n’y avait sa place, cantonnée à la ferme et aux tâches ménagères.

Le métier, qui jusque-là se transmettait de père en fils, n’est plus un destin comme jadis, tracé par héritage.

Petit à petit, sans faire trop de bruit, et bien qu’elles viennent souvent de la ville, les femmes s’imposent, surprennent et redonnent une perspective d’avenir à ce métier dont on disait qu’il fallait y être né pour l’exercer.

Si j’ai souhaité suivre ces bergères dans leur quotidien, c’est pour comprendre leur choix de vie, en dépit des conditions difficiles, et cet acharnement qu’elles ont à réussir à tout prix.

Il y a vingt ans, lorsque je me suis installée dans les Pyrénées, les cabanes étaient occupées par de vieux bergers rustres et sales. Après eux, le pastoralisme allait mourir, pensait-on, parce qu’il n’y avait pas de relève.

La relève s’est faite, petit à petit, par les femmes qui aujourd’hui révolutionnent le monde pastoral.

Laurence Fleury

Michel Lamothe – Prix St Benoit – La main… des mains pour dire

Michel Lamothe habite dans la Vienne et pratique la photo amateur depuis quarante ans, longtemps en argentique, puis numérique. Pas de sujet préféré, mais des photos liées aux émotions.

michel.lamothe@free.fr

Michel Lamothe a reçu le 2e prix du Grand Prix d’Auteur festival photographique de Saint-Benoit 2015

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : La main… des mains pour dire

La rencontre avec les personnes sourdes aveugles au début des années 70 m’engagera dans la vie professionnelle, et bien plus ! La communication par le corps, le toucher est très riche et peut tellement dire. Elle fait de vous un être de parole singulier.

La main...des mains pour le dire -1 La main...des mains pour le dire -2 La main...desmains pour le direImaginez-vous sourd et aveugle : vous tendriez les mains pour toucher, pour découvrir l’environnement et rencontrer les autres. Né sourd et devenu aveugle vous possédez généralement la langue des signes, né aveugle et devenu sourd vous possédez peut-être le braille et la parole.
Né sourd et aveugle vous chercherez la rencontre, auprès de vos parents ou de vos éducateurs, pour être et pour être avec l’autre. Vous tendrez les mains et découvrirez laborieusement la communication, quelques signes qui vous invite à penser. Mais si cette possibilité est trop tardive ou si elle ne fait pas sens, si vous avez attendu en vain la main de l’autre, si vous n’êtes pas encore, être de parole, la main sera toujours là, l’instrument pour apprivoiser l’autre, l’espace.
Ces quelques photos sont extraites d’une plus grande série réalisée, à leur demande, dans les institutions spécialisées de Poitiers et de Saint- Benoit (Vienne).
L’accueil bienveillant et la liberté de prise de vue m’ont permis d’être très près et avec. Je pense que cela se ressent sur les photos, et elles invitent donc comme le thème du festival Arc’Image à un regard, une rencontre humaniste.

 

Francis Chancerel – Prix St Benoit – Le rêve de Cendrillon

Portrait de Francis ChancerelSes débuts photographiques commencèrent à 18 ans avec un Yashica offert par son père. Rapidement son apprentissage argentique se développera dans les labos étudiants à Rouen puis à Rennes, où il terminera ses études d’ingénieur agronome. Arrivé à Poitiers en 1972, il pratique et expose dans le cadre associatif pendant quelques années. Après un arrêt de plus de vingt ans, il reprend la prise de vues, aux beaux-arts d’abord, où il découvre les techniques du studio et la photo de nu, puis au XV du Poitou pendant quelques temps. Demeurant maintenant en Charente-maritime il reste fidèle au groupe « espace de l’instant », association de photographes poitevin, tout en étant membre du Groupe Photo du Pays royannais. Site internet

Francis Chancerel à reçu le 1e prix du Grand Prix d’Auteur festival photographique de Saint-Benoit 2015

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Le rêve de Cendrillon

Cette série est construite sur la base de prises de vues en lumière naturelle et pose longue (1 à 5 secondes) avec des voiles opaques qui, tirés rapidement, donnent des surimpressions, tirés régulièrement, conduisent à des effets de filé enveloppants ou vaporeux. S’il y a peu d’interventions informatiques à posteriori le numérique reste très utile à la prise de vue pour visualiser immédiatement les effets et ainsi orienter les éclairages et la manière de tirer les voiles. Au domaine des illusions, des ambitions et des jalousies, la belle Cendrillon s’imagine une vie meilleure la conduisant ainsi dans le monde des rêves, entre songes délicieux et sombres cauchemars.Le rêve de Cendrillon-1

Le rêve de Cendrillon -2