Lambert Coleman – Tomsk

J’ai découvert la photographie lors de mes études, durant un séjour en Afrique centrale. Je souhaitais alors axer mon travail sur les interactions entre l’homme et son environnement, par la représentation d’une réalité le plaçant au centre de son microcosme. Donner une autre vision de cette Afrique trop souvent associée aux images réductrices de guerres, d’épidémies, de problèmes politiques. Depuis, j’ai réalisé des projets photographiques au Népal, en Russie et en France.
Dans mon travail, que l’on peut qualifier d’anthropologie photographique, je m’attache à suivre une démarche méthodologique proche de celle du chercheur en sciences sociales, faite d’observations et d’échanges, tout en veillant à l’esthétique de mes photos.

Lambert Coleman

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Tomsk

A trois mille kilomètres à l’est de Moscou, au coeur d’une vasteTomsk-1
étendue de forêts boréales, le temps s’écoule lentement à Tomsk. Nous sommes en février, le thermomètre affiche souvent en dessous de –25 degrés et la douceur des mois de juillet et d’aout paraît bien lointaine.
Fondée en 1604, Tomsk incarne l’expansion du royaume russe vers l’ouest, lors de la conquête de la Sibérie. Située sur l’ancienne route commerciale reliant Moscou à Pékin, on y construit la première université de Sibérie. Tomsk était alors surnommée « Athènes de Sibérie », et était la plus grande ville de la partie asiatique de la Russie. Exclue du tracé du transsibérien, elle laissa sa place de capitale sibérienne à Novossibirsk, située plus au sud, le long de cet axe qui modifiera à jamais le centre d’attraction de cette vaste région.
Aujourd’hui, Tomsk est une ville pleine de contrastes. Ses universités drainent une population jeune qui la rend dynamique malgré son isolement géographique. Son centre ville dégage une impression d’intemporalité ; ici les maisons en bois, symboles de l’architecture sibérienne, côtoient les blocs d’immeubles soviétiques et les bâtiments flambants neufs fraichement construits. Dans un même espace, la pauvreté apparente s’entremêle à des signes de richesse ostentatoire. Le poids du passé et des traditions cohabite avec un présent plein de paradoxes et de contradictions.
Tomsk-2

Rosalie Colfs – Kinshasa–Matadi Express

Rosalie Colfs, artiste polyvalente : styliste, photographe, graphiste.
J’ai, durant mes années passées en Afrique centrale, développé une approche artistique favorisant l’émancipation sociale des sujets. L’objectif est de témoigner de manière positive et digne de réalités sociétales méconnues et ce au bénéfice du plus grand nombre.Portrait de Rosalie Colfs
J’ai à ce titre développé plusieurs expositions monumentales situées au sein même des communautés photographiées — enfant de la rue, travailleurs de l’ombre, justiciables, élèves, malades du sida — afin de susciter une réflexion et, pourquoi pas, une réaction.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Kinshasa–Matadi Express

 

Expo photos du train dans le train Kinshasa–Matadi Express -1La ligne de chemin de fer fut construite en 1890 entre le port de Matadi et Kinshasa (Léopoldville à l’époque). Le 23 août 2015, après quinze années d’interruption au public, le train relie à nouveau les 365 Km qui séparent les deux villes. Un samedi matin du mois de novembre 2015, après de grandes pluies, le voyage commence et le temps s’arrête.Kinshasa–Matadi Express-2

 

Afin d’offrir de l’art et de la culture aux voyageurs, cette exposition est maintenant accrochée dans les wagons de ce même train, et à la gare centrale de Kinshasa.Kinshasa–Matadi Express-3

Le Clair-Obscur – Amusez-vous

« Le clair-obscur » est un collectif photographique charentais, né en 2013 par la volonté de deux photographes de partager leur passion commune. Mélange des points de vue, sensibilités différentes et originalités des projets sont les sources d’inspiration du collectif. Vous pouvez trouver un aperçu de leurs réalisations sur le site www.le-clair-obscur.com

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Amusez-vous

« Amusez-vous » est un jeu d’observation pour tout âge, qui mêle divertissement et photographies d’architecture. Si vous le souhaitez, prenez un instant et « Amusez-vous !». Si vous ne parvenez pas à résoudre toutes les énigmes proposées, les solutions sont en ligne sur www.le-clair-obscur.com

Exposition ludique -Amusez-vous !
EXPOSITION BARROBJECTIF 2015
EXPOSITION BARROBJECTIF 2014

Isabel Corthier – Équilibrer sur la corde de la paix

Isabel Corthier (Belgique, 1977) est une photographe freelance. Elle travaille en
Belgique et dans le monde entier pour faire des reportages photographiques et des
portraits. Avec son mari, elle va dans le tiers monde où elle travaille en tant que photographe ainsi que comme logisticienne pour Médecins sans Frontières.
Entre les missions, Isabel fait des reportages photographiques pour les ONG comme MSF, Caritas, Trias, BRS Coop, Vredeseilanden (VECO), Louvain Coopération et Entrepreneurs pour Entrepreneurs.
Ses photos ont été montrées dans des expositions en Chine, Inde, France, Belgique et quelques images ont remporté des prix.
Dans sa photographie son but est de montrer l’humanité dans la vie de chacun.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Équilibrer sur la corde de la paix

En République Centrafricaine musulmans et chrétiens cohabitent en harmonie depuis des générations. Les mariages interreligieux n’étaient aucune exception et les gens se convertissaient facilement d’une religion à l’autre.

Un conflit politique et économique a tourné religieux et les deux communautés ont été entraînées dans une horrible guerre civile dans laquelle elles étaient placées l’une contre l’autre. Progressivement l’objectif était d’arriver à une république sans musulmans. Le génocide n’était pas prononcé mais exécuté, si. Bangassou, petite ville dans le sud-est du pays, cependant, n’est pas tombé dans cette guerre. Certains musulmans et chrétiens se sont unis dans une Commission de Conciliation dans le but de ne pas laisser aggraver des tensions locales existantes et les conflits.

Ida est la femme d’Hervé, avec leurs enfants dans leur maison qui avaient été complètement pillés par les rebelles.

Malgré le contexte d’une haine grandissante, Bangassou continue à s’équilibrer sur la corde fragile de la paix.
Ce projet veut être un exemple de comment les gens peuvent garder la paix, même dans les situations les plus pénibles.

Exposition Barrobjectif 2015
Exposition Barrobjectif 2014

Francine Couvret – Les yeux des arbres

Francine Couvret  je suis photographe amateur, c’est ma quatrième participation au festival de BarrObjectif :
– 2002 : Doux Jésus
– 2003 : Transparences
– 2007 : Transformistes

C’est le livre La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben qui m’a inspiré ce sujet. Pour lui les arbres sont des êtres vivants qui apprennent, se souviennent, et qui forment une communauté très soudée. Leur système radiculaire semblable à un réseau Internet végétal leur permet de partager des nutriments avec les arbres malades mais aussi de communiquer entre eux. Les parents vivent avec les enfants et les aident à grandir. Ils font équipe pour survivre. Et c’est en les observant de près, que je me suis rendu compte qu’ils avaient aussi des yeux.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Les yeux des arbres

Les yeux des arbres -2

Savez-vous que les arbres sont des créatures vivantes ? Ils nous observent de leurs yeux reptiliens. Nous sommes tous concernés. Certains semblent menaçants, mystérieux et énigmatiques, d’autres inoffensifs et tristes. Ils sont effrayés par les humains qu’ils tiennent pour responsables de la déforestation, de la pollution et des incendies de forêts, une menace pour leur habitat naturel. Ils ont accepté avec réticence d’être photographiés, ne montrant que leurs yeux.
Si vous ne me croyez pas et pensez que je suis victime d’hallucinations, regardez attentivement les photos prises dans mon jardin.

Anne-Marie Croutzet – Érrances géorgiennes


J’habite la forêt landaise …

J’aime cueillir des champignons …
Je préfère le lilas mauve …
Je déteste les autoroutes …
j’adore les points de suspension …

les photos sont des points en suspension …
témoins de la réalité, à distance de la réalité …
Je photographie pour la distance aux choses …

au delà de sa forme et de son sujet, l’image devient nouvel objet, fascinante,
les codes qu’elle porte en elle, sont sa propre vie …

 

fabriquer des images pour dire sans les mots : attraper l’Air du temps …
raconter un lieu …

Choisir inconsciemment ce que je veux voir … quelque chose résonne en moi …
une évidence extérieure, une exigence intérieure, rentrées en concordance, en une fraction de seconde, je déclenche …

images pieuses, images exorcistes, ces images portent en elles ma réalité …
depuis 2012, mon apn est l’œil de mon cœur …

Anne-Marie Croutzet

 EXPOSITIONS BARROBJECTIF 2017 :  Érrances géorgiennes

Érrances géorgiennes-1 Juste mes premières impressions, Sans rien attendre, sans rien chercher. Avec le regard neuf, avec le cœur ouvert. Rester étrangère, garder mes distances.
Oser aller trop près, savoir reculer. Juste me laisser imprégner. Je reviendrai retrouver ces gens courageux, qui se contentent de peu : le pain, le vin, la religion.
Une histoire chaotique. Un passé culturel riche. Un présent économiquement pauvre. Je les ai aimés, je les ai photographiés.Érrances géorgiennes-2

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Anita De Roquefeuil – Siberia : from future past

Anita De Roquefeuil est photographe freelance, née à Bordeaux en 1986, elle est fascinée Portrait de Anita De Roquefeuilpar la Russie et les anciens pays de l’URSS.

La photographie pour elle est une façon d’enquêter sur la vie quotidienne des différents groupes et communautés dans le contexte des changements environnementaux, politiques, sociaux et ou économiques.

Son travail tente de montrer l’impact de l’activité humaine, les modes d’adaptation et la diversité des modes de vie.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 – Siberia : from future past

Ce reportage a été réalisé au cours de séjours en Sibérie, entre 2015 et 2017, de l’Altaï, en passant par le Kraï, de Krasnoïarsk à l’Oblast d’Irkoutsk. Une manière de tirer le portrait d’un monde en train de basculer.

Ces régions ont été fortement marquées par les années de l’Union soviétique, qui ont accaparé l’identité des Russes. A cette époque, l’individualisme avait disparu derrière une idée, celle du communisme.

Certains Russes de Sibérie, comme dans beaucoup de ces régions oubliées financièrement par Moscou, paraissent regretter cette époque. Ils semblent dire que la vie était plus facile avant.

Aujourd’hui, la vie des Sibériens est plus complexe. La jeunesse quitte les campagnes pour les grosses villes de l’ouest de l’Oural. Ceux qui restent sont partagés entre un besoin d’émancipation individuelle et une retenue profonde qui est sans doute liée à l’histoire du pays.

Cette dualité se traduit par des scènes du quotidien surréalistes, une multi-nationalité insoupçonnée, une âme slave toujours aussi insondable, et qui pourtant toujours nous ramène en Russie.

Thibaut Derien – J’habite une ville fantôme

Thibaut Derien naît en 1974 en Bretagne mais grandit en Normandie. Lycéen, il
travaille le samedi après-midi dans la boutique du photographe local qui lui offre son
premier appareil photo.
Il appartient à une famille de photographes qui font de la photographie documentaire un art, de la trivialité du quotidien, un poème, et qui constatent avec effroi les mutations de notre société, ses laideurs contemporaines et ses splendeurs passées. Sa ville fantôme nous dévoile les ruines d’une société qui n’existe plus, nous met face à nos responsabilités et nous révèle à la fois la beauté qui se dégage de ses décombres.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : J’habite une ville fantôme

Thibaut a commencé à parcourir la France il y a dix ans, évitant à dessein les grands axes de circulation et ses sorties bordées par des kilomètres de panneaux criards, d’insipides préfabriqués, de lotissements uniformes et de ronds points à donner le tournis, que des années de politiques urbaines négligentes ont imposé comme les nouveaux standards esthétiques des zones périurbaines. Il est parti à la recherche des rares petits commerces encore debout mais bel et bien abandonnés, témoins d’une époque, d’un métier, d’un goût, d’une mode.
Des petits commerces désertés, laissés aux aléas du temps, qu’il a sélectionnés avec attention parmi la multitude trouvée sur sa route, pour l’émotion singulière qui s’en dégageait, et qui lui ont inspiré cette ville fantôme observant impuissante l’animation de centres commerciaux impersonnels, là-bas, au loin. Pas si loin.
Ces petits commerces peuplent sa ville fantôme, formant un cimetière, un varia de traces, de vestiges d’une époque révolue, balayée par les industriels, les franchises et l’indifférence de clients envoutés par les sirènes de la consommation de masse et ses temples de tôle et de parpaings. Dans ce cimetière de boutiques, les rideaux sont baissés, tirés, les portes scellées, les fenêtres murées. Les devantures étouffent dans un cadre strict, carré, qui éclipse tout le reste. On retrouve dans ces photographies la frontalité de Walker Evans et d’Eugène Atget, qui avant lui ont immortalisé des petits commerces en voie d’extinction. Mais la frontalité de Thibaut est, elle, poussée à l’extrême, réduisant les boutiques à leur seule façade, excluant toute profondeur de champ, anéantissant les volumes susceptibles de réanimer ces ruines exsangues et réduisant au silence ce qui faisait la particularité de ces commerces de proximité : le lien social.

Éric Dufour – Urbanities

Originaire du Beaujolais, 53 ans, photographe autodidacte et professionnel. J’ai réellement commencé la photographie en 2006 avec le développement de la photo numérique et Portrait de ric Dufour l’inscription dans un club photo mais j’ai toujours été très attiré par la photo autant que je m’en souvienne. Plus jeune, j’ai eu l’occasion de pas mal voyager à l’étranger et de faire des photos argentiques : des scènes de vie et de rue car j’aime avant tout aller au contact des populations. 2006 fut un tournant avec mes débuts dans la photographie artistique. Ma démarche d’auteur a pris un nouvel élan en 2008 lorsque j’ai décidé de passer professionnel, et la photographie architecturale pour son côté esthétique notamment s’est rapidement imposée à moi. J’ai eu l’honneur et le plaisir d’être lauréat en 2014 des Photographies de l’année dans la catégorie architecture et du prix Européen Eisa Maestro Silver Award à Berlin, puis finaliste des Photographies de l’année en 2015 et 2017 dans la catégorie architecture. Éric Dufour

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Urbanitiesurbanities 3urbanities 5urbanities 11

Mon terrain de chasse se situe essentiellement dans les grandes métropoles européennes mais aussi zones industrielles et commerciales en périphérie des villes, notamment en Europe du Nord, que j’ai la chance de sillonner tout au long de l’année avec un gout prononcé pour l’architecture et le graphisme urbain moderne.

Les villes en perpétuel mouvement, avec un essor important de nouvelles constructions de plus en plus audacieuses, nous offrent des visages multiples avec des quartiers entièrement rénovés. J’ai voulu à travers mon objectif montrer l’environnement urbain sous toutes ses couleurs et formes, mettant l’accent sur les aspects esthétiques des nouvelles architectures qui nous entourent. Sans cesse en quête d’esthétisme, j’aime pourchasser les courbes, les lignes, les diagonales, jouer avec les symétries, débusquer des motifs répétitifs. Je suis attiré par les formes graphiques, géométriques, les sujets ayant une couleur dominante et des atmosphères minimalistes particulières.

Photographier des choses simples, capables de susciter l’émotion et d’exprimer des concepts sans contenu superflu me séduit tout particulièrement. Ma démarche photographique pourrait se résumer à cette citation d’Anne Geddes « Le plus difficile dans la photographie est de rester simple. »

Jean-Éric Fabre – Ad Terrae acta : correspondances congolaises

Éric Fabre, dit Jean-Éric, né à Paris. Après des études à l’école EFET, je travaille quelques années comme tireur noir&blanc.

portrait de Jean-Eric Fabre par Stephen Bartels. London, Pimlico (UK)

© Stephen Bartels. London, Pimlico (UK)

Lors d’un de mes voyages, je m’attarde au Congo où je reste plusieurs années. Ce voyage au long cours me marquera de son empreinte, et oriente ma carrière de photographe que j’ai reprise à part entière dès le début des années 2000. Je documente la vie en brousse depuis 1993. Mes images et reportages sont diffusés par des agences et sont à destination de la presse, y compris scolaire et de jeunesse, de l’édition, et des muséums d’histoire naturelle.
Ad Terrae acta présente un extrait de mon projet de livre, entre poésie et documentaire.

EXPOSITION BARROBJECTIF 20017 : Ad Terrae acta : correspondances congolaises

Ad Terrae acta est le journal de ma vie en Afrique. J’ai vécu sur cette Terre, au-delà du Mayombé, dans les grandes plaines de la vallée du Niari au Congo. J’étais forestier en Afrique là, à deux pas des contreforts de la vieille montagne, l’Équateur à 260 miles plus au nord, le vent venu de l’Atlantique laissait de temps à autre s’installer un climat plus serein que partout ailleurs (ne l’appelions-nous pas la petite Suisse du Congo ?).
Pourtant rien ne me disposait à vivre ici, parmi les arbres, loin de toute vie tracée au cordeau. Du passage sur une piste, d’un pont traversé, d’un recoin de forêt ou de savane visité, d’un animal observé, d’une rencontre furtive dans un village, il subsistera, tapi au fond de votre cœur, un sentiment léger d’une époque à jamais révolue. Une photo attestera peut-être de ces moments, mais au fin fond de la brousse, des générations s’en souviendront pour les avoir vécus ou entendus de la bouche des anciens.Ad Terrae acta 4
Laissez-moi vous conter, à travers mes photos, ces tranches de vie. Et puis ces lettres, peu empruntées au qu’on dira-t-on, collectées au fil des années, adressées à ma femme, à des tiers ou à moi-même. Ces lettres vous sont livrées telles quelles pour en garder l’authenticité.

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Je suis lié à ces gens, à cette Terre.