Mikaël Helleux _ Itinerrance

Photographe depuis une dizaine d’années installé à Rennes. Né en 1974.
Photographies essentiellement du bord de mer, de Bretagne et d’ailleurs (Italie, Croatie, Espagne, Irlande…). Le bord de mer pour le vent et les nuages, les lumières, les marées, les enfants et les chiens de mer.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2011 : Itinerrance

Triptyque: saynètes intemporelles composées a posteriori sous forme narrative, graphique, voire humoristique.
Monoptyque: Photographie au fil de l’eau et des rivages.
Panoptique: photographie sous forme panoramique. Une expression de la solitude au bord de mer, contemplative, souvent allègre.

Photographies argentiques en N&B pour souligner les aspects graphiques du réel, de chercher des lignes, d’agencer les éléments et les espaces dans le viseur, une façon de rechercher (une quête sans fin…) un nombre d’or.

Une contrainte infinie du N&B: ne disposer que d’une simple gamme de gris, du Noir profond au Blanc éclatant pour traduire le réel. Cela permet de cerner cet espace de jeux, et tenter de venir à bout de ces contraintes.

Jean Daniel Guillou _ Maman, qu’est ce qu’il a l’enfant?

Reportage réalisé à l’IME des rochers de Soyaux en 2010. Je remercie tout particulièrement Jacqueline Macé, les éducateurs, les familles sans oublier les enfants sans qui ce reportage n’aurait pas pu être produit

EXPOSITION BARROBJECTIF 2011 : Maman, qu’est ce qu’il a l’enfant ?

La question bien connue posée par l’enfant à ses parents devant une personne handicapée suscite souvent une réaction sans réponse ou embarrassée.
-Comment mieux comprendre et reconnaître l’autre ?


Parce que la différence n’est pas un handicap, parce que la différence doit permettre également de s’ouvrir à l’autre et de porter un autre regard sur notre monde mais surtout essayons d’avoir moins peur de ce que l’on ne connait pas.

Mon but au travers de ce reportage est de favoriser les échanges afin de faire connaître et reconnaître les possibilités de communication pour les personnes en situation de handicap quelle soit physique, psychique, social ou autre.

Donner à voir, à toucher, à écouter, à sentir à ressentir et peut être à mieux comprendre, n’est ce pas là l’ambition de la photographie agissant comme un révélateur.
Jean-Daniel Guillou / Faïza photographies

Michel Béguin _ Transporter, Porter,….encore et toujours !

Michel Béguin

EXPOSITION BARROBJECTIF 2011 : Transporter, porter,…encore et toujours !

Pas de véhicules de livraison, de voitures jaunes, de klaxonne du boulanger, non, les colis, les cahiers d’école, l’alimentation achetée, les tuyaux plastiques, mes bières, tout est venu au pas de l’homme, sur son dos ou celui d’un âne, d’un mulet.
Les boissons venues de la vallée sont plus chères en haut qu’en bas….et je comprends pourquoi !


Ici les chemins, gagnés sur la pierre, les éboulis, sont entretenus, consolidés après les glissements pendant la mousson. Ces sentiers, où il fait bon marcher, en vacances, les Népalais les utilisent au quotidien, dans un sens, dans l’autre, pour monter ou pour descendre, d’une vallée à une autre, du petit village au chef-lieu pour les soins, l’administration, les fêtes, le commerce…pour l’école.
Porteur, tu t’inscris dans ces beaux paysages, mais toi que vois-tu ? Je te vois arrêter, ta charge appuyée sur le mur aménagé, et reprendre des forces. Je te vois dans les rudes montées, le visage ne laissant rien paraître de ton épuisement, les yeux injectés de sang. Silencieux. Tu es payé à la tâche.
Les porteurs que nous utilisons, charge partagée ( enfin à peu près ! ) mangent avec nous et comme nous, y compris la bière partagée à l’étape. Le repas historiquement servit, c’est un immense plateau rempli de riz…avec un peu de lentilles, le Dal Bhat, mangé vite fait avec les doigts. La boisson, pour une question de coût, un thé lait, un thé népalais ou de l’eau de la montagne.
Les caravanes d’ânes se signalent de loin par les sons des clochettes, les cris d’encouragements donnés par l’homme d’accompagnement. Oui il faut utiliser la voix pour stimuler, ralentir la progression, il faut apostropher   la bête belliqueuse. Attention à se mettre du bon côté, pour ne pas risquer la chute. L’odeur de crotte fraîche nous accompagnera souvent sur ce versant de l’Annapurna.
On se double, on se croise, à chacun son rythme, un peu de connivence s’installe ; nous marchons tous , avec à peu près la même cylindrée !

La technique du portage est-elle culturelle ? Nous, nous portons sur le dos, la charge attachée aux épaules, le népalais en montagne, porte sur le dos , mais la charge est suspendue par un bandeau ( le namlo ) qui prend appui sur le haut de la tête ; dans la vallée de Katmandou, les 2 charges sont suspendues aux extrémités d’un bambou, appuyé sur les épaules.
Je garde un grand respect pour ces humbles, ces anonymes, ces besogneux porteurs.

En faisant le tour de l’Annapurna, on voit des travaux pour réaliser un rêve….faire ce chemin en voiture ! Ici les travaux se font à la main, à la pioche, à la dynamite …sur notre parcours un engin motorisé, genre pelleteuse ! L’agence touristique népalaise , avec son bus, son guide au micro pour commenter ces merveilleux  paysages, ces sommets enneigés, c’est plus de 8000m …..un cauchemar ! Je ne sais pas, mais porter encore oui, toujours ! De l’autre côté, on monte jusqu’à Muktinath 3800m en 4X4, sur des chemins poussiéreux.
Bonne route….à pied, avec nos porteurs.


le 23 mai 2011
Michel Béguin

Jérémie Audouin _ Berlin « State of Transition

Jérémie Aubouin né en 1979, est un photographe documentaire et de portrait qui vit et travaille à Berlin.

Contact : jeraubo@gmail.com

https://www.jeremie-aubouin.com

EXPOSITION BARROBJECTIF 2011 : Berlin « State of Transition« 

« State of Transition » est un projet photographique documentaire dans lequel j’explore les changements profonds survenus depuis la chute du communisme en 1989 dans les pays d’Europe Centrale contrôlés précédemment par l’URSS.
J’ai voulu documenter l’état actuel de la transition de ces pays, depuis des dictatures en faillite jusqu’à un modèle de société se voulant similaire à l’Europe de l’Ouest.
Je me suis focalisé sur l’ex-RDA (Allemagne de l’Est) ainsi que sur l’Europe Centrale (principalement la Pologne), et a volontairement exclu de ce projet tous les pays issus de l’ex-URSS.

© Jérémie Audouin



En tant qu’ « Européen de l’Ouest » vivant et ayant vécu dans plusieurs villes situées précédemment de l’autre côté du mur de fer, j’ai voulu voir comment un nouvel ensemble de valeurs est implémenté et appliqué dans des pays maintenus à l’écart pendant 40 ans.
Je me suis focalisé sur l’urbanisme: l’architecture, le tissu urbain, les intérieurs, les paysages urbains, etc. Ce que l’homme a fabriqué, transformé ou laissé derrière lui.
« Je suis intéressé par la confrontation d’images mentales associées « à l’Est » (kitsch soviétique, villes grises et poussiéreuses, architecture réaliste-socialiste, …) à la réalité d’aujourd’hui: un mélange très contrasté de nouveau et d’ancien, de nombreux chantiers, des centres-ville très modernes et des banlieues pas encore rénovées, des choix distincts pour ce qui est de planifier le territoire urbain, etc.

© Jérémie Audouin


Je suis aussi fasciné par la façon dont ces pays tentent d’une certaine façon de devenir encore plus « l’Ouest » que l’Europe de l’Ouest elle-même – et à travers ce miroir déformant, j’ai envie de comprendre ce que cette transition peut nous dire sur le « Premier monde », en quoi elle questionne la validité de ce modèle. »

© Jérémie Audouin

Frédéric Sautereau _ Invité d’honneur 2011

Frédéric Sautereau, né en 1973, est photographe indépendant.La notion de frontière et de division est le thème central de son travail.Il a été membre de l’agence Œil Public de 1998 à avril 2009.

De juillet 1997 à avril 2000, il travaille sur les villes divisées : Belfast, Nicosie, Mostar, Jérusalem et Mitrovica. Ce travail a été exposé au festival Visa pour l’image de Perpignan en 2001 et circule dans les galeries FNAC. Un livre, Des Murs et des Vies, est paru en mai 2002 aux éditions Le Petit Camarguais.De juin 2000 à août 2003, il se consacre au projet Lisières d’Europe et reçoit le soutien du Label Paris Europe, du Centre national des arts plastiques et de la Fondation Lagardère. Le livre Lisières d’Europe est paru aux Éditions Autrement en avril 2004. Ce travail a été exposé en France et en Espagne.

D’autre part, son travail réalisé à New York après les attentats du 11 septembre 2001 a été exposé en France, en Allemagne, en Suisse, au Portugal et au Québec. Un livre, N40°42’42 » W74°00’45 », est paru en septembre 2003 aux éditions 779.Ce travail fait partie de la collection du Fond National d’Art Contemporain.Il reçoit le Prix Fuji en 2003 pour un travail sur le mur érigé entre Israël et la Cisjordanie.En 2006, il est le premier photojournaliste à dénoncer les exactions des militaires centrafricains contre les populations du nord du pays. Pour ce travail, il reçoit le Grand Prix Paris-Match du Reportage Photographique en 2008.

En janvier 2009, il entre dans la Bande de Gaza par la frontière égyptienne dans les derniers jours des bombardements israéliens. Il réalise un travail photographique sur les conséquences des trois semaines de guerre sur les populations palestiniennes.En mars, il travaille au Nord-Kivu, en République Démocratique du Congo, sur les populations déplacées de cette région dévastée par la guerre. Il y réalise notamment un documentaire pour l’ONG Première Urgence et un livre Déplacés.

Frédéric travaille actuellement sur le Hamas dans la Bande de Gaza et présentera une exposition en avant-première à Barro sur le Hamas.

Prix et Bourses
Prix de La Photographie de l’Année 2011. APPPF. (2011).
Prix de l’Actualité. Festival du Scoop et du Journalisme. (2010).
Visa d’or Presse Quotidienne Internationale. La Croix. (2010).
Nominé au Visa d’or News. (2010).
Finaliste du Grand Prix CARE du Reportage Humanitaire. (2010).
Finaliste du Prix Anthropographia pour la Photographie et les Droits de l’Homme. (2010).
Prix Scam Roger Pic. Second Prix. (2009).
Finaliste du Prix Carmignac Gestion du Photojournalisme. (2009).
International Photography Award (IPA). Mention Honorable. Catégorie Guerre/Conflit. (2009).
Grand Prix Paris-Match du Reportage Photographique. (2008).
POYi. Award of Excellence. Multimedia Feature Story. (2008).
Lauréat du Prix Fuji France. Catégorie Magazine. (2003).
Lauréat du prix spécial de la Fondation Hachette. (2002).
Lauréat du FIACRE (Ministère de la Culture). (2002).
Lauréat de la Bourse Label Paris Europe. Mairie de Paris. (2002).
Portfolio Remarqué au Prix Kodak de la Critique. (2001).
Lauréat de la Bourse du Talent, Des Murs et des Vies. (2000).
Lauréat de la Fondation de France. (1999).
Bourse de la Création, Photofolies, catégorie reportage. (1998).
Prix du photo-reportage de l’Oeil Public. (1998).

EXPOSITION BARROBJECTIF 2011 : Hamas

Le Hamas, organisation terroriste pour les uns, mouvement de résistance pour les autres, est devenu depuis l’opération militaire israélienne dans la bande de Gaza, en janvier 2009, un interlocuteur incontournable à la solution du conflit israélo-palestinien. Organisation terroriste, mouvement de résistance, parti politique, le Hamas remplit ces fonctions et mérite toutes ces appellations à la fois. En tant que branche armée, il peut le plus souvent recevoir la qualification de terroriste.
 
Le Hamas agit principalement sous forme d’attentats suicides sur le territoire israélien contre des ressortissants militaires et civils (attentats kamikazes auxquels le mouvement a renoncé depuis janvier 2005), et de tirs de roquettes sur les villes israéliennes d’Ashdod, Sdérot et Beer-Shéva. Il traque également les Palestiniens qui collaborent avec Israël. Au titre de son action politique, le Hamas ne s’engage pas seulement dans le domaine politique, mais il s’implique également dans la vie économique, professionnelle et associative. Sur le plan caritatif et politique, qu’il confond souvent, c’est la création d’orphelinats, de dispensaires, la production de vêtements pour l’emploi des femmes, la mise en place de réseaux scolaires, d’institutions culturelles…Il a un réseau caritatif qui jouit d’une grande popularité dans toutes les classes sociales palestiniennes.

Hamas © Frédéric Sautereau

Il fait ce que l’Autorité palestinienne n’a pas été capable de faire. Son budget annuel est estimé entre 50 et 70 millions de dollars et il est devenu une véritable puissance financière dont les Palestiniens ne peuvent se passer. Mouvement créé en 1987 par le Cheikh Yassine dans la bande de Gaza comme une branche autonome des frères musulmans d’Égypte, il a progressivement pris une place importante dans la vie politique palestinienne jusqu’à gagner les élections législatives de janvier 2006.En juin 2007, le Hamas prend le contrôle total de la bande de Gaza dans un affrontement fratricide avec le Fatah, le mouvement politique et militaire palestinien fondé par Yasser Arafat. Le 19 septembre 2007, la bande de Gaza est déclarée « entité hostile » par Israël. Rejeté et isolé par la communauté internationale (États-Unis et Union européenne), le Hamas se retrouve à la tête d’un territoire de 360 km2 et peuplé d’un million trois cent mille habitants et où 80 % de la population dépend de l’aide humanitaire internationale et 56 % des habitants sont des enfants. Même si la guerre menée par Israël en janvier 2009 s’est soldée par une victoire militaire, privant le Hamas de têtes et de combattants, elle ne peut cacher que les buts invoqués ne sont pas atteints : le Hamas tient toujours d’une main de fer la bande de Gaza. Les tunnels de Rafah, qui lui servent à s’armer, fonctionnent toujours et depuis le cessez-le-feu, des roquettes Qassam sont tirées sur Israël. Le Hamas est donc le grand gagnant de ce conflit. Sur le plan médiatique, due à la longueur de l’engagement armée et malgré l’interdiction d’accès du territoire par Israël à la presse, une partie plus importante de l’opinion publique internationale a pour la première fois pris conscience de la détresse des populations civiles palestiniennes, châtiées par les uns et prises en otage par les autres. De nombreux pays, principalement européens, reconnaissent maintenant la nécessité de discuter avec le Hamas. Ce mouvement est-il destiné à connaître la même évolution que l’OLP de Yasser Arafat qui était classé organisation terroriste avant que son dirigeant ne reçoive le Prix Nobel de la Paix ?
 
Frédéric Sautereau