Javier ARCENILLAS _ Prix Lucas Dolega 2019_ Latidoamerica : La violence en Amérique Latine

Herman Omar Benegas Palma membre de la Mara MS, abattu à l’intérieur de sa voiture sur la route du Miracle à Villanueva San Pedro Sula, son véhicule reçoit 40 coups de feu.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2019 : Latidoamerica – La violence en Amérique Latine

Un essai sociologique sur l’Amérique Latine, la zone la plus violente du monde, avec tous les drames et misères qu’elle engendre. L’impuissance de la douleur et l’enfer vécu par les victimes d’assassins dans ce décor quotidien qu’est la guerre, où la violence fait toujours la une sanglante de l’actualité.

Il est absolument nécessaire de montrer et d’expliquer cette histoire pour montrer la vraie nature de la violence, car les journaux, la télévision et les magazines ne le font pas actuellement. C’est vraiment dommage, car il est malheureusement nécessaire que ces histoires trouvent leur voix dans la société.

L’Amérique Centrale est considérée comme étant un des endroits les plus violents du monde. Chaque jour, dans les rues de villes comme San Pedro Sula, Guatemala City, Tegucigalpa, San Salvador et Mexico City, meurtres, vols, et autres actes de violence, sont de plus en plus fréquents.

Les derniers maillons grotesques de cette chaîne de violence sont le narco-tourisme en Colombie, et le tourisme extrême en Amérique Centrale, qui transforment ces territoires déjà tâchés de sang et de larmes en cirque.

Les politiques internes de ces régions sont inefficaces et instables, le trafic de drogue vers les États-Unis incontrôlable et dangereux, sous la houlette des Maras, ou le contrôle de la frontière par les Zetas, ce qui fait de l’endroit une zone de guerre quotidienne. Le rapport de l’Organisation des États-Unis montre que dans un pays comme le Honduras, il y a une mort violente toutes les 74 minutes, alors que le pays n’est pas en état de guerre. En 2012, c’était le pays le plus violent du monde, avec un total de 7104 meurtres rapportés à la police.

Dans ces endroits, c’est un travail courant pour des enfants et des jeunes que d’être utilisés et entraînés à devenir des Sicarios (hommes de main). Ils sont attirés par l’argent facile et se sentent respectés et craints. Cette formation de jeunes tueurs, venus des strates les plus basses de la société, ne fait qu’augmenter le nombre de morts. Le peu de protection et de défense des enfants dans ces sociétés et dans ces situations de violence est alarmant.

EXPOSITION PARTENAIRE : Prix Lucas Dolega

Le Prix Lucas Dolega est destiné à soutenir les photographes qui exercent leur activité dans des conditions souvent difficiles et sur des zones pouvant comporter des risques pour assurer la diffusion d’une information libre et indépendante. Il a pour essence de récompenser un photographe qui par son engagement personnel, son implication sur le terrain, ses prises de position et la qualité de son travail, aura su témoigner de son attachement à la liberté de l’information.

Javier Arcenillas à reçu le prix Lucas Dolega 2019

BIOGRAPHIE

Humaniste, psychologue à l’Université Complutense de Madrid. Javier Arcenillas enseigne le photojournalisme et la photographie à l’école Internationale PICA.

Il développe des essais humanitaires où les personnages principaux sont intégrés dans des sociétés qui cloisonnent et attaquent la raison et les droits de l’homme, dans un monde de plus en plus indifférent.

Plusieurs récompenses lui ont été attribuées, pour en citer quelques-unes :
– Le prix Art Press, KODAK, Jeune photographe
Le prix Atlanta Journalism (meilleur photographe)
Une bourse du Fonds Social Européen
Le prix Fujifilm Fotopress
POYi
Le prix Sony World Photographic, 2010
Fotoevidence 2011
Le Terry O’Neill Award, 2012 et 2014
Photographe de l’année 2014, Moscou Photo Award 2014
Bourse Getty Image 2015
POYi Latam 2017
Photo de presse mondiale 2018

Tout au long de ces années, il a réalisé des projets sur l’Amérique Latine, comme “Territorios”, en JamaÏque, un travail qui se rapproche de “Traffic of Marihuana” ou de celui sur l’école Olympique de Boxe de La Havane. En 2013, il entre dans le dictionnaire des photographes espagnols. Il a publié quatre livres, “City Hope” sur les villes satellites qui émergent près des décharges d’Amérique Latine, “Welcome”, qui raconte l’histoire de réfugiés Rohingya de Myanmar dans le camp Kutupalong, “Sicarios”, sur les hommes de main en Amérique Centrale et UFOPRESENCES en 2018. En 2016, La Fabrica publie un Photobolsillo dans la collection des Photographes Espagnols. Ses articles les plus complets en dehors de la presse espagnole peuvent se trouver dans Time, CNN, iL Magazine, Leica Magazine, Der Spiegel, Stern, GEO, VICE News, National Geographic, TRIP, El Mundo, El Pais Semanal, Planeta Futuro, Zazpika, El Periodico de Guatemala, pour les magazines les plus importants. En ce moment, il travaille sur un projet pour Photographie Humanitaire. Ses articles et publications se retrouvent dans El Pais et El Mundo, El Confidential et Libero.

Laurent Van Der Stockt

INVITÉ D’HONNEUR EN 2005

BIOGRAPHIE

Laurent Van der Stockt, français, est né en Belgique en 1964. Il est journaliste et photographe indépendant. Son premier reportage photographique à l’étranger est un voyage clandestin dans la Roumanie du dictateur Nicolae Ceaucescu. Il en rapporte les images d’une population plongée dans la terreur et la misère. Il y retourne pendant l’insurrection de 1990 et rejoint l’agence française Gamma, puis le magazine américain Newsweek en 2001 et l’agence Getty en 2010.

Il a effectué des reportages dans toutes les guerres importantes et surtout l’ex-Yougoslavie, la Tchétchénie et l’Irak. Ses reportages ont été publiés dans la plupart des magazines et quotidiens internationaux.

Depuis 2012, Il collabore principalement au quotidien français Le Monde avec de longs reportages en Syrie et en Irak.

Son travail a été régulièrement récompensé et plus récemment par le prix Bayeux Calvados des correspondants de guerre et par le Visa d’Or du photojournalisme à Perpignan en 2013 pour les photographies de l’utilisation des armes chimiques par le régime de Bachar Al-Assad et en 2017 par le World Press Photo pour la bataille de Mossoul. Il a reçu en septembre 2017 le Visa d‘or News au festival international du photojournalisme Visa pour l‘image.

Ses travaux ont été fréquemment exposés ou acquis par des musées et des institutions.

Photographe Laurent Van Der Stockt / L’œil de la photographie

Hans Silvester

INVITÉ D’HONNEUR EN 2013

BIOGRAPHIE

Né le 2 octobre 1938 à Lörrach en Allemagne, Hans Silvester se découvre très tôt une passion pour la photographie. Il réalise ses premiers clichés vers l’âge de quatorze ans quand ses parents lui offrent son premier appareil. À partir de 1955, jeune diplômé de l’école de Fribourg, il effectue un voyage à travers l’Europe, notamment en Camargue, et s’intéresse rapidement au reportage. Son premier succès sera un reportage de 1960 accompagné de textes de Jean Giono. Tombé amoureux de la région, le photographe allemand s’installe en Provence en 1962.

1964 marque le début d’un long périple à travers le monde avec un reportage en Amérique du Sud pour une organisation caritative. Il parcourt les États-Unis où il s’établit pendant 6 mois, puis l’Amérique Centrale, le Japon, l’Égypte, le Portugal… Il rejoint l’agence Rapho en 1965.

En 1977, il inaugure la revue Géo en publiant un reportage sur un village du pays basque. Hans Silvester s’intéresse à tout : de la pétanque aux oiseaux en passant par les chevaux évidemment, pour lesquels il sera primé à la Foire du Livre de Leipzig.

Peu à peu, dans les années 80, il s’attache à défendre l’environnement et publie des reportages consacrés parcs naturels d’Europe, dénonce les ravages de la déforestation en Amazonie, réalise un long reportage sur la rivière Calavon sous le titre La rivière assassinée et enfin s’intéresse à l’exploitation de la forêt en Amérique du Nord. Entre deux reportages à l’autre bout du monde, Hans Silvester photographie toujours les animaux : chevaux, chats et pigeons… Après avoir publié un reportage sur les cerfs-volants du monde entier, il termine en 2006 un travail saisissant de plusieurs années sur les peuples de la Vallée de l’Omo, en Éthiopie.

Premier militant écologiste à s’être emparé de l’outil photographique comme d’une arme de persuasion, il est aussi un photographe animalier reconnu comme en témoigne l’immense succès de son livre Les Chats du soleil. Son œuvre acquiert aussi une dimension sociologique et patrimoniale lorsqu’il chronique la vie des habitants d’un village basque sur trente ans, ou saisit les éphémères peintures corporelles des peuples de l’Omo en Éthiopie.

Photographe Hans Silvester

EXPOSITION POUR LES 20 ans DE BARROBJECTIF : La beauté source de joie

C’est un hommage à la beauté des femmes africaines. La tribu Hamer du sud-ouest de l’Éthiopie au traditions séculaires vit d’élevage de chèvres, d’artisanat, et de selfies pour les touristes. Hans Silvester y est retourné 16 ans plus tard après 35 voyages déjà effectués dans cette vallée de l’Omo qu’il voit comme le cœur de l’humanité. Lors de son dernier séjour, il constate l’arrivée de nouveaux objets comme le téléphone portable qui fonctionne à l’énergie solaire et grâce aux antennes installées par les Chinois, les kalachnikovs aussi qui sont échangées avec les Soudanais et dont les maris refusent de se séparer malgré l’interdiction faite par le gouvernement.

Hans montre la beauté des femmes Hamer, leur joie et l’organisation de leurs activités quotidiennes : la cueillette des plantes, l’éducation des enfants, aller chercher de l’eau, surveiller les cultures, construire les huttes… La préparation des corps et des cheveux où elles s’enduisent de beurre de chèvre et de poudre ocre originaire des pierres volcaniques de la région, pour se faire belle et se protéger du soleil ne fait que renforcer le contraste entre leur esthétique et la rudesse de leur existence.

Les compagnes Hamers ont un bijou en commun, un simple torque en métal massif qu’elle ne pourront jamais enlever, sa pose étant une preuve de vaillance dont elles sont fières. La première femme porte 3 colliers tandis que les secondes et troisième épouses n’en portent que deux. La tradition veut que les futures épouses soient enfermées pendant 3 mois dans une hutte pendant que la mère et la belle-mère les nourrissent de plats riches de beaucoup de sang, de viande et de lait pour gagner du poids avant la nuit nuptiale.

Frédéric Sautereau

INVITÉ D’HONNEUR EN 2011

BIOGRAPHIE

Frédéric Sautereau, né en 1973, commence son activité de photojournaliste en 1993.
La notion de frontière et de division est le thème central de son travail.
Il a été membre de l’agence Oeil Public de 1998 à avril 2009.

De juillet 1997 à avril 2000, il travaille sur les villes divisées : Belfast, Nicosie, Mostar,
Jérusalem et Mitrovica. Ce travail a été exposé au festival Visa pour l’image de Perpignan en 2001 et circule dans les galeries FNAC. Un livre, Des Murs et des Vies, est paru en mai 2002 aux éditions Le Petit Camarguais.

De juin 2000 à août 2003, il se consacre au projet Lisières d’Europe et reçoit le soutien du Label Paris Europe, du Centre national des arts plastiques et de la Fondation Lagardère. Le livre Lisières d’Europe est paru aux Editions Autrement en Avril 2004. Ce travail a été exposé en France et en Espagne.Il reçoit le Prix Fuji en 2003 pour un travail sur le mur érigé entre Israël et la Cisjordanie.

De 2006 à 2008, il montre les exactions des militaires centrafricains contre les populations du Nord du pays. Pour ce travail, il reçoit le Grand Prix Paris-Match du Reportage Photographique en 2008.
D’autre part, son travail réalisé à New York après les attentats du 11 septembre 2001 a été exposé en France, en Allemagne, en Suisse, au Portugal et au Québec.
Un livre, N40°42’42 » W74°00’45 », est paru en septembre 2003 aux éditions 779.
Ce travail fait partie de la collection du Fond National d’Art Contemporain.

En janvier 2009, il réalise un travail photographique dans la bande de Gaza sur les conséquences des trois semaines de guerre sur les populations palestiniennes.

En mars, il travaille au Nord-Kivu, en République Démocratique du Congo, sur les populations déplacées de cette région dévastée par la guerre. Il réalise un documentaire (26’) et un livre, Déplacés, paraît aux éditions Première Urgence.

En janvier 2010, il se rend en Haïti, après le tremblement de terre.

De 2009 à 2012, il travaille sur le Hamas dans la bande de Gaza. Travail qui est exposé au festival de photoreportage de Barrobjectif et qui reçoit un Visa d’Or au festival de photojournalisme de Perpignan. En 2013, Frédéric arrête le photojournalisme afin de se consacrer à ses deux filles.

Photographe Frédéric Sautereau

Marc Riboud

INVITÉ D’HONNEUR EN 2009

BIOGRAPHIE

Marc Riboud est né en 1923 à Saint-Genis-Laval, près de Lyon. À l’Exposition universelle de Paris en 1937, il prend ses premières photographies avec le petit Vest-Pocket offert par son père pour ses 14 ans.

En 1944, il participe aux combats dans le Vercors.

De 1945 à 1948, il fait des études d’ingénieur à l’École centrale de Lyon et travaille en usine, puis il décide de se consacrer à la photographie.

En 1953, il obtient sa première publication dans le magazine Life pour sa photographie d’un peintre de la tour Eiffel. Sur l’invitation d’Henri Cartier-Bresson et de Robert Capa, il rentre à l’agence Magnum.

En 1955, via le Moyen-Orient et l’Afghanistan, il se rend par la route en Inde, où il reste un an. De Calcutta, il gagne la Chine en 1957 pour un premier long séjour avant de terminer son périple en Extrême-Orient par le Japon où il trouve le sujet de son premier livre : Women of Japan.

En 1960, après un séjour de trois mois en URSS, il couvre les indépendances en Algérie et en Afrique subsaharienne. Entre 1968 et 1969, il effectue des reportages au Sud ainsi qu’au Nord Vietnam, où il est l’un des rares photographes à pouvoir entrer. Dans les années 1980-1990, il retourne régulièrement en Orient et en Extrême-Orient, particulièrement à Angkor et Huang Shan, mais aussi pour suivre les changements immenses et rapides de cette Chine qu’il connaît depuis trente ans.

En 2011, Marc Riboud fait une dation au Musée national d’art moderne (Centre Georges Pompidou) d’un ensemble de 192 tirages originaux réalisés entre 1953 et 1977. Son travail a été couronné par des prix prestigieux et musées et galeries exposent son travail à Paris, New York, Shanghai, Tokyo, etc.

Marc Riboud s’est éteint à 93 ans à Paris, le 30 août 2016. Le cœur des ses archives rejoindra les collections du Musée national d’arts asiatiques – Guimet.

Portrait de Marc Riboud par Pierre Delaunay
Marc Riboud à Barro lors des 10 ans du festival BarrObjectif © Pierre Delaunay
Éric Bouvet à gauche et Marc Riboud à droite -Barro © Pierre Delaunay

Paolo Pellegrin _ Invité d’honneur 2019

Paolo PELLEGRIN est né en 1964 à Rome. Il a étudié l’architecture à l’Université la Sapienza, à Rome, en Italie, avant d’étudier la photographie à l’Institut de photographie de Rome.
Dans les années 90, il devient photojournaliste et intègre l’agence VU’ à Paris et couvre de nombreux conflits. En 2001, il est nominé à Magnum photos et devient membre de l’agence en 2005.

 

 

Il a été photographe pour Newsweek pendant dix ans. Il est également, depuis plus de vingt ans, un des photographes attitrés du New York Times.
À l’été 2016, il y publie le hors-série Fractured Lands fruit d’un travail de deux ans sur l’état du Moyen-Orient.

PELLEGRIN a remporté de nombreux prix, dont dix prix World Press Photo et le prix du photographe de l’année de Pictures of the Year en 2013, une médaille d’excellence Leica, un prix Olivier Rebbot, le prix Hansel-Meith Preis et le prix Robert Capa Gold Medal. En 2006, il a reçu la bourse W. Eugene Smith en photographie humaniste. Il habite à Londres.

Passage de frontière, Tunisie
Des personnes fuyant la Libye lors d’affrontements entre les forces rebelles et les forces pro-kadhafi. Passage de la frontière à Ras Jedir, près de Ben Guerdane. Tunisie, 2011.
Les ambulanciers soignent un homme qui a été poignardé lors d’une bagarre. Rochester, NY, États-Unis, 2012
Opération Peshmerga Kurde vers Bashiqa, pendant la bataille pour la libération de Mossoul. Irak, 2016

Parmi ses livres  :

100 photos de Paolo Pellegrin pour la liberté de la presse – Reporters sans frontières, France, 2013
Paolo PellegrinKunstfoyer der Versicherungskammer Bayern 2012
Dies Irae – Contrasto, Italie, 2011
Photo Poche (Actes Sud, France, 2010
Alors que je mourais… Actes Sud, France, 2007
Double Blind : War in Lebanon 2006Trolley, 2007
Kosovo 1999-2000 : The Flight of ReasonTrolley, États-Unis, 2002
L’au delà est làLe Point du Jour, France, 2001
CambogiaFederico Motta Editore, Italie, 1998
BambiniSinnos, Italie, 1997

Emin Özmen _ Les Limbes et de La guerre cachée

INVITÉ D’HONNEUR EN 2018

BIOGRAPHIE

Photojournaliste, Emin est né en 1985 à Sivas en Turquie. Après cinq années passées à étudier la physique à Samsun, il décide de se consacrer à sa passion, la photographie. Il est alors admis à la Faculté des Beaux-Arts Marmara d’Istanbul, où il étudie la photographie durant quatre ans. Il obtient ensuite un diplôme en photographie documentaire à l’Université d’Art et de Design de Linz – Autriche.

En 2011, son travail sur la sécheresse en Somalie est publié. La même année, il se rend au Japon pour couvrir le séisme de la côte Pacifique du Tōhoku. Il couvre également les grandes manifestations économiques en Grèce. L’année suivante, il commence un long travail sur la guerre en Syrie, où il s’est rendu à de nombreuses reprises. En 2014, il documente la crise liée à l’Etat Islamique en Irak.

Depuis 2012, Emin Özmen a engagé un long travail de documentation photographique auprès des populations emportées dans le tourbillon des conflits. Il s’est rendu à de nombreuses reprises en Syrie, en Turquie, en Irak et en Europe à la rencontre de ces gens, devenus “réfugiés” par la force des choses. Il a ainsi pu recueillir leurs témoignages et tenter de “capturer” leurs vécus à travers son travail. En Décembre 2015, Magnum Photos a accordé une bourse à Emin Özmen afin qu’il complète son projet, intitulé « Les Limbes.

Son travail a notamment été publié par TIME Magazine, New York Times, BBC, CNN, Der Spiegel, The Guardian, Le Monde, Paris Match, Libération, L’Obs, Telegraph, Bild, etc.

Emin Özmen a remporté plusieurs prix, parmi lesquels le World Press Photo (à deux reprises) et le Prix du public au Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre en 2014.

En 2017 il a rejoint l’Agence Magnum Photos en tant que nominé.

Photographe Emin Özmen

EXPOSITION POUR LES 20 DU FESTIVAL : Rétrospective des Limbes et de La guerre cachée

Les limbres

Depuis 2012, Emin Özmen a engagé un long travail de documentation photographique auprès des populations emportées dans le tourbillon des conflits.

Il s’est rendu à de nombreuses reprises en Syrie, en Turquie, en Irak et en Europe à la rencontre de ces gens, devenus “réfugiés” par la force des choses. Il a ainsi pu recueillir leurs témoignages et tenter de “capter” leurs vécus à travers son travail.

Turquie : La guerre cachée

En juin 2015, lors des élections législatives, le parti pro-kurde du HDP a remporté 13% des suffrages et privé le parti au pouvoir (celui du président Erdoğan, l’AKP) de sa majorité absolue.

Après ces élections, le bruit des bombes se fait de nouveau entendre et une vague d’attentats secoue la Turquie: Suruç, Diyarbakir, Ankara. Dans le sud-est, à majorité kurde, le fragile cessez-le-feu, obtenu en 2013, entre l’État turc et les combattants du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), classé organisation « terroriste » par Ankara, Bruxelles et Washington a volé en éclats.

Des combats quotidiens font rage et les civiles kurdes se retrouvent une nouvelle fois otages d’un conflit vieux de 30 ans, qui a déjà couté la vie à plus de 40 000 personnes.

Pour venir à bout du PKK, alors solidement enracinés dans les centres urbains peuplés, les autorités ne lésinent pas sur les moyens. Des dizaines d’élus locaux, suspectés de soutenir le terrorisme sont arrêtés ou mis à pied. Une à une, les villes kurdes sont placées sous-couvre feu : des dizaines de milliers d’habitants forcés de vivre terrés chez eux.

D’après l’ONU, les opérations menées par les forces turques entre juillet 2015 et la fin de 2016 ont touché plus de 30 localités, dont certains quartiers ont été rasés, et ont contraint entre 335 000 et 500 000 personnes à fuir, en majorité des Kurdes.

Jean-Luc Moreau Doleris

INVITÉ D’HONNEUR EN 2001

BIOGRAPHIE

Jean-Luc Moreau Deleris fut photographe et grand reporter de 1996 à 2007.

En 1999, il intègre le staff de l’agence Gamma pour laquelle il couvre de nombreux conflits (Timor, Kosovo, Afghanistan…).
Son goût s’affirme pour les reportages signés « texte et photo » : piraterie en Mer de Chine, Tchernobyl, Tibet, Somalie, Côte d’Ivoire, Djibouti… et Russie. Moscou devient son port d’attache et son terrain de jeu.

Membre du collectif de photographes «Orizon» à partir de 2004 et du cercle de grands reporters, il a signé de nombreuses publications dans la presse magazine française et internationale.

Cédric Gerbehaye

INVITÉ D’HONNEUR 2016

BIOGRAPHIE

Cedric Gerbehaye est un photographe documentaire et journaliste, la photographie s’est imposée à lui comme forme d’écriture privilégiée lorsqu’il s’intéresse au conflit israélo-palestinien. À partir de 2007, il se rend régulièrement en République démocratique du Congo : Congo in Limbo fait l’objet d’un livre et reçoit de nombreuses distinctions internationales.
Sa série Land of Cush sur le Sud Soudan, est publiée dans un livre au titre éponyme et est récompensé par le Prix Scam-Roger Pic. En 2013, il réalise le webdocumentaire Broken Hopes, Oslo’s Legacy et est invité en résidence par le festival ImageSingulières, il publie Sète#13. Avec D’entre eux, présenté au FoMu – Musée de la photographie d’Anvers et publié à l’occasion de Mons 2015, Capitale européenne de la culture, il choisit de photographier en Belgique. Cédric Gerbehaye est membre fondateur de l’Agence MAPS.

Photographe Cédric Gerbehaye

Jean Gaumy

INVITÉ D’HONNEUR EN 2014

BIOGRAPHIE

Né en 1948 à Royan Pontaillac (Charente-Maritime), Jean Gaumy suit des études à Toulouse et Aurillac puis poursuit des études supérieures à Rouen où il a travaillé comme éditeur et photographe indépendant dans la région Paris-Normandie.

Jean Gaumy a été élu à l’Académie des Beaux-Arts de l’Institut de France en 2016

Il vit à Fécamp, Haute Normandie depuis 1995.
En 1973 il intègre l’agence Gamma à la demande de Raymond Depardon ; en 1975, il initie deux reportages au long terme sur des sujets jamais encore traités en France, le milieu hospitalier (L’Hôpital, 1976) et carcéral (Les Incarcérés, publié en 1983). Il rejoint l’agence Magnum en 1977 après avoir été remarqué aux Rencontres d’Arles en 1976 par Marc Riboud et Bruno Barbey.

Également réalisateur, il explore dans ses films et reportages le monde de la vie rurale et maritime. Il réalise en 1984 son premier film, La Boucane ; d’autres films suivent, souvent primés, tous diffusés par les télévisions françaises et européennes. Cette même année, il commence un cycle d’embarquements hivernaux à bord de chalutiers qu’il poursuivra jusqu’en 1998 et qui donnera lieu en 2001 à la publication du livre Pleine Mer.

Il réalise de nombreux reportages en Afrique, en Amérique centrale et au Moyen-Orient. Son premier voyage en Iran se déroule lors de la guerre avec l’Irak en 1986, où il prendra une photo devenue célèbre de femmes iraniennes s’exerçant à tirer pendant la guerre Iran-Irak. Il se rendra dans ce pays jusqu’en 1997.

Après Jean-Jacques, chronique du bourg d’Octeville-sur-Mer vue par les yeux de l’« idiot du village » en 1987, il réalise son troisième film, Marcel, prêtre, en 1994, tourné en plusieurs années à Raulhac, dans le Cantal. Dès 2005, il engage les repérages et le tournage du film Sous-Marin (2006) pour lequel il passe quatre mois en plongée lors d’une mission à bord d’un sous-marin nucléaire d’attaque. Il entame un travail de reconnaissance photographique qui le conduit des mers arctiques aux territoires contaminés de Tchernobyl en Ukraine. Pour le même projet, il repart en 2010 à bord du plus récent des navires dédié à la dissuasion nucléaire.

Il a reçu le prix Nadar en 2002 pour Pleine Mer puis en 2010 pour D’après nature, une série de paysages de montagne. Il est nommé officiellement Peintre de la Marine en 2008.

En 2013, il a rejoint l’équipe scientifique internationale « BB Polar » avec laquelle il se rend au Spitzberg et au Groenland (2013, 2014 et 2016).

Jean Gaumy © Michelle Gaumy
© Michelle Gaumy

EXPOSITION DES 20 ANS DE BARROBJECTIF : Paysages arctiques – La science rencontre l’art à la pointe nord de la Terre

« J’aime aller sur des terres hostiles pour être à la limite « , dit Jean Gaumy de Magnum, au sujet de son travail de photographe de l’Arctique, un sujet qui devient de plus en plus urgent – et politisé – à la lumière des débats sur le changement climatique. « J’ai une curiosité pour ces endroits depuis mon enfance, et maintenant que le climat atteint un nouvel écosystème sur la planète, je pense qu’il est important de voir ce que je peux voir à ce sujet. »

En janvier 2017, l’explorateur britannique Sir David Hempleman-Adams a demandé aux politiciens de prendre des mesures pour lutter contre les changements climatiques après un récent voyage en bateau autour de la région polaire par les passages du Nord-Est et du Nord-Ouest – qui devrait traditionnellement prendre trois ans – qui a été achevé par son équipe en seulement quatre mois et un jour parce que la glace avait tellement fondu. Cela fait suite à la nouvelle de 2016 selon laquelle les scientifiques ont conclu que l’impact de l’homme sur la planète est maintenant si important que la Terre est entrée dans une nouvelle ère – qu’ils appellent Anthropocène.

Depuis 2008, Jean Gaumy a accompagné des scientifiques qui étudient les changements climatiques et le réchauffement de la planète dans l’Arctique dans le cadre de diverses missions de recherche, dont la plus récente est le projet Bebest. Embarqué sur le voilier scientifique Le Vagabond, ainsi que dans plusieurs expéditions internationales de BB Polar, le photographe a eu un accès exceptionnel aux régions reculées de l’Arctique. Parallèlement à ce travail documentaire, Jean Gaumy a poursuivi son travail personnel de longue haleine sur les paysages et les territoires. Le travail en cours qui en résulte est une vision intime et contemplative de l’Arctique, dépeignant une neige blanche désolée, des paysages désertiques et de puissantes vagues océaniques pétrifiées comme de grandes sculptures de glace par des températures sous zéro.

En tant que photographe, Gaumy est très conscient de la subjectivité de la photographie, mais aussi de son pouvoir révélateur – ce qu’elle peut montrer non seulement du monde capturé dans l’image, mais du photographe et du moment où il l’a prise. Pour lui, photographier l’Arctique est autant un exercice d’exploration de sa propre perception que l’étude du paysage lui-même.

« En tant que  » touriste  » professionnel que je suis, dit-il avec ironie, il y a deux choses que je fais quand je vais dans l’Arctique : photographier des paysages, et être avec les gens, observer leur signature, leur marque, sur le lieu. L’une est très contemplative, et je joue avec la représentation de la forme et ma vision du paysage telle que perçue à travers ma culture, mon passé et mes racines, comme je l’ai fait pour mon dernier livre D’après Nature ; l’autre est d’observer comment les autres personnes analysent scientifiquement les éléments de ces parties de la planète. »

Bien qu’il documente un domaine au centre du débat sur le changement climatique, Gaumy souligne les lacunes de la photographie dans sa capacité à saisir des preuves. « Les photos elles-mêmes ne sont pas des preuves du changement climatique. Elle est souvent invisible, impalpable et pourtant, avec le temps, évidente. Un scientifique peut vous dire objectivement qu’il y avait quelque chose il y a 20 ans et qu’il n’y en a plus maintenant. Je ne peux pas. Lorsque les scientifiques utilisent leurs expériences et leurs données pour analyser les changements climatiques et la raison de ces changements, j’envisage – modestement. Mes photos pourraient être vues comme une sorte d’enzyme pour agréger, pour attirer l’attention des gens. C’est ma contribution. »