Jean-Daniel Guillou – L’Ukuli : un rite millénaire

Portrait de Jean-Daniel GuillouNé en 1963 à Dakar, Jean-Daniel Guillou vit en Charente. Photographe freelance il est l’auteur du livre 18, Appels d’urgence (éditions Arléa) sur les sapeurs-pompiers, qui a nécessité deux ans de travail. Il a notamment réalisé pour Géo un témoignage photographique sur les derniers Tziganes vivants en roulotte dans le Limousin. Passionné de l’Afrique, où il a réalisé un reportage sur l’Association de l’arche de Zoé, et emprisonné au Tchad pendant 2 semaines, Jean-Daniel s’est retrouvé au coeur de l’actualité. Curieux des univers les plus variés, il est un observateur patient du quotidien, photojournaliste au long cours, qui réalise des sujets complexes, ou nécessitant une approche précautionneuse.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : L’Ukuli, un rite millénaire

La vallée de l’Omo, encore peu accessible, est l’un des berceaux de l’humanité. Plus de vingt ethnies se partagent cette vallée : Karo, Musi, Ari, Hamar, Dorzé, ethnies qui ont longtemps vécu en marge de l’histoire éthiopienne. J’ai passé une journée avec l’ethnie des Hamar, qui sont des pasteurs nomades, vivant de l’élevage, et de la culture du sorgho.

Les Hamar amorcent des danses et des chants traditionnels. Ils sautent en joignant les deux pieds. Leurs cris se mêlent aux coup de trompettes qui raisonnent.

Les rites traditionnels structurent l’existence des Hamar. Le plus connu est l’Ukuli : il symbolise l’entrée du jeune homme dans l’âge adulte. Chez les Hamar, ce rite initiatique pour passer du statut de garçon à celui d’homme prêt à se marier est immuable depuis des siècles. Le futur initié (l’aïké) est désigné par son chef de clan, puis se prépare longuement.

Des jeunes Maz déjà initiés, ils accompagnent le jeune novice (l’aïké) tout au long de la cérémonie.

La dernière étape de ce rite de passage prend la forme d’une cérémonie, chants, danses, flagellations, et enfin le saut de vache pour devenir un homme. Dans ce reportage, le jeune initié passe la plus grande épreuve de sa vie, celle qui lui permettra de devenir un adulte. S’il réussit, il pourra se marier, posséder un troupeau, participer au conseil des anciens, et enfin, porter une Kalachnikov et partir à la guerre contre les tribus ennemies, surtout les Mursi, qui leur volent femmes et bétail.

Elle fait face au jeune Maz, pour lui montrer son courage, elle secoue ses tresses enduites de glaise et l’insulte.

Quelques images peuvent choquer, les jeunes femmes soutiennent le jeune initié à leur façon, elles s’apprêtent à subir volontairement des flagellations. Les femmes dansent, hurlent dans leur trompette, boivent de la bière de sorgho qu’elles se passent de bouche en bouche pour vaincre la peur mais aussi la douleur.

Jean-Éric Fabre – Ad Terrae acta : correspondances congolaises

Éric Fabre, dit Jean-Éric, né à Paris. Après des études à l’école EFET, je travaille quelques années comme tireur noir&blanc.

portrait de Jean-Eric Fabre par Stephen Bartels. London, Pimlico (UK)

© Stephen Bartels. London, Pimlico (UK)

Lors d’un de mes voyages, je m’attarde au Congo où je reste plusieurs années. Ce voyage au long cours me marquera de son empreinte, et oriente ma carrière de photographe que j’ai reprise à part entière dès le début des années 2000. Je documente la vie en brousse depuis 1993. Mes images et reportages sont diffusés par des agences et sont à destination de la presse, y compris scolaire et de jeunesse, de l’édition, et des muséums d’histoire naturelle.
Ad Terrae acta présente un extrait de mon projet de livre, entre poésie et documentaire.

EXPOSITION BARROBJECTIF 20017 : Ad Terrae acta : correspondances congolaises

Ad Terrae acta est le journal de ma vie en Afrique. J’ai vécu sur cette Terre, au-delà du Mayombé, dans les grandes plaines de la vallée du Niari au Congo. J’étais forestier en Afrique là, à deux pas des contreforts de la vieille montagne, l’Équateur à 260 miles plus au nord, le vent venu de l’Atlantique laissait de temps à autre s’installer un climat plus serein que partout ailleurs (ne l’appelions-nous pas la petite Suisse du Congo ?).
Pourtant rien ne me disposait à vivre ici, parmi les arbres, loin de toute vie tracée au cordeau. Du passage sur une piste, d’un pont traversé, d’un recoin de forêt ou de savane visité, d’un animal observé, d’une rencontre furtive dans un village, il subsistera, tapi au fond de votre cœur, un sentiment léger d’une époque à jamais révolue. Une photo attestera peut-être de ces moments, mais au fin fond de la brousse, des générations s’en souviendront pour les avoir vécus ou entendus de la bouche des anciens.Ad Terrae acta 4
Laissez-moi vous conter, à travers mes photos, ces tranches de vie. Et puis ces lettres, peu empruntées au qu’on dira-t-on, collectées au fil des années, adressées à ma femme, à des tiers ou à moi-même. Ces lettres vous sont livrées telles quelles pour en garder l’authenticité.

Ad Terrae acta 15

 

Je suis lié à ces gens, à cette Terre.

Isabel Corthier – Équilibrer sur la corde de la paix

Isabel Corthier (Belgique, 1977) est une photographe freelance. Elle travaille en
Belgique et dans le monde entier pour faire des reportages photographiques et des
portraits. Avec son mari, elle va dans le tiers monde où elle travaille en tant que photographe ainsi que comme logisticienne pour Médecins sans Frontières.
Entre les missions, Isabel fait des reportages photographiques pour les ONG comme MSF, Caritas, Trias, BRS Coop, Vredeseilanden (VECO), Louvain Coopération et Entrepreneurs pour Entrepreneurs.
Ses photos ont été montrées dans des expositions en Chine, Inde, France, Belgique et quelques images ont remporté des prix.
Dans sa photographie son but est de montrer l’humanité dans la vie de chacun.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Équilibrer sur la corde de la paix

En République Centrafricaine musulmans et chrétiens cohabitent en harmonie depuis des générations. Les mariages interreligieux n’étaient aucune exception et les gens se convertissaient facilement d’une religion à l’autre.

Un conflit politique et économique a tourné religieux et les deux communautés ont été entraînées dans une horrible guerre civile dans laquelle elles étaient placées l’une contre l’autre. Progressivement l’objectif était d’arriver à une république sans musulmans. Le génocide n’était pas prononcé mais exécuté, si. Bangassou, petite ville dans le sud-est du pays, cependant, n’est pas tombé dans cette guerre. Certains musulmans et chrétiens se sont unis dans une Commission de Conciliation dans le but de ne pas laisser aggraver des tensions locales existantes et les conflits.

Ida est la femme d’Hervé, avec leurs enfants dans leur maison qui avaient été complètement pillés par les rebelles.

Malgré le contexte d’une haine grandissante, Bangassou continue à s’équilibrer sur la corde fragile de la paix.
Ce projet veut être un exemple de comment les gens peuvent garder la paix, même dans les situations les plus pénibles.

Exposition Barrobjectif 2015
Exposition Barrobjectif 2014

Rosalie Colfs – Kinshasa–Matadi Express

Rosalie Colfs, artiste polyvalente : styliste, photographe, graphiste.
J’ai, durant mes années passées en Afrique centrale, développé une approche artistique favorisant l’émancipation sociale des sujets. L’objectif est de témoigner de manière positive et digne de réalités sociétales méconnues et ce au bénéfice du plus grand nombre.Portrait de Rosalie Colfs
J’ai à ce titre développé plusieurs expositions monumentales situées au sein même des communautés photographiées — enfant de la rue, travailleurs de l’ombre, justiciables, élèves, malades du sida — afin de susciter une réflexion et, pourquoi pas, une réaction.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Kinshasa–Matadi Express

 

Expo photos du train dans le train Kinshasa–Matadi Express -1La ligne de chemin de fer fut construite en 1890 entre le port de Matadi et Kinshasa (Léopoldville à l’époque). Le 23 août 2015, après quinze années d’interruption au public, le train relie à nouveau les 365 Km qui séparent les deux villes. Un samedi matin du mois de novembre 2015, après de grandes pluies, le voyage commence et le temps s’arrête.Kinshasa–Matadi Express-2

 

Afin d’offrir de l’art et de la culture aux voyageurs, cette exposition est maintenant accrochée dans les wagons de ce même train, et à la gare centrale de Kinshasa.Kinshasa–Matadi Express-3

Bénédicte Kurzen_invitée d’honneur 2017

© Robin-Maddock

Bénédicte Kurzen a commencé sa carrière photographique en 2003 en allant en Israël pour couvrir l’actualité chaude dans la Bande de Gaza, en Irak et au Liban.
En 2004, elle passe du «news» à la photographie documentaire avec un projet sur les femmes kamikazes volontaires et les veuves palestiniennes dans la Bande de Gaza. Ce travail fait partie d’un projet collectif plus ample intitulé « Violences faites aux femmes », en collaboration avec Amnesty International et Médecins Sans Frontières.
Bénédicte a une maîtrise d’histoire contemporaine de la Sorbonne, Paris. Son mémoire est consacré au « Mythe du photographe de guerre », ce qui l’inspira pour devenir journaliste d’image.
Au cours des dix dernières années, elle a couvert les conflits et les changements socio-économiques en Afrique. De l’Afrique du Sud (2015–2013), sa base, elle explore certains des plus douloureux défis de la société post-apartheid. Elle produit “Next of Kin” (Plus proche parent), “The Boers Last Stand” (Les Boers aux abois) et « Amaqabane ». Ce dernier projet consacré aux vétérans de la lutte anti-apartheid fut produit dans le cadre du prestigieux Joop Swart Masterclass en 2009. En 2011, elle reçoit une bourse du Pulitzer Centre qui lui permet de produire un travail complexe au Nigeria, “A Nation Lost to Gods” (Une Nation perdue des dieux), exposé à Visa pour l’Image, et qui lui a valu une nomination pour le Visa d’Or 2012.
Elle devient membre de l’agence NOOR, en 2012, et déménage à Lagos l’année d’après. De là elle continue à couvrir l’Afrique, avec une attention toute particulière pour le Nigeria, qui la passionne depuis longtemps. Son travail nigérian fait l’objet d’une exposition à Londres et à Lagos en collaboration avec Robin Maddock et Cristina de Middel : “Shine Ur Eye”. Enfin elle fut aussi professeur à l’Université américaine du Nigeria.

Bénédicte Kurzen

INVITÉE D’HONNEUR 2017

BIOGRAPHIE

Portrait de Bénédicte Kurzen invitée d'honneur deu festival Barrobjectif

Bénédicte Kurzen a commencé sa carrière photographique en 2003 en allant en Israël pour couvrir l’actualité chaude dans la Bande de Gaza, en Irak et au Liban.
En 2004, elle passe du «news» à la photographie documentaire avec un projet sur les femmes kamikazes volontaires et les veuves palestiniennes dans la Bande de Gaza. Ce travail fait partie d’un projet collectif plus ample intitulé « Violences faites aux femmes », en collaboration avec Amnesty International et Médecins Sans Frontières.
Bénédicte a une maîtrise d’histoire contemporaine de la Sorbonne, Paris. Son mémoire est consacré au « Mythe du photographe de guerre », ce qui l’inspira pour devenir journaliste d’image.
Au cours des dix dernières années, elle a couvert les conflits et les changements socio-économiques en Afrique. De l’Afrique du Sud (2015–2013), sa base, elle explore certains des plus douloureux défis de la société post-apartheid. Elle produit “Next of Kin” (Plus proche parent), “The Boers Last Stand” (Les Boers aux abois) et « Amaqabane ». Ce dernier projet consacré aux vétérans de la lutte anti-apartheid fut produit dans le cadre du prestigieux Joop Swart Masterclass en 2009.
En 2011, elle reçoit une bourse du Pulitzer Centre qui lui permet de produire un travail complexe au Nigeria, “A Nation Lost to Gods” (Une Nation perdue des dieux), exposé à Visa pour l’Image, et qui lui a valu une nomination pour le Visa d’Or 2012.
Elle devient membre de l’agence NOOR, en 2012, et déménage à Lagos l’année d’après. De là elle continue à couvrir l’Afrique, avec une attention toute particulière pour le Nigeria, qui la passionne depuis longtemps. Son travail nigérian fait l’objet d’une exposition à Londres et à Lagos en collaboration avec Robin Maddock et Cristina de Middel : “Shine Ur Eye”. Enfin elle fut aussi professeur à l’Université américaine du Nigeria.

Filip Santens – Sandscapes

Sandscapes_Namib-Naufluft_désert

portrait-Filip-Santens

Filip Santens est né en 1951 à Ghent. Photographe en Belgique depuis 1978. Spécialisé en reportage et en portrait studio. Durant mes loisirs, je photographie les paysages et la nature.

  • Master QEP (Master Qualified European Photographer) en 2010.
  • 5 fois QEP dans les catégories paysage, portrait, illustration, mariage et art.

Plusieurs récompenses/prix nationaux et internationaux, des expositions.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2016 : Sandscapes

Le désert du Namib-Naufluft en Namibie se caractérise par les grands espaces

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la solitude

la chaleur

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les couleurs

le silence

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 on y est « hors du temps »

Le désert du Namib-Naufluft, c’est le bonheur !

Arnaud Roiné – J’ai vu Ébola…

Arnaud Roiné est photographe militaire. Né en 1973 à Laval, il vit et travaille à Paris.

Ses missions officielles l’amènent à témoigner des engagements de l’armée française partout dans le monde. Mais, au-delà des images de conflit ou d’aide humanitaire pour la mémoire collective, il capture des instantanés de vie avec son matériel personnel.

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En double regard permanent, il s’engage à révéler l’histoire d’après et fait disparaître le photographe institutionnel au profit de l’observateur attentif. Lorsque son mandat est terminé, son travail commence pour dévoiler ce qui se passe lorsque les objectifs officiels ne sont plus présents.

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EXPOSITION BARROBJECTIF 2016 : J’ai vu Ébola 

Ébola n’était pour moi qu’une information, une mauvaise nouvelle de plus pour l’Afrique lorsque l’OMS déclare officiellement l’épidémie en mars 2014. J’ai vu, comme tout le monde, des images terribles de personnes mourant dans les rues. Puis ces scaphandres blancs, jaunes ou bleus venant prendre les malades chez eux pour les transporter dans de grandes tentes isolées dans des no man’s land. A ce jour, sur les 24000 personnes touchées en Afrique de l’Ouest, plus de 10 000 sont décédées. Ébola est devenu plus concret lorsque j’ai été envoyé en mission à Conakry en décembre 2014. Je devais passer trois mois à documenter la montée en puissance puis le quotidien d’un centre de traitement un peu particulier. La France, à la demande de la coordination guinéenne, a décidé de mettre en place un centre de traitement Ébola à destination des personnels soignants (CTS), ces hommes et ces femmes que le Time Magazine avait désigné : « person of the year » 2014. Ce centre de traitement était opérationnel au mois de janvier 2015 avec une seule devise : « Vous étiez là pour eux, nous sommes là pour vous. » Tout au long de mon séjour dans ce pays, je suis allé à la rencontre de ces héros ordinaires, ces Guinéens qui se sont levés pour faire face à l’épidémie qui ravageait leur nation.

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J’ai voulu les photographier droit dans les yeux et leur donner la parole. Par le portrait et le regard direct, j’ai souhaité oublier les images spectaculaires de l’épidémie Ébola pour me focaliser sur ces visages marqués par ce qu’ils ont vu et vécu. Leurs témoignages mettent en lumière une réalité parfois bien plus forte que ce que peut contenir une image seule aussi violente soit-elle. À travers cette série, tous ont la parole, qu’ils soient Guinéens, Français, soignants ou soignés. Quoi de mieux que leurs mots pour exprimer leurs maux !

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Arnaud Roiné

tel : 06-58-19-33-52
arnaudroine@yahoo.fr

Cédric Gerbehaye _ l’Invité d’honneur 2016 – Congo in Limbo

Congo in LimboCédric Gerbehaye, né à Bruxelles en 1977, est journaliste de formation, la photographie s’est imposée à lui comme forme d’écriture privilégiée. À partir de 2002, il s’intéresse d’abord au conflit israélo-palestinien en tentant d’analyser la déception et la révolte que l’échec des accords d’Oslo a engendrées, en Israël comme en Palestine. Analyser, comprendre, toucher au plus près et avec exigence les réalités du terrain, même lorsqu’elles sont dissonantes. En étant conscient qu’il faut bien plus d’une image pour résumer les contradictions des hommes et celles de l’Histoire. Il s’est également penché sur la crise économique et sociale qui sévit en Israël, avant de se pencher sur la question kurde tant en Turquie qu’en Irak. En 2006, il obtient deux récompenses au prix Photographie ouverte du Musée de la Photographie de Charleroi. Un an après, son travail Gaza : pluies d’été est salué au Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre.

À partir de 2007, il se rend en République démocratique du Congo et intègre l’Agence VU’.Logo-AgenceVU-

Son enquête ne va cesser de le porter vers ce pays dont il dresse au fil de ses reportages un saisissant état des lieux, traitant à la fois des déplacements de population, du conflit armé, de l’enrôlement des enfants-soldats, des violences faites aux femmes, du rôle clef des minerais, de la vie quotidienne sur le fleuve Congo, de la montée des églises évangélistes… Cette somme photographique réunie sous le titre Congo in Limbo a fait l’objet d’un livre, de plusieurs expositions et lui a valu sept distinctions internationales, parmi lesquelles un World Press Photo, l’Amnesty International Media Award et l’Olivier Rebbot Award de l’Overseas Press Club of America. Land of Cush, le travail qu’il accomplit à partir de 2010 au Sud-Soudan le conduit à travailler avec le soutien de la Magnum Foundation Emergency Fund, de la bourse Fnac et du Pulitzer Center on Crisis Reporting. Ce nouvel opus, qui suit la naissance du pays et en dévoile les premières désillusions, est récompensé par le prix Scam-Roger Pic 2012.
En 2013, il continue d’explorer de nouvelles formes d’écriture et réalise, avec la journaliste Eve Sabbagh, le webdocumentaire Broken-Hopes, Oslo’s Legacy pour le 20e anniversaire de la signature des accords d’Oslo, primé par l’Agence Française de Développement et finaliste au Prix Bayeux des Correspondants de guerre et au Visa d’Or-webdocumentaire du Festival Visa pour l’image.gerbehaye_cedric_portrait

Dans son dernier travail, intitulé D’entre eux, Cédric Gerbehaye en choisissant de se confronter à son propre pays, la Belgique, renouvelle son écriture, forcément plus personnelle sur une terre où l’intime, le vécu et les souvenirs troublent et enrichissent le regard. Cette série, longuement approfondie depuis sa première présentation au Festival Photoreporter en Baie de Saint-Brieuc en 2012, est présentée au FoMu – Fotomuseum d’Anvers et à Mons, dans le cadre de MONS 2015, capitale européenne de la culture.
Le travail de Cédric Gerbehaye est intégré aux collections du Musée de la photographie de Charleroi, du FoMu – Fotomuseum d’Anvers, de la MEP – Maison Européenne de la Photographie et du MFAH – Musée des Beaux-Arts de Houston.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2016 : Congo in Limbo

En République Démocratique du Congo (RDC), une décennie de conflits armés a laissé un pays exsangue. Aujourd’hui encore, la population continue de souffrir au quotidien des conséquences du conflit ; maladies, malnutrition, sous-développement, mais aussi du fait des violences meurtrières qui se poursuivent.Congo_in_Limbo

En 2006, la RDC s’était finalement engagée dans un processus de restauration politique passant par l’organisation des premières élections démocratiques. Un processus de réconciliation politique, fondé sur une large immunité des principaux acteurs du conflit, a rapidement handicapé la reconstruction du pays. Ce handicap s’est trouvé aggravé par l’échec de la démobilisation des miliciens et celui de la constitution d’une armée nationale nouvelle, constituée d’un brassage des anciens groupes armés. C’est surtout dans l’est du Congo, en Ituri et au Kivu, régions regorgeant de richesses minières et frontalières de l’Ouganda et du Rwanda, que la situation était, et reste, la plus dramatique et la plus meurtrière même si le reste du pays n’est pas à l’abri de ces fléaux mais dans de moindres proportions.

En 2007, 437 000 personnes ont dû fuir leur village à cause des combats, des viols, de l’enrôlement forcé d’enfants et des exactions perpétrées par toutes les parties. Le recours, de manière délibérée et ciblée, au viol comme arme de guerre pour terroriser et humilier la population a profondément entamé les valeurs fondamentales de la communauté.Eglise de reveil_Congo_in_Limbo

Une des conséquences méconnues de ce conflit est l’afflux massif des Congolais vers les «Eglises de réveil». Le succès de ces églises et de leurs pasteurs peu scrupuleux est dû principalement à l’exploitation du désarroi d’une population livrée aux difficultés de la vie quotidienne. La déstructuration profonde du tissu économique et social leur permet de donner des réponses illusoires mais provisoirement réconfortantes.

La présence et l’émergence des différents conflits au pourtour de la République Démocratique du Congo (RCA, Sud Soudan, Somalie, Tchad, Erythrée…) combinées aux « succès » des élections nous incitent à penser qu’il y a un « désintérêt» des bailleurs de fonds et de la communauté internationale pour l’est du Congo alors que la situation demeure d’une extrême gravité.

Le nombre total des déplacés est estimé à plus de 800 000 personnes. Les accords de paix de janvier 2008 n’ont rien changé. Les civils sont toujours les premières victimes et les groupes armés ainsi que les militaires congolais continuent à exploiter illégalement les ressources naturelles et à se servir des profits engrangés pour alimenter le conflit.

Congo in Limbo est l’essai photographique que Cédric Gerbehaye a réalisé entre 2007 et juin 2010, date du 50e anniversaire de l’indépnendance de la RDC. Le pays est observé ici d’un point de vue qui traduit sa complexité et les imbrications d’un conflit méconnu.

EXPOSITION 2 BARROBJECTIF 2016 de Cédric Gerbehaye : D’entre eux

Julien Ermine – Hébron, une jeunesse sous tension

Hébron, une jeunesse sous tension_Conflit_israélo-palestinienJulien Ermine est un photographe âgé de 33 ans. Son activité se concentre essentiellement sur la photographie d’actualité et de reportage.

Photographe dans l’Ouest de la France, il couvre l’essentiel de l’actualité nationale de cette région.

Portrait de Julien Ermine_israélo-palestinien

Ses reportages s’orientent quant à eux, principalement sur des thématiques liées aux inégalités sociales à travers le monde.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2016 : Hébron, une jeunesse sous tension

À l’automne 2015, une vague de terreur fait éclater une nouvelle fois le conflit israélo-palestinien. Les termes d’Intifada des couteaux, de 3ème Intifada sont évoqués. Derrière les appellations et les mots, les tensions devenues quotidiennes déstabilisent profondément plusieurs régions d’Israël et de Cisjordanie. En première ligne de cette recrudescence de violence se trouve la ville d’Hébron.Conviction du regard-conflit

Cette ville de 200 000 habitants également appelée « ville de l’apartheid », est divisée en deux parties distinctes, quadrillées et contrôlées par les forces israéliennes. (ndlr : la ville compte 500 colons juifs, répartis en cinq colonies dans le centre-ville, protégés par 2 000 militaires en poste. Le reste de la population est musulmane) Les nombreux check-points rendent impossible l’accès aux Palestiniens à certains quartiers. Le climat hypersécuritaire ambiant et les oppressions constantes ont débouché sur une situation à l’exaspération palpable.

Plus que de simples « actes terroristes » isolés, l’embrasement des tensions est une manière pour des milliers de Palestiniens de répondre aux contraintes quotidiennes insupportables.Hébron-une-jeunesse-sous-tension

Qu’ils soient proches du Hamas, du Fatah ou « simple citoyen », le sentiment de colère est partagé par l’ensemble de la population. Les manifestations rassemblent à chaque fois des dizaines de milliers de personnes. Une partie d’entre eux décharge leur colère par la violence. Les check-points sont attaqués quotidiennement, certaines zones du centre-ville transformées en champs de bataille.

Chose étonnante, ce sont les plus jeunes qui sont en première ligne du front, à jeter billes et pierres sur les forces d’occupation armées de fusils et de lance-grenades.Hébron, une jeunesse sous tension

Ils ont pour la plupart entre 7 et 18 ans, le visage caché derrière un keffieh. Ils n’ont pas peur, ils ont grandi dans ce climat d’affrontement. Tous connaissent un ami ou un frère qui a été blessé. Pas une journée ou presque ne se déroule sans qu’il n’y ait de morts côté Palestinien. Et pourtant, une partie de cette jeunesse « cassée » retourne inlassablement se défendre et combattre, attaquant sans relâche les militaires postés dans les rues en face.

Qu’elle le veuille ou non, cette génération n’entretient plus l’espoir, plus d’alternatives à une résolution pacifique…

… alors elle continue à se battre.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 de Julien Ermine : Un toit c’est un droit