Cédric Gerbehaye _ l’Invité d’honneur 2016 – Congo in Limbo

Congo in LimboCédric Gerbehaye, né à Bruxelles en 1977, est journaliste de formation, la photographie s’est imposée à lui comme forme d’écriture privilégiée. À partir de 2002, il s’intéresse d’abord au conflit israélo-palestinien en tentant d’analyser la déception et la révolte que l’échec des accords d’Oslo a engendrées, en Israël comme en Palestine. Analyser, comprendre, toucher au plus près et avec exigence les réalités du terrain, même lorsqu’elles sont dissonantes. En étant conscient qu’il faut bien plus d’une image pour résumer les contradictions des hommes et celles de l’Histoire. Il s’est également penché sur la crise économique et sociale qui sévit en Israël, avant de se pencher sur la question kurde tant en Turquie qu’en Irak. En 2006, il obtient deux récompenses au prix Photographie ouverte du Musée de la Photographie de Charleroi. Un an après, son travail Gaza : pluies d’été est salué au Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre.

À partir de 2007, il se rend en République démocratique du Congo et intègre l’Agence VU’.Logo-AgenceVU-

Son enquête ne va cesser de le porter vers ce pays dont il dresse au fil de ses reportages un saisissant état des lieux, traitant à la fois des déplacements de population, du conflit armé, de l’enrôlement des enfants-soldats, des violences faites aux femmes, du rôle clef des minerais, de la vie quotidienne sur le fleuve Congo, de la montée des églises évangélistes… Cette somme photographique réunie sous le titre Congo in Limbo a fait l’objet d’un livre, de plusieurs expositions et lui a valu sept distinctions internationales, parmi lesquelles un World Press Photo, l’Amnesty International Media Award et l’Olivier Rebbot Award de l’Overseas Press Club of America. Land of Cush, le travail qu’il accomplit à partir de 2010 au Sud-Soudan le conduit à travailler avec le soutien de la Magnum Foundation Emergency Fund, de la bourse Fnac et du Pulitzer Center on Crisis Reporting. Ce nouvel opus, qui suit la naissance du pays et en dévoile les premières désillusions, est récompensé par le prix Scam-Roger Pic 2012.
En 2013, il continue d’explorer de nouvelles formes d’écriture et réalise, avec la journaliste Eve Sabbagh, le webdocumentaire Broken-Hopes, Oslo’s Legacy pour le 20e anniversaire de la signature des accords d’Oslo, primé par l’Agence Française de Développement et finaliste au Prix Bayeux des Correspondants de guerre et au Visa d’Or-webdocumentaire du Festival Visa pour l’image.gerbehaye_cedric_portrait

Dans son dernier travail, intitulé D’entre eux, Cédric Gerbehaye en choisissant de se confronter à son propre pays, la Belgique, renouvelle son écriture, forcément plus personnelle sur une terre où l’intime, le vécu et les souvenirs troublent et enrichissent le regard. Cette série, longuement approfondie depuis sa première présentation au Festival Photoreporter en Baie de Saint-Brieuc en 2012, est présentée au FoMu – Fotomuseum d’Anvers et à Mons, dans le cadre de MONS 2015, capitale européenne de la culture.
Le travail de Cédric Gerbehaye est intégré aux collections du Musée de la photographie de Charleroi, du FoMu – Fotomuseum d’Anvers, de la MEP – Maison Européenne de la Photographie et du MFAH – Musée des Beaux-Arts de Houston.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2016 : Congo in Limbo

En République Démocratique du Congo (RDC), une décennie de conflits armés a laissé un pays exsangue. Aujourd’hui encore, la population continue de souffrir au quotidien des conséquences du conflit ; maladies, malnutrition, sous-développement, mais aussi du fait des violences meurtrières qui se poursuivent.Congo_in_Limbo

En 2006, la RDC s’était finalement engagée dans un processus de restauration politique passant par l’organisation des premières élections démocratiques. Un processus de réconciliation politique, fondé sur une large immunité des principaux acteurs du conflit, a rapidement handicapé la reconstruction du pays. Ce handicap s’est trouvé aggravé par l’échec de la démobilisation des miliciens et celui de la constitution d’une armée nationale nouvelle, constituée d’un brassage des anciens groupes armés. C’est surtout dans l’est du Congo, en Ituri et au Kivu, régions regorgeant de richesses minières et frontalières de l’Ouganda et du Rwanda, que la situation était, et reste, la plus dramatique et la plus meurtrière même si le reste du pays n’est pas à l’abri de ces fléaux mais dans de moindres proportions.

En 2007, 437 000 personnes ont dû fuir leur village à cause des combats, des viols, de l’enrôlement forcé d’enfants et des exactions perpétrées par toutes les parties. Le recours, de manière délibérée et ciblée, au viol comme arme de guerre pour terroriser et humilier la population a profondément entamé les valeurs fondamentales de la communauté.Eglise de reveil_Congo_in_Limbo

Une des conséquences méconnues de ce conflit est l’afflux massif des Congolais vers les «Eglises de réveil». Le succès de ces églises et de leurs pasteurs peu scrupuleux est dû principalement à l’exploitation du désarroi d’une population livrée aux difficultés de la vie quotidienne. La déstructuration profonde du tissu économique et social leur permet de donner des réponses illusoires mais provisoirement réconfortantes.

La présence et l’émergence des différents conflits au pourtour de la République Démocratique du Congo (RCA, Sud Soudan, Somalie, Tchad, Erythrée…) combinées aux « succès » des élections nous incitent à penser qu’il y a un « désintérêt» des bailleurs de fonds et de la communauté internationale pour l’est du Congo alors que la situation demeure d’une extrême gravité.

Le nombre total des déplacés est estimé à plus de 800 000 personnes. Les accords de paix de janvier 2008 n’ont rien changé. Les civils sont toujours les premières victimes et les groupes armés ainsi que les militaires congolais continuent à exploiter illégalement les ressources naturelles et à se servir des profits engrangés pour alimenter le conflit.

Congo in Limbo est l’essai photographique que Cédric Gerbehaye a réalisé entre 2007 et juin 2010, date du 50e anniversaire de l’indépnendance de la RDC. Le pays est observé ici d’un point de vue qui traduit sa complexité et les imbrications d’un conflit méconnu.

EXPOSITION 2 BARROBJECTIF 2016 de Cédric Gerbehaye : D’entre eux

Julien Ermine – Hébron, une jeunesse sous tension

Hébron, une jeunesse sous tension_Conflit_israélo-palestinienJulien Ermine est un photographe âgé de 33 ans. Son activité se concentre essentiellement sur la photographie d’actualité et de reportage.

Photographe dans l’Ouest de la France, il couvre l’essentiel de l’actualité nationale de cette région.

Portrait de Julien Ermine_israélo-palestinien

Ses reportages s’orientent quant à eux, principalement sur des thématiques liées aux inégalités sociales à travers le monde.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2016 : Hébron, une jeunesse sous tension

À l’automne 2015, une vague de terreur fait éclater une nouvelle fois le conflit israélo-palestinien. Les termes d’Intifada des couteaux, de 3ème Intifada sont évoqués. Derrière les appellations et les mots, les tensions devenues quotidiennes déstabilisent profondément plusieurs régions d’Israël et de Cisjordanie. En première ligne de cette recrudescence de violence se trouve la ville d’Hébron.Conviction du regard-conflit

Cette ville de 200 000 habitants également appelée « ville de l’apartheid », est divisée en deux parties distinctes, quadrillées et contrôlées par les forces israéliennes. (ndlr : la ville compte 500 colons juifs, répartis en cinq colonies dans le centre-ville, protégés par 2 000 militaires en poste. Le reste de la population est musulmane) Les nombreux check-points rendent impossible l’accès aux Palestiniens à certains quartiers. Le climat hypersécuritaire ambiant et les oppressions constantes ont débouché sur une situation à l’exaspération palpable.

Plus que de simples « actes terroristes » isolés, l’embrasement des tensions est une manière pour des milliers de Palestiniens de répondre aux contraintes quotidiennes insupportables.Hébron-une-jeunesse-sous-tension

Qu’ils soient proches du Hamas, du Fatah ou « simple citoyen », le sentiment de colère est partagé par l’ensemble de la population. Les manifestations rassemblent à chaque fois des dizaines de milliers de personnes. Une partie d’entre eux décharge leur colère par la violence. Les check-points sont attaqués quotidiennement, certaines zones du centre-ville transformées en champs de bataille.

Chose étonnante, ce sont les plus jeunes qui sont en première ligne du front, à jeter billes et pierres sur les forces d’occupation armées de fusils et de lance-grenades.Hébron, une jeunesse sous tension

Ils ont pour la plupart entre 7 et 18 ans, le visage caché derrière un keffieh. Ils n’ont pas peur, ils ont grandi dans ce climat d’affrontement. Tous connaissent un ami ou un frère qui a été blessé. Pas une journée ou presque ne se déroule sans qu’il n’y ait de morts côté Palestinien. Et pourtant, une partie de cette jeunesse « cassée » retourne inlassablement se défendre et combattre, attaquant sans relâche les militaires postés dans les rues en face.

Qu’elle le veuille ou non, cette génération n’entretient plus l’espoir, plus d’alternatives à une résolution pacifique…

… alors elle continue à se battre.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 de Julien Ermine : Un toit c’est un droit

Thomas Roy – Fragments d’Angola

Thomas Roy est en 1974 à la Rochelle, vit et travaille à Paris.

C’est pendant ses études de Sciences Humaines qu’il commence à photographier. Très vite il passe plus de temps aux cours de photographie des Beaux Arts de Poitiers que sur les bancs de l’Université. Il abandonne finalement ses études d’Histoire et de Géographie pour se consacrer à la photographie et aux voyages.

De 2001 à 2004 il effectue plusieurs séjours en Angola. Ces photographies accompagnées de textes de son frère sont publiées aux éditions Actes Sud : Fragments d’Angola paraît en 2006 et est encore un des rares ouvrages francophones sur ce pays. Il est traduit en langue portugaise aux éditions Teorema.

Depuis il a entrepris un long travail sur les paysages urbains du monde entier de Delhi à Hanoi, de Porto à Reykjavik et anime des ateliers photo auprès du jeune public.

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EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : FRAGMENTS D’ANGOLA

C’est en 2001 que je pars pour la première fois en Angola. Ce pays d’Afrique australe alors en proie à une guerre civile n’intéresse plus les médias internationaux, lassés par un conflit interminable. Le pays est gangréné par les intérêts politiques et économiques et la corruption. La population, malgré les richesses importantes du pays (minerais précieux et hydrocarbures) se trouve dans une extrême pauvreté : réfugiée dans des villes en ruine elle n’a souvent connu que la guerre, l’exode et la famine.fragments-angola-6

C’est pour rendre compte de cette situation que j’entreprends mon premier séjour angolais. Il est difficile, alors que le pays est encore en guerre, de sortir de la capitale, Luanda, ou se concentre une part importante de la population. Les routes sont impraticables, détruites, minées ou aux mains de bandits. Je ne peux voyager dans les villes de province qu’avec l’aide du plan alimentaire mondial et des organisations non gouvernementales qui viennent en aide aux populations déplacées. Leur aide logistique sera précieuse au cours de mes différents séjours pour mener à bien ce que je sais déjà être plus un travail documentaire qu’un reportage d’actualité.

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En février 2002, de retour de mon deuxième séjour angolais et sur la route pour Genève, où je me rends pour un autre projet photographique, j’apprends la mort de Jonas Savimbi, chef emblématique de l’UNITA, organisation opposée au pouvoir en place en Angola. Avec la mort du général nationaliste, c’est une des pages les plus sanglantes de l’histoire angolaise qui se tourne : 27 ans de guerre civile, des centaines de milliers de morts, des millions de déplacés et des milliers de mutilés.

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Les scènes de vie recueillies dans Fragments d’Angola, publié en 2006 par les éditions Actes Sud, témoignent de la furie meurtrière de ces dizaines d’années de guerre civile : les villes en partie détruites, les murs criblés de balles comme si on avait voulu en plus de tuer l’adversaire, tuer les villes, les populations déplacées, mutilées.

Durant ces quatre séjours j’ai vu le chaos, la détresse, la malnutrition, la souffrance mais pas seulement. J’ai été impressionné par la force, la fierté de cette population, sa capacité à faire front et se redresser, son enclin à la fête et à la dérision, le sourire et la joie de ses enfants.

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Patrick Poiraudeau – Mozambique

006 PoiraudeauNé en 1962 à St Gilles Croix de vie, Patrick Poiraudeau pose son regard librement sur les hommes. Au bout du monde, il s’imprègne des atmosphères. Des confins de l’Afrique ou de l’Amérique latine, il cherche à fixer l’esthétique intemporelle et l’émotion des rencontres.Patrick Poiraudeau

A partir de 1981, il parcourt l’Europe du nord au sud. En 1986 il réalise un voyage d’un an sur le continent nord-américain ainsi qu’en Asie du sud-est. A son retour, il commente ses diaporamas aux étudiants de la région. Dès lors, son appareil photo ne le quitte plus.

Pendant une dizaine d’années son terrain de prédilection sera l’Amérique latine. Plusieurs expositions photographiques porteront sur ce thème. Au début des années 2000 il découvre l’Afrique. Ce continent lui offrira ses lumières, ses visages, ses âmes…

En 2006 il est lauréat, à l’unanimité du jury, du concours Fuji film/Réponses Photo. Ses images, prises au Mozambique l’amèneront, en 2008, à Maputo pour une exposition partagée avec Rino SCUCCATO et soutenue par l’ambassade de France. Début 2009, le magazine Réponses Photo lui consacrera quelques pages notamment pour son travail dans l’île de Mozambique.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Mozambique

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Site internet de Patrick Poiraudeau

Association « Camille Lepage – on est ensemble » – Conflits au Soudan et en Centrafrique

Camille Lepage est née à Angers, en France. Après des études de journalisme, elle se met à la photographie. En juillet 2012, elle décide de partir au Soudan du Sud pour explorer sa nouvelle passion ainsi que le pays le plus récent sur la carte.

Camille Lepage a été tuée le 12 Mai 2014, dans l’ouest de la République Centrafricaine, alors qu’elle exerçait son métier de photojournaliste.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Conflits au Soudan et en Centrafrique

Soudan, Sudan, South Kordofan, Kordofan du Sud, Kordofan méridionale, Monts Noubas, Nuba mountains
Elle est représentée par Hans Lucas et Polaris et son travail a été publié par The New York Times, The International Herald Tribune, Time, Le Monde, Vice Magazine, The Sunday Times, The Guardian, la BBC, The Wall Street Journal, The Washington Post, X magazine, Amnesty Press, Los Angeles Times, Al Jazeera, Libération, Le Parisien Magazine, Le Parisien, Le Nouvel Observateur, Jeune Afrique, La Croix, Internazionale, DVAfoto, l’Oeil de la Photographie, Photographie.com

Travaux pour les ONG : Human Rights Watch, Médecins sans Frontières, Comité international de la Croix-Rouge, Amnesty International, Mercy Corps, Handicap International, Programme alimentaire mondial de l’ONU, Internews, Crown Agents, Solidarité.

Association Camille Lepage
Adhésion-Association-Camille Lepage
Site internet Camille Lepage

Prix
2014 : POYi (71e) – 2e place, Portrait
2013 : Finaliste de la Bourse du Talent #53 Reportage
Coup de Coeur de l’ANI (Association Nationale des Iconographes ) au festival Visa pour l’Image.

Jean-Luc Gelin – Les ébouillantés

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Né en 1961 dans la région de Poitiers, je découvre l’appareil photographique dès mon plus jeune âge et me prend rapidement de passion pour cet outil qui m’offre un nouveau regard sur le monde.
Apprenant la photographie en autodidacte, j’effectue une première série de travaux personnels avant d’intégrer, pour quelques mois, la presse locale.

Mais mon « désir de liberté », dans mon travail artistique comme dans ma vie, me pousse finalement à pratiquer le reportage de façon indépendante. La photographie de voyage devient dès lors mon thème favori, pour les possibilités d’introspection et d’ouverture sur le monde qu’elle m’offre.

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EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Les ébouillantés

Les ébouillantés est un témoignage du traitement des maladies mentales par les sociétés africaines, fortement imprégné du poids des croyances traditionnelles.

A son arrivée dans le village de Tchalo, au Togo, le malade a le crâne rasé, est entravé et parfois même, pour les djinns les plus virulents, ligoté. Aux abords de ce village fait de huttes, de paille et de terre, des centaines de marmites, dispersées dans les clairières d’une grande forêt de teck, chauffent sous un feu constant activé par des hommes et des enfants. Le rituel est toujours le même : deux fois par jour, au lever et au coucher du soleil, les possédés, seuls ou accompagnés, regagnent les clairières. Les décoctions sont alors à ébullition et les feux crépitent sous les chaudrons.

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Pour la plupart entravés, ils avancent lentement, mais tous sont conscients que le combat quotidien avec leur démon intérieur est proche. Arrivé à son emplacement, chacun en silence se dénude, se lave, se savonne et se rince abondamment. Une toilette corporelle cruciale, qui prépare le patient à la lutte contre son djinn. Leur combat est à l’eau bouillante : ils puisent dans leurs marmites des calebasses d’eau fumante pour s’en asperger de la tête aux pieds dans le but de rendre l’habitat de leur démon si inconfortable qu’il n’aura d’autre choix que de le quitter. A l’issu de cette séance rituelle, les malades regagnent le village, où visages et corps ébouillantés sont alors soignés.»

Corentin Fohlen – Une vie de réfugié

REFUGEES FROM CAR LIVE FROM SEVERAL MONTHS ALONG THE UBANGUI RIVER, IN NORTH CONGO DRC.

Né en France en 1981, je découvre la photographie durant mes études de Bandes Dessinées à Bruxelles et change de passion au cours de la dernière année. Après m’être installé à Paris en 2003, je découvre l’univers de l’actualité, l’excitation des manifestations, le défi du journalisme et entre dans une petite agence photo, Wostok Press. Après être passé par les agences Gamma puis Abaca, je deviens totalement indépendant et diffuse à l’association Fédéphoto, devenu depuis Divergence.

© Didier Leplat - Corentin Folhen portrait

Portrait de Corentin Folhen © Didier Leplat

Jusqu’en 2011 j’ai couvert l’actualité française et internationale : élection présidentielle française en 2007, conflit au Nord-Kivu, Afghanistan, révolution en Ukraine et à Bangkok, émeutes en banlieue parisienne et à Athènes, séisme en Haïti, révolution arabes en Egypte et Libye, premières élections libres en Tunisie, famine dans la Corne de l’Afrique… avant de prendre du recul, du temps et orienter mon travail vers des histoires plus longues et une réflexion plus documentaire.
Commandes institutionnelles: Handicap International, la Fondation Raoul Follereau…

Depuis 2012 je me suis lancé dans un travail au long cours en Haïti : une réflexion sur les conséquences de la mainmise internationale sur le pays.

Lauréat de plusieurs prix photographiques dont un WORLD PRESS Photo, un VISA d’OR du Jeune Reporter, le Prix du SCOOP d’Anger, Photographie de l’Année…

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Une vie de réfugié

Sur les rives du fleuve Oubangi, qui sépare la République centrafricaine de la République Démocratique du Congo,  sont installées des familles centrafricaines fuyant les combats qui font toujours rage dans leur pays. Victimes des règlements de compte entre l’ex- Séléka et les anti-Balakas, ces populations n’ont d’autre solution que d’entrer en territoire congolais.

REFUGEES FROM CAR LIVE FROM SEVERAL MONTHS ALONG THE UBANGUI RIVER, IN NORTH CONGO DRC.REFUGEES FROM CAR JUST ARRIVED IN THE UNHCR BILI CAMP, IN NORTH CONGO DRC.

REFUGEES FROM CAR JUST ARRIVED IN THE UNHCR BILI CAMP, IN NORTH CONGO DRC.

Isolées, affamées, encore menacées par des tentatives de traversées du fleuve de la part des combattants des ex-Séléka,  le Haut Commissariat aux Réfugiés (UNHCR) tente de leur venir en aide en organisant des camps de réfugiés. Le camp de Bili, à deux heures de route du fleuve en camion,  vient d’ouvrir pour accueillir ces familles. Une prise en charge sanitaire, alimentaire et un éloignement  du danger permet à ces familles de souffler un peu. Certaines ont quitté à pieds leur village depuis plus de 6 mois et vivent la guerre depuis l’entrée en conflit des différentes factions centrafricaines en 2013.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2014 : Le tourisme humanitaire à Haïti

MYOP – Olivier Laban-Mattei – Survivre au cauchemar

IINVITÉ D’HONNEUR 2015 : le collectif MYOP

Olivier Laban Mattei sera présent à Barro le 19 et 20 septembre: il animera une conférence le samedi 20 et un workshop en partenariat avec Leica le  21 et le 22 septembre.

Des rescapés centrafricains à peine arrivés à la ville frontière de Garoua-Boulaï au Cameroun sont transférés par la Croix Rouge camerounaise, le 30 octobre 2014, vers le camp de réfugiés de Gado à une vingtaine de kilomètres de là.<br /> La tension est palpable sur les visages. Après des mois d'errance dans la brousse pour échapper à leurs assaillants, ces nouveaux exilés pensent déjà à ce qu'ils vont devenir. L'une d'entre eux, la tête collée à la vitre, dira au moment où le bus entame sa traversée du camp : "c'est donc ça des réfugiés ?"

http://Myop.fr

Avec trois World Press, deux Prix Paris Match, deux Pictures Of the Year International (POYI), sans oublier un Prix Bayeux-Calvados et quelques autres distinctions, Olivier Laban-Mattei, à 37 ans, est un reporter chevronné. A BarrObjectif, il exposera un reportage réalisé en juin 2015 en Centrafrique « Survivre au cauchemar ».

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Survivre au cauchemar

Centreafrique. 2015Olivier Laban-Mattei / MYOP

À la fin de l’année 2013, la Centrafrique s’embrase. Les villages sont pillés et brûlés, des civils sont massacrés. Les organisations internationales de défense des droits de l’homme dénoncent unanimement les actes de torture, les disparitions et les crimes de guerre. Elles accusent les deux parties du conflit : les milices majoritairement chrétiennes et animistes appelées ‘anti-Balaka’ se vengent des exactions commises par les ex-Séléka (littéralement l’ ‘Alliance’ des musulmans) officiellement dissous. La frénésie meurtrière a atteint des sommets en Janvier 2014. Ni la force militaire française Sangaris ni la mission de stabilisation envoyée par l’ONU -Minusca- n’ont réussi à arrêter la spirale de la violence. Ce pays de 4,5 millions d’habitants a ainsi connu les moments les plus dramatiques de sa tumultueuse histoire depuis son indépendance en 1960. Près d’un demi-million d’hommes, de femmes et d’enfants ont pris la brousse pour fuir les atrocités. Et 330 000 autres, à majorité musulmane, des peuhls pour la plupart, ont entamé une longue marche vers les pays voisins. Au total, dix pour cent de la population vit aujourd’hui en exil. En quelques mois, près de 130 000 Centrafricains ont trouvé asile dans l’est du Cameroun, épuisés, blessés, souffrant de malnutrition avancée. Pour eux, il n’est pas question d’envisager un retour rapide en Centrafrique. La situation sécuritaire reste trop instable et les souvenirs des atrocités sont encore trop frais. Qu’ils soient déplacés dans leur propre pays ou réfugiés dans un pays voisin, les traumatismes psychologiques sont immenses pour les victimes du conflit.

Centreafrique. 2015Olivier Laban-Mattei / MYOP

En Centrafrique, dans la capitale Bangui ou en province, comme à Yaloké, des enclaves ont rapidement vu le jour, accueillant des populations minoritaires encore menacées de mort si elles s’aventurent à l’extérieur. Ces lieux de détresse humaine sont devenues le symbole du drame qui perdure, alors que leurs habitants sont souvent abandonnés à leur sort, affamés, mourant.

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La réconciliation nationale prônée par le gouvernement de transition et certaines organisations internationales reste un vœu pieux, alors que les deux principaux camps opposés n’ont toujours pas déposé les armes et se sont peu à peu mués en bandes criminelles organisées semant la terreur sur leurs territoires.

Marta Rossignol – Lalibela

Bordelaise d’adoption depuis 1993. Photographe passionnée de voyages, a réalisé plusieurs périples au long cours autour du monde, en couple ou en famille, sac à dos ou en camping car.  Elle n’a jamais cessé de photographier la planète.

marta-rossignol-portraitAdhérente à la Fédération Photographique de France, divers prix décernés :

2015 Diplôme du reportage (coupe de France) pour «lessive à Bénarès».
2013 Diplôme humain (coupe de France) pour «Anne».
2012 Diplôme humain (concours national couleur papier) pour «Le ballon rouge».
Diplôme du reportage (concours national images projetées) pour «Nuit mexicaine».
2009 Meilleure photographie (concours national couleur papier) pour «Regard hindou».
2003 Diplôme du reportage (concours national couleur papier) pour «Le Mellah, Rabat».
2003 Diplôme du reportage (concours national couleur papier).
2009 Meilleure photographie (concours national couleur papier).
2012 Diplôme humain (concours national couleur papier).
– Diplôme du reportage (concours national images projetées).

Expositions :
2015  « Lalibela – Éthiopie » Nuits photographiques de Pierrevert.
– «Lalibela – Éthiopie».
– «Les rêves de l’ourson».
2014 Festival Présence photographie, Montélimar.
2014 Festival de photo reportage BarrObjectif, Barro.
2014 Château de France, Léognan.
 – «A la rencontre de l’autre».
2000 Domaine de Fantaisie, Mérignac.
– « A la rencontre de l’autre » 2000 Domaine de Fantaisie.
– UGC Bordeaux.
– CPAM centre Trégey.
1999 CPAM Grand-Parc.
1998 Club de la presse, Bordeaux.
– Aéroport de Bordeaux-Mérignac.
–  Centre commercial Rives d’Arcins.
1997 Centre culturel Georges Brassens, Léognan «Lucarne sur l’Asie».
1996 Poste de Mérignac-centre.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2014 : Lalibela

marta.rosignol-ethiopie-02Je suis là, au petit matin, dans la montagne, à 2600 m, dans la cité monastique des hauts plateaux d’Ethiopie, Lalibela. Dix siècles de tradition chrétienne imprègnent les murs de ces églises creusées à même la roche, une étrange atmosphère, un souffle émanent de cette terre sainte appelée « Jérusalem Noire ». Ils arrivent de toutes parts, tels des ombres, des fantômes, les silhouettes, les mouvements furtifs, les chants, les plaintes me troublent, me fascinent, je me sens basculer dans un monde flottant, ailleurs, et j’ai envie de fixer ces instants, de les immortaliser avec mon appareil photo, pour partager cette ascension dans l’indéfinissable. Je ne parle pas leur langue, je ne connais pas leur culture, mais pour quelques instants je voyage dans leur monde…

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Gwenn Dubourthoumieu – Les mangeurs de cuivre

Gwenn Dubourthoumieu s’est intéressé à la photographie alors qu’il travaillait en Afrique Gwen Dubourthoumieupour des ONG humanitaires. Professionnel depuis avril 2010, son travail est régulièrement récompensé. Cette année, Gwenn Dubourthoumieu a remporté le concours Sophot et à été nomé finaliste de la 53ème Bourse du Talent (catégorie reportage) et de la bourse Afthermath. L’année précédente, il a remporté la 2ème place aux NPPA Best of Photojournalism Awards dans la catégorie  «The Art of Entertainment», fait parti des 12 photoreporters sélectionnés au festival en Baie de St Brieuc, a été sélectionné dans la catégorie «Fine Art – Portrature» aux Sony World Photography Awards, a reçu le prix spécial du jury au 8th Days Japan International Awards et a été nomé finaliste du Photo Philanthropy Award dans la catégorie professionelle. En 2011, Gwenn Dubourthoumieu a reçu la mention spéciale au prix Roger Pic et le prix de l’enquête au Festival Européen de Journalisme de Lille pour son reportage sur les enfants sorciers de Kinshasa. La même année, il remporte la bourse «Getty Images Grants for Good» pour sa série «Des Vies Violées» traitant du problème des violences sexuelles en République Démocratique du Congo. En 2010, il faisait déjà partie des finalistes de cette même bourse et avait reçu le Prix Spécial du Jury au Festival SCOOP d’Angers pour son travail «État d’Armes».

Prix et récompenses et expositions

2013 : Lauréat du MSH Photography Fellowship Grand Prize. 
2013 : Lauréat du concourt Sophot.
2013 : Exposition Barrobjectif 2013 : Les Jecokes et les Palais de Mobutu.
2012 : Finaliste : Photo Philanthropy Awards.
2012 : Coup de Coeur de la 50ème Bourse du Talent – catégorie portrait
2012 : 2ème place – NPPA Best of Photojournalism Awards 2012 – catégorie «The Art of Entertainment».
2012 : Prix Spécial du Jury – 8ème Festival International du Photojournalisme «Days Japan» de Tokyo.
2012 : Sélectionné aux Sony World Photography Awards – catégorie «Fine Art – portraits».
2011 : Prix de l’enquête – Festival Européen du Journalisme / Scoop Grand Lille –
2011 : Mention spéciale du Jury – Prix Scam Roger Pic.
2010 : Prix Spécial du Jury – Festival du Scoop et du Journalisme d’Angers – 2010.
2009 :  Finaliste du concours international de photojournalisme “Le Tremplin Photo de l’EMI”.

Bourses et subventions

2013 : Finaliste de la bourse Aftermath Project.
2012 : Lauréat de la bourse du festival «photoreporter» de la baie de St Brieuc –
2011 : Lauréat de la bourse “Getty Images Grants for Good”.
2010 : Co-lauréat avec Simon Sanahujas de la bourse “Défit Jeune” du Conseil Régional de Champagne-Ardennes pour le projet “Sur la piste de Tarzan” – 2010
2010 : Finaliste de la bourse “Getty Images Grants for Good” – 2010

Livres

2012 – “À la poursuite de Dracula” – Ed “Les Moutons Electriques”.
2010 – “Sur la Piste de Tarzan” – Ed “Les Moutons Electriques”.
2009 – “Conan the Texan” (traduction) – Ed “Les Moutons Electriques”.
2008 – “Conan le Texan” – Ed. “Les Moutons Electriques”.

 

Conan le texaneSur la piste de Tarzan

 

La poursuite de Dracula

 

 

 

EXPOSITION BARROBJECTIF 2014 : Les mangeurs de cuivre

La « ceinture de cuivre » katangaise, à l’extrême sud-est de la République démocratique Gwenn.Dubourthoumieu-mangeurs-de- cuivre.01du Congo, recèle 10 % des réserves mondiales de cuivre et 34 % de celles de cobalt. Début 2011, le cours du cuivre a atteint son record historique : 10 000 dollars la tonne sur le London Metal Exchange. Depuis, la tendance s’est confirmée, maintenant le cours à plus de 8000 dollars la tonne. Profitant de ce boom sans précédent et d’une libéralisation organisée par la Banque Mondiale au début des années 2000, d’immenses fortunes se bâtissent à la faveur d’une gestion particulièrement opaque des revenus du secteur minier. Jusqu’à présent, seules quelques multinationales et une poignée d’individus proches du pouvoir a les moyens d’en profiter. Paradoxalement, la situation des quelques 200 000 « creuseurs » katangais qui survivent grâce à cette activité et constituent encore la majorité de la main d’œuvre, s’est aggravée. Les investissements des multinationales occidentales, indiennes ou chinoises les ont chassés des sites les plus riches. Forcés à revendre leur production à bas prix aux partenaires gouvernementaux ou contraints de se rabattre sur l’exploitation des rejets industriels, ils amoindrissent encore leur espérance de vie comme leurs revenus.


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Véritable « scandale géologique », la République Démocratique du Congo peut s’enorgueillir de posséder un des sols les plus riches de la planète. Les abondantes ressources en cuivre de la province du Katanga justifieraient à elles seules ce statut. De la colonisation au  régime dictatorial de Mobutu, l’exploitation minière Katangaise a constitué un enjeu économique de taille pour les pouvoirs en place. En créant une entreprise publique détenant le monopole de l’extraction minière au Katanga, la Gécamines, l’Etat  s’est longtemps garanti un fonds inépuisable de revenus (l’entreprise représentait 85% des revenus d’exportation et 42% des recettes de l’Etat Congolais à la fin des années 80). Mais la gestion prédatrice du Maréchal Mobutu a eu raison de la santé de la « vache à lait ». La ruine de la Gécamines et la guerre en RDC à la fin des années 1990 ont ainsi inauguré une vaste libéralisation du secteur, marquant le coup d’envoi d’une anarchique « ruée vers le cuivre ».

La province du Katanga a semblé alors abandonnée à l’initiative des plus modestes. Tout le monde tentait sa chance ; armés de pelles et de pioches, souvent pieds nus, les anciens employés de la Gécamines furent rapidement rejoints par des dizaines de milliers de candidats au travail. Motivés par une nécessité économique qui s’apparentait à la survie, ces creuseurs artisanaux travaillaient sans aucune mesure de protection ou de sécurité et s’exposaient chaque jour à des accidents qui pouvaient leur coûter la vie. Aujourd’hui encore, on en dénombre près de 150.000 dans la Province. Parmi eux, on compte un nombre significatif de femmes, mais aussi d’enfants, parfois très jeunes, logés à la même enseigne. Beaucoup ont quitté l’école, ont laissé tomber leurs études ou ont abandonné l’agriculture pour devenir « creuseur ».

En théorie, le développement de l’industrie minière au Katanga, en apportant de meilleures conditions de travail et de l’équipement professionnel, aurait dû profiter aux travailleurs. Mais en pratique et de manière paradoxale, ce boom minier a encore aggravé la situation des « creuseurs ». Les investissements des multinationales occidentales, indiennes ou chinoises les ont chassés par dizaines de milliers des sites les plus riches. Ils se sont trouvés ballottés d’une mine à l’autre et bien souvent contraint de se rabattre sur l’exploitation des rejets ou des eaux usées  des industries, diminuant encore leur espérance de vie comme leurs revenus.

Les révoltes sont fréquentes mais brutalement réprimées.