Rafael Yaghobzadeh – Ukraine / Guerre des tranchées

Stars wars


Des combattants pro-russe regardent à travers des lunettes de vision nocturne, la position de l’armée ukrainienne, sur la ligne de front à Seminvka, en Ukraine, le 22 mai 2014.

Rafael Yaghobzadeh, né en 1991, à Paris, a grandit dans une famille cosmopolite et dans le milieux du journalisme, depuis son plus jeune. Intéressé par les enjeux politiques, économiques et sociaux qui l’entoure, il décide en 2011 de suivre des études d’Histoire mais la tentation de couvrir les révolutions arabes en Tunisie et en Egypte est plus forte.
photo photographeDepuis Rafael a voyagé en Turquie, dans les Balkans, en Inde, en Arménie, en Israël et Palestine. Depuis 2014, il documente la crise en Ukraine de Maïdan, à la Crimée, au Donbass en se penchant sur les maux et les changements de la société. Rafael collabore régulièrement avec Le Monde, Le Nouvel Observateur, Paris Match, VSD, La Vie, Grazia, Fisheye, Neon. Il intègre le studio Hans Lucas, en 2013.

EXPOSITIOIN BARROBJECTIF 2016 : Ukraine / Guerre des tranchées

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Vue sur les tranchées de l’ancienne ligne de front, près de Debalsteve, la situation dans la région reste précaire depuis les accords de Minsk II, en Ukraine, le 17 mai 2015.

L’armée ukrainienne et les forces pro-russe se livrent à une guerre de position dans l’est de l’Ukraine sans précédent. Depuis avril 2014, la région du Donbass est prise dans une guerre meurtrière. Des centaines de volontaires intègrent des bataillons ou rejoignent l’armée régulière pour défendre le Donbass. D’un côté et de l’autre des lignes de contact, les combats ont déplacé plus d’un million de personnes et ont tué plus de neuf milles personnes depuis le début des violences. En février 2015, de nouveaux accords de Paix sont signés à Minsk, pour un retrait des armes lourdes, la mis en place d’échanges de prisonniers, une création d’un gouvernement provisoire à l’est, la restauration des frontières de l’Ukraine… Un an plus tard, dû à des crises politiques au sein des gouvernements des deux parties, la situation est toujours aussi critique.

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Aleksandr Bessonov, 32 ans, militaire dans l’armée ukrainienne à Markinka et radio pirate, il travaille désormais dans la radio Army FM, basé à Kiev, pour soutenir les troupes et paré la propagande russe dans l’est de l’Ukraine.

James Keogh – Le choix de la guerre

Le choix de la guerreJe suis intéressé par des problématiques à la fois en France et à l’internationale, celles qui reflètent les défis de notre époque. Autodidacte de formation, l’usage de la photographie et de la vidéo dans mon travail est une manière de comprendre et d’alerter au mieux l’opinion sur ces questions.JKEOGH-portrait-photographe
La photographie agit comme une empreinte dans le temps. Diane Arbus disait entre autre qu’« elle est la preuve que quelque chose était là et n’est plus. Comme une tâche. Et leur immobilité est déroutante. On peut leur tourner le dos, mais quand on revient, elles sont toujours là en train de nous regarder. »
Depuis 2010, j’ai pu couvrir les révolutions arabes en Égypte, Libye et Syrie, ainsi que le conflit au Soudan ou la crise ukrainienne. J’ai eu le besoin d’aborder d’autres sujets pour privilégier une approche allant au-delà de l’immédiateté des actualités. J’ai donc réorienté une partie de mon travail vers des histoires au long court imprégnées d’une démarche documentaire.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2016 : Le choix de la guerre

Lorsqu’un homme choisit la guerre comme mode de vie, ce n’est pas un choix anodin. C’est un choix personnel: sa vie lui appartient, et il choisit de la mettre en péril pour des raisons qui lui sont propres. C’est un choix qui mène au doute, au désenchantement, à la désillusion face au mensonge ; le mensonge d’une guerre présentée comme juste et d’une cause louée comme noble par la propagande d’Etat, contre l’expérience d’une guerre absurde, fratricide, dont on ne ressort pas en héros. C’est un choix qui a des conséquences.Le choix de la guerre

Le choix de la guerre

Ce reportage, c’est l’histoire de volontaires russes qui ont choisi d’aller se battre en Ukraine de l’Est. Il se propose de documenter leur quotidien au sein du bataillon Bars tout en laissant la guerre hors champs. Ce parti pris permettant de la personnifier comme la Mort elle-même rôdant autour du bataillon tel un spectre.

Entre les combats, les règlements de compte entre bataillons, les enterrements et les moments fragiles hors des tranchées, les images cherchent à rendre compte qu’un conflit ne repose pas nécessairement, comme le veut les représentations collectives, sur une vision manichéenne avec d’un côté du champ de bataille les « gentils » et de l’autre les « méchants ». Le choix de ces civils venus de Russie risquer leur vie contribue à nuancer ce propos. Car qu’est-ce qui poussent des hommes à mettre leur vie en danger pour une terre qui n’est pas la leur et qui ne croient pas à la propagande russe ?

Le choix de la guerreCertains membres s’interrogent: se seraient-ils trompés ? Seraient-ils les méchants dans cette histoire ? Certains se considérant même comme des gentils dans le camp des méchants brouillant un peu plus les notions du Bien et du Mal. Tout ça au rythme effréné d’une guerre qui broie les corps et la raison des hommes.

Le choix de la guerre

Cédric Gerbehaye _ l’Invité d’honneur 2016 – Congo in Limbo

Congo in LimboCédric Gerbehaye, né à Bruxelles en 1977, est journaliste de formation, la photographie s’est imposée à lui comme forme d’écriture privilégiée. À partir de 2002, il s’intéresse d’abord au conflit israélo-palestinien en tentant d’analyser la déception et la révolte que l’échec des accords d’Oslo a engendrées, en Israël comme en Palestine. Analyser, comprendre, toucher au plus près et avec exigence les réalités du terrain, même lorsqu’elles sont dissonantes. En étant conscient qu’il faut bien plus d’une image pour résumer les contradictions des hommes et celles de l’Histoire. Il s’est également penché sur la crise économique et sociale qui sévit en Israël, avant de se pencher sur la question kurde tant en Turquie qu’en Irak. En 2006, il obtient deux récompenses au prix Photographie ouverte du Musée de la Photographie de Charleroi. Un an après, son travail Gaza : pluies d’été est salué au Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre.

À partir de 2007, il se rend en République démocratique du Congo et intègre l’Agence VU’.Logo-AgenceVU-

Son enquête ne va cesser de le porter vers ce pays dont il dresse au fil de ses reportages un saisissant état des lieux, traitant à la fois des déplacements de population, du conflit armé, de l’enrôlement des enfants-soldats, des violences faites aux femmes, du rôle clef des minerais, de la vie quotidienne sur le fleuve Congo, de la montée des églises évangélistes… Cette somme photographique réunie sous le titre Congo in Limbo a fait l’objet d’un livre, de plusieurs expositions et lui a valu sept distinctions internationales, parmi lesquelles un World Press Photo, l’Amnesty International Media Award et l’Olivier Rebbot Award de l’Overseas Press Club of America. Land of Cush, le travail qu’il accomplit à partir de 2010 au Sud-Soudan le conduit à travailler avec le soutien de la Magnum Foundation Emergency Fund, de la bourse Fnac et du Pulitzer Center on Crisis Reporting. Ce nouvel opus, qui suit la naissance du pays et en dévoile les premières désillusions, est récompensé par le prix Scam-Roger Pic 2012.
En 2013, il continue d’explorer de nouvelles formes d’écriture et réalise, avec la journaliste Eve Sabbagh, le webdocumentaire Broken-Hopes, Oslo’s Legacy pour le 20e anniversaire de la signature des accords d’Oslo, primé par l’Agence Française de Développement et finaliste au Prix Bayeux des Correspondants de guerre et au Visa d’Or-webdocumentaire du Festival Visa pour l’image.gerbehaye_cedric_portrait

Dans son dernier travail, intitulé D’entre eux, Cédric Gerbehaye en choisissant de se confronter à son propre pays, la Belgique, renouvelle son écriture, forcément plus personnelle sur une terre où l’intime, le vécu et les souvenirs troublent et enrichissent le regard. Cette série, longuement approfondie depuis sa première présentation au Festival Photoreporter en Baie de Saint-Brieuc en 2012, est présentée au FoMu – Fotomuseum d’Anvers et à Mons, dans le cadre de MONS 2015, capitale européenne de la culture.
Le travail de Cédric Gerbehaye est intégré aux collections du Musée de la photographie de Charleroi, du FoMu – Fotomuseum d’Anvers, de la MEP – Maison Européenne de la Photographie et du MFAH – Musée des Beaux-Arts de Houston.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2016 : Congo in Limbo

En République Démocratique du Congo (RDC), une décennie de conflits armés a laissé un pays exsangue. Aujourd’hui encore, la population continue de souffrir au quotidien des conséquences du conflit ; maladies, malnutrition, sous-développement, mais aussi du fait des violences meurtrières qui se poursuivent.Congo_in_Limbo

En 2006, la RDC s’était finalement engagée dans un processus de restauration politique passant par l’organisation des premières élections démocratiques. Un processus de réconciliation politique, fondé sur une large immunité des principaux acteurs du conflit, a rapidement handicapé la reconstruction du pays. Ce handicap s’est trouvé aggravé par l’échec de la démobilisation des miliciens et celui de la constitution d’une armée nationale nouvelle, constituée d’un brassage des anciens groupes armés. C’est surtout dans l’est du Congo, en Ituri et au Kivu, régions regorgeant de richesses minières et frontalières de l’Ouganda et du Rwanda, que la situation était, et reste, la plus dramatique et la plus meurtrière même si le reste du pays n’est pas à l’abri de ces fléaux mais dans de moindres proportions.

En 2007, 437 000 personnes ont dû fuir leur village à cause des combats, des viols, de l’enrôlement forcé d’enfants et des exactions perpétrées par toutes les parties. Le recours, de manière délibérée et ciblée, au viol comme arme de guerre pour terroriser et humilier la population a profondément entamé les valeurs fondamentales de la communauté.Eglise de reveil_Congo_in_Limbo

Une des conséquences méconnues de ce conflit est l’afflux massif des Congolais vers les «Eglises de réveil». Le succès de ces églises et de leurs pasteurs peu scrupuleux est dû principalement à l’exploitation du désarroi d’une population livrée aux difficultés de la vie quotidienne. La déstructuration profonde du tissu économique et social leur permet de donner des réponses illusoires mais provisoirement réconfortantes.

La présence et l’émergence des différents conflits au pourtour de la République Démocratique du Congo (RCA, Sud Soudan, Somalie, Tchad, Erythrée…) combinées aux « succès » des élections nous incitent à penser qu’il y a un « désintérêt» des bailleurs de fonds et de la communauté internationale pour l’est du Congo alors que la situation demeure d’une extrême gravité.

Le nombre total des déplacés est estimé à plus de 800 000 personnes. Les accords de paix de janvier 2008 n’ont rien changé. Les civils sont toujours les premières victimes et les groupes armés ainsi que les militaires congolais continuent à exploiter illégalement les ressources naturelles et à se servir des profits engrangés pour alimenter le conflit.

Congo in Limbo est l’essai photographique que Cédric Gerbehaye a réalisé entre 2007 et juin 2010, date du 50e anniversaire de l’indépnendance de la RDC. Le pays est observé ici d’un point de vue qui traduit sa complexité et les imbrications d’un conflit méconnu.

EXPOSITION 2 BARROBJECTIF 2016 de Cédric Gerbehaye : D’entre eux

Julien Ermine – Hébron, une jeunesse sous tension

Hébron, une jeunesse sous tension_Conflit_israélo-palestinienJulien Ermine est un photographe âgé de 33 ans. Son activité se concentre essentiellement sur la photographie d’actualité et de reportage.

Photographe dans l’Ouest de la France, il couvre l’essentiel de l’actualité nationale de cette région.

Portrait de Julien Ermine_israélo-palestinien

Ses reportages s’orientent quant à eux, principalement sur des thématiques liées aux inégalités sociales à travers le monde.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2016 : Hébron, une jeunesse sous tension

À l’automne 2015, une vague de terreur fait éclater une nouvelle fois le conflit israélo-palestinien. Les termes d’Intifada des couteaux, de 3ème Intifada sont évoqués. Derrière les appellations et les mots, les tensions devenues quotidiennes déstabilisent profondément plusieurs régions d’Israël et de Cisjordanie. En première ligne de cette recrudescence de violence se trouve la ville d’Hébron.Conviction du regard-conflit

Cette ville de 200 000 habitants également appelée « ville de l’apartheid », est divisée en deux parties distinctes, quadrillées et contrôlées par les forces israéliennes. (ndlr : la ville compte 500 colons juifs, répartis en cinq colonies dans le centre-ville, protégés par 2 000 militaires en poste. Le reste de la population est musulmane) Les nombreux check-points rendent impossible l’accès aux Palestiniens à certains quartiers. Le climat hypersécuritaire ambiant et les oppressions constantes ont débouché sur une situation à l’exaspération palpable.

Plus que de simples « actes terroristes » isolés, l’embrasement des tensions est une manière pour des milliers de Palestiniens de répondre aux contraintes quotidiennes insupportables.Hébron-une-jeunesse-sous-tension

Qu’ils soient proches du Hamas, du Fatah ou « simple citoyen », le sentiment de colère est partagé par l’ensemble de la population. Les manifestations rassemblent à chaque fois des dizaines de milliers de personnes. Une partie d’entre eux décharge leur colère par la violence. Les check-points sont attaqués quotidiennement, certaines zones du centre-ville transformées en champs de bataille.

Chose étonnante, ce sont les plus jeunes qui sont en première ligne du front, à jeter billes et pierres sur les forces d’occupation armées de fusils et de lance-grenades.Hébron, une jeunesse sous tension

Ils ont pour la plupart entre 7 et 18 ans, le visage caché derrière un keffieh. Ils n’ont pas peur, ils ont grandi dans ce climat d’affrontement. Tous connaissent un ami ou un frère qui a été blessé. Pas une journée ou presque ne se déroule sans qu’il n’y ait de morts côté Palestinien. Et pourtant, une partie de cette jeunesse « cassée » retourne inlassablement se défendre et combattre, attaquant sans relâche les militaires postés dans les rues en face.

Qu’elle le veuille ou non, cette génération n’entretient plus l’espoir, plus d’alternatives à une résolution pacifique…

… alors elle continue à se battre.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 de Julien Ermine : Un toit c’est un droit

Thomas Roy – Fragments d’Angola

Thomas Roy est en 1974 à la Rochelle, vit et travaille à Paris.

C’est pendant ses études de Sciences Humaines qu’il commence à photographier. Très vite il passe plus de temps aux cours de photographie des Beaux Arts de Poitiers que sur les bancs de l’Université. Il abandonne finalement ses études d’Histoire et de Géographie pour se consacrer à la photographie et aux voyages.

De 2001 à 2004 il effectue plusieurs séjours en Angola. Ces photographies accompagnées de textes de son frère sont publiées aux éditions Actes Sud : Fragments d’Angola paraît en 2006 et est encore un des rares ouvrages francophones sur ce pays. Il est traduit en langue portugaise aux éditions Teorema.

Depuis il a entrepris un long travail sur les paysages urbains du monde entier de Delhi à Hanoi, de Porto à Reykjavik et anime des ateliers photo auprès du jeune public.

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EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : FRAGMENTS D’ANGOLA

C’est en 2001 que je pars pour la première fois en Angola. Ce pays d’Afrique australe alors en proie à une guerre civile n’intéresse plus les médias internationaux, lassés par un conflit interminable. Le pays est gangréné par les intérêts politiques et économiques et la corruption. La population, malgré les richesses importantes du pays (minerais précieux et hydrocarbures) se trouve dans une extrême pauvreté : réfugiée dans des villes en ruine elle n’a souvent connu que la guerre, l’exode et la famine.fragments-angola-6

C’est pour rendre compte de cette situation que j’entreprends mon premier séjour angolais. Il est difficile, alors que le pays est encore en guerre, de sortir de la capitale, Luanda, ou se concentre une part importante de la population. Les routes sont impraticables, détruites, minées ou aux mains de bandits. Je ne peux voyager dans les villes de province qu’avec l’aide du plan alimentaire mondial et des organisations non gouvernementales qui viennent en aide aux populations déplacées. Leur aide logistique sera précieuse au cours de mes différents séjours pour mener à bien ce que je sais déjà être plus un travail documentaire qu’un reportage d’actualité.

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En février 2002, de retour de mon deuxième séjour angolais et sur la route pour Genève, où je me rends pour un autre projet photographique, j’apprends la mort de Jonas Savimbi, chef emblématique de l’UNITA, organisation opposée au pouvoir en place en Angola. Avec la mort du général nationaliste, c’est une des pages les plus sanglantes de l’histoire angolaise qui se tourne : 27 ans de guerre civile, des centaines de milliers de morts, des millions de déplacés et des milliers de mutilés.

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Les scènes de vie recueillies dans Fragments d’Angola, publié en 2006 par les éditions Actes Sud, témoignent de la furie meurtrière de ces dizaines d’années de guerre civile : les villes en partie détruites, les murs criblés de balles comme si on avait voulu en plus de tuer l’adversaire, tuer les villes, les populations déplacées, mutilées.

Durant ces quatre séjours j’ai vu le chaos, la détresse, la malnutrition, la souffrance mais pas seulement. J’ai été impressionné par la force, la fierté de cette population, sa capacité à faire front et se redresser, son enclin à la fête et à la dérision, le sourire et la joie de ses enfants.

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Association « Camille Lepage – on est ensemble » – Conflits au Soudan et en Centrafrique

Camille Lepage est née à Angers, en France. Après des études de journalisme, elle se met à la photographie. En juillet 2012, elle décide de partir au Soudan du Sud pour explorer sa nouvelle passion ainsi que le pays le plus récent sur la carte.

Camille Lepage a été tuée le 12 Mai 2014, dans l’ouest de la République Centrafricaine, alors qu’elle exerçait son métier de photojournaliste.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Conflits au Soudan et en Centrafrique

Soudan, Sudan, South Kordofan, Kordofan du Sud, Kordofan méridionale, Monts Noubas, Nuba mountains
Elle est représentée par Hans Lucas et Polaris et son travail a été publié par The New York Times, The International Herald Tribune, Time, Le Monde, Vice Magazine, The Sunday Times, The Guardian, la BBC, The Wall Street Journal, The Washington Post, X magazine, Amnesty Press, Los Angeles Times, Al Jazeera, Libération, Le Parisien Magazine, Le Parisien, Le Nouvel Observateur, Jeune Afrique, La Croix, Internazionale, DVAfoto, l’Oeil de la Photographie, Photographie.com

Travaux pour les ONG : Human Rights Watch, Médecins sans Frontières, Comité international de la Croix-Rouge, Amnesty International, Mercy Corps, Handicap International, Programme alimentaire mondial de l’ONU, Internews, Crown Agents, Solidarité.

Association Camille Lepage
Adhésion-Association-Camille Lepage
Site internet Camille Lepage

Prix
2014 : POYi (71e) – 2e place, Portrait
2013 : Finaliste de la Bourse du Talent #53 Reportage
Coup de Coeur de l’ANI (Association Nationale des Iconographes ) au festival Visa pour l’Image.

Pasa Imrek – Une école dans Kobané en ruines

Photographe indépendant kurde, Pasa Imrek est installé à Urfa, Turquie.
En mars 2015, il passe 10 jours dans Kobané pour réaliser ce reportage.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Une école dans Kobané en ruines

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En septembre 2014, les forces djihadistes de l’Etat islamiste attaque Kobané, ville kurde de Syrie. Pendant les cinq mois de siège, les djihadistes détruisent 12 des 15 écoles de la ville. Les combattants kurdes repoussent les troupes de l’Etat islamiste fin janvier 2015. Les habitants, qui avaient fui en Turquie voisine, retrouvent la ville détruite. Les écoles, ravagées par les combats, manquent de tout: tables, chaises, cahiers, crayons. Les professeurs manquent aussi et certaines classes accueillent 70 élèves.
Au programme, plus d’enseignement en langue arabe comme sous le régime syrien. Les élèves étudient désormais en kurde, leur langue maternelle.
Les cours reprennent mais les professeurs apportent surtout du soutien psychologique aux enfants pour essayer de leur faire oublier les atrocités de la guerre auxquelles beaucoup ont assisté.
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Corentin Fohlen – Une vie de réfugié

REFUGEES FROM CAR LIVE FROM SEVERAL MONTHS ALONG THE UBANGUI RIVER, IN NORTH CONGO DRC.

Né en France en 1981, je découvre la photographie durant mes études de Bandes Dessinées à Bruxelles et change de passion au cours de la dernière année. Après m’être installé à Paris en 2003, je découvre l’univers de l’actualité, l’excitation des manifestations, le défi du journalisme et entre dans une petite agence photo, Wostok Press. Après être passé par les agences Gamma puis Abaca, je deviens totalement indépendant et diffuse à l’association Fédéphoto, devenu depuis Divergence.

© Didier Leplat - Corentin Folhen portrait

Portrait de Corentin Folhen © Didier Leplat

Jusqu’en 2011 j’ai couvert l’actualité française et internationale : élection présidentielle française en 2007, conflit au Nord-Kivu, Afghanistan, révolution en Ukraine et à Bangkok, émeutes en banlieue parisienne et à Athènes, séisme en Haïti, révolution arabes en Egypte et Libye, premières élections libres en Tunisie, famine dans la Corne de l’Afrique… avant de prendre du recul, du temps et orienter mon travail vers des histoires plus longues et une réflexion plus documentaire.
Commandes institutionnelles: Handicap International, la Fondation Raoul Follereau…

Depuis 2012 je me suis lancé dans un travail au long cours en Haïti : une réflexion sur les conséquences de la mainmise internationale sur le pays.

Lauréat de plusieurs prix photographiques dont un WORLD PRESS Photo, un VISA d’OR du Jeune Reporter, le Prix du SCOOP d’Anger, Photographie de l’Année…

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Une vie de réfugié

Sur les rives du fleuve Oubangi, qui sépare la République centrafricaine de la République Démocratique du Congo,  sont installées des familles centrafricaines fuyant les combats qui font toujours rage dans leur pays. Victimes des règlements de compte entre l’ex- Séléka et les anti-Balakas, ces populations n’ont d’autre solution que d’entrer en territoire congolais.

REFUGEES FROM CAR LIVE FROM SEVERAL MONTHS ALONG THE UBANGUI RIVER, IN NORTH CONGO DRC.REFUGEES FROM CAR JUST ARRIVED IN THE UNHCR BILI CAMP, IN NORTH CONGO DRC.

REFUGEES FROM CAR JUST ARRIVED IN THE UNHCR BILI CAMP, IN NORTH CONGO DRC.

Isolées, affamées, encore menacées par des tentatives de traversées du fleuve de la part des combattants des ex-Séléka,  le Haut Commissariat aux Réfugiés (UNHCR) tente de leur venir en aide en organisant des camps de réfugiés. Le camp de Bili, à deux heures de route du fleuve en camion,  vient d’ouvrir pour accueillir ces familles. Une prise en charge sanitaire, alimentaire et un éloignement  du danger permet à ces familles de souffler un peu. Certaines ont quitté à pieds leur village depuis plus de 6 mois et vivent la guerre depuis l’entrée en conflit des différentes factions centrafricaines en 2013.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2014 : Le tourisme humanitaire à Haïti

Julien Ermine – Les bonnets rouges

Julien Ermine est un photographe rennais, âgé de 32 ans. Passionné par la photo, il a d’abord travaillé 8 ans dans le secteur de l’animation jeunesse, éducative et sociale à Rennes et sa périphérie.
C’est en 2008 que le déclic arrive. Après quelques années d’une intensportrait julien erminee pratique de la photographie, il met fin à ses activités pour effectuer un virage dans son parcours professionnel. Il retourne à l’école, en formation de photographie à l’âge de 27 ans à Rennes, et confirme les attentes placées en lui.
Début 2010, il part en Inde effectuer une série de reportage sur des thèmes variés qu’il mène jusqu’au début de l’année 2012. Vous pouvez retrouver une partie des images dans le menu portfolio.
En Mars 2013, il est nominé à trois reprises, pour recevoir le prestigieux prix des Photographies de l’année 2013
Seul photographe à cumuler trois nominations, il remporte finalement deux Prix :
Le PRIX de la PHOTOGRAPHIE de l’année 2013 – catégorie « PHOTOGRAPHIE HUMANISTE »
-Le PRIX du « MEILLEUR JEUNE TALENT PHOTOGRAPHIQUE » 2013.
-Son reportage « 1sur5″, lui aussi nominé, termine 3eme du Concours pour « le Reportage de l’année ».
En 2014, il remporte le prix du Reportage de l’année pour un sujet sur le mouvement des bonnets rouges qui a embrasé la Bretagne à la fin de l’année 2013.

Julien ERMINE réalise également des travaux photographiques sur commande, à l’attention des entreprises, de fondations, de magazines et revues, etc.
N’hésitez pas le contacter pour toutes informations concernant la réalisation de projets photographiques, en cliquant ici.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2014 : Les bonnets rouges 

Le mouvement « des Bonnets rouges », apparu fin 2013 en Bretagne à la faveur de la crise économique qui a fait vaciller le gouvernement en cette fin d’année, est un mélange complexe de revendications économiques, fiscales et régionalistes.Bonnets rouges, entre coleres et revendications (14)Historiquement, ce mouvement voit le jour en 1675 lorsqu’éclate une révolte antifiscale dans l’ouest de la France. En 2013, un élan de protestation Breton en reprend certains codes, dont le symbole le plus emblématique est le bonnet rouge.

Fin 2013, alors que l’industrie agroalimentaire Bretonne (Groupe GAD (abbatoir de porc), Marine Harvest(production de poisson), Tilly Sabco et Doux(production de volailles), Jean Caby(salaison)) connait de graves difficultés économiques, le gouvernement annonce la mise en place de l’écotaxe poids-lourd.

Pour des milliers de citoyens Bretons, d’élus, de syndicalistes et de patrons, cette nouvelle taxe est ressentie comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase. La fronde s’organise et reprend le flambeau d’un mouvement lancé par les salariés de ces entreprises en difficultés.

Julien Ermine Bonnets rouges, entre coleres et revendications blog (2)Le collectif « Vivre, décider et travailler en Bretagne », emmené notamment par le maire de Carhaix (29) Christian Troadec, (maire « divers gauche régionaliste ») devient le fer de Lance d’une vague contestataire qui s’étend. En s’élargissant, celle-ci prend la forme d’une union régionale face au pouvoir national, centralisé à Paris.

La contestation touche à d’autres thématiques qui intègrent alors le spectre de la colère et des revendications : Soutien économique, augmentation du taux de TVA au 1er janvier, radars, politique plus régionaliste et, même à sa marge l’équitaxe.

A la fin du mois d’octobre,  les bonnets rouges organisent des rassemblements un peu partout en Bretagne.

Le 2 novembre, une grande manifestation réunie 30000 personnes à Quimper(29) et raisonne à l’échelle nationale. Une forêt de drapeaux bretons et de bonnets rouges envahissent les rues tandis qu’à sa marge, éclatent de violents affrontements  avec les forces de l’ordre.

Fort du succès de cette manifestation, les rassemblements se succèdent et chaque jour, les bonnets rouges concrétisent leurs mécontentements. Les portiques écotaxes sur les axes routiers sont mis à mal, des radars sont vandalisés, etc.

À Paris, le manque d’anticipation initial amène plusieurs ministres à se mobiliser autour du 1er ministre d’alors, Jean Marc Ayrault. Le gouvernement propose le 29 octobre la suspension du projet écotaxe, ainsi qu’un pacte régional pour la Bretagne doté de 2 milliards d’euros (Composé d’aides déjà prévues, et de nouvelles aides)

Les revendications du collectif perdurent néanmoins, ne voyant là qu’une manœuvre politique reportant simplement la mise en place d’une taxe jugée injuste pour une région qui ne possède pas d’alternatives au transport routier.

D’autres manifestations suivront.Bonnets rouges, entre coleres et revendications blogApres le succès des rassemblements, le collectif des bonnets rouges prolonge son action et organise les états généraux de Bretagne en Mars 2014. Les sympathisants s’expriment lors de comités locaux. Il en résulte un cahier de Doléance où figurent 11 propositions.

Suite au remaniement ministériel post-élection municipale du mois d’avril 2014, Ségolène Royal, fraichement arrivée au gouvernement, annonce dans la foulée de sa nomination une volonté de remettre à plat cette taxe. Est-ce un effet d’annonce ou bien le 1er acte de la mise à mort de ce projet ? Nul ne le sait encore.

Même si le mouvement fait « moins parler de lui » au printemps, les bonnets rouges continuent les attaques éclairs contre certains portiques (incendies à Bains de Bretagne, puis démontage du portique, occupation du portique de La Gravelle, présences permanentes des forces de l’ordre sur certains portiques, etc.) et attendent une réponse officielle du gouvernement après les élections européennes…

…sous peine de reprendre le mouvement.

Éric Bouvet – Les révoltés de Maïdan

Eric Bouvet

Eric Bouvet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Exposition Barrobjectif 2013 : Burning Man : l’art déjanté à ciel ouvert

Exposition Barrobjetif 2012 : The Rainbow Family

Site de Eric bouvet

EXPOSITION BARROBJECTIF 2014Les révoltés de Maïdan (Ukraine)

Kiev, en janvier et début février les événements qui s’y déroulent  sont si près, si photogéniques, dans des conditions relativement aisées, plus facile que d’aller sur un conflit compliqué d’accès lointain, dangereux et onéreux. Aisé car travailler dans la journée, prendre une boisson pour se réchauffer dans un bar, manger chaud dans un restaurant le soir, se coucher dans un lit confortable et une salle de bain propre c’est rarement le cas. Je ne ferai pas la liste des guerrillas Africaine, ou autre Tchechenie rasée ou encore traverser les montagnes Afghanes à pied en hiver.

De plus ici vous êtes le bienvenue, ce n’est pas toujours le cas ! Certains conflits sont très délicats à couvrir car les parties en présence n’ont pas envie de montrer les horreurs commises. Les Ukrainiens de la place Maidan ont été très avenants avec tout ce qui portait un appareil photo, un bloc note, une caméra ou autre micro. A propos des appareils photos c’est devenu insupportable de passer son temps à essayer de faire une image sans avoir un soit disant photographe dans son champ. Que des jeunes veulent percer et viennent travailler, c’est normal, mais les pseudo photographes, mi touristes, mi je viens passer le week end à Kiev faire des images pour les mettre sur les réseaux sociaux (la gloire !) ou encore se faire peur… Entre professionnels nous en discutons et c’est devenu un véritable fléau.

Si je n’ai pas pu venir avant c’est qu’il fallait au minimum 600€, et bien évidemment, ça ne se trouve pas comme cela. Je regarde donc tout cela le plus loin possible car ça ne sert à rien de se faire mal au ventre.
Début février un ancien stagiaire me demande de l’accompagner. Un mécène nous paye les frais ! C’est la quatrième fois que j’ai ce genre de demande, car le fait d’animer des workshops depuis 12 ans et ayant eu plus de 500 stagiaires, une confiance et une réputation s’installe. Mais j’avais toujours refusé pour différentes raisons. Cette fois ça me démange et nous voilà partit pour 4 jours, à une condition c’est que si cela dégénère, en premier lieu Gregory s’enferme dans sa chambre, ensuite je le remets dans le premier avion venu.
Nous passons donc tous les deux ce court séjour avec plaisir, la journée en prises de vue tous les deux sans que je le lâche, et le soir editing, comparaisons des points de vues, etc… D’ailleurs je serai très heureux et agréablement surpris de l’évolution de Grégory.
Belle expérience pour nous deux. Par contre j’avais emmené la chambre 4X5 pour le plaisir, mais au retour il s’avérera que les trois quarts de mes plans films ont subit des dommages… tristesse mais heureusement j’avais mes numériques Fuji avec moi dont le nouveau XT1 en avant première ainsi que le petit bijoux d’optique le 56mm f1 .2.
Mon prochain équipement sans aucun doute !

Nous repartons après ce long week end de découverte, de plaisir du travail de l’œil et de partage.
Quelques jours plus tard, les choses bougent à Kiev, cette fois, suite à ma demande Paris Match m’aide, comme souvent.
Sur place le calme n’est plus. La police a reprit une partie des positions. L’ambiance y est digne d’une ville en guerre. Le lendemain de mon arrivée, je passe par les barricades il est 8 H, ça chauffe, des nuages noirs du à la consumation des pneus s’élèvent, une partie de la place est plongée dans la pénombre. Les gens sont très combatifs, les pierres volent, des grenades assourdissantes arrivent de notre coté, pas bon pour les oreilles… J’entends des tirs, mais je ne sais pas quelle en est la teneur. D’un coup les barricades s’ouvrent et les gens de Maidan s’élancent. À ma grande surprise sur cette étendue, il serait facile de tomber dans un piège. J’attends que passe devant moi une bonne centaine de personnes. La fumée couvre tout, je traverse sous de multiples détonations, des premiers blessés tombent. Un premier mort, puis un deuxième, les tirs commencent à être plus précis. Un homme à coté de moi est touché, pourquoi celui ci plutôt que son voisin ? Je me retourne en haut d’un escalier une fourmilière est en marche, c’est incroyable, des centaines de personnes montent à l’assaut. Les premières lignes ont quelques dizaines de mètres d’avance. Je laisse cette distance, les blessés et les sans vies sont évacués rapidement vers l’arrière, je fais quelques images à la volée. Les tirs fusent. J’ai bien compris que le danger n’est plus de prendre une pierre sur la tête, mais que des tirs à armes automatiques font mouche. Comme d’habitude je cherche à savoir d’ou vient le danger et les moyens de se protéger, murs, arbres, etc…

Je suis surpris de ne pas voir le reste de la presse, pourtant hier soir encore des centaines de journalistes se promenaient sur la place. Je regarde comment évoluent « les combattants », ils montent à l’assaut avec leur bouclier en ferraille ou en bois, ce qui n’arrête pas une balle d’arme automatique… Et juste derrière de suite « les ouvriers » avec des pneus, des palettes de bois, des sacs de pierres, le tout pour remonter des barricades. Et ça fonctionne ! Mais qui dirige ? Comment font ils pour une telle organisation ?

Les réponses ne me viennent pas car pour l’instant faire attention et faire des images sont les deux priorités. Sur le plat, quelques taules verticales nous protègent de la vision de la police. Les forces s’organisent et se multiplient, je ne sais plus si c’est une fourmilière ou une ruche. De l’autre coté de la rue un homme tire un corps par ses pieds, la tête et le buste trainent par terre. Derrière un autre homme les protège de son bouclier d’infortune. Je redescends un peu pour traverser plus bas, plus à l’abri. Quelques images et je remonte en slalomant entre les arbres. Un homme tombe, son voisin le tire comme il peut, sa tête ensanglantée cogne contre les pavés. Je file un coup de main, mais vu l’état du malheureux je n’y crois plus beaucoup. Encore et encore des hommes remontent, une fois des infirmiers ayant pris en charge le blessé, j’enquille avec les nouveaux arrivants. Je courre mais cette fois sans m’en rendre compte, je tombe sur six corps, instinctivement je fais une image à la volée. Le choc me fait comprendre que l’endroit est pourri. Les trois autres personnes qui sont la, font ce qu’elles peuvent pour se protéger, effectivement des tirs arrivent de la gauche et d’en face, l’un des hommes se déplace et tombe sous les balles. De suite je pense à repartir mais le découvert est trop grand. D’autres combattants arrivent pour prendre les corps et les blessés, encore deux autres tombent. C’est le tir aux pigeons. Un brancardier arrive et lui aussi est touché. Ça fait beaucoup, il ne reste plus qu’à faire le mort et attendre. Impossible de savoir d’ou vienne les tirs qui font mouche. Une infirmière après avoir essayé d’aider un blessé à la tête, s’écroule à quatre pattes à découvert. Elle est tétanisée. Plusieurs combattants arrivent et embarquent les blessés, l’un d’eux est encore touché, je profite du mouvement pour m’échapper de cette horreur.

Un peu plus bas je retrouve l’infirmière encore à quatre pattes, je la porte comme je peux, d’autant qu’elle n’est pas fluette. Mais comme toujours dans ce genre de cas, l’on arrive à faire des choses impensables en temps normal. Nous arrivons au pied de l’hôtel Ukraina, à l’abri, le hall sert d’infirmerie et de morgue. Mais je n’y suis plus, je sais que j’ai quelques images, je sais que j’ai eu beaucoup de chance. Comme toujours, la colère monte en moi. Il n’y a pas grand-chose à faire à part déguerpir. La chance il ne faut pas en abuser, et cela fait trente trois ans qu’elle me gâte. Je rentre décharger les images pour les sauvegarder. Plus tard viendra l’editing et la petite post prod.
Il est 11h00 du matin, ma journée est terminée, plus question de remonter en première ligne aujourd’hui, d’ailleurs je dois aller chercher Emilie, la journaliste de Paris Match qui vient d’arriver en ville. Une autre histoire commence, après le news, une série de portrait, à la rencontre de gens extraordinaires, des Ukrainiens de tous les jours qui luttent pour leur liberté.

Site Médiapart : la bataille de Kiev d’Eric Bouvet

 

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