Bénédicte Kurzen – La guerre des signes

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : La guerre des signes

Au-dessus des arbres, le bourdonnement du MI–8, insecte bouffi, le ventre gros, blanc comme un cachalot mythique qui aurait quitté les mers pour le ciel. Son ombre passe légèrement sur la cime des arbres. Par des ouvertures, un vent fripon traverse l’intérieur ; la portière du poste de pilotage, mal assujettie, laisse voir l’équipage ukrainienne, le cou épais, rougi. L’hélico est loué, avec des subsides américains, par l’UPDF, Force de défense du peuple ougandais. Sur une banquette, deux officiers, leur kalache entre les genoux, déchargée, crosse en l’air. Un lieutenant de la section aérienne, les écouteurs scotchés aux oreilles, guide le vol, malgré le vacarme. Devant lui, des piles de caisses : des boîtes de singe, de la farine de mil, des bouteilles d’eau.
A travers le hublot de la portière, on regarde la forêt en bas, vaste océan ses nuances de vert toujours changeantes, que traversent de pâles méandres de terrain dénudé d’arbres. Au loin, la masse grise des nuages pèse sur les arbres, nuages porteurs de pluie qui relie terre et ciel.
L’hélico est quelque part entre le Soudan du sud et le Congo. Rien ne signale une frontière, rien ne laisse soupçonner la vie, ni feu, ni lopin cultivé, ni cabane.

Pendant l’expédition, il est interdit de parler: les voix humaines sont des vagues rapides et peuvent alerter l’ennemi de la présence de l’armée, Pasi Forest, RDC, le 15 mai 2011.

C’est ici que se cache l’ennemi. Il suffit de jeter un œil pour comprendre à quel point ces missions de dépistage sont impossibles. Ce que les Ougandais appellent « Opération Foudre Éclair » se passe dans une région grande comme l’Allemagne, entièrement boisée, presque sans routes.
L’ennemi, c’est-à-dire l’Armée de résistance de Lord, des rebelles ougandais, refoulés au-delà de la frontière il y a plusieurs années mais qui continuent à tuer, à piller, à enlever de jeunes esclaves dans les trois pays environnants.
Il doit en rester quelques centaines : allez- donc les trouver !

Pendant la pause du matin, un groupe d’hommes quitte le batallion pour se mettre en veille. Quand ils reviennent, l’officier en charge les interroge sur leurs résultats, afin de déterminer le prochain déménagement, le 16 mai 2011.

Bénédicte KURZEN 2017 : GIVING BIRTH , GIVING DEATH – Naissances mortelles
Bénédicte KURZEN : A NATION LOST TO GODS – Une nation perdue des dieux

Bénédicte Kurzen_invitée d’honneur 2017

© Robin-Maddock

Bénédicte Kurzen a commencé sa carrière photographique en 2003 en allant en Israël pour couvrir l’actualité chaude dans la Bande de Gaza, en Irak et au Liban.
En 2004, elle passe du «news» à la photographie documentaire avec un projet sur les femmes kamikazes volontaires et les veuves palestiniennes dans la Bande de Gaza. Ce travail fait partie d’un projet collectif plus ample intitulé « Violences faites aux femmes », en collaboration avec Amnesty International et Médecins Sans Frontières.
Bénédicte a une maîtrise d’histoire contemporaine de la Sorbonne, Paris. Son mémoire est consacré au « Mythe du photographe de guerre », ce qui l’inspira pour devenir journaliste d’image.
Au cours des dix dernières années, elle a couvert les conflits et les changements socio-économiques en Afrique. De l’Afrique du Sud (2015–2013), sa base, elle explore certains des plus douloureux défis de la société post-apartheid. Elle produit “Next of Kin” (Plus proche parent), “The Boers Last Stand” (Les Boers aux abois) et « Amaqabane ». Ce dernier projet consacré aux vétérans de la lutte anti-apartheid fut produit dans le cadre du prestigieux Joop Swart Masterclass en 2009. En 2011, elle reçoit une bourse du Pulitzer Centre qui lui permet de produire un travail complexe au Nigeria, “A Nation Lost to Gods” (Une Nation perdue des dieux), exposé à Visa pour l’Image, et qui lui a valu une nomination pour le Visa d’Or 2012.
Elle devient membre de l’agence NOOR, en 2012, et déménage à Lagos l’année d’après. De là elle continue à couvrir l’Afrique, avec une attention toute particulière pour le Nigeria, qui la passionne depuis longtemps. Son travail nigérian fait l’objet d’une exposition à Londres et à Lagos en collaboration avec Robin Maddock et Cristina de Middel : “Shine Ur Eye”. Enfin elle fut aussi professeur à l’Université américaine du Nigeria.

Bénédicte Kurzen

INVITÉE D’HONNEUR 2017

BIOGRAPHIE

Portrait de Bénédicte Kurzen invitée d'honneur deu festival Barrobjectif

Bénédicte Kurzen a commencé sa carrière photographique en 2003 en allant en Israël pour couvrir l’actualité chaude dans la Bande de Gaza, en Irak et au Liban.
En 2004, elle passe du «news» à la photographie documentaire avec un projet sur les femmes kamikazes volontaires et les veuves palestiniennes dans la Bande de Gaza. Ce travail fait partie d’un projet collectif plus ample intitulé « Violences faites aux femmes », en collaboration avec Amnesty International et Médecins Sans Frontières.
Bénédicte a une maîtrise d’histoire contemporaine de la Sorbonne, Paris. Son mémoire est consacré au « Mythe du photographe de guerre », ce qui l’inspira pour devenir journaliste d’image.
Au cours des dix dernières années, elle a couvert les conflits et les changements socio-économiques en Afrique. De l’Afrique du Sud (2015–2013), sa base, elle explore certains des plus douloureux défis de la société post-apartheid. Elle produit “Next of Kin” (Plus proche parent), “The Boers Last Stand” (Les Boers aux abois) et « Amaqabane ». Ce dernier projet consacré aux vétérans de la lutte anti-apartheid fut produit dans le cadre du prestigieux Joop Swart Masterclass en 2009.
En 2011, elle reçoit une bourse du Pulitzer Centre qui lui permet de produire un travail complexe au Nigeria, “A Nation Lost to Gods” (Une Nation perdue des dieux), exposé à Visa pour l’Image, et qui lui a valu une nomination pour le Visa d’Or 2012.
Elle devient membre de l’agence NOOR, en 2012, et déménage à Lagos l’année d’après. De là elle continue à couvrir l’Afrique, avec une attention toute particulière pour le Nigeria, qui la passionne depuis longtemps. Son travail nigérian fait l’objet d’une exposition à Londres et à Lagos en collaboration avec Robin Maddock et Cristina de Middel : “Shine Ur Eye”. Enfin elle fut aussi professeur à l’Université américaine du Nigeria.

Rafael Yaghobzadeh – Ukraine / Guerre des tranchées

Stars wars


Des combattants pro-russe regardent à travers des lunettes de vision nocturne, la position de l’armée ukrainienne, sur la ligne de front à Seminvka, en Ukraine, le 22 mai 2014.

Rafael Yaghobzadeh, né en 1991, à Paris, a grandit dans une famille cosmopolite et dans le milieux du journalisme, depuis son plus jeune. Intéressé par les enjeux politiques, économiques et sociaux qui l’entoure, il décide en 2011 de suivre des études d’Histoire mais la tentation de couvrir les révolutions arabes en Tunisie et en Egypte est plus forte.
photo photographeDepuis Rafael a voyagé en Turquie, dans les Balkans, en Inde, en Arménie, en Israël et Palestine. Depuis 2014, il documente la crise en Ukraine de Maïdan, à la Crimée, au Donbass en se penchant sur les maux et les changements de la société. Rafael collabore régulièrement avec Le Monde, Le Nouvel Observateur, Paris Match, VSD, La Vie, Grazia, Fisheye, Neon. Il intègre le studio Hans Lucas, en 2013.

EXPOSITIOIN BARROBJECTIF 2016 : Ukraine / Guerre des tranchées

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Vue sur les tranchées de l’ancienne ligne de front, près de Debalsteve, la situation dans la région reste précaire depuis les accords de Minsk II, en Ukraine, le 17 mai 2015.

L’armée ukrainienne et les forces pro-russe se livrent à une guerre de position dans l’est de l’Ukraine sans précédent. Depuis avril 2014, la région du Donbass est prise dans une guerre meurtrière. Des centaines de volontaires intègrent des bataillons ou rejoignent l’armée régulière pour défendre le Donbass. D’un côté et de l’autre des lignes de contact, les combats ont déplacé plus d’un million de personnes et ont tué plus de neuf milles personnes depuis le début des violences. En février 2015, de nouveaux accords de Paix sont signés à Minsk, pour un retrait des armes lourdes, la mis en place d’échanges de prisonniers, une création d’un gouvernement provisoire à l’est, la restauration des frontières de l’Ukraine… Un an plus tard, dû à des crises politiques au sein des gouvernements des deux parties, la situation est toujours aussi critique.

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Aleksandr Bessonov, 32 ans, militaire dans l’armée ukrainienne à Markinka et radio pirate, il travaille désormais dans la radio Army FM, basé à Kiev, pour soutenir les troupes et paré la propagande russe dans l’est de l’Ukraine.

James Keogh – Le choix de la guerre

Le choix de la guerreJe suis intéressé par des problématiques à la fois en France et à l’internationale, celles qui reflètent les défis de notre époque. Autodidacte de formation, l’usage de la photographie et de la vidéo dans mon travail est une manière de comprendre et d’alerter au mieux l’opinion sur ces questions.JKEOGH-portrait-photographe
La photographie agit comme une empreinte dans le temps. Diane Arbus disait entre autre qu’« elle est la preuve que quelque chose était là et n’est plus. Comme une tâche. Et leur immobilité est déroutante. On peut leur tourner le dos, mais quand on revient, elles sont toujours là en train de nous regarder. »
Depuis 2010, j’ai pu couvrir les révolutions arabes en Égypte, Libye et Syrie, ainsi que le conflit au Soudan ou la crise ukrainienne. J’ai eu le besoin d’aborder d’autres sujets pour privilégier une approche allant au-delà de l’immédiateté des actualités. J’ai donc réorienté une partie de mon travail vers des histoires au long court imprégnées d’une démarche documentaire.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2016 : Le choix de la guerre

Lorsqu’un homme choisit la guerre comme mode de vie, ce n’est pas un choix anodin. C’est un choix personnel: sa vie lui appartient, et il choisit de la mettre en péril pour des raisons qui lui sont propres. C’est un choix qui mène au doute, au désenchantement, à la désillusion face au mensonge ; le mensonge d’une guerre présentée comme juste et d’une cause louée comme noble par la propagande d’Etat, contre l’expérience d’une guerre absurde, fratricide, dont on ne ressort pas en héros. C’est un choix qui a des conséquences.Le choix de la guerre

Le choix de la guerre

Ce reportage, c’est l’histoire de volontaires russes qui ont choisi d’aller se battre en Ukraine de l’Est. Il se propose de documenter leur quotidien au sein du bataillon Bars tout en laissant la guerre hors champs. Ce parti pris permettant de la personnifier comme la Mort elle-même rôdant autour du bataillon tel un spectre.

Entre les combats, les règlements de compte entre bataillons, les enterrements et les moments fragiles hors des tranchées, les images cherchent à rendre compte qu’un conflit ne repose pas nécessairement, comme le veut les représentations collectives, sur une vision manichéenne avec d’un côté du champ de bataille les « gentils » et de l’autre les « méchants ». Le choix de ces civils venus de Russie risquer leur vie contribue à nuancer ce propos. Car qu’est-ce qui poussent des hommes à mettre leur vie en danger pour une terre qui n’est pas la leur et qui ne croient pas à la propagande russe ?

Le choix de la guerreCertains membres s’interrogent: se seraient-ils trompés ? Seraient-ils les méchants dans cette histoire ? Certains se considérant même comme des gentils dans le camp des méchants brouillant un peu plus les notions du Bien et du Mal. Tout ça au rythme effréné d’une guerre qui broie les corps et la raison des hommes.

Le choix de la guerre

Cédric Gerbehaye _ l’Invité d’honneur 2016 – Congo in Limbo

Congo in LimboCédric Gerbehaye, né à Bruxelles en 1977, est journaliste de formation, la photographie s’est imposée à lui comme forme d’écriture privilégiée. À partir de 2002, il s’intéresse d’abord au conflit israélo-palestinien en tentant d’analyser la déception et la révolte que l’échec des accords d’Oslo a engendrées, en Israël comme en Palestine. Analyser, comprendre, toucher au plus près et avec exigence les réalités du terrain, même lorsqu’elles sont dissonantes. En étant conscient qu’il faut bien plus d’une image pour résumer les contradictions des hommes et celles de l’Histoire. Il s’est également penché sur la crise économique et sociale qui sévit en Israël, avant de se pencher sur la question kurde tant en Turquie qu’en Irak. En 2006, il obtient deux récompenses au prix Photographie ouverte du Musée de la Photographie de Charleroi. Un an après, son travail Gaza : pluies d’été est salué au Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre.

À partir de 2007, il se rend en République démocratique du Congo et intègre l’Agence VU’.Logo-AgenceVU-

Son enquête ne va cesser de le porter vers ce pays dont il dresse au fil de ses reportages un saisissant état des lieux, traitant à la fois des déplacements de population, du conflit armé, de l’enrôlement des enfants-soldats, des violences faites aux femmes, du rôle clef des minerais, de la vie quotidienne sur le fleuve Congo, de la montée des églises évangélistes… Cette somme photographique réunie sous le titre Congo in Limbo a fait l’objet d’un livre, de plusieurs expositions et lui a valu sept distinctions internationales, parmi lesquelles un World Press Photo, l’Amnesty International Media Award et l’Olivier Rebbot Award de l’Overseas Press Club of America. Land of Cush, le travail qu’il accomplit à partir de 2010 au Sud-Soudan le conduit à travailler avec le soutien de la Magnum Foundation Emergency Fund, de la bourse Fnac et du Pulitzer Center on Crisis Reporting. Ce nouvel opus, qui suit la naissance du pays et en dévoile les premières désillusions, est récompensé par le prix Scam-Roger Pic 2012.
En 2013, il continue d’explorer de nouvelles formes d’écriture et réalise, avec la journaliste Eve Sabbagh, le webdocumentaire Broken-Hopes, Oslo’s Legacy pour le 20e anniversaire de la signature des accords d’Oslo, primé par l’Agence Française de Développement et finaliste au Prix Bayeux des Correspondants de guerre et au Visa d’Or-webdocumentaire du Festival Visa pour l’image.gerbehaye_cedric_portrait

Dans son dernier travail, intitulé D’entre eux, Cédric Gerbehaye en choisissant de se confronter à son propre pays, la Belgique, renouvelle son écriture, forcément plus personnelle sur une terre où l’intime, le vécu et les souvenirs troublent et enrichissent le regard. Cette série, longuement approfondie depuis sa première présentation au Festival Photoreporter en Baie de Saint-Brieuc en 2012, est présentée au FoMu – Fotomuseum d’Anvers et à Mons, dans le cadre de MONS 2015, capitale européenne de la culture.
Le travail de Cédric Gerbehaye est intégré aux collections du Musée de la photographie de Charleroi, du FoMu – Fotomuseum d’Anvers, de la MEP – Maison Européenne de la Photographie et du MFAH – Musée des Beaux-Arts de Houston.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2016 : Congo in Limbo

En République Démocratique du Congo (RDC), une décennie de conflits armés a laissé un pays exsangue. Aujourd’hui encore, la population continue de souffrir au quotidien des conséquences du conflit ; maladies, malnutrition, sous-développement, mais aussi du fait des violences meurtrières qui se poursuivent.Congo_in_Limbo

En 2006, la RDC s’était finalement engagée dans un processus de restauration politique passant par l’organisation des premières élections démocratiques. Un processus de réconciliation politique, fondé sur une large immunité des principaux acteurs du conflit, a rapidement handicapé la reconstruction du pays. Ce handicap s’est trouvé aggravé par l’échec de la démobilisation des miliciens et celui de la constitution d’une armée nationale nouvelle, constituée d’un brassage des anciens groupes armés. C’est surtout dans l’est du Congo, en Ituri et au Kivu, régions regorgeant de richesses minières et frontalières de l’Ouganda et du Rwanda, que la situation était, et reste, la plus dramatique et la plus meurtrière même si le reste du pays n’est pas à l’abri de ces fléaux mais dans de moindres proportions.

En 2007, 437 000 personnes ont dû fuir leur village à cause des combats, des viols, de l’enrôlement forcé d’enfants et des exactions perpétrées par toutes les parties. Le recours, de manière délibérée et ciblée, au viol comme arme de guerre pour terroriser et humilier la population a profondément entamé les valeurs fondamentales de la communauté.Eglise de reveil_Congo_in_Limbo

Une des conséquences méconnues de ce conflit est l’afflux massif des Congolais vers les «Eglises de réveil». Le succès de ces églises et de leurs pasteurs peu scrupuleux est dû principalement à l’exploitation du désarroi d’une population livrée aux difficultés de la vie quotidienne. La déstructuration profonde du tissu économique et social leur permet de donner des réponses illusoires mais provisoirement réconfortantes.

La présence et l’émergence des différents conflits au pourtour de la République Démocratique du Congo (RCA, Sud Soudan, Somalie, Tchad, Erythrée…) combinées aux « succès » des élections nous incitent à penser qu’il y a un « désintérêt» des bailleurs de fonds et de la communauté internationale pour l’est du Congo alors que la situation demeure d’une extrême gravité.

Le nombre total des déplacés est estimé à plus de 800 000 personnes. Les accords de paix de janvier 2008 n’ont rien changé. Les civils sont toujours les premières victimes et les groupes armés ainsi que les militaires congolais continuent à exploiter illégalement les ressources naturelles et à se servir des profits engrangés pour alimenter le conflit.

Congo in Limbo est l’essai photographique que Cédric Gerbehaye a réalisé entre 2007 et juin 2010, date du 50e anniversaire de l’indépnendance de la RDC. Le pays est observé ici d’un point de vue qui traduit sa complexité et les imbrications d’un conflit méconnu.

EXPOSITION 2 BARROBJECTIF 2016 de Cédric Gerbehaye : D’entre eux

Julien Ermine – Hébron, une jeunesse sous tension

Hébron, une jeunesse sous tension_Conflit_israélo-palestinienJulien Ermine est un photographe âgé de 33 ans. Son activité se concentre essentiellement sur la photographie d’actualité et de reportage.

Photographe dans l’Ouest de la France, il couvre l’essentiel de l’actualité nationale de cette région.

Portrait de Julien Ermine_israélo-palestinien

Ses reportages s’orientent quant à eux, principalement sur des thématiques liées aux inégalités sociales à travers le monde.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2016 : Hébron, une jeunesse sous tension

À l’automne 2015, une vague de terreur fait éclater une nouvelle fois le conflit israélo-palestinien. Les termes d’Intifada des couteaux, de 3ème Intifada sont évoqués. Derrière les appellations et les mots, les tensions devenues quotidiennes déstabilisent profondément plusieurs régions d’Israël et de Cisjordanie. En première ligne de cette recrudescence de violence se trouve la ville d’Hébron.Conviction du regard-conflit

Cette ville de 200 000 habitants également appelée « ville de l’apartheid », est divisée en deux parties distinctes, quadrillées et contrôlées par les forces israéliennes. (ndlr : la ville compte 500 colons juifs, répartis en cinq colonies dans le centre-ville, protégés par 2 000 militaires en poste. Le reste de la population est musulmane) Les nombreux check-points rendent impossible l’accès aux Palestiniens à certains quartiers. Le climat hypersécuritaire ambiant et les oppressions constantes ont débouché sur une situation à l’exaspération palpable.

Plus que de simples « actes terroristes » isolés, l’embrasement des tensions est une manière pour des milliers de Palestiniens de répondre aux contraintes quotidiennes insupportables.Hébron-une-jeunesse-sous-tension

Qu’ils soient proches du Hamas, du Fatah ou « simple citoyen », le sentiment de colère est partagé par l’ensemble de la population. Les manifestations rassemblent à chaque fois des dizaines de milliers de personnes. Une partie d’entre eux décharge leur colère par la violence. Les check-points sont attaqués quotidiennement, certaines zones du centre-ville transformées en champs de bataille.

Chose étonnante, ce sont les plus jeunes qui sont en première ligne du front, à jeter billes et pierres sur les forces d’occupation armées de fusils et de lance-grenades.Hébron, une jeunesse sous tension

Ils ont pour la plupart entre 7 et 18 ans, le visage caché derrière un keffieh. Ils n’ont pas peur, ils ont grandi dans ce climat d’affrontement. Tous connaissent un ami ou un frère qui a été blessé. Pas une journée ou presque ne se déroule sans qu’il n’y ait de morts côté Palestinien. Et pourtant, une partie de cette jeunesse « cassée » retourne inlassablement se défendre et combattre, attaquant sans relâche les militaires postés dans les rues en face.

Qu’elle le veuille ou non, cette génération n’entretient plus l’espoir, plus d’alternatives à une résolution pacifique…

… alors elle continue à se battre.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 de Julien Ermine : Un toit c’est un droit

Thomas Roy – Fragments d’Angola

Thomas Roy est en 1974 à la Rochelle, vit et travaille à Paris.

C’est pendant ses études de Sciences Humaines qu’il commence à photographier. Très vite il passe plus de temps aux cours de photographie des Beaux Arts de Poitiers que sur les bancs de l’Université. Il abandonne finalement ses études d’Histoire et de Géographie pour se consacrer à la photographie et aux voyages.

De 2001 à 2004 il effectue plusieurs séjours en Angola. Ces photographies accompagnées de textes de son frère sont publiées aux éditions Actes Sud : Fragments d’Angola paraît en 2006 et est encore un des rares ouvrages francophones sur ce pays. Il est traduit en langue portugaise aux éditions Teorema.

Depuis il a entrepris un long travail sur les paysages urbains du monde entier de Delhi à Hanoi, de Porto à Reykjavik et anime des ateliers photo auprès du jeune public.

Thomas-Roy

 

 

 

 

 


EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : FRAGMENTS D’ANGOLA

C’est en 2001 que je pars pour la première fois en Angola. Ce pays d’Afrique australe alors en proie à une guerre civile n’intéresse plus les médias internationaux, lassés par un conflit interminable. Le pays est gangréné par les intérêts politiques et économiques et la corruption. La population, malgré les richesses importantes du pays (minerais précieux et hydrocarbures) se trouve dans une extrême pauvreté : réfugiée dans des villes en ruine elle n’a souvent connu que la guerre, l’exode et la famine.fragments-angola-6

C’est pour rendre compte de cette situation que j’entreprends mon premier séjour angolais. Il est difficile, alors que le pays est encore en guerre, de sortir de la capitale, Luanda, ou se concentre une part importante de la population. Les routes sont impraticables, détruites, minées ou aux mains de bandits. Je ne peux voyager dans les villes de province qu’avec l’aide du plan alimentaire mondial et des organisations non gouvernementales qui viennent en aide aux populations déplacées. Leur aide logistique sera précieuse au cours de mes différents séjours pour mener à bien ce que je sais déjà être plus un travail documentaire qu’un reportage d’actualité.

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En février 2002, de retour de mon deuxième séjour angolais et sur la route pour Genève, où je me rends pour un autre projet photographique, j’apprends la mort de Jonas Savimbi, chef emblématique de l’UNITA, organisation opposée au pouvoir en place en Angola. Avec la mort du général nationaliste, c’est une des pages les plus sanglantes de l’histoire angolaise qui se tourne : 27 ans de guerre civile, des centaines de milliers de morts, des millions de déplacés et des milliers de mutilés.

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Les scènes de vie recueillies dans Fragments d’Angola, publié en 2006 par les éditions Actes Sud, témoignent de la furie meurtrière de ces dizaines d’années de guerre civile : les villes en partie détruites, les murs criblés de balles comme si on avait voulu en plus de tuer l’adversaire, tuer les villes, les populations déplacées, mutilées.

Durant ces quatre séjours j’ai vu le chaos, la détresse, la malnutrition, la souffrance mais pas seulement. J’ai été impressionné par la force, la fierté de cette population, sa capacité à faire front et se redresser, son enclin à la fête et à la dérision, le sourire et la joie de ses enfants.

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Association « Camille Lepage – on est ensemble » – Conflits au Soudan et en Centrafrique

Camille Lepage est née à Angers, en France. Après des études de journalisme, elle se met à la photographie. En juillet 2012, elle décide de partir au Soudan du Sud pour explorer sa nouvelle passion ainsi que le pays le plus récent sur la carte.

Camille Lepage a été tuée le 12 Mai 2014, dans l’ouest de la République Centrafricaine, alors qu’elle exerçait son métier de photojournaliste.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Conflits au Soudan et en Centrafrique

Soudan, Sudan, South Kordofan, Kordofan du Sud, Kordofan méridionale, Monts Noubas, Nuba mountains
Elle est représentée par Hans Lucas et Polaris et son travail a été publié par The New York Times, The International Herald Tribune, Time, Le Monde, Vice Magazine, The Sunday Times, The Guardian, la BBC, The Wall Street Journal, The Washington Post, X magazine, Amnesty Press, Los Angeles Times, Al Jazeera, Libération, Le Parisien Magazine, Le Parisien, Le Nouvel Observateur, Jeune Afrique, La Croix, Internazionale, DVAfoto, l’Oeil de la Photographie, Photographie.com

Travaux pour les ONG : Human Rights Watch, Médecins sans Frontières, Comité international de la Croix-Rouge, Amnesty International, Mercy Corps, Handicap International, Programme alimentaire mondial de l’ONU, Internews, Crown Agents, Solidarité.

Association Camille Lepage
Adhésion-Association-Camille Lepage
Site internet Camille Lepage

Prix
2014 : POYi (71e) – 2e place, Portrait
2013 : Finaliste de la Bourse du Talent #53 Reportage
Coup de Coeur de l’ANI (Association Nationale des Iconographes ) au festival Visa pour l’Image.

Pasa Imrek – Une école dans Kobané en ruines

Photographe indépendant kurde, Pasa Imrek est installé à Urfa, Turquie.
En mars 2015, il passe 10 jours dans Kobané pour réaliser ce reportage.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 : Une école dans Kobané en ruines

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En septembre 2014, les forces djihadistes de l’Etat islamiste attaque Kobané, ville kurde de Syrie. Pendant les cinq mois de siège, les djihadistes détruisent 12 des 15 écoles de la ville. Les combattants kurdes repoussent les troupes de l’Etat islamiste fin janvier 2015. Les habitants, qui avaient fui en Turquie voisine, retrouvent la ville détruite. Les écoles, ravagées par les combats, manquent de tout: tables, chaises, cahiers, crayons. Les professeurs manquent aussi et certaines classes accueillent 70 élèves.
Au programme, plus d’enseignement en langue arabe comme sous le régime syrien. Les élèves étudient désormais en kurde, leur langue maternelle.
Les cours reprennent mais les professeurs apportent surtout du soutien psychologique aux enfants pour essayer de leur faire oublier les atrocités de la guerre auxquelles beaucoup ont assisté.
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