Otto de la Paillère – Fête de l’ours

Otto-de-la-PaillereOtto de la PAILLÈRE
– FRANCE
Photographe autodidacte né au Pays basque en 1971, je vis aujourd’hui à Saint Laurent de Cerdans, petit village des Pyrénées Catalanes. J’ai découvert la pratique de la photographie il y a une trentaine d’années avec l’argentique noir et blanc. À la fois auteur et photographe-artisan, un peu touche-à-tout, je me promène depuis 30 ans à travers tous les domaines de la photographie. La curiosité et le besoin permanent d’être là où je ne suis pas sont des moteurs formidables pour aller rechercher de nouvelles sources d’inspiration trop exaltantes pour être ignorées.
Pourtant, je reviens régulièrement vers quelques sujets de réflexion qui ne sont jamais loin de mes préoccupations photographiques, ceux qui, notamment, questionnent les relations humaines.
Depuis 2006, je photographie les événements et les personnalités du Haut-Vallespir, petite région isolée des Pyrénées Catalanes en essayant de témoigner d’un mode de vie singulier, empreint de traditions séculaires et d’un savoir-vivre ensemble tout à fait particulier.
À la fin de l’année 2017, je deviens micro-entrepreneur et je mets maintenant cette expérience à disposition de ceux qui le désirent.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2018 : Fêtes de l’ours

Les traditions dans les Pyrénées Catalanes

Dans les Pyrénées Catalanes, que ce soit à Prats-de-Mollo, à Saint-Laurent-de-Cerdans ou à Arles-sur-Tech, les trois villages du Haut-Vallespir où cette pratique perdure, la Fête de l’Ours est un témoignage de la relation profonde d’un peuple à son territoire.

L’Homme tente d’exorciser ses peurs, d’exprimer ses angoisses pour mieux les conjurer dans un jeu de rôle déconcertant, parfois violent, souvent terrifiant.

Face à une nature jugée menaçante, l’Homme tente d’exorciser ses peurs, d’exprimer ses angoisses pour mieux les conjurer dans un jeu de rôle déconcertant, parfois violent, souvent terrifiant. Il s’agit ici de recréer les conditions de l’existence rude des habitants de ce petit pays isolé. L’ours entre dans le village et vient y jeter le chaos dans une mise en scène baroque ou s’affrontent bien et mal, noir et blanc, humains et animaux, hommes et femmes. Mais ici, les événements de cette existence sont codifiés à l’extrême. On sait d’emblée que les hommes seront finalement libérés de leur peur. Tous les événements qui ne mènent pas à cette délivrance ne sont que contingences. L’ours sera finalement capturé et rasé, dévoilant ainsi la nature humaine de la bête. L’ours ne fait plus peur, car il est redevenu un être civilisé. L’Homme a enfin, le temps de cette chasse débridée, le contrôle absolu et maîtrise totalement son univers.

Mais dès le lendemain, il devra retourner vivre dans la nature en étant tout aussi vulnérable. Pourtant, pour les habitants de ces villages, les lendemains de la Fête de l’Ours ne ressemblent en rien aux jours qui la précèdent.

Stéphane Brouchoud – Soldats inconnus…retrouvons la mémoire

Stephane Brouchoud

Stéphane BROUCHOUD – FRANCE
L’aventure commence dans le début des années 90, le jour ou j’ai emprunté et jamais rendu le konica TCX de mon père, en couleur au début, puis très vite, en noir et blanc.
Un peu frustré et mécontent de mes premiers résultats, je décide d’intégrer le photo club de Salaise-sur-Sanne, s’ensuit alors une intense activité photographique et une pratique assidue du labo. Dans les effluves acétiques, je découvre la difficulté de l’art du tirage. Quelques voyages plus loin, au bout de ces nuits noires et de ces rêves barytés, nous créons en 1998 avec 3 amis photographes, le collectif en marge qui nous permet de mettre au point de nombreux projets d’exposition. Le collectif existe toujours aujourd’hui et réalise des travaux d’illustration et d’exposition.
Dans les années 2000, ma pratique photographique évolue et devient plus locale, plus de proximité, elle permet ainsi de mettre au point plusieurs projets en relation avec le territoire qui m’entoure. Adepte du noir et blanc argentique, je mixe souvent les procédés analogique et numérique afin de mener à bien mes travaux.
Depuis 2011, je suis membre de l’association autochtone, structure grâce à laquelle j’ai pu mener à bien différents projets d’exposition, et qui me permet aujourd’hui de travailler sur plusieurs sujets, le fleuve Rhône et les « terres froides en Isère » notamment.
En activité salariée dans le privé, je suis un « photographe ouvrier » ou un « ouvrier photographe », et ma pratique photographique tend à révéler les émotions, et quand bien même cela n’arrive pas, je m’imagine sous l’ovule pâle du jour doué d’existence.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2018 : Soldats inconnus…retrouvons la mémoire

« Soldats inconnus… retrouvons la mémoire » est un projet photographique sur la Première Guerre mondiale. Porté par l’association Autochtones et conçu par Stéphane Brouchoud, ce travail de mémoire a été labellisé en mars 2016 par la mission centenaire sur la guerre 14-18 au niveau national.

Au début de l’année 2014, la première partie du projet m’a entrainé dans une quête photographique à la recherche de visages de soldats isérois morts pendant la Première Guerre mondiale. J’ai visité plus de 300 cimetières en Isère, et trouvé peu de traces existantes. Beaucoup de ces témoignages visuels sont aujourd’hui à peine visibles, car les traits des visages s’estompent et se confondent avec la couleur de fond du support. Parfois, la rouille trace des trainées couleur de sang le long du portrait, parfois la céramique a éclaté à la manière d’un impact de balle. Cent ans que cela dure, cent ans que les éléments s’acharnent sur le visage de nos aïeux : c’est l’ultime témoignage d’une génération qui s’évapore. Fini le temps des bombes, fini le temps des regrets, oubliée la blancheur des os, bienvenue dans l’inconnu. Mémoire soldats inconnus

La prise de vues des lieux de combat et de décès de ces hommes formait la deuxième partie du projet. Après de longues recherches, j’ai pu déterminer le plus précisément possible le lieu des paysages linceuls et parcourir l’ancien front, de Belgique en Alsace. J’ai traversé les champs de boue de Champagne, erré dans les mornes plaines de la Somme, marché dans les forêts de Verdun nourries du sang des soldats, à la recherche d’un indice m’indiquant le passage de ces hommes et j’ai peut-être mis mes pas dans leurs pas.

Nous sommes des « machines à oublier ». Le sujet s’est imposé à moi comme une évidence, il fallait témoigner pour préserver le souvenir. Tous ces regards sortis du passé nous interrogent sur notre rapport à la mémoire et notre faculté d’oubli. Rendre hommage à cette génération sacrifiée, conserver le souvenir de ces hommes en leur redonnant une identité visuelle, une réalité, tels sont les buts du projet. Chaque visage photographié est une tragédie dans la tragédie : des centaines de destins se sont liquéfiés dans la masse confuse de l’histoire. Aujourd’hui, je pense aux autres, à ceux d’Artois, des Vosges, de l’Aisne, de Champagne, à ceux que je n’ai pas pu photographier et dont les âmes errent en quête de gratitude.

Le 10 juin 2016, je suis de passage au cimetière d’Izeaux en Isère, pour refaire le portrait de Justin Marchand qui ne me plait pas. Je connais l’emplacement de sa tombe, je m’y rends directement et je trouve la place nette, débarrassée de la vieille croix en ferraille et du portrait qui y était accroché : des graviers blancs reflètent désormais l’écume des jours. Justin, tu n’es pas mort glorieusement, tu es mort à 26 ans de maladie pendant la guerre, pauvre piou-piou, pauvre vie insignifiante, « mort pour la France ». Le passant ne s’arrêtera plus devant ton portrait, bienvenue dans l’inconnu…

Stéphane Brouchoud

Hugo Aymar – Paris 19e

Hugo- AymarHugo AYMAR FRANCE  Photojournaliste français, né en 1988, basé à Paris. Membre de l’agence HAYTHAM PICTURES. Mes travaux personnels s’inscrivent dans une photographie à tendance documentaire, qui accorde du temps aux sujets traités. Ces reportages au long cours placent l’humain au cœur de mon travail, avec une volonté constante de témoignage, que ce soit celui d’une culture, d’un bouleversement sociétal, économique, politique, ou plus simplement d’une époque.

Je travaille également régulièrement avec la presse française et internationale. Mes images sont publiées dans Le Monde, Libération, l’Humanité, La Croix, Le Figaro, Les Echos, Paris Match, L’Obs, Le Point, Pèlerin, Grazia, Causette, Les Néon, The Times, Der Spiegel, De Standaard Weekblad, Vice.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2018 : Paris 19e

Bienvenue dans le Nord-Est parisien. Loin des cartes postales de la capitale, des élégantes avenues haussmanniennes, des monuments et des dorures des beaux quartiers, les pavés du 19e résonnent au son d’un Paris populaire. Historiquement quartier ouvrier, la forte concentration de logements sociaux a conservé ce caractère populaire depuis les années 1950 et 1960.

Paris 19e

Le 19e est le quartier où se trouve la plus grande communauté musulmane de la capitale.

Les impressionnants grands ensembles de logements sociaux du nord-est parisien, tels que la Place des Fêtes ou des Orgues de Flandres, donnent à l’arrondissement une identité unique, un trait d’union entre la capitale et sa banlieue. Trait d’union aussi économique, le revenu moyen d’un habitant du 19e étant près de deux fois inférieur à celui de Paris. Le 19e arrondissement captive également par son multiculturalisme : dans l’un des plus importants quartiers juifs d’Europe, les Loubavitchs côtoient notamment la plus importante communauté musulmane de la capitale. L’arrondissement est aussi le poumon de Paris : avec le parc de la Villette et les Buttes-Chaumont, il comprend les deux plus grands parcs de la capitale.

Le 19e est aussi un arrondissement en pleine mutation. Aujourd’hui, avec des loyers relativement bas par rapport au reste de la capitale, il attire de nouvelles populations. Les jeunes ménages s’y installent et transforment peu à peu le quartier, provoquant une hausse des prix de l’immobilier. À terme, la présence de classes populaires au sein de la capitale parait remise en question.

Jeanne Taris – Gitans de Perpignan : et demain …

Elle aurait aimé être… correspondante de guerre. Son premier déclic ? Un voyage en Espagne.

Jeanne Taris n’a alors que 17 ans. Depuis ce jour, son appareil en bandoulière elle parcourt le monde et nourrit son goût sans limite pour « l’aventure » aux quatre coins de planète. Globetrotteuse insatiable, elle trouvera très vite en Leica son meilleur allié.
Celui qui lui fournira ce « piqué » et cette « empreinte » si particuliers pour ses premières séries en noir&blanc abordant les thèmes notamment des « Pêcheurs » ou des « Funérailles » en Afrique de l’Ouest. Sa relation à l’appareil mythique débutera – pour l’anecdote – par l’achat d’une housse en cuir nue ( pour «cette beauté unique de l’objet » confie-t-elle ) avant qu’elle ne se tourne en 2013 vers un premier compact d’occasion puis, deux ans plus tard vers un nouveau boîtier.

Ses travaux photographiques célèbrent toujours « au plus près » l’échange avec les sujets dans une approche flirtant avec l’immersion totale. Si le cliché pour l’artiste n’est pas une fin en soi, il évoque toujours « sur le vif » des tranches de vie sous la forme d’instantanés, de portraits intimistes puissants ou encore des scènes de vie fragiles ne laissant place à aucun voyeurisme ni paternalisme. Un regard libre au service de cultures parfois reculées et inaccessibles pour le commun des mortels (en l’occurence sa série confidentielle sur les rites funéraires en Côte d’Ivoire) tout en s’appuyant sur une demarche quasi sociologique.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Les Gitans de Saint-Jacques

Ils sont six mille, peut-être sept mille, gitans à vivre dans le quartier Saint-Jacques, au cœur historique de Perpignan. Dans cet entrelacs de ruelles, les maisons sont délabrées, insalubres parfois, les enfants sont dehors jusque tard dans la nuit, peu vont à l’école. Les femmes, assises sur des chaises pliantes, sur le pas de leur porte les regardent jouer tandis que les hommes, souvent absents, font la sieste ou se retrouvent sur les places du quartier.
Depuis des années, la drogue ronge la jeunesse. Les églises évangéliques, aussi actives que conservatrices, tentent de sauver les brebis du quartier. À Saint Jacques, peu de gens
travaillent, beaucoup vivent des allocations. Le tableau est noir. Les clichés ont la vie dure. Et beaucoup disent que le futur ne s’annonce pas meilleur.
Et pourtant, Jeanne Taris s’est prise d’affection pour ces familles qui l’ont accueillie, elle, la « payo » qui est entrée dans leur quartier un jour de septembre 2016, qui a passé de longues heures assises à leurs côtés sur les trottoirs, les a photographiés les jours
de fête et les matins quotidiens.
En arrivant à Saint-Jacques désormais, elle ne manque jamais d’aller saluer Jeanne, Marceline, Joseph, Ange, Monique, Pacheco, Chatou, Désiré, Thierry, Antoine, Pitchuro,  Ismaël… Jeanne s’est rendue à plusieurs reprises dans ce quartier, que certains n’hésitent pas à appeler ghetto et où les Perpignanais ne vont quasi jamais. Elle a passé des journées, des nuits, une fête de Noël et un jour de l’an avec les Gitans de Saint Jacques. En cherchant la lueur d’espoir, la joie, la convivialité qui malgré tout transparaît.Jeanne Taris 2016 – Gitanos de le ciudad sin Ley

Arnaud Roiné – Les coulisses du « Palais »

Arnaud Roiné est photographe militaire depuis plus de 20 ans. D’abord photographe officiel du président de la République pendant plus de 6 ans, il est maintenant photoreporter à l’ECPAD *. Sa mission première consiste à témoigner des engagements de l’armée française partout dans le monde, de l’Afghanistan à la Centrafrique, en passant par le Mali ou la Guinée par exemple.

Portrait de Arnaud Roiné

C’est pendant son passage à l’Élysée qu’il décide de s’intéresser aux petits métiers, aux savoirs-faire des hommes et des femmes qui oeuvrent en coulisse. Il passera presque 3 ans à observer ce qui se passe derrière le grand bal diplomatique qui se joue chaque jour dans les salons de l’Élysée.

Si son métier de photographe militaire pousse son objectif vers des impératifs de communication opérationnelle, voire institutionnelle, Arnaud Roiné s’attèle à ne jamais dérober son regard de la réalité des faits et des parcours de vie qu’il est amené à photographier. Ainsi, au-delà des images de conflit ou d’aide humanitaire qu’il effectue pour la communication, il s’attache également à capter des instantanés de vie au profit des archives nationales de la Défense, l’affranchissant de la vision « du parti ».

Son envie « d’aller voir » le pousse notamment à retourner en Guinée Conakry avec ses propres deniers pour terminer l’histoire qu’il avait commencée en retrouvant, en 2016, des survivants du virus Ebola sauvés par le service français de santé des armées. Observateur attentif et pugnace, il s’attache à être présent où les autres ne sont pas. C’est dans ce sens qu’il a voulu traiter Ébola et c’est avec cette même volonté qu’il entend traiter ce sujet sur les lycéens en bac professionnel. Convaincu qu’il faut du temps pour raconter l’histoire des gens qu’il rencontre, cela fait près de deux ans qu’Arnaud participe aux cours et passe ses week-end avec « ses lycéens ». Ce sujet, tout comme celui sur Ébola, marque le début d’une transition vers une nouvelle vie qu’il ne conçoit que dans le photojournalisme.

*Établissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Les coulisses du « Palais »

« Le Palais ». C’est comme ça qu’ils en parlent. Avec beaucoup de respect, d’affection et une pointe de fierté. Ils, ce sont les 800 personnes qui font de ce navire un ambassadeur du savoir-faire à la française. Ce navire qui peut faire figure de croiseur imprenable est un lieu des plus, mais connu de tous. Les gens qui le composent servent la République et le plus haut personnage de l’État : le président de la République.

Palais de l'Élysée -1

Coup de feu dans les cuisines du Palais. Après trois jours de préparation, c’est le moment où tout se joue. Les plats doivent être envoyés le plus parfaitement possible.

Jacques Lanzmann décrivait l’Élysée du temps de François Mitterrand comme «  une maison au-dessus de toutes les autres, plus haute que les plus perchés de nos châteaux forts, plus inaccessible que l’ultime refuge du Mont-blanc. S’y succèdent les hommes au sommet de l’État : ceux qui y vivent et ceux qui y travaillent le temps d’un septennat. Symbole du pouvoir suprême, l’Élysée, nichée au cœur de paris, est tout à la fois le Palais des puissants et des plus obscurs en fait une petite France en microcosme. Bien des métiers s’y exercent, bien des corporations y sont représentées. De l’homme de ménage au Président, du lustrier au général, près de mille personnes travaillent au rayonnement de la France, chacun à sa place, chacun selon ses moyens. »

Palais de l'Élysée -2

Dans le salon Murat du palais de l’Élysée. À la veille du conseil des ministres, les garçons de vestibule prennent un soin tout particulier à la mise en place de l’horloge du conseil. Cette horloge à la particularité d’être lisible des 2 cotés. Une face pour le président, une face pour le premier ministre.

J’ai, moi aussi, servi le président de la République de 1998 à 2008, à ma manière, en tant que photographe. Et, au cours de cette décennie, j’ai arpenté les coursives de ce grand navire, de la cale à la passerelle de commandement. J’y ai jeté mon œil indiscret par les sabords et exercé mon regard dans les bordées, pour tenter de mettre en lumière, avec authenticité, les hommes et les femmes qui font que chaque jour cette institution montre le meilleur d’elle-même.

Palais de l'Élysée -3

Les cavaliers de la garde républicaine font une pause café dans les sous-sols du Palais après avoir rendu les honneurs à un invité de marque du Président.

Le 55, rue du Faubourg Saint-Honoré est le palais de tout un peuple où une poignée perpétue des traditions centenaires. Traditions qui, paradoxalement, cohabitent en harmonie avec l’avancée inexorable du temps. Et ce, grâce aux employés de l’Élysée qui, plus que suivre leurs vies, suivent la marche de la France et du monde. Et, à leur manière, avec leurs compétences et expertises, ils participent au rayonnement de la France et maintiennent en vie, par leur créativité, les plus beaux savoir-faire de l’art et de l’artisanat. Argentiers, lustriers, tapissiers, horlogers ou encore lingères, grâce à eux, l’Élysée est une vitrine internationale unique du savoir-faire et du savoir-vivre à la Française.

Cette série noir et blanc a fait l’objet d’un ouvrage aux éditions Télémaque, en collaboration avec Patrick Kovarik, photographe de l’Agence France Presse (AFP).

EXPOSITION BARROBJECTIF 2016 : J’ai vu Ébola

Christophe Guery – Ailleurs

Ma démarche photo : Regarder le paysage tel qu’il est, là où je suis, souvent à travers la panoramique 6×17 utilisée à main levée, surexposer ma pellicule pour adoucir le rendu. Explorer les territoires, librement, en pensant toujours à la place de l’homme dans ces lieux. Aborder mes sujets avec empathie, permettre au regardeur de prendre position ou pas. L’architecture, l’eau, les territoires sont mes sujets.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Ailleurs

Ailleurs-1 Ailleurs-2

Regarder le paysage tel qu’il est, là où je suis. C’est l’histoire d’une industrie qu’on n’aime pas voir, installée au bord de mer, et reliée à la planète par des milliers de bateaux. C’est l’histoire d’une plage blonde, ses coquillages et ses palmiers, et les tankers toujours présents sur la ligne d’horizon, comme des fantômes. C’est une histoire de raffinerie qui nourrit notre quotidien à tous. Nous sommes à Fos-sur-Mer avec ses sites Seveso et ses emplois, ses habitants et ses touristes.

Christian Bellavia – Sivens, ou le barrage impossible

Christian Bellavia est photoreporter depuis longtemps, avec toujours la même intention, raconter l’instant, et transmettre autant d’informations que d’émotions dans mes images. En exerçant ce métier, j’ai perpétuellement été partagé entre expression journalistique et expression artistique. Mon parcours passe par des agences de presse, puis agence de photographes avec le désir d’aborder d’une façon différente les relations entre la presse et la photographie.
Être collaborateur du journal Libération m’a permis de pratiquer au quotidien une approche de la photographie qui me tient à cœur, raconter une histoire à l’aide de photographies ouvertes, ces images qui permettent au lecteur d’entrer dans l’image avec ses propres codes, de se faire sa propre opinion.
C’est ce que j’ai fait pour cette histoire de Sivens, des mois de travail sur place, dans des conditions rendues parfois très difficiles, autant de la part des forces de l’ordre que du coté des zadistes. Je m’efforce de mettre en pratique tous les jours cette réflexion du photographe Don McCullin : la photographie c’est d’abord ressentir avant de photographier. Si vous n’avez pas d’émotions, vos lecteurs ne pourront pas en avoir.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Sivens, ou le barrage impossible

Durant plusieurs mois, jusqu’en Mars 2015, des opposants à un projet de construction de barrage sur le Tescou dans le département du Tarn se sont affrontés aux forces de l’ordre pour empêcher la destruction d’une zone humide.
Débuté comme un simple rassemblement d’idéalistes, au fil des jours, ce site est devenu une ZAD, zone à défendre, une des plus importantes en France, et un symbole des luttes pour défendre la nature et un mode de vie alternatif. Chaque matin, des heurts avaient lieu avec les gendarmes qui occupaient le terrain afin de protéger les ouvriers venus défricher la zone et ils duraient jusqu’au soir en laissant, de nouveau, le terrain aux zadistes.

Sivens, ou le barrage impossible

Site de Sivens, ZAD, Tarn- Marche silencieuse en hommage à Rémi Fraisse décédé sur la ZAD Replantage d’arbres

Jusqu’à cette nuit d’octobre 2015 où le jeune Rémi Fraisse, militant écologiste, a été tué par une grenade lancée par un gendarme. Ce drame a mis fin aux travaux, suivi par l’évacuation de la zone. Depuis, la justice a annulé la déclaration d’intérêt public, l’autorisation de défrichement et la dérogation à la loi sur les espèces protégées en donnant tort à l’État.
Mais cela ne rendra pas la vie à ce jeune écologiste amoureux de la nature.

Sébastien Arico – L’homme et la bête

Amateur d’images depuis de nombreuses années, j’apprécie découvrir de nouveaux lieux et de nouvelles cultures. Curieux par nature, mes voyages sont autant d’occasions de capter et d’immortaliser les pays et les gens que je découvre.

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EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : L’homme et la bête

Train à vapeur en Limousin

Le temps d’un trajet entre Eymoutiers et Chateauneuf-La-Forêt, j’ai pu accompagner Jean-Marie et Jacques, deux passionnés de l’association des Chemins de Fer Touristiques Limousin – Périgord (C.F.T.L.P), respectivement chauffeur et mécanicien sur la locomotive à vapeur 140-C-38 !

Train à vapeur en limousinUne locomotive qu’ils ont patiemment (près de 7500 heures de travail !) et savamment remise en état et qui emprunte chaque été, l’espace d’un voyage dans le temps, les voies de chemin de fer des Gorges de la Vienne.

Un voyage inoubliable dans le temps  !

Train à vapeur en Limousin

Pour en savoir plus sur le train vapeur en Limousin ou pour tenter l’expérience vous-même : www.trainvapeur.com

Isabelle Serro – Crise humanitaire, crise d’humanité

Les enfants de l'exode


Février 2016, chaque jour, chaque nuit en dépit des conditions maritimes très mauvaises dues à l’hiver, après avoir traversé la mer Egée au péril de leur vie, des milliers de personnes s’échouent sur la petite ile de Lesbos. Majoritairement en provenance de Syrie , d’Irak, d’Afghanistan , du Kurdistan tous éprouvent un profond soulagement lorsqu’ils s’extraient de leur embarcation de fortune.

Reporter photographe basée en France, Isabelle Serro, réalise ses travaux en différents endroits de la planète avec un esprit humaniste. Cette démarche l’a emmenée jusqu’en Amazonie en 2009 auprès des indiens Yanomami avec qui elle a vécu plusieurs mois. A son retour, elle enchaine différents reportages ethniques, de société, d’actualité toujours avec cette même quête de la découverte et du partage. Elle contribue par ses Photo Reportages à la diffusion de sujets au sein de l’Agence Sipa. Ses travaux sont publiés dans Le Figaro Magazine , Le Point , Carnet d’art ,la revue EPIC, Droit de Vivre , le magazine XSemanal ou le journal ABC en Espagne ou encore la Revue Ñ du groupe Clarin en Argentine.

Elle est Lauréate du prix Leica dans la catégorie Humaniste et son reportage sur les femmes réfugiées est primé par l’agence des Photographes Professionnels en mars 2016.
S’appuyant sur une expérience professionnelle de 15 années sur des sites géographiques dits sensibles à travers le monde , c’est le plus souvent en dehors de sa zone de confort qu’elle ira chercher la profondeur de ses travaux.Ses capacités rapides d’adaptation et sa curiosité font qu’elle cherchera très souvent en évitant toute forme de voyeurisme à mettre en lumière les aspects positifs et enrichissants des situations parfois les plus complexes

EXPOSITION BARROBJECTIF 2016 : Crise humanitaire, crise d’humanité


Les parents de Niha, ont fait le choix malgré les dangers et les difficultés de faire le voyage avec leur fille handicapée physique et mentale depuis l’Iran, et ce afin de lui donner une chance de rester en vie.

Janvier 2015, deux jeunes enfants d’origine syriennes se dirigent vers la frontière de la République Macédonienne dans l’espoir de rejoindre l ‘Allemagne.
L’agence de coordination policière Europol a déclaré que ce serait plus de 10.000 enfants migrants non accompagnés qui auraient disparus en Europe sur les 18 à 24 derniers mois, craignant également que nombre d’entre eux soient exploités, notamment sexuellement, par le crime organisé.

En septembre 2015, des millions de personnes exprimaient leur désarroi, leur tristesse à la vue de ce petit garçon en short bleu et polo rouge….son prénom, Aylan, a traversé les ondes des radios, des TV et des océans pour s’échouer finalement dans les mémoires.

Puis  les petits Aylan suivants sont devenus avec leurs pères et leurs mères de simples chiffres que l’on a rangé dans des statistiques, des conférences, des tractations, des accords !
Face à ce déni d’humanité qui prends une ampleur chaque jour plus grande, je me suis attachée à suivre des personnes exilées depuis les portes de l’Europe, sur les routes des Balkans, puis en transitant par la « Jungle » de Calais pour atteindre la terre tant convoitée, le Royaume uni. J’ai souhaité avant tout par mon travail photographique me focaliser sur le ressenti, les émotions, l’âme de ces personnes afin de redonner un visage humain à ce drame humanitaire qui touche notre siècle de plein fouet.


Deux jeune enfants syriens de 5 et 7 ans viennent de monter à bord d’un train dans le camps de transit macédonien qui devrait les emmener vers la prochaine étape, la frontière Serbe.


Dans l’abri qui sert de cuisine commune dans une des communautés soudanaises de la « Jungle » de Calais, on vient se réchauffer, manger, partager, parler du pays …..mais aussi conjurer le sort contre l’ennui, le désespoir.

Philippe Belle-Croix – Calais cent suites

Calais01©Belle-Croix. Philippe

Né en 1973 à Bordeaux (Gironde). Photographe autodidacte, c’est en 1993 qu’il découvre la photographie et le développement noir & blanc dans le club photo de son lycée. Un parcours aéronautique de plus de 10 ans débuté au Canada le conduit à mettre de côté cette passion au profit d’une activité professionnelle dense et enrichissante. photo de Philippe Belle-CroixEn 2005, pilote de photographie aérienne, il publie en autoédition un ouvrage sur les rives charentaises, et développe un regard riche de poésie pour les choses d’en bas. Depuis 2012, mettant un terme à sa vie de pilote, c’est désormais du sol qu’il compte raconter son histoire, des histoires, à qui voudra bien les voir.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2016 : Calais cent suites

« On parle de jungle, on parle de migrants, on parle de terroristes parfois, d’étrangers toujours.

Ils ne sont pas si étranges que ça. Jetés sur les routes par la force du désespoir, attirés par le Nord et ses fausses idoles. Abusés par les leurs dans des épopées qui ne seront jamais écrites, accueillis par les nôtres entre jets de pierre, insultes et dénigrements souvent, la Jungle est leur refuge, leur hôtel sans suites, leur bout du chemin diplomatique. Calais33©Belle-Croix. Philippe

Aller à Calais, c’était comme aller en Ukraine. Un peu pour aller voir, non par voyeurisme mais pour l’imprégnation que procure ces immersions. A chaque fois des décisions soudaines, nécessaires sinon vitales.
Se confronter au monde, nier la simplification médiatique et aller dans l’humain.
La photo en excuse, presque en pardon !
Faible dans mes narrations, je vous propose mon oeil et vous partage ces clichés. »

Calais19©Belle-Croix. Philippe-Les migrants