Laure Boyer _ La fabrique des héros

Laure BOYER est photographe indépendante depuis une dizaine d’années. Basée à Paris et membre du collectif Hans Lucas, elle est régulièrement publiée dans la presse. Son travail documentaire s’intéresse à l’humain et au temps long, à l’individu face aux grands mouvements économiques, sociaux ou culturels.

« Quelles que soient leurs origines, leur culture, leur métier, les individus sont soumis aux avancées et aux soubresauts de l’histoire. Dans un monde rétréci par une interconnexion constante et une « mondialisation » aux contours indéfinis, les événements, même lointains, se répercutent concrètement et instantanément sur la vie de chacun. Quelle part de libre arbitre nous reste-t-il ? Je cherche à comprendre l’individu, sa singularité, sa liberté dans une société parfois aveugle à l’humain. »

..EXPOSITION BARROBJECTIF 2021 : La fabrique des héros..

C’est le 9 mai 2019 à Moscou, le « Jour de la Victoire«  des russes contre l’Allemagne nazie. Soixante-quatorze ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, un immense cortège civil – le « Régiment Immortel » – se prépare place Pouchkine, au nord du Kremlin. Près d’un million de personnes vont traverser la ville pour arriver au centre de la place Rouge. 10 millions de personnes défilent ce même jour dans toute la Russie et à travers le monde dans près de 80 pays où une communauté russe est présente. À la manière d’une procession religieuse, les gens portent telles des icônes de grandes photos de leurs ancêtres – parents, grands-parents, arrière-grands-parents – qui ont participé à la Grande Guerre patriotique russe de 1941 à 1945.

Des films d’archives de la Grande Guerre patriotique (ici fabrication de munitions en usine) accompagnés de chants militaires sont projetés sur un écran géant installé sur la place Rouge. Moscou, le 9 mai 2019 © Laure Boyer

En quelques années, ces cortèges sont devenus incontournables. Ce qui était à l’origine un mouvement de citoyens, familial, apolitique, non gouvernemental et non commercial, a rapidement été récupéré par des organisations plus politisées. Le « Régiment Immortel » est devenu le symbole de l’unité du peuple russe autour de ses héros. Un succès extraordinaire encouragé par les autorités russes qui assurent désormais l’organisation du défilé auquel Vladimir Poutine participe lui-même chaque année depuis 2015 en portant le portrait de son père blessé au combat.

la fabrique des héros
Des membres de Younarmia, « l’armée de la jeunesse » en russe, se rendent place Pouchkine pour rejoindre le régiment immortel et défiler jusqu’a la Place rouge. Younarmia est un mouvement de jeunesse crée en juillet 2016 sous l’égide du ministère de la Défense. Moscou, le 9 mai 2019. ©Laure Boyer

La tradition familiale s’est transformée en une gigantesque fête nationaliste et les enfants de tous âges y sont étonnamment nombreux. Affublés très souvent d’uniformes et de casquettes militaires, ils marchent et imitent leurs parents, au rythme des chants militaires russes.

En participant à ce gigantesque culte du héros russe qui ne saurait être que militaire, le « Régiment Immortel » est désormais la partie visible d’un mouvement de nationalisme et de militarisation vaste et profond des consciences dont les enfants sont les principales cibles.

Jérémie Jung _ Le Daghestan sur le fil

Jérémie JUNG photographe français né en 1980. Il est diplômé de l’université des beaux-arts de Strasbourg en 2001 et a été formé en photojournaliste à l’EMI-CFD en 2011. Jérémie Jung est représenté par l’agence Signatures (France).

© Karina Mesárošová

Jérémie Jung s’intéressant à la région baltique et par extension aux marges de la Russie. Depuis 2013, il travaille notamment sur les identités estoniennes. Son travail a été publié par plusieurs médias tels que National Géographic, Géo, The Washington Post et exposé dans des musées et festivals tels que Les Rencontres d’Arles et le Musée d’Orsay. Il a reçu le prix ANI-PixTrakk en 2017 à Visa pour l’image.

https://www.jeremie.eu/

..EXPOSITION BARROBJECTIF 2021 : Le Daghestan sur le fil.. 

Un jour Ali appela son voisin de l’autre côté de la vallée : « Eh ! Ahmed, viens donc nous rendre visite. Tu n’as qu’à jeter une corde pour traverser ! »

Au sud de la Russie en république du Daghestan le funambulisme est une pratique courante. On y affirme que cet art aujourd’hui circassien y aurait même vu le jour et était d’abord un moyen de se frayer chemins par delà les reliefs.

Funanbuliste
Magomed Alibegove, funanbuliste autodidacte de l’éthnie Avars et vivant dans le petit village de Kharakhi (1000 habitants) © Jérémie Jung

Il est difficile de trouver des documents attestant de l’origine effective de cet art au Daghestan. Cependant, selon un historien local – Sergey Manyshev – la pratique serait apparue au 19e siècle et était un moyen pour les chefs de guerre de prendre l’avantage sur l’occupant russe peu entrainé à ce relief caucasien.

La Marche sur corde raide
La marche sur corde raide © Jérémie Jung

Puis petit à petit, le funambulisme est devenu un moyen de gagner sa croute dans des endroits reculés où parfois rien ne pousse. Des troupes se sont montées et ont loué leurs spectacles de village en village, célébrations en célébrations. Très rentable, la discipline devint attractive auprès des jeunes. Face à la concurrence, les artistes devinrent très bons ! Les cirques soviétiques vinrent ainsi recruter leurs funambules au Daghestan. Il est même des villages comme Tsovkra Piervaya où l’on affirme que tous les habitants pouvaient tenir sur le câble. Mais aujourd’hui à Tsovkra, la moitié du village est en ruine et on y trouve surtout de la nostalgie chez les vieux, l’envie de déguerpir chez les jeunes, des vaches et une mosquée flambant neuve.

Effectivement aujourd’hui tout a bien changé, beaucoup de ces villages trop reculés subissent un exode rural massif. Le funambulisme n’intéresse plus et ne rapporte plus. La jeune génération rêve de la capitale, Makhatchkala. D’autres, plus crédules, ont été recrutés et sont partis combattre en Syrie. Mais face à cet appauvrissement certains résistent encore et pratiquent tant bien que mal, d’autres s’évertuent à transmettre et ont ouvert des écoles où tous peuvent apprendre.

C’est ainsi qu’Askhabali Gasanov, ancien funambule enseignant aujourd’hui l’art du câble à de jeunes étudiants dans un vieux théâtre abandonné de Makhatchkala, explique la naissance du funambulisme au Daghestan.

Anita De Roquefeuil – Siberia : from future past

Anita De Roquefeuil est photographe freelance, née à Bordeaux en 1986, elle est fascinée Portrait de Anita De Roquefeuilpar la Russie et les anciens pays de l’URSS.

La photographie pour elle est une façon d’enquêter sur la vie quotidienne des différents groupes et communautés dans le contexte des changements environnementaux, politiques, sociaux et ou économiques.

Son travail tente de montrer l’impact de l’activité humaine, les modes d’adaptation et la diversité des modes de vie.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 – Siberia : from future past

Ce reportage a été réalisé au cours de séjours en Sibérie, entre 2015 et 2017, de l’Altaï, en passant par le Kraï, de Krasnoïarsk à l’Oblast d’Irkoutsk. Une manière de tirer le portrait d’un monde en train de basculer.

Ces régions ont été fortement marquées par les années de l’Union soviétique, qui ont accaparé l’identité des Russes. A cette époque, l’individualisme avait disparu derrière une idée, celle du communisme.

Certains Russes de Sibérie, comme dans beaucoup de ces régions oubliées financièrement par Moscou, paraissent regretter cette époque. Ils semblent dire que la vie était plus facile avant.

Aujourd’hui, la vie des Sibériens est plus complexe. La jeunesse quitte les campagnes pour les grosses villes de l’ouest de l’Oural. Ceux qui restent sont partagés entre un besoin d’émancipation individuelle et une retenue profonde qui est sans doute liée à l’histoire du pays.

Cette dualité se traduit par des scènes du quotidien surréalistes, une multi-nationalité insoupçonnée, une âme slave toujours aussi insondable, et qui pourtant toujours nous ramène en Russie.

Sandrine Elberg – Ma chère Russie, tu me manques

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EXPOSITION BARROBJECTIF 2015 – Ma chère Russie, tu me manques…

Depuis 2004, Sandrine Elberg a régulièrement voyagé en Russie, sur le territoire de ces ancêtres, les russes blancs.
Il y a onze ans, l’artiste a découvert une partie de l’histoire de son nom patronymique. Désormais, elle place son travail photographique de portraitiste dans la perspective d’une identité russe qu’elle ne veut oublier, et qui lui fait assumer autant ses thèmes de travail que leur expression plastique.
Pour l’artiste, l’histoire de ce pays est complexe et recèle une multitude de sentiments et de contradictions ; de l’étrangeté et de la révolte. Pour l’artiste, cet état est tout aussi enivrant qu’inclassable.
Sandrine Elberg place ses rencontres, ses personnages (en majorité des femmes), ses décors, entre illustration et évocation picturale.
Immobiles ou prises sur le vif, ces photographies sont une vision d’auteur : l’âme du peuple russe d’aujourd’hui.
Le temps dans ses photographies est immédiatement suspendu, la vie de ces personnages n’est plus que symbolique.
Chaque environnement qui au départ est bien réel devient intemporel, théâtral et in fine irréel.

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Formation

2004 Post-Diplôme – Ensb-a – Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts de Paris
2003 DNSAP – Ensb-a – Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts de Paris (depuis 1997)
2002 Séminaire Introduction à l’exposition de Christian Bernard, Directeur Mamco de Genève
1997 DEUG Arts Plastiques – UFR d’Arts Plastiques & Sciences de l’Art – Paris1

Expositions personnelles

2012 Paris Burlesque – Mois de la Photo 2012* – Galerie Benj, Paris
2010 Je suis Russe, moi aussi – Galerie Popy Arvani, Paris
Expositions collectives

2015 Biennale d’Issy – Curateur Chantal Mennesson, Musée la Carte à Jouer, Issy-les-Moulineaux
Rites de passage – Curateur Sandrine Elberg – Plateforme, Paris
2014 Héroïnes – Curateur Marie Deparis-Yafil & Agence PopSpirit – Salle polyvalente, Guyancourt
2013 Phot’Aix – Marseille-Provence 2013, Musée des Tapisseries, Aix-en-Provence
Exils – Curateur Laurent Quénéhen – Les Salaisons, Romainville
A nos pères – Curateurs Marie Deparis-Yafil & Brankica Zilovic – Galerie 213 PM, Paris
2012 Projet X, Musée la Carte à Jouer, Issy-les-Moulineaux
Itinéraires Photographiques en Limousin – Pavillon du Verdurier, Limoges
2011 11ème Boutographies* – Festival Photographique Européen – Montpellier
2010 A toutes jambes* – Curateur Catherine Gobet-Lalanne – Galerie d’En Face – Paris
Paris/Moscou/Photographies* – Curateur Olga Sviblova, Cité internationale des arts, Paris
Répertoires de femmes – Curateur Eve Frison, Centre d’Art Aponia, Villiers-sur-Marne
Moscou dans la valise – Curateur Céline Berger – Les Salaisons , Romainville
8e Moscow Photobiennale* – Curateur Olga Sviblova, Musée d’Art Moderne de Moscou
2009 8e Biennale d’Issy – Curateur Chantal Mennesson, Musée la Carte à Jouer, Issy-les-Moulineaux
Jeonju-photofestival 2009* , Culture et urbanité – Jeonju, Corée
2008 Les apparences sont trompeuses – Curateur Laurent Quénéhen – Les Salaisons, Romainville
2006 Contrôle d’identité – Mois off de la photographie – Galerie Jeune Création, Paris
16 ans !* Curateur Hélène Agofroy, Centre d’Art Contemporain Le Quartier, Quimper
2005 Bon Voyage – Curateur Dominique Abensour, Centre d’Art Contemporain Le Quartier, Quimper
Jeune Création 2005 – La Bellevilloise, Paris
Silver Camera Award – Curateur Olga Sviblova, Maison de la Photo Moscou, Russie
ManifestO* – Festival d’images – Toulouse
2004 Nature/Artificiel, Nuit Blanche 2004 – Bercy Village, Paris
Mon manège à moi – Commissaire Laurent Quénéhen – Galerie EOF, Paris
2003 Rococo & Co*, Curateur Emmanuelle Brugerolles – Ensb-a, Paris
Singles, Curateur Christian Bernard (Mamco) Galerie Pitch, Paris
Chambre d’hôtelProjet RATP, Ligne14 – Métro Gare de Lyon, Paris

Sandrine ELBERG

Portrait de Sandrine Elberg

Projections Photographiques

2012 Paris Burlesque – 4 à 8 Edition #2, Aix en Provence
2006 Art Force – Curateur Pierre Courtin, Galerija 10m2 – Sarajevo, Bosnie
2004 Festival Voies Off des Rencontres de la Photographie – Curateur Christophe Laloi, Arles * Edition d’un Catalogue

Agence Photographique

2013 Photographe – Muzeoweb – www.muzeoweb.fr
2012 Photographe – Agence Plain Picture – www.plainpicture.com

Résidences d’artistes

2012/13 Rurart – Drac et région Poitou-Charentes / Lycée Rompsay / Collège Eglantines, La Rochelle
2012 Plus tard, je serai… Ecole Jean Jaurès CP – DRAC & Aponia, Villiers s/ Marne
2010 La Générale en Manufacture, Sèvres
2004 Lauréate Résidence AFAA/Ville de Paris/Maison de la Photographie de Moscou, Russie

Prix Photographiques

2013 Finaliste Prix HSBC pour la Photographie par Emmanuelle de l’Ecotais
2012 Finaliste Prix Photographique Fondation Les Treilles par Agnès Gouvion Saint-Cyr
2011 Finaliste Prix PICTO de la Jeune Photographie de Mode
2011 Finaliste Prix Photographique Scam Roger Pic
2011 Prix ARTE Actions Culturelles – 11ème Boutographies
2010 Lauréate – Mission Jeunes Artistes 2010 (MJA) Les Abattoirs – Toulouse
2009 Lauréate Nationale, « Plus que des images, des histoires » Canon & Le Monde de l’Image
2008 Lauréate Nationale, Concours Fnac et Nikon
2001 Bourse Colin-Lefranc – Digital & Media Art, Emily Carr Institute of Art, Vancouver, Canada

Evènementiels / Foires d’arts / Ventes aux enchères

2011 Salon de la photo, Leçons de photographie New Burlesque avec Images Magazine
2011 Drouot – Ventes aux enchères / Catherine Charbonneaux, Collection Arcime, Paris
2010 Chic Art Fair – Galerie Quénéhen – Cité de la mode & du design, Paris
2005 FIAC – Atelier Cardenas Bellanger, Hall 5.1 Future Quake, Paris

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