Alessio Romenzi – Prix Lucas Dolega 2013

Alessio Romenzi – Prix Lucas Dolega 2013

Né en 1974, Alessio Romenzi est basé au Moyen-Orient. Il a couvert extensivement le Printemps Arabe depuis le début, avec une attention particulière pour l’Égypte et la Libye. Il a ensuite couvert la Syrie, et a été l’un des premiers photographes a rentrer dans le pays clandestinement, alors que le régime de Bachar Al-Assad commençait à utiliser des armes lourdes contre l’opposition et à interdire l’accès aux journalistes.

Ses photos ont été régulièrement publiées dans le monde entier, ainsi que pour des publications d’ONG : Amnesty International, FAO, Unicef, la Croix Rouge, Save the Children, Terres des Hommes, War Child International, parmi d’autres. Quand on lui demande ce qui le motive, il n’a rien de définitif à dire. Il pense simplement qu’un appareil photo est le meilleur moyen qu’il a de ne pas oublier ce qui se passe ailleurs.

Les troubles qui agitent la République Arabe Syrienne depuis mars 2011 continuent d’affecter les populations civiles, en particulier dans les catégories les plus vulnérables de la population. La situation se détériore dans les villages et villes du pays, laissant les habitants sans protection, abri, nourriture ni eau. Beaucoup de civils ont été tués tandis que les autres survivent dans la peur quotidienne. Bien qu’ils soient nombreux à s’être enfuis et réfugiés dans les pays voisins, ceux qui n’ont pas pu quitter le pays sont constamment exposés à la violence du conflit.
 Je me suis intéressé à la Syrie depuis le début du soulèvement dans le monde arabe, et la guerre civile qui s’est déclenchée a accaparé mon attention. Mais trouver des accès et pouvoir rentrer dans le pays a été très difficile : avec l’accélération des violences et l’instabilité de la situation, ça a été quasi impossible pour les journalistes de savoir quand et comment accéder aux points chauds du conflit. À un moment crucial pour moi, j’ai décidé d’aller au Liban et d’attendre le bon moment pour entrer en Syrie. Cela m’a pris beaucoup de temps de trouver un moyen et ça n’a pas été sans risques. Une fois à l’intérieur, j’ai eu la chance d’être au cœur du conflit et de partager avec les populations civiles leur tragique expérience. J’ai passé plus de deux mois avec des familles syriennes, ainsi qu’avec des membres de l’Armée Syrienne Libre, en essayant de comprendre ce qu’ils pensaient, ressentaient et souffraient. C’est ainsi que j’ai été invité à capter leur vie dans des moments très intimes. Le but de ce travail est de continuer à faire prendre conscience de ce qui se passe en Syrie, et de faire réfléchir sur la destruction et les souffrances que la guerre amène dans la vie des personnes.

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Une mère et son fils pleurent la perte de ses deux autres fils, tués par une attaque au mortier lancée par les forces d’Al Asad, dans la province de Homs, le 20 février 2012. Syrie

© ALESSIO ROMENZI

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