Pierre Faure – France périphérique

Portrait Pierre FaurePierre FAURE – FRANCE
Né en 1972 et vit en France, il a étudié les sciences économiques.
De 2012 à 2014 il aborde les thèmes de la grande précarité et de l’exclusion. Il passe une année sur un bidonville « Tziganes », en 2012 et deux années en centre d’hébergement d’urgence et centre d’hébergement et de réinsertion sociale « Les Gisants », 2013, « Le Bateau », 2014. Devenu membre du studio Hans Lucas en 2013, il documente la montée de la pauvreté en France, en parcourant l’ensemble du pays depuis 2015.
Prix Roger Pic, 2016 I Prix I shot it, 2017 I Prix Albert Kahn, 2018 I Prix Fidal, 2018

Association Camille LeapgePierre Faure à reçu le prix Camille Lepage en 2017

L’association Camille Lepage – On est ensemble décerne depuis 2015 un prix aux photographes engagé(e)s dans un projet au long cours. Ce prix doté de 8OOO€ est remis durant le festival  » Visa pour l’image « . Depuis 2 ans la Société des auteurs des arts visuels et de l’image fixe (SAIF) s’engage aux côtés de l’Association Camille Lepage – On est ensemble pour financer le prix .

EXPOSITION PARTENAIRE : France périphérique

Montée de la pauvreté en France, témoignage photographique.

Depuis 2015, je documente la montée de la pauvreté en France en privilégiant les zones rurales et péri-urbaines. Ce travail a pour but de rendre visibles et concrètes les conditions de vie d’une partie de nos compatriotes.

Le titre « France Périphérique » est emprunté à l’ouvrage éponyme du géographe Christophe Guilluy qui aborde les problématiques politiques, sociales et culturelles de la France contemporaine par le prisme du territoire. Il s’intéresse à l’émergence d’une « France périphérique » qui s’étend des marges périurbaines les plus fragiles des grandes villes jusqu’aux espaces ruraux en passant par les petites villes et villes moyennes. Il souligne que désormais 60 % de la population — et les trois quarts des nouvelles classes populaires — vit dans cette « France périphérique », à l’écart des villes mondialisées.

La France compte 8,8 millions de pauvres (INSEE, 2016) et 2,3 millions de personnes vivent au mieux individuellement avec 672 euros par mois. Comble pour l’un des premiers producteurs agricoles mondiaux, pour manger, près de deux millions de personnes auraient eu recours à l’aide alimentaire en 2015 (Observatoire des inégalités).

Économiste de formation, je m’intéresse aux évolutions qui modifient la société française en profondeur, sur le long terme. La pauvreté a baissé à partir des années 1970 jusqu’au milieu des années 1990. Elle est ensuite restée plutôt stable jusqu’au début des années 2000 avant d’augmenter.

Depuis 2004, le nombre de personnes pauvres a progressé de 1,2 million (+ 30 %). Ce mouvement de hausse constitue un tournant dans l’histoire sociale de notre pays. La dégradation économique enregistrée depuis 2008 pèse tout particulièrement sur les moins favorisés (source : L’Observatoire des inégalités).

Mon objectif est donc de réaliser un témoignage photographique de la hausse structurelle de la pauvreté dans l’hexagone.
Montée de la pauvreté en France

Au-delà des statistiques, le phénomène est peu visible. Pourquoi  ? Les analyses de Pierre Bourdieu et Michel Legros peuvent nous éclairer. Selon le premier, l’invisibilité sociale est un effet de la domination. L’espace social est un espace clivé, divisé entre dominants et dominés. Dans la conception la plus large, l’invisibilité concerne tous ceux que les dominants estiment ne pas relever d’une vie normale et accomplie.
Pour Michel Legros (Observatoire de la pauvreté et de l’exclusion sociale), l’invisibilité peut constituer un mode de régulation de la pauvreté. Il s’agit alors de rendre les pauvres invisibles. Les politiques urbaines visent notamment à « nettoyer » l’espace public en évitant que les pauvres ne l’occupent trop massivement pour ne pas déranger le reste de la population. La rénovation urbaine a pu conduire à repousser les pauvres toujours plus loin en périphérie, et la politique de mixité sociale passe en réalité par l’expulsion plus ou moins directe et négociée de catégories que l’on ne souhaite plus voir dans les espaces rénovés. (ONPES).
Je souhaite que ce témoignage rende visibles et concrètes les conditions de vie d’une partie de nos compatriotes. Que des visages se substituent aux statistiques afin d’apporter au public des éléments de sensibilisation et de compréhension.
Car le regard des Français sur les pauvres se fait plus dur. Selon une enquête du Crédoc (1) portant sur un échantillon représentatif de 2 000 personnes, effectuée de décembre 2013 à janvier 2014, et publiée le 12 septembre 2014, 37 % des Français pensent que les personnes qui vivent dans la pauvreté n’ont pas fait d’efforts pour s’en sortir alors qu’ils n’étaient que 25 % en 2009, au déclenchement de la crise.

(1) CREDOC : Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie.

Narciso Contreras – Traverser la Libye : le marché humain

Narciso Contreras Narciso CONTRERAS – MEXIQUE Né au Mexique en 1975. Photojournaliste, depuis 2010 il couvre diverses questions en Asie du sud et au Moyen-Orient, ce qui l’amène à se focaliser sur le coût humanitaire des conflits économiques et autres. Son travail contribue à construire notre image mentale du monde qu’il nous montre. Ses études de philosophie, ainsi que la photo et l’anthropologie visuelle l’ont amené à vivre et étudier dans un monastère en Inde pendant qu’il photographiait des communautés religieuses. Depuis, Narciso a suivi avec son appareil des histoires telles que les conflits ethniques au Myanmar et la guerre oubliée au Yémen, aussi bien que des évènements majeurs contemporains, y compris les bouleversements politiques à Istanbul, le conflit de Gaza, le coup d’état en Égypte, la guerre syrienne, et les troubles entre ethnies au Libye. Son travail sur la Syrie lui a valu un Pulitzer en 2013, et ses photos ont été publiées et exposées dans des galeries autour du monde.

Narciso CONTRERAS à reçu le prix Lucas Dolega 2018, décerné par l’association Lucas Dolega . Ce prix honore les photographes freelance qui prennent des risques pour informer.
Prix Lucas Dolega

EXPOSITION PARTENAIRE 2018 : Traverser la Libye – Le marché humain

Ce reportage révèle l’horreur du trafic d’êtres humains au sein de la complexité de la société tribale de l’après-Kadhafi libyen, mettant à nu le déroulement d’une crise humanitaire. Migrants, réfugiés, demandeurs d’asile se trouvent à la merci des milices qui les exploitent pour un gain pécuniaire. Détenus dans des centres pour les illégaux, ils subissent un traitement inhumain, entassés, sans sanitaires, battus même.

Un migrant clandestin subsaharien, malade mental, isolé dans l’un des centres de détention de Surman pour migrants illégaux sur la côte ouest de la Libye.

Le reportage suit le périple des migrants qui franchissent des frontières, pénètrent au cœur du Sahara, suivent la route des trafiquants vers la zone principale de repêchage au large de la côte libyenne.
Dans un contexte de violences sectaires, de corruption, de bureaucratie, le reportage contourne les voies officielles pour frayer son propre chemin. Les contacts avec milices, trafiquants, tribus, ONG, ont permis de saisir de près la réalité du trafic humain à travers la Libye.
Au lieu d’être un lieu de transit pour les migrants qui veulent gagner l’Europe, la Libye s’est transformée en un marché où quotidiennement des êtres humains sont vendus et achetés, révélant ainsi l’horreur complexe dont souffrent ces migrants anonymes.

Cyrille Bernon – Indoméni – Une enfance dans les camps

Cyrille BernonCyrille BERNON – FRANCE
Cela fait 20 ans que je suis photographe professionnel. Issu d’une formation urbanisme et environnement et passionné de photo, j’ai commencé à travailler pour des collectivités territoriales ( conseil général, CAUE ) et avec l’Observatoire photographique du paysage ( ministère de l’environnement ) pour mettre ma passion au service du patrimoine et de l’environnement. J’ai ensuite travaillé sur des commandes en architecture, puis une année au Conseil régional Languedoc Roussillon comme photographe dela dite région (institutionnel, reportages …) Puis une parenthèse de quelques années pour travailler dans le graphisme, fonder une famille, être instit …. Je suis revenu à mes premiers amours en me spécialisant dans la photo de mariage, que je pratique avec passion depuis bientôt 10 ans.
Depuis quelques années, je développe également une activité de reportage sur l’artisanat, sur les gens passionnés qui font vivre nos territoires … Très engagé dans le milieu associatif et humanitaire je fais également des reportages sur des sujets de société qui me tiennent à cœur. C’est ma façon d’aider, de me sentir utile, de m’engager. Mon dernier reportage sur le camp de réfugiés d’Idomeni a déjà fait l’objet de quelques expositions et projections-débats dans des cinémas. Mes images interpellent, bouleversent, font évoluer les mentalités … c’est là que mon métier prend tout son sens !
Depuis que j’ai fait ce premier reportage sur les réfugiés en Grèce, j’ai participé à certains concours …SIPA / VISA pour l’image  / Les rencontres d’Arles / Festival Présence Photographie / Festival de la photographie de Dax / Les Photographies de l’année / Amnesty international / Concours Sophot / Festival du Cinéma Europeen / La Quinzaine des tiers monde / CIMAD / MRAP

Le festival de la photographie de Dax. Du 2 au 22 juillet 2018. Depuis 2011, la ville de Dax organise et installe les travaux de photographes émergents, dans divers lieux de la ville. Cyrille Bernon y a exposé son reportage sur le camp informel des réfugiés d’Idomeni en 2017.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2018 : Idomeni, Europe, 2016 – Une enfance dans les camps

GRÈCE – CAMP INDOMÉNI – MARS 2016

Début mars 2016, j’ai passé 3 semaines en tant que volontaire avec des réfugiés dans le camp d’Idoméni au nord de la Grècela Macédoine venait juste de fermer sa frontière.

Ils arrivaient chaque jour plus nombreux, en famille, épuisés après un long et dangereux voyage. Mais ils étaient heureux parce que persuadés qu’ils allaient pouvoir continuer leur route vers la terre promise, le nord de l’Europe.
Routes migratoires vers L'Europe du nord

Mais depuis peu, Idoméni, n’était plus qu’un cul-de-sac synonyme de désespoir et de misère où végètent des milliers de familles. Je les ai vus jour après jour se transformer, perdre la raison, être avalés par ce camp inhumain. Mais comment pourrait-il en être autrement quand on a tout perdu, parfois même sa famille et que l’on a plus d’espoir, plus de but à atteindre ?

Mais le 08 mars 2016, en officialisant la fermeture de la route des Balkans, l’Europe a mis fin à tout espoir.

L’Europe avait rendez-vous avec l’histoire ! Elle a raté ce rendez-vous. Lorsqu’une civilisation se referme sur elle-même, qu’elle construit des murs plutôt que des ponts, elle s’appauvrit, et finit par s’éteindre !

J’ai ramené des photos à travers lesquelles  j’ai souhaité rendre compte de leur quotidien, de leur histoire, de leurs espoirs, et surtout de leur désespoir. Mon reportage s’est naturellement orienté vers les enfants et la famille. Peut être parce que j’ai moi même deux petites filles et que je ne pouvais m’empêcher de penser à elles en voyant tous ces enfants. Probablement me rappelaient ils aussi à moi père de famille, à quel point ces hommes et ces femmes étaient courageux.

Le camp d’Idomeni a été évacué fin mai 2016. Ces photos n’en sont que plus importantes. Elles témoignent de ce qu’ont vécu ces familles, chez nous, en Europe en 2016.

Mojahed Abo Al-Jood – Goodbye Aleppo

Portrait-Mojahed-Abo-Al-JoodMojahed ABO AL-JOOD (Ahmad Mojahed Attar) – SYRIE
Je suis né il y a 23 ans, dans le quartier ouest d’Alep, au Nord-est de Damas. Mon père est fabricant de tissus (entreprise familiale). J’ai trois sœurs, et deux frères. Mon frère ainé a été tué par la police du régime.
J’ai rejoint les manifestants, devenus insurgés lors du « printemps arabe » en 2011. Je préparais alors mon bac. Je suis un des membres fondateurs de l’AMC «  Aleppo Media Center  » créé pour témoigner contre la propagande officielle d’une opposition à la dictature. Par la suite, il a fallu témoigner de la violence de la répression, d’une opposition civile non armée, et démonter la propagande du régime qui la présentait dans un amalgame de terrorisme et d’islamisme. C’est ainsi que je suis devenu journaliste, et que j’ai travaillé pour plusieurs chaines (ITV, CNN, BBC).
J’ai été cameraman dans plusieurs films sur la Syrie tels que « Last men in Aleppo» qui a remporté 35 prix dans le monde (Sundance Festival, Copenhagen Festival, nominé aux oscars 2018).
J’ai gagné le «  Rory Peck Trust  » pour le film «  Goodbye Aleppo  » en 2017 et le prix «  Best off short » du festival « Middle east now  » à Florence en 2018.
Arrivée à Blagnac en novembre 2017, la France m’a accordé le droit d’asile en mars 2018.
J’étudie assidument le français depuis mon arrivée, dans l’objectif de parfaire ma formation dans le domaine des médias, en université à la rentrée 2018.

EXPOSITION PARTENAIRE : Les journées du reportage de Bourisp

Le petit village de Bourisp dans les Hautes Pyrénnées a exposé Mojahed Abo Al-Jood et seize autres photoreportages en plein air du 6 au 15 juillet 2018. Une formule à l’identique du festival de Barro.

EXPOSITION PARTENAIRES 2018 : Goodbye Aleppo

Le choc de perdre son fils après les bombardements – Alep

La révolution syrienne avait commencé en mars 2011, pour demander la liberté d’expression et les droits démocratiques.
Le régime de Al-Assad a attaqué les militants civils, et il a détenu la plupart d’entre eux.
En 2012 à Alep, la capitale économique de la Syrie, le régime a commencé à attaquer l’est de ville par des roquettes d’avions, cela a causé la mort de milliers et de milliers de citoyens.
Grâce à la Russie et à l’Iran, Al-Assad a pu assiéger l’est d’Alep, ce qui a conduit à une nouvelle catastrophe humaine.
Depuis 2012, le régime syrien a détruit la plus grande partie d’Alep, et à la fin de 2016, il a fait évacuer la population afin qu’elle reste en vie.

Exposition hommage – Stanley Greene by NOOR

© Charlie Abad

Stanley GREENE USA/FRANCE Né en 1949 à Brooklin (New-York).
Photojournaliste légendaire, membre de l’Agence VU de 1991 à 2007, et membre fondateur de l’agence NOOR, créé en 2007.
Stanley a commencé sa carrière dans les années 1970 en photographiant pour des magazines et a travaillé comme photographe temporaire pour le New York Newsday.
En 1986, il s’installe à Paris et commence à couvrir les événements et les conflits à travers le monde. Il à travaillé pour Libération , Paris Match, TIME, The New York Times Magazine et Newsweek, entre autres connu pour sa couverture du conflit en Tchétchénie (1994-2001).
Auteur des livres : The Western Front (André Frère Éditions, Roquevaire, 2013), Black Passport (Schilt Publishing, Amsterdam, 2010), Open Wound : Chechnya 1994-2003
(Trolley Books, London, 2003) et Dans les Montagnes où vivent les aigles (Actes Sud, Arles, 1995).
Il a reçu de nombreuses subventions et reconnaissances, y compris le Prix d’Or pour l’ensemble de ses réalisations (2016), le Prix W. Eugene Smith (2004) et cinq prix World
Press Photo.
Stanley Greene est décédé à Paris le 19 mai 2017.

EXPOSITION HOMMAGE –  Stanley Greene by NOOR

Prima ballerina Anna Zharova of the Novosibirsk Opera and Ballet Theatre.
Stanley Greene / NOOR

 

 

 

Grozny

Grozny. Janvier 1995. L’approvisionnement en vivres et en eau s’est arrêté quelques jours après l’agression. Des hommes et des femmes cherchaient à se nourrir parmi les obus qui explosaient. Gagner le contrôle de Grozny n’a pas pris aux Russes des heures, mais des semaines. Les Tchétchènes étaient difficiles à battre parce qu’ils ne participaient pas à une guerre conventionnelle. Pendant le siège, la plupart des rebelles s’entraînaient au sud de la ville car Le général Maskhadov savait qu’une importante force mal armée aurait pu être bouclée et piégée avec une relative facilité. Plus important encore, les anciens arpenteurs de la ville et les urbanistes étaient maintenant des combattants, donnant au commandement tchétchène une connaissance intime des artères cachées et des conduits des systèmes de gaz et d’eau de la ville. Jour et nuit, ils ont infiltré les lignes russes avec des centaines d’équipes de trois hommes qui sortaient de nulle part, généralement deux carabiniers protégeant un combattant avec des roquettes antichars. D’innombrables véhicules blindés de transport de troupes russes ont été détruits aux intersections et aux points stratégiques avec d’énormes pertes.

 

 

 

 

 

Cher Stanley,

Vous m’avez dit une fois lors de l’une de nos conversations secrètes Skype: « Vous savez à quel point une fleur sent bon quand tu as senti la mort« .

Vous nous avez quittés il y a quelques semaines maintenant, et vos mots sont toujours dans mon esprit et j’en suis sûr, dans beaucoup d’esprits.

À cause de gens comme vous, j’ai développé un fort intérêt et je crois en la narration et au photojournalisme. Comme vous l’avez dit à plusieurs reprises, « certaines choses doivent simplement être vues. »

J’ai vu ton travail et je me suis dit, c’est exactement ce que je veux faire et c’est ainsi que je veux que ma vie soit: utile et significative. L’un de vos collègues de NOOR dit: « Nous sommes ici pour faire et raconter des histoires qui auront un impact sur l’humanité ».

Je me suis toujours demandé, pourquoi vous et certains de vos collègues de cette industrie, des amis de NOOR faisaient ce travail. Maintenant, je connais la raison pour laquelle, vous aimez tous l’odeur des fleurs. Je crois que vous et quelques autres avez créé NOOR parce que vous étiez des gens vraiment romantiques à propos de la vie, parce que vous étiez au-delà de la recherche de la »Lumière » parce que vous étiez, et vous êtes toujours tous, à la recherche de l’amour dans cette vie.

Un bon ami à moi a écrit ces quelques lignes quand il a entendu que vous étiez parti: «Ce que j’ai appris de Stanley, c’est l’appréciation, la gentillesse, l’altruisme et ce que je crois être la partie la plus importante de son héritage monumental – la capacité d’ouvrir complètement son cœur et d’écouter la mélodie de ce monde. Pour savoir comment trouver la magie du monde. La capacité d’entendre et de danser au son des feuilles bruissant dans une brise légère, un orchestre de voitures klaxonner sauvagement dans les rues, ou le bruit de l’eau qui bout. Juste en l’écoutant et en étant en sa présence, j’ai appris comment voir et sentir la vie partout. C’est la leçon la plus importante qu’il m’a apprise. « 

Merci Stanley et à bientôt de l’autre côté.

Clément Saccomani
NOOR Directeur Général Amsterdam,
Juillet 2017

Laure Vouters – Serge et Jacqueline

Laure-VoutersLaure VOUTERS – FRANCE  Née à Arras en 1962, elle vit à Lille. Après des études d’arts appliqués, j’ai travaillé dans la communication en tant que directrice artistique pendant une trentaine d’années. Depuis 5 ans, je suis engagée dans la photographie d’auteur renouant avec un apprentissage de création liée à mon besoin de partage et d’ouverture. Pour commencer, j’ai travaillé en noir et blanc sur des séries liées au voyage (Berlin, Tokyo, Porto…), puis mon rapport au monde m’est réapparu “en couleur”, un lien évident avec ma pratique initiale de peintre.

Autodidacte et curieuse des parcours des gens d’images, j’ai participé à différents workshops avec Christian Caujolle, Cédric Gerbehay, Frédéric Lecloux, Jane Evelyn Atwood et Denis Dailleux.
Poussée au plus profond de moi-même par un “appel à voir”, je vais là où l’intuition m’emmène capter une atmosphère, une émotion, une particularité qui perturbe ou retient mon attention. Je cherche à mettre en place une esthétique simple qui donne à voir le spectacle lumineux d’un quotidien à l’apparence souvent modeste. Cette esthétique se déploie dans mon travail “Serge et Jacqueline” et dans un autre projet en cours autour de l’univers intime de “René”, forain en Belgique…

Je travaille avec un Leica MP240

Exposition :

– “Là-bas” 2e Nuit contemporaine de la photographie Paris, octobre 2014
– “L’Ombre Nécessaire” lauréate du Concours Hélio, Galerie Nadar Tourcoing, mai 2015
– “L’Ombre Nécessaire” Galerie Rastoll, exposition collective Urbanitas 4, février 2016
– “Saudade” sélectionnée dans le parcours Off d’Images Singulières, mai 2016
– “La ligne 13” Médiathèque de Rosult, septembre/octobre 2016
-“Saudade” Galerie Rastoll, exposition collective Urbanitas 5, février 2017
– ”Serge et Jacqueline” lauréate du prix Sophot 2018
– Exposition Galerie Fait & Cause 15 mai/13 juillet 2018

EXPOSITION BARROBJECTIF 2018 : Serge et Jacqueline

L'histoire de Serge et Jacqueline

Le 10 avril 2015, j’ai ouvert une porte, ou plutôt une porte s’est ouverte à moi sur un espace inconnu. C’était si fort que j’y suis restée. Avec le temps, je suis rentrée dans quelque chose qui dépasse le sujet, une vie attachante. Serge et Jacqueline me donnent tout ce qu’ils ont, une présence et une disponibilité. Mon geste photographique coule dans leur quotidien. Le couple, la religion, le mariage, la famille, la maladie, les animaux, le déménagement…

Mon regard devient englobant et bienveillant sur cette réalité portée par une certaine sensibilité mystique qui me renvoie aux premiers mots de Jacqueline :

C’est le Seigneur qui vous envoie  !

La liberté témoignée par Serge et Jacqueline s’inscrit dans un vrai travail photographique. Les préjugés, les étiquettes, les stéréotypes tombent. C’est un message de tolérance et d’acceptation que j’ai reçu et que je souhaite partager. Leur histoire devient la mienne. En images et en dires, le récit d’un échange lumineux et bienveillant, la trace des petits fils tissés entre nos humanités.

Simon Vansteenwinckel – Nosotros

Simon Vansteenwinckel

Simon VANSTEENWINCKEL – BELGIQUE Né en 1978 à Bruxelles. Photographe indépendant, amoureux du grain de film, graphiste à ses heures de labeur, amateur de reportage au long cours et autre documentaire au grand air, ouvert à l’Aventure, fermé le week-end et jours fériés. Simon est membre du comité de rédaction de la revue Halogénure depuis 2016 et membre du studio Hans Lucas.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2018 : Nosotros

28 août 2014

Carolina, mon épouse, est née à Valdivia, au Chili. Je suis Belge. Et nous avons eu ensemble trois magnifiques petites filles, Anna, Clara, et Élena. Voyage en famille au Chili

Le 2 septembre 2014

Nous partons tous les cinq pour un voyage d’un an au-delà des Andes, pour rencontrer la famille de Carolina, restée sur place, pour montrer à nos filles le Chili, leur demi-pays, pour découvrir ces gens qu’elles ne connaissent que par les récits, pour voir et regarder cette contrée lovée entre Pacifique et Cordillère, parsemée de volcans, de lagunes, tiraillée entre déserts et glaciers, nourrie par les histoires de leur mère et de leurs grands-parents.

Carolina nous raconte souvent que, à chaque fois qu’elle y retourne et qu’elle survole la Cordillère avant de plonger vers Santiago, elle ne peut retenir ses larmes et ce sentiment tellement fort qu’une partie de son être appartient encore à ce pays. Peut-être nos enfants ressentiront-elles la même chose envers ce lieu inconnu.

En attendant, les préparatifs du voyage nous accaparent, et les filles trépignent en regardant passer cet été qui ne finit pas.

Nous sommes à quatre jours du départ et plus grand-chose ne nous retient de partir.

2018 , 176 pages 17 x 24 cm

Aude Osnowycz – Ukraine, une jeunesse entre guerre et paix

Portrait de la photojournaliste Aude OsnowyczAude OSNOWYCZ – FRANCE Diplômée d’un master en géopolitique, elle a exercé différents métiers avant de se tourner vers la photographie. Passionnée par les grands bouleversements internationaux, mais aussi par leur impact sur le quotidien des populations civiles, elle décide en 2011 de devenir photojournaliste. Basée à Tunis, elle passera 4 ans à documenter les impacts des printemps arabes au Maghreb et au Moyen-Orient pour différents magazines français et étrangers. Elle a ainsi mené de nombreux travaux sur les problématiques liées aux femmes, aux minorités religieuses, chrétiennes ou athées ainsi qu’à la question LGBT.

Elle a été publiée dans de nombreux magazines tels que le Monde, Marie Claire, GEO, l’OBS, le New York Times, etc.

Depuis deux ans, elle a décidé de s’éloigner de l’actualité et d’entreprendre des projets de long terme. Elle travaille actuellement sur les frontières occidentales de la Russie, dont sa famille est originaire, un travail plus artistique et plus intime, questionnant à la fois l’âme slave et son passé familial.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2018 : Ukraine, une jeunesse entre guerre et paix

Depuis plus de trois ans, l’Ukraine est en proie à un conflit sans fin entre les territoires du Donbass et le gouvernement de Kiev. Malgré les accords de cesser le feu, la guerre continue et s’enlise transformant en profondeur l’ensemble de la société ukrainienne et en premier lieu la jeunesse.
Loin des reportages de guerre, la série « un été ukrainien » tente de dresser le portrait d’une génération perdue entre guerre et paix.

À l’est, dans la république autoproclamée de Donetsk, la société est minée par la propagande de russe, Poutine est porté aux nues, on y acclame les républiques indépendantistes d’Ossétie du Sud, d’Abkhazie ou de Transnistrie et les jeunes se ruent vers les « military games », des jeux de guerre grandeur nature organisés chaque dimanche par le ministère de la Défense.

À l’ouest, les fantômes du passé ressurgissent, un passé nationaliste aux héros parfois sulfureux, à l’image de Bandera qui pactisa autrefois avec l’Allemagne nazie.

Les écoles militaires font salle comble et les enfants sont envoyés par centaines dans des camps de jeunesse cosaques ou paramilitaires. On y réinvente l’histoire, chantant la main sur le cœur de vieux chants nationalistes, mais surtout on y apprend à se battre, à manier la kalachnikov et à détester l’influence russe sous toutes ses formes.

Jeunesse Ukrainienne

Jeunes garçons posant en uniforme dans un pensionnat militaire, Kiev, janvier 2017. Depuis le début du conflit le nombre d’enfants envoyés par leur parents dans ce pentionnat a décuplé.

Pourtant des deux côtés de la ligne de front, les jeunes ukrainiens rêvent tout simplement de retrouver une vie normale à l’instar de ces jeunes filles profitant des joies d’un été aux bords de la rivière Kalmius à Donetsk, de ces danseuses de l’Opéra de Donetsk qui tentent malgré tout de vivre leur passion ou encore de ces jeunes « underground » riant aux éclats durant une soirée organisée sur un pont désaffecté de Kiev.

De Donetsk à Kiev en passant par Cherkassy, « un été ukrainien » met donc en avant une autre facette du conflit en Ukraine à travers le quotidien complexe d’une jeunesse dont le futur reste incertain.

Emin Özmen – Invité d’honneur 2018

Emin ÖzmenEmin ÖZMEN – TURQUIE
Photojournaliste, Emin est né à Sivas en 1985. Après cinq années passées à étudier la physique à Samsun, il décide de se consacrer à sa passion, la photographie. Il est alors admis à la Faculté des Beaux-Arts Marmara d’Istanbul, où il étudie la photographie durant quatre ans. Il obtient ensuite un diplôme en photographie documentaire à l’Université d’Art et de Design de Linz – Autriche.

En 2011, son travail sur la sécheresse en Somalie est publié. La même année, il se rend au Japon pour couvrir le séisme de la côte Pacifique du Tōhoku. Il couvre également les grandes manifestations économiques en Grèce. L’année suivante, il commence un long travail sur la guerre en Syrie, où il s’est rendu à de nombreuses reprises. En 2014, il documente la crise liée à l’Etat Islamique en Irak.

Depuis 2012, Emin Özmen a engagé un long travail de documentation photographique auprès des populations emportées dans le tourbillon des conflits. Il s’est rendu à de nombreuses reprises en Syrie, en Turquie, en Irak et en Europe à la rencontre de ces gens, devenus “réfugiés” par la force des choses. Il a ainsi pu recueillir leurs témoignages et tenter de “capturer” leurs vécus à travers son travail. En Décembre 2015, Magnum Photos a accordé une bourse à Emin Özmen afin qu’il complète ce projet, intitulé “Les Limbes”.

Son travail a notamment été publié par TIME Magazine, New York Times, BBC, CNN, Der Spiegel, The Guardian, Le Monde, Paris Match, Libération, L’Obs, Telegraph, Bild, etc.

Emin Özmen a remporté plusieurs prix, parmi lesquels le World Press Photo (à deux reprises) et le Prix du public au Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre en 2014.

En 2017 il a rejoint l’Agence Magnum Photos en tant que nominé.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2018  – Les Limbes – Exode
(Limbo – Exodus)

Depuis 2012, Emin Özmen a engagé un long travail de documentation photographique auprès des populations emportées dans le tourbillon des conflits.

Il s’est rendu à de nombreuses reprises en Syrie, en Turquie, en Irak et en Europe à la rencontre de ces gens, devenus “réfugiés” par la force des choses. Il a ainsi pu recueillir leurs témoignages et tenter de “capter” leurs vécus à travers son travail.

Avec cette série de photographies, Emin Özmen a cherché à saisir l’état dans lequel tous ces gens, dont la vie a basculé, sont plongés. Un abîme d’émotions.

Comme tous les jours depuis des semaines, des réfugiés syriens attendent près de la frontière turco-syrienne leurs familles restées à Kobané. Suruç – Turquie, Septembre 2014.
En septembre 2014, l’État islamique a attaqué Kobané et a assiégé la ville en octobre de la même année. Dans la ville, des milliers de personnes ont essayé de survivre. Pour échapper aux affrontements, même les enfants et les personnes âgées n’ont pas hésité à traverser les champs de mines qui séparent Kobané de la frontière turque. Selon le HCR, 170 000 habitants de Kobané se sont réfugiés dans les camps en Turquie lors des affrontements.

La vie de toutes ces personnes, aux histoires et aux destins bien distincts, semble suspendue dans un entre-deux. Un entre-deux où l’attente, l’espoir, l’anxiété, la confusion et l’angoisse s’entremêlent, s’entrechoquent jusqu’à les attirer dans un état vague et confus : les limbes. Cela se manifeste par différents sentiments que l’on peut lire sur leurs visages, que l’on peut deviner dans leurs postures, que l’on peut entrevoir dans un geste.

Leur vie, rude, dans les camps de réfugiés. La peur, le froid parfois. L’attente, encore. L’espoir aussi. Les familles entières qui risquent tout sur des embarcations de fortune dans l’espoir d’une vie meilleure. L’humiliation, souvent. Le regard des autres, pesant. Les arrestations. L’indifférence. La culpabilité parfois, quand on a laissé toute sa famille derrière soi dans l’espoir de les retrouver plus tard dans un ailleurs plus sûr.

Des civils tentent de fuir les combats en traversant le Tigre à bord de petites embarcations, au sud-est de Mossoul. Irak, Novembre 2016.

Cette série photographique nous emmène dans un territoire aux marges floues, où le temps semble suspendu, où l’issue parait incertaine, où tout est encore possible. À travers ce travail, Emin Özmen nous embarque dans le quotidien de ces gens perdus dans les limbes.

Texte : Cloé Kerhoas

 

EXPOSITION BARROBJECTIF 2018 – Turquie – La guerre cachée (Turkey’s Hidden War)

En juin 2015, lors des élections législatives, le parti pro-kurde du HDP a remporté 13% des suffrages et privé le parti au pouvoir (celui du président Erdoğan, l’AKP) de sa majorité absolue.

Turquie. Derik. Décembre 2015. Zahide Onen, 23 ans, est dans sa chambre détruite. La maison de la famille Onen a été ciblée par l’armée turque. Une fusée a frappé leur chambre tôt le matin lorsque le couple et ses deux enfants dormaient à la maison. Personne n’a été blessé mais ils ont tout perdu.

Après ces élections, le bruit des bombes se fait de nouveau entendre et une vague d’attentats secoue la Turquie: Suruç, Diyarbakir, Ankara. Dans le sud-est, à majorité kurde, le fragile cessez-le-feu, obtenu en 2013, entre l’État turc et les combattants du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), classé organisation « terroriste » par Ankara, Bruxelles et Washington a volé en éclats.

Des combats quotidiens font rage et les civiles kurdes se retrouvent une nouvelle fois otages d’un conflit vieux de 30 ans, qui a déjà couté la vie à plus de 40 000 personnes.

Turquie. Cizre. Mars 2016. La famille de Kasim, 17 ans, pleure sa mort après avoir été tué par les forces spéciales turques pendant le couvre-feu. Juste après qu’ils soient entrés dans le sous-sol où leur fils a été tué, la famille de Kasim, totalement dévastée, s’est effondrée en larmes.

Pour venir à bout du PKK, alors solidement enracinés dans les centres urbains peuplés, les autorités ne lésinent pas sur les moyens. Des dizaines d’élus locaux, suspectés de soutenir le terrorisme sont arrêtés ou mis à pied. Une à une, les villes kurdes sont placées sous-couvre feu : des dizaines de milliers d’habitants forcés de vivre terrés chez eux.

Un enfant se tient près d’un bâtiment détruit. Cizre, Turquie, Mars 2016.
En décembre 2015, l’armée et les forces spéciales de la police turque ont bouclé tous les accès de la ville et lancé une vaste offensive pour en déloger des partisans du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, considéré comme une organisation terroriste) qui y avaient érigé barricades et tranchées et défié l’État turc en décrétant « l’autonomie ».

D’après l’ONU, les opérations menées par les forces turques entre juillet 2015 et la fin de 2016 ont touché plus de 30 localités, dont certains quartiers ont été rasés, et ont contraint entre 335 000 et 500 000 personnes à fuir, en majorité des Kurdes.

Émilie Möri – Architectures

Emilie Möri

Émilie MÖRI – FRANCE-SUISSE – Photographe autodidacte depuis 2013, elle est également graphiste diplômée des Gobelins. Parallèlement à son travail de directrice artistique pour des marques, elle travaille sur des projets photographiques plus personnels. Ces travaux artistiques sont centrés sur la composition et les lignes, jouant avec la retouche et la colorimétrie.

Ses photos sont publiées régulièrement comme illustration dans la presse ou l’édition par la galerie Voz’.

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EXPOSITION BARROBJECTIF 2018 – Architectures

Architectures est une série de photographies architecturales colorisées. L’hiver offrait des nuances un peu ternes, j’ai rêvé ce bâtiment aux murs blancs dans des couleurs franches et acidulées. Le soleil traçait des ombres marquées qu’il suffisait de colorier pour voyager.

Émilie Mörie 2015