Richard Tallet – Saoulographie

 

Richard Tallet
40 ans.
Journaliste.
Photographe amateur par accident.

 

C’est la brève description de lui même qu’il donne, préférant laisser parler ses images.

 

 

Exposition BarrObjectif 2012 :  Saoulographie

L’ivresse a des vertus que la morale réprouve. Et je confesse une certaine faiblesse pour tous les dérivés de fruits fermentés ou de céréales brassées. Et si souvent, au fond des verres que j’ai vidés, je n’ai trouvé qu’un fond de verre vide, il est arrivé parfois, que le cul calotté d’un Xe demi me fasse percevoir une vérité absolue sur la vie. Des moments rares que chaque épicurien recherche. Une sorte de Graal éthylique qui conduit au relâchement.

Aussi désinhibé qu’imbibé, ces soirs-là, je finis par trouver la distance avec le réel qui peut conduire jusqu’à des univers kaléidoscopiques où la distorsion du temps est aussi grisante que l’incohérence des propos. La technologie moderne m’a permis de plonger un objectif au fond de ces verres à moitié vides, ou à moitié pleins suivant l’humeur. Muni d’un téléphone intelligent au goût de pomme et d’une application vintage pour patiner ces souvenirs, j’ai tenté de capter l’essence de cet abandon de fin de semaine. Et après avoir cuvé, avec la distance d’un œil à la diète, j’ai pris un grand plaisir à replonger dans ces fragments de ma vie aussi surréalistes que ces soirées passées.

À votre santé!

Paul-Marin Talbot – Brazzaville, 4 mars et après ?

Photographe autodidacte, je travaille en free-lance depuis 2008. J’ai commencé mon parcours en Charente avec un travail sur la communauté des compagnons d’Emmaüs. Depuis mes reportages m’ont conduit sur différents lieux et dans différentes cultures.

Correspondant pendant deux ans pour le magazine « Une Saison en Guyane », je suis maintenant installé à Paris pour continuer mon parcours de photo-reporteur.

 

 

Exposition BarrObjectif 2012 : Brazzaville, 4 mars et après ? 

« Brazzaville, 4 mars et après ? » est un témoignage d’une catastrophe qui a fait trembler le Congo Brazzaville dans sont intégralité.

Le dimanche 4 mars 2012 à 8 heures 32 une explosion dans «  le régiment blindé » du quartier de Mpila à Brazzaville met toute la ville en alerte. Cinq minutes plus tard une explosion encore plus puissante est ressentie jusqu’à Kinshasa. Le plus important entrepôt d’armes des Forces Armées Congolaises vient d’être réduit à un champ de ruines. Le président Denis Sassou Ngesso et ses proches fuient la capitale pour le nord du pays, un conseil des ministres extraordinaire a lieu dans les 2 heures. Ils se veulent rassurants et les chiffres sont minimisés : une centaine de morts, 500 blessés. Ne tenant pas compte des militaires, ni des corps détruits pendant l’explosion. Encore présente dans toutes les têtes, la guerre civile terminée en 2002 laisse planer le doute d’un attentat de l’opposition.

La capitale est en état de choc.

Le système étatique de santé n’a pu faire face à une catastrophe de telle ampleur. Les moyens mis en œuvre pour venir en aide aux réfugiés sont venus des pays voisins, de la diaspora Congolaise et de quelques pays occidentaux. Malheureusement, à cause de la corruption et d’une organisation difficile à mettre en place, une grande partie des dons ne sera pas utilisée à bon escient.

Au 10 juin, les chiffres communiqués par l’UNICEF étaient de 300 morts, 2 300 blessés et 17 000 sans abris dont plus de 7 500 vivaient encore dans des camps de fortune où le choléra faisait son apparition.

Stéphane Ruet – François Hollande Président, 400 jours dans les coulisses d’une victoire

Sensibilisé très jeune à la photographie, Stéphane Ruet débute sa carrière à Lyon en 1991, après des études d’arts graphiques. Il rejoint par la suite l’agence Corbis-Sygma puis devient photographe indépendant en 2001.

En 2002, de retour d’Afghanistan, il est repéré par Marie-France Lavarini, chargée de la communication de Lionel Jospin pour lui confier la réalisation d’un album photographique. Il passe un accord avec le candidat socialiste, il sera le seul à le suivre sans interruption pendant la campagne Présidentielle : ce sera « Les 60 jours de  Jospin ».

En 2003, Stéphane Ruet fonde l’agence « Agence 1827 », dont il est directeur et photographe, puis se fait racheter en 2005 par le groupe « Story Box Press » et devient directeur associé et photographe de « Story Box Photo ».

Passionné par l’univers sportif et culturel, il s’immerge à l’Opéra Garnier durant deux années. En 2004, sort le livre « Danse à l’Opéra » aux éditions Albin Michel.

Fin 2010, il met ses pas dans ceux de François Hollande avec l’idée de publier ses images dans un livre. De sa déclaration de candidature à la présidentielle, le 31 mars 2011, jusqu’au soir de l‘élection, Stéphane Ruet suit le nouveau président. Ses photos seront publiées dans un nouvel ouvrage : « François Hollande, président » au Cherche-Midi, préfacé par François Hollande lui même et légendé par Valérie Trierweiler, journaliste et compagne du chef de l’Etat.

Depuis la victoire de François Hollande, Stéphane Ruet a été nommé responsable du service photographique à la Présidence de la République Française.

Exposition BarObjectif 2012 : François Hollande Président, 400 jours dans les coulisses d’une victoire

Les plus belles images des 400 jours de campagne de François HOLLANDE seront réunies par le photographe Stéphane RUET dans un beau livre légendé par la journaliste et compagne du Président, Valérie TRIERWEILER. Ces images seront exposées pour la première fois à BarrObjectif.

Le cherche midi éditeur publie le 21 juin prochain François HOLLANDE, Président un beau livre du photographe Stéphane RUET qui a suivi François HOLLANDE pendant 400 jours de sa déclaration à l’investiture le 31 mars 2011 jusqu’au soir du second tour de l’élection présidentielle.

À travers ces images exclusives, intimes et inédites, Stéphane RUET dévoile tous les moments-clés et les coulisses de la campagne victorieuse, en permettant au lecteur d’assister à la mue d’un homme en Président à la faveur de ses rencontres avec les français.

François HOLLANDE préface l’ouvrage et Valérie TRIERWEILER, journaliste et compagne du Président, en a écrit les textes qui accompagnent les photos.

Stéphane Ruet exposera les photographies de son livre pour la première fois, à BarrObjectif.

Lionel Raude – L’idiot sur la route

RAUDE Lionel, photographe amateur né en 1917 à Brooklyn, quitte lâchement les USA et sa famille avant la crise de 1929, pour se rendre en URSS.
Rencontre à Moscou la scandaleuse Alexandra Kollontaï , laquelle l’initie à
la politique et lui fait rencontrer l’incontournable Alexandre Rodchenko, photographe anguleux et notablement autoritaire. Rotchenko s’étant approprié toutes les perspectives, Lionel RAUDE préféra s’enfuir en France où il épousa une femme.
Quelques années passèrent durant lesquelles il se consacra exclusivement à l’autoportrait et abandonna complètement la politique. Il poursuit depuis lors, du fait de son déplorable sens de l’orientation, une carrière photographique assez erratique mais pleine de joie.

Exposition BarrObjectif 2012 : L’idiot sur la route

Je suis un touriste, c’est idiot mais c’est ainsi, le touriste est un idiot. Nous l’avons tous expérimenté en posant le pied sur le tarmac de l’aéroport, l’immersion si consciencieuse et si profonde dans le réel est telle, qu’elle emporte immédiatement le touriste volontaire et enjoué, à la découverte d’un territoire sans frontière et bien réel : L’idiotie.
Le réel étant par définition ce qui ne se redouble pas sous la forme d’une représentation, il échappe de ce fait à l’analyse. Le réel est donc par essence singulièrement idiot.

Le touriste que je suis, immergé dans l’immédiateté du réel arpente ainsi appareil photo en bandoulière deux destinations symboliques et emblématiques du monde bipolaire au 20ème siècle: L’URSS et les États unis .
Dans ce contexte rigoureusement logique, toute tentative visant à distinguer le vrai du faux serait bien évidemment totalement superflue.

Philippe Pécher – À la lumière de Venise

Philippe Pécher est photographe professionnel (artisan) à Couzeix près de Limoges depuis 15 ans. Ses domaines d’intervention vont de la publicité à l’illustration en passant par la photographie de mariage et les natures mortes culinaires en studio…

Amoureux du littoral et de la mer en général, il est auteur depuis plusieurs années de nombreuses images de paysages marins bretons, le plus souvent hors-saison, notamment sur les îles de la Mer d’Iroise au large du Finistère.

Il participe au festival Barrobjectif avec cette série sur Venise réalisée au mois de mars dernier.

Son site : http://www.philippepecher.com

Exposition BarrObjectif 2012 : À la lumière de Venise 

À Venise, la somptueuse lumière qui éclaire tous les hauts lieux somptueux de cette belle cité des Doges active les clameurs d’une fréquentation touristique de plus en plus étouffante. Le centre de la ville entre le fameux pont du Rialto et la non moins fameuse « Plazza San Marco » accueille en son sein une concentration inouïe de monuments inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO et une foule impressionnante.

Ça y est, la belle lumière du matin fait déjà de l’œil aux innombrables marchands de souvenirs. Elle glisse entre les ruelles étroites, fait briller de mille éclats les canaux et met en valeur des ombres aussi graphiques les unes des autres. Elle oblige les gondoliers à s’auréoler du chapeau qui est au folklore local ce que le melon est aux bottes de cuir. Plus loin, en s’éloignant du Grand Canal, elle éclaire des quartiers plus discrets, plus authentiques.

Ça y est, le jour prend fin… le brouhaha en langues internationales également… sans doute une coïncidence. On garde en tête la forte voix des vénitiens, c’est une nouvelle Venise qui se lève avant le jour. L’éclat des lampadaires et des lumières au loin donne un relief particulier à cette cité lacustre. On en oublierait l’eau, le clapotis de quelques embarcations furtives tranche avec les vagues du Grand Canal en plein jour où le trafic maritime est digne du « périph » parisien. Les places s’apaisent, les pavés brillent et les façades ont perdu leurs couleurs. La musique de loin en loin s’enfuit à travers les portes de nombreux lieux culturels.

On parle doucement… Ça y est. J’entends enfin le bruit du miroir de mon reflex photo s’ouvrir et juste après se fermer. Au fur et à mesure du soir l’instant s’allonge. Il est le miroir des émotions que procurent cette ville aux mille visages. Venise se cache au bout de sa lagune dans son recoin de mer Adriatique. Elle se cache mais de plus en plus de monde la trouve belle. Alors, sans doute pour mieux se cacher elle s’enfonce comme un poisson dans le sable. Les touristes la font vivre mais la tue petit à petit en le sachant…

Venise, que ta lumière qui a traversé les siècles ne tombe pas dans la nuit des temps.

Frédéric Pluviaud – Littératures Métisses : portraits croisés

39 ans, ingénieur à Météo-France, mes études de météorologie m’ont d’abord mené dans un univers scientifique sans rapport direct avec la photographie. Mes premières photos furent alors orientées vers la nature (orages, nuages, éclipse de soleil en 1999…) avant que je m’intéresse plus précisément au travail en Noir & Blanc.

Rapidement, ma pratique de la photo m’a fait rejoindre le Club Photo d’Angoulême Atelier Focale 16  dont je suis récemment devenu le président, et un petit collectif d’auteurs-photographes (www.grainsdefolie.net), cofondé avec un ami d’enfance.

Depuis 2001, je photographie en particulier la scène musicale angoumoisine (La Nef, Musiques Métisses). La photo de concert reste un plaisir intense, grâce aux musiciens et à ce qu’ils apportent ; la photo de reportage « humaniste » est la plus difficile mais aussi la plus exaltante. De manière plus anecdotique et parfois plus introspective, je me consacre aussi à des recherches artistiques à travers le paysage, mais aussi le portrait…

Le site du collectif : http://www.grainsdefolie.net

Exposition BarrObjectif 2012 : Littératures Métisses : portraits croisés

En 2009, je décide de changer de point de vue sur le festival Musiques Métisses, qui ne se limite pas aux musiciens : « Littératures Métisses » accueille chaque année une petite dizaine d’auteurs afin d’animer des débats, des rencontres autour de leur œuvre. Ceci se traduit (pour la quatrième année en 2012) par des portraits plutôt intimistes sur le site du festival, comme pour garder une trace de leur passage. Chaque année un fil conducteur anime ma démarche : en 2009 je débute par des portraits où chaque auteur communique avec ses mains ; en 2010 chacun (com)pose autour d’un canapé rouge ; en 2011, c’est en compagnie d’un miroir que je demande à chaque auteur de poser. En 2012, chacun partage une pile de livres comme compagnon de portrait…

Chaque année, « tirer le portrait » c’est aussi et avant tout faire de belles rencontres, croiser un instant des auteurs passionnants, passionnés et souvent charismatiques. Moments privilégiés et ô combien enrichissants…

L’expostion « Portraits d’auteurs » est gracieusement prêtée par le FESTIVAL MUISIQUES METISSES- ANGOULÊME

Emilio Morenatti – Prix Lucas Dolega 2012

Emilio Morenatti a commencé sa carrière de photojournaliste dans un journal local, à Jerez de la Frontera en Espagne.
En 1992, il rejoint l’agence EFE, la principale agence de news espagnole et s’installe à Séville. De là, il couvre de nombreux événements nationaux et internationaux, dont plusieurs Jeux Olympiques et la guerre d’Irak en 2002.
Fin 2003, il part pour l’Afghanistan comme correspondant pour l’agence Associated Press. Basé à Kaboul, il couvre la transition démocratique qui suit la chute du régime Taliban. En 2005, AP l’envoie au Moyen-Orient pour couvrir le conflit entre Gaza et Jérusalem.
En 2006, pendant qu’il couvre le conflit à Gaza City, il est kidnappé par des soldats avant d’être libéré un jour plus tard, indemne.
En 2008, il est nommé Photographe d’Actualité de l’année par Pictures of the Year International.
En 2009, il est l’un des deux journalistes d’AP (ainsi que deux soldats américains) gravement blessé en Afghanistan. Il perd son pied gauche dans l’explosion, et est évacué dans un hôpital à Dubai. Il est maintenant basé à Barcelone.

Les nombreuses récompenses reçues par Emilio Morenatti incluent des prix comme le Fuji Eureopean Press Awards en 1996 et des National Headliner Awards en 2005 et 2006. Il a également gagné le prix du Photographe de l’année en 2010, lors de la compétition du meilleur photojournaliste, sponsorisé par la National Press Photographers Association.

Cette année, il a reçu le prix Lucas Dolega

Exposition BarrObjectif 2012 : Déplacés en Tunisie 

Quand la révolution libyenne a commencé, plus de 250.000 travailleurs émigrés ont fui les combats en Libye vers les pays voisins, principalement en Tunisie et en Égypte.

À la frontière entre la Tunisie et la Libye, des milliers de réfugiés se sont entassés dans les camps pouvant accueillir 20.000 personnes, en attendant leur évacuation. Ceux qui venaient de Libye ont déclaré avoir tenté de fuir, mais ont été retenu par la violence des combats sur la route.

Cette série d’images est une chronique de la vie de ces réfugiés.

Bruno Morandi – Les couleurs de Holi

Né à Deauville d’une mère normande et d’un père toscan, il passa tous les étés de son enfance au pays de son père, la Toscane. On devine que ces paysages de collines où la lumière ne quitte jamais le registre de la peinture ont influencé son regard ainsi que son goût du voyage. Plus tard, il suit des études d’architecture à Paris et entame ses premiers voyages qui l’emmènent au Népal, au Pakistan et en Inde.

En 1990, Bruno Morandi devient photographe professionnel et réalise depuis des reportages pour de nombreux magazines comme “Le Figaro Magazine”, “Géo”, “Grands Reportages”, “Le Monde 2”, “Ulysse”, etc. Il a également publié une dizaine d’ouvrages chez Flammarion dont “Tableaux du Rajasthan” et “Toscane Eternelle”. Photographe indépendant, ses images sont entre autres distribuées par l’agence américaine Getty, l’allemande Laif et Lightmediation en France.

Son site : www.brunomorandi.com

Exposition BarrObjectif 2012 : les couleurs de Holi 

Holi ! La seule évocation de ce nom fait naître un sourire sur le visage de tout Indien, car c’est la fête la plus gaie, la plus débridée et la plus haute en couleurs du calendrier hindou. Ancienne fête agraire célébrant les moissons et la fertilité, Holi a conservé de son lointain passé de bacchanale printanière le goût des excès, des propos et des sous-entendus grivois. Ces festivités comportent également un aspect iconoclaste : celui de briser les tabous et les conventions et d’inverser les rôles fixés par la rigidité de la société de caste.

Selon le Bhagavata Purana (texte du Xè/XIIIè siècles qui retrace la légende et les exploits du dieu Vishnou), le dieu Krishna, huitième manifestation de Vishnou, serait né à Mathura non loin de Delhi. Pour les krishnaïtes fervents, Holi commémore les jeux de Krishna, le divin adolescent, avec les gopi, les bergères des rives de la rivière Jamuna. Selon une autre légende populaire, Krishna déplora un jour, devant sa mère, le fait d’être doté d’une peau sombre qu’il comparait non sans gêne au teint clair de Radha, son amante. La mère du jeune dieu enduisit alors le visage de Radha de poudre vermillon, inaugurant ainsi le jeu des couleurs.

Plusieurs jours d’affilée, des processions, accompagnées de danses populaires, se rendent dans les nombreux temples du Braj Bhoomi dédiés à Krishna. Le jour de Holi, pleine lune du mois de Phagun (correspondant au début ou à la mi-mars), marque l’apothéose des festivités. Dans tous les villages et petites villes de cette région, des foules énormes s’assemblent devant les temples. Depuis les toits et les étages des maisons qui bordent les rues menant aux sanctuaires, hommes et femmes lancent des poudres de couleur par poignées sur les passants qui rétorquent en leur jetant des paquets de poudres ou se contentent de badigeonner leurs voisins. Des nuages verts, jaunes, rouges, mauves et bleus se répandent dans l’atmosphère, transformant les rues et les places en un décor de théâtre irréel où les hommes et femmes, méconnaissables sous la pluie de couleurs, se transforment en personnages de contes de fée. La joie est la note prédominante lors de cette fête célébrant les jeux d’un dieu « éternellement jeune et souriant » et de son immortelle amante, Radha.

Holi est considéré comme la fête des shudras, les Indiens de basse caste qui forment la majorité de la population hindoue. Les shudras, généralement dominés et opprimés dans le système des castes hautement hiérarchisé, aspergent et badigeonnent de couleur les Hindous de haute caste et les insultent parfois, renversant ainsi les rôles, sapant –l’espace d’une fête – l’ordre social, la hiérarchie et le pouvoir établis. Selon un dicton lors de cette fête « le tyran est tyrannisé et le seigneur est rabaissé ».

Les jeunes filles et les femmes, généralement calmes et dociles, entrent dans le jeu, se défendent bec et ongles et malmènent les hommes, les frappant parfois avec des bâtons. Celles qui osent s’aventurer à l’extérieur sont souvent la cible de plaisanteries grivoises et d’attouchements plus ou moins osés. Car la « folie d’Holi » débouche parfois sur une certaine permissivité et licence sexuelle. Les Hindous célèbrent non seulement la victoire du bien sur le mal mais aussi les jeux amoureux de Krishna avec les bergères de Vrindavan. Krishna est considéré par les Hindous de basse caste comme le dieu bienveillant, protecteur des pauvres et des opprimés, qui  encourage ce renversement des rôles.

Jadis, les célébrants utilisaient des couleurs végétales censées posséder des vertus médicinales. Aujourd’hui, les couleurs sont presque toujours chimiques et parfois toxiques ; elles peuvent provoquer des allergies, des intoxications  et endommager l’épiderme. Mais les jeunes se livrant à ces joutes chromatiques ne semblent guère s’en soucier, s’aspergeant  et s’enduisant le visage et le corps avec une énergie et un enthousiasme qui ne fléchissent pas au fil des heures. En mars, mois qui marque le début de l’éphémère printemps indien, il fait déjà très chaud. Pour étancher leur soif, les participants absorbent de grandes rasades de thandai, un breuvage rafraichissant. Sous sa forme bénigne le thandai est un mélange d’eau, de lait, d’amandes, de pétales de rose, de graines de pavots, de cardamome et d’anis. Mais les jeunes ajoutent souvent une forte dose de bhang (concoction de feuilles de marijuana pilées) ou boivent de l’alcool.

En fin de matinée ou en début d’après-midi, les groupes commencent à se disperser ; les jeunes rentrent chez eux, certains titubants, afin de se livrer à d’énergiques récurages qui effaceront les traces de ces débordements rituels.

Luc Moleux – Reflets du large

Luc Moleux est un photographe originaire de Boulogne-sur-Mer. Depuis son enfance, il capte avec sensibilité et subtilité la réalité poétique de sa région avec laquelle il a créé un lien affectif et profond. Reporter-photographe pour le quotidien régional La Voix du Nord pendant 30 ans, son regard tendre et pudique plein d’humour plonge sans cesse dans l’authentique et l’identitaire de cette région diverse et féconde. Il a réalisé de nombreuses expositions comme A poil au carreau, 2005 – A la vie, à la mer, 2006 – Dos à l’image, 2007 –Volute, 2007 – Les chats grecs, 2008 – Le NOOOORD, 2011.

 

Exposition BarrObjectif 2012 : Reflets du large 

4h30, un matin de février 2012 sur les quais de Boulogne-sur-Mer, Luc Moleux  embarque à bord d’un chalutier étaplois pour une série de campagnes de pêche.  Durant un mois, à bord d’un coquillard, « le Charles de Foucauld », et d’un  chalutier,   « le Saint Nicolas », l’objectif du photographe a immortalisé les visages de  ces marins unis et solidaires devant les risques quotidiens, la dureté du métier,  l’anxiété face à l’avenir, mais avant tout, leur passion commune : la mer. « Reflets du large » est un témoignage sur le vif, une plongée au cœur du métier d’une  entreprise plus humaine qu’économique, au rythme de travail effréné et aux  conditions difficiles. En 25 clichés couleur, l’exposition propose un aperçu fidèle du  ressenti des marins d’aujourd’hui et permet au visiteur de ressentir les sentiments  éprouvés au contact quotidien d’un équipage de bateau.

Patrick Mesner – Algérie, le temps suspendu, les années de plomb

Né le 15 septembre 1953 à Alger, membre de la société des Océanistes.

1978, premiers reportages.
Images et textes publiés dans la presse internationale et l’édition – diffusion Agence GAMMA dans 50 pays

1985, Patrick MESNER s’oriente  vers la télévision et l’écriture. (reportages d’actualité, enquêtes de société, magazines et documentaires). Récompensé par un XV d’or TV en 1992.

2012,  Réflexion sur la photographie pour le magazine www.photographie.com
En marge de la télévision, Patrick MESNER poursuit un travail photographique au long cours, les errances. Son travail d’auteur porte sur l’édition de livres, carnets de voyages et expositions.

Principaux travaux:

  • «Il était une fois, Le festival de Lille – 1984» avec Henri Cartier Bresson, Cindy Sherman, Edouard Quin… (travail de groupe)
  • «Les Marseillais – 1988/1992 – Soleil productions» L’errance 1.
  • «New York – 1992» L’errance 2.
  • «Les Princes de juillet -1984/1995» L’errance 3.
  • «L’automne d’or – Arménie – 1993/1995» L’errance 4.
  • «Salam alékoum brother – Algérie – 1990/1994 – La Marseillaise» L’errance 5.
  • “Aubagne en vue 1994” (travail de groupe)
  • « Au pays de Joseph K -1995 Prague» L’errance  6.
  • «Venise2000» L’errance 7.
  • «Chronique du pays Kanak – 2000 – éditions Planète Mémo»
  • «Sydney Street – 2001» L’errance 8.
  • «La Réunion – 2003» L’errance 9.
  • «Algérie, la tombe de ma mère» éditions Le Temps qu’il Fait – 2004» L’errance 10.
  • «mémoires du quotidien, écrits et images du Sud – 2006 – EncragEdition» (travail de groupe)
  • «Kanak-portrait de groupe – 2011 – Nouvelle Calédonie – Idées +» L’errance 11.
  • «Algérie Le temps suspendu – L’esprit du monde – 2012» L’errance 12.
  • «Avec Elle – 1981 – 2011» L’errance 13.
  • «I Love Paris- 1982/2012» L’errance 14.

Son site : www.lescarnetsdusud.com

Exposition BarrObjectif 2012 : Algérie, le temps suspendu – les années de plomb

En 1990 et jusqu’en 1994, je me suis rendu en Algérie afin de couvrir les premières élections libres pour lesquelles tous les partis politiques furent autorisés. Les tensions étaient palpables entre les autorités et la population rêvant de plus de démocratie. Le FIS labourait le champ fertile des sans voix, petit peuple des miséreux, prônant une République Islamiste. Les leaders Abassi Madani et Ali Bel Hadj en tête du scrutin menaçaient de renverser la dictature des généraux.

Le deuxième tour des élections fut annulé, l’année suivante. Furieux, les islamistes radicaux commencèrent leurs exactions…attentats aveugles, enlèvement d’hommes et de femmes qui servaient de putains dans les maquis…viols d’enfants et égorgements. Le pays bascula dans l’horreur…les visas impossibles à obtenir pour la presse étrangère. Le pays était fermé, interdit. J’ai pu obtenir un second visa d’écrivain, en 1993 et me rendre sur place, traversant le territoire algérien avec trois amis. Je me suis rendu dans tous les endroits où les massacres avaient eu lieu, traversant l’Algérie d’est en ouest, de la Kabylie à la frontière marocaine. Je voulais montrer la grande dépression dont souffrait la population vivant dans les campagnes, petits bleds et fermes isolées et n’étant sous aucune protection mais aussi sous la terreur des islamistes… me refusant de photographier cadavres et autres hommes en armes, militaires et “Ninjas”…hommes encagoulés de la sécurité d’état. Le GIA menait des opérations d’une cruauté inouïe.
C’est ce témoignages que je donne à voir dans ce récit où se mélangent photographies et extraits de mes carnets de notes publiés dans deux ouvrages Algérie la tombe de ma mère éditions Le temps qu’il fait et  Algérie, le temps suspendu édition L’esprit du monde.