Stéphane Brouchoud – Soldats inconnus…retrouvons la mémoire

Stephane Brouch

Stéphane BROUCHOUD
L’aventure commence dans le début des années 90, le jour ou j’ai emprunté et jamais rendu le konica TCX de mon père, en couleur au début, puis très vite, en noir et blanc.
Un peu frustré et mécontent de mes premiers résultats, je décide d’intégrer le photo club de Salaise-sur-Sanne, s’ensuit alors une intense activité photographique et une pratique assidue du labo. Dans les effluves acétiques, je découvre la difficulté de l’art du tirage. Quelques voyages plus loin, au bout de ces nuits noires et de ces rêves barytés, nous créons en 1998 avec 3 amis photographes, le collectif en marge qui nous permet de mettre au point de nombreux projets d’exposition. Le collectif existe toujours aujourd’hui et réalise des travaux d’illustration et d’exposition.
Dans les années 2000, ma pratique photographique évolue et devient plus locale, plus de proximité, elle permet ainsi de mettre au point plusieurs projets en relation avec le territoire qui m’entoure. Adepte du noir et blanc argentique, je mixe souvent les procédés analogique et numérique afin de mener à bien mes travaux.
Depuis 2011, je suis membre de l’association autochtone, structure grâce à laquelle j’ai pu mener à bien différents projets d’exposition, et qui me permet aujourd’hui de travailler sur plusieurs sujets, le fleuve Rhône et les « terres froides en Isère » notamment.
En activité salariée dans le privé, je suis un « photographe ouvrier » ou un « ouvrier photographe », et ma pratique photographique tend à révéler les émotions, et quand bien même cela n’arrive pas, je m’imagine sous l’ovule pâle du jour doué d’existence.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2018 : Soldats inconnus…retrouvons la mémoire

« Soldats inconnus… retrouvons la mémoire » est un projet photographique sur la Première Guerre mondiale. Porté par l’association Autochtones et conçu par le photographe Stéphane Brouchoud, ce travail de mémoire a été labellisé en mars 2016 par la mission centenaire sur la guerre 14-18 au niveau national.

Au début de l’année 2014, la première partie du projet m’a entrainé dans une quête photographique à la recherche de visages de soldats isérois morts pendant la Première Guerre mondiale. J’ai visité plus de 300 cimetières en Isère, et trouvé peu de traces existantes. Beaucoup de ces témoignages visuels sont aujourd’hui à peine visibles, car les traits des visages s’estompent et se confondent avec la couleur de fond du support. Parfois, la rouille trace des trainées couleur de sang le long du portrait, parfois la céramique a éclaté à la manière d’un impact de balle. Cent ans que cela dure, cent ans que les éléments s’acharnent sur le visage de nos aïeux : c’est l’ultime témoignage d’une génération qui s’évapore. Fini le temps des bombes, fini le temps des regrets, oubliée la blancheur des os, bienvenue dans l’inconnu. Mémoire soldats inconnus

La prise de vues des lieux de combat et de décès de ces hommes formait la deuxième partie du projet. Après de longues recherches, j’ai pu déterminer le plus précisément possible le lieu des paysages linceuls et parcourir l’ancien front, de Belgique en Alsace. J’ai traversé les champs de boue de Champagne, erré dans les mornes plaines de la Somme, marché dans les forêts de Verdun nourries du sang des soldats, à la recherche d’un indice m’indiquant le passage de ces hommes et j’ai peut-être mis mes pas dans leurs pas.

Nous sommes des « machines à oublier ». Le sujet s’est imposé à moi comme une évidence, il fallait témoigner pour préserver le souvenir. Tous ces regards sortis du passé nous interrogent sur notre rapport à la mémoire et notre faculté d’oubli. Rendre hommage à cette génération sacrifiée, conserver le souvenir de ces hommes en leur redonnant une identité visuelle, une réalité, tels sont les buts du projet. Chaque visage photographié est une tragédie dans la tragédie : des centaines de destins se sont liquéfiés dans la masse confuse de l’histoire. Aujourd’hui, je pense aux autres, à ceux d’Artois, des Vosges, de l’Aisne, de Champagne, à ceux que je n’ai pas pu photographier et dont les âmes errent en quête de gratitude.

Le 10 juin 2016, je suis de passage au cimetière d’Izeaux en Isère, pour refaire le portrait de Justin Marchand qui ne me plait pas. Je connais l’emplacement de sa tombe, je m’y rends directement et je trouve la place nette, débarrassée de la vieille croix en ferraille et du portrait qui y était accroché : des graviers blancs reflètent désormais l’écume des jours. Justin, tu n’es pas mort glorieusement, tu es mort à 26 ans de maladie pendant la guerre, pauvre piou-piou, pauvre vie insignifiante, « mort pour la France ». Le passant ne s’arrêtera plus devant ton portrait, bienvenue dans l’inconnu…

Thomas Morel-Fort – Une vie à servir

Autoportrait-Thomas-Morel-FortThomas MOREL-FORT
Après des études à l’institut National Supérieur des Arts du Spectacle (INSAS) à Bruxelles et un parcours universitaire à la Sorbonne (Licence en Philosophie) et à la Sorbonne Nouvelle (Licence de Cinéma). Thomas décide de se consacrer pleinement à la photographie. En 2012, il est diplômé de Icart Photo, promotion Remi Ochilk et obtient l’European Bachelor of Photography. La même année il travaille chez Sipa Press puis au journal Le Parisien. Basé à Parie, il est membre du studio Hans Lucas depuis 2015. Son travail a été publié dans Grazia, Le Parisien, l’Express, L’Obs, Paris Match, La Croix, Le Figaro, Épic Stories.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2018 : Une vie à servir

Plus de 50 000 Philippins vivent en France. Plus de la moitié d’entre eux sont des travailleurs clandestins sans-papiers. Ce reportage se concentre sur les femmes de ménage surnommées « Filipinas » qui représentent 80 % de cette main-d’œuvre domestique et qui travaillent le plus souvent dans les beaux quartiers de l’Ouest parisien et dans des villas de la Côte d’Azur.

Filipinas

Octobre 2016. Paris 16e. Myrna travaille dans un des appartements de ses employeurs qu’ils louent en air’bn’b.
Myrna , 48 ans, est arrivée à Paris il y a six ans . Elle travaillait pour une princesse saoudienne en Arabie Saoudite. Pendant les vacances de la famille de sa patronne à Courchevel, elle s’est enfuie avec une autre employée philippine de leur chalet. Après s’être cachée pendant quelques mois dans un foyer de sans abri elle a pu se rendre à Paris.

Pendant trois ans, j’ai pu suivre au plus près le quotidien de plusieurs « Filipinas » Donna, Tita, Myrna et Jhen.  Donna et ses amies ont laissé leurs familles et leurs enfants aux Philippines pour travailler dans les beaux quartiers à Paris. La condition de domestique est leur «  destin » disent ces jeunes femmes. Je me suis fait embaucher pendant 1 mois et demi avec elles.

Laure Vouters – Serge et Jacqueline

Laure-VoutersNée à Arras en 1962, Laure VOUTERS, vit à Lille. Après des études d’arts appliqués, j’ai travaillé dans la communication en tant que directrice artistique pendant une trentaine d’années. Depuis 5 ans, je suis engagée dans la photographie d’auteur renouant avec un apprentissage de création liée à mon besoin de partage et d’ouverture.
Pour commencer, j’ai travaillé en noir et blanc sur des séries liées au voyage (Berlin, Tokyo, Porto…), puis mon rapport au monde m’est réapparu “en couleur”, un lien évident avec ma pratique initiale de peintre.

Autodidacte et curieuse des parcours des gens d’images, j’ai participé à différents workshops avec Christian Caujolle, Cédric Gerbehay, Frédéric Lecloux, Jane Evelyn Atwood et Denis Dailleux.
Poussée au plus profond de moi-même par un “appel à voir”, je vais là où l’intuition m’emmène capter une atmosphère, une émotion, une particularité qui perturbe ou retient mon attention. Je cherche à mettre en place une esthétique simple qui donne à voir le spectacle lumineux d’un quotidien à l’apparence souvent modeste. Cette esthétique se déploie dans mon travail “Serge et Jacqueline” et dans un autre projet en cours autour de l’univers intime de “René”, forain en Belgique…

Je travaille avec un Leica MP240

Exposition :

– “Là-bas” 2e Nuit contemporaine de la photographie Paris, octobre 2014
– “L’Ombre Nécessaire” lauréate du Concours Hélio, Galerie Nadar Tourcoing, mai 2015
– “L’Ombre Nécessaire” Galerie Rastoll, exposition collective Urbanitas 4, février 2016
– “Saudade” sélectionnée dans le parcours Off d’Images Singulières, mai 2016
– “La ligne 13” Médiathèque de Rosult, septembre/octobre 2016
-“Saudade” Galerie Rastoll, exposition collective Urbanitas 5, février 2017
– ”Serge et Jacqueline” lauréate du prix Sophot 2018
– Exposition Galerie Fait & Cause 15 mai/13 juillet 2018

EXPOSITION BARROBJECTIF 2018 : Serge et Jacqueline

L'histoire de Serge et Jacqueline

Le 10 avril 2015, j’ai ouvert une porte, ou plutôt une porte s’est ouverte à moi sur un espace inconnu. C’était si fort que j’y suis restée. Avec le temps, je suis rentrée dans quelque chose qui dépasse le sujet, une vie attachante. Serge et Jacqueline me donnent tout ce qu’ils ont, une présence et une disponibilité. Mon geste photographique coule dans leur quotidien. Le couple, la religion, le mariage, la famille, la maladie, les animaux, le déménagement…

Mon regard devient englobant et bienveillant sur cette réalité portée par une certaine sensibilité mystique qui me renvoie aux premiers mots de Jacqueline :

C’est le Seigneur qui vous envoie  !

La liberté témoignée par Serge et Jacqueline s’inscrit dans un vrai travail photographique. Les préjugés, les étiquettes, les stéréotypes tombent. C’est un message de tolérance et d’acceptation que j’ai reçu et que je souhaite partager. Leur histoire devient la mienne. En images et en dires, le récit d’un échange lumineux et bienveillant, la trace des petits fils tissés entre nos humanités.

Alexandre Sattler – Monde de beauté – éclats de joie

« Le voyage et l’immersion culturelle occupent une place déterminante dans les photographies et les documentaires sonores réalisés par Alexandre Sattler.

Né en 1980, Alexandre a grandi dans les montagnes. Son terrain de jeu était la forêt et les fermes avoisinantes. Très vite, il a développé le goût du vivant. Son amour de la nature l’a amené à suivre des études de naturaliste. Par soif de découverte, il décide de partir en Afrique à 20 ans, puis il rentre en France pour finir ses études d’accompagnateur en montagne et de guide naturaliste et reprend la route dès que possible. Alexandre décide en 2002 de partir 6 mois en Australie à la rencontre des peuples aborigènes. Il obtient une bourse de Jeunesse et Sport pour mettre en place une conférence diaporama sur les espèces animales et végétales australiennes.

Dès lors, les voyages et missions en tant qu’expatrié à l’étranger se sont enchaînés, sur les 10 dernières années. Alexandre, photographe voyageur humaniste, a été plus de la moitié de son temps sur les routes à la découverte de la planète et de ses habitants (Japon, Australie, Birmanie, Inde, Népal, Mongolie, Togo, Ghana, Russie, Corée, Laos, Vietnam, Bangladesh, Chine, Maroc, etc.). Dans ses nombreuses pérégrinations, Alexandre s’est toujours appliqué à partager ses expériences de vie à travers la photographie ou la création d’émissions radio.

En 2006, il fonde l’association Regard’Ailleurs, toujours dans l’idée de partager les différences qui nous éloignent et nous unissent.

Quand il est en France, il travaille pour une radio libre et se forme au journalisme pour les radios indépendantes. Il produit des documentaires sonores, interviews et reportages diffusés sur plus de 50 radios en France. Carbone Zéro et Regard’Ailleurs sont ses émissions diffusées les plus connues.

Que ce soit pour la photographie ou la radio, son studio est le terrain sur lequel il évolue avec son regard curieux et ses oreilles attentives aux rencontres et aux différences.

2014, 2015, 2017 finaliste du concours « Les photographies de l’année » dans la catégorie reportage.

 

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Monde de beauté – éclat de joie

« L’exposition “éclats de joie” accompagne la sortie du livre du même nom. Le livre est le projet de deux citoyens du monde : Alexandre, photographe globe-trotter, et Stéphanie, petite plume intrépide.

Tous deux croient en une idée simple : aimer ce monde nous donne l’énergie de le rendre meilleur.

Vieille dame de l’éthnie des Xi en Chine dans la province du Yunann.

Les images colorées, pleines d’humanité d’Alexandre et la poésie lumineuse de Stéphanie s’unissent alors pour partager leurs plus belles émotions. Des sourires, des paysages, des regards, de l’amour et de la joie…

Alexandre part à la rencontre de cette joie que nous avons oubliée, dans sa sincérité. Les personnes qu’il photographie lui partagent ce qu’ils ont de plus vrai : leur cœur. Car c’est un véritable moment de complicité que cet artiste crée avant de prendre une image. Au-delà d’une simple photo, il saisit chaque instant dans la pureté de la relation.
C’est au travers de toutes les cultures qu’il a côtoyées qu’il nous livre aujourd’hui son bel ouvrage. De ces liens qu’il crée naturellement et avec bienveillance, Alexandre réapprend la joie et nous la transmet avec tendresse et poésie. »

MBirmanie, trois moines se promène dans une pagode avec leur ombrelle pour se protéger des rayons du soleil, au Myanar, dans la ville de Bagan

Étienne Mariaud – Crazy stripes

Étienne Mariaud, 34 ans, originaire d’Angoulême.

Passionné par la photographie depuis très jeune et depuis 5 ans, c’est en autodidacte que j’aime immortaliser certains moments de vie.
J’aime tout particulièrement la street photographie, mais j’ai un faible pour l’exercice de l’autoportrait.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : Crazy stripes

Cette idée de série d’autoportraits a commencé en 2014 après une simple première photo prise un peu pour des essais et qui m’a tout de suite donné l’idée de continuer chaque semaine avec un nouvel autoportrait, en jouant avec des trompe l’œil , puis par la suite de ces photos, jouer avec les lignes de cette marinière, en essayant tout simplement de faire vivre cette marinière et lui donner sa propre histoire .


J’ai fait cette série pour le fun, j’ai toujours voulu rester décalé et dans une certaine forme d’humour !

Olivier Avez – À 20 cm de l’âme

Olivier Avez, photographe nordiste amoureux de sa région, aime surprendre. Ses clichés sont remarquables par leur sensibilité. Dans l’objectif de cet artiste autodidacte, des scènes de vie commune prennent des dimensions de spectacles émouvants, et des passants anonymes deviennent des sujets puissants, voire parfois dérangeants.
Pour lui, chaque photo est une histoire à partager pour découvrir un lieu, une personne, une situation.
Shoots instinctifs mais aussi posés comme ces portraits de SDF.
Son crédo : donner à sa composition l’expression d’une émotion à partager.
Pour ce nouvel exercice, l’appareil photo en bandoulière, il a glané les attitudes, les postures de ces hommes et femmes de la rue, devant un magasin, sous un porche, ou ailleurs.
Il en a fait des portraits sans fard, sans mise en scène, loin des clichés photoshopés, lisses et maquillés. Il en ressort de très beaux visages.
Un bel hommage à tous ces invisibles rendus visibles, à qui il rend leur beauté, leur humanité.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2017 : À 20 cm de l’âme

Chaque portrait est photographié à vingt centimètres du visage.
Comme j’étais tellement près de son visage, un de mes modèles m’a dit un jour, « Tu veux photographier mon âme ! », d’où le titre de cette série.

Gilles Vautier – Myself, un portrait avant tout…

Myself - Mais encore ? 2

Autoportrait-Vautier

Parcours unique, riche et varié : c’est le chemin de Gilles Vautier. Né en 1962, il se retrouve très vite confronté au monde de l’écriture et de la politique, son père, Patrice, étant journaliste au Canard Enchaîné. Quand d’autres gamins connaissent une enfance normale, bercée par Zorro et Flipper le Dauphin, celle de Gilles sera légèrement différente : l’affaire des micros du Canard, le scandale des Diamants de Valery Giscard d’Estaing, dévoilée par son père (aussi), font partie d’une succession d’histoires qui émailleront le quotidien du garçon.
Pour faire plaisir à ses parents, Gilles fera des études américaines avant de s’engager dans la voie brillante de la finance internationale. Avant de se laisser séduire par les sirènes du spectacle par le biais de l’Humour.
D’abord sociétaire du Carré Blanc, où il va rencontrer des personnalités naissantes comme Bruno Salomone, Dani Boon ou Jean Dujardin, Gilles va entrer dans le monde extravagant de la télévision. Pendant près de huit ans, il sera la voix et l’humour de l’extra-terrestre Bill, du BigDil. L’inconnu le plus célèbre de France, disait-on alors.
Toutes bonnes choses ayant une fin, Gilles Vautier arrêtera sa collaboration artistique d’alors avec Jean-Luc Reichmann pour se consacrer pleinement à sa passion de toujours la photographie.

Pour Getty Images, il suivra la campagne présidentielle de 2012 de très près. Il apprendra en deux ans ce que certains photographes apprenant en cinq ans : Photographier vite, bien et raconter une histoire immédiatement.

En 2011, Gilles Vautier créera sa nouvelle forme de portrait : les Myself. Mélange décalé et fun, toujours esthétique et beau, les Myself se veulent une version inédite de sa propre notion de cette discipline exigeante de la photo. Il y a souvent plusieurs lectures, rendues obligatoires non seulement par la personnalité du photographié mais aussi par le foisonnement de détails et de codes que l’artiste cache dans les Myself.

http://www.monsieurmyself.com/Myself / Gilles Vautier

Bientôt, pour notre plus grand plaisir, vous découvrirez la série des Myself.

So, Be Myself, people will love you.

Myself / Gilles Vautier

EXPOSITION BARROBJECTIF 2016 : Myself, un portrait avant tout…

La photographie et l’écriture sont les deux arts les plus complémentaires pour raconter une histoire. Y a-t il meilleur mariage pour illustrer et souligner un visage, un paysage, un sentiment, un moment important ?
Pour la série des Myself, Gilles Vautier conjugue non seulement plusieurs histoires en une seule mais aussi, redéfinit la base même du portrait.
Celui-ci, souvent statique et d’allure officielle, ne reflète pas forcément la richesse complexe et chaleureuse de son sujet.
Myself, c’est une autre vision de soi, un regard décalé mais toujours esthétique, sur sa propre image. Myself, c’est vous, c’est nous. C’est le choix de se mettre en scène, de choisir son cadre idéal. En choisissant de représenter plusieurs fois le même sujet, c’est un portrait à multiples facettes qui est proposé. Toutes les envies et les rêves, les fantasmes et autres décalages de la réalité sont abordées – et abordables – sur une seule photo. Tout est donc envisageable. Il n’y a pratiquement pas de limites. Plusieurs personnalités derrière un seul et même visage, n’est-ce pas là l’essence même de la psychologie humaine ?
Après vingt années passées au sein de la télévision, en écrivant des sketchs et en interprétant des personnages loufoques, Gilles Vautier tourne la page sur un métier pour en commencer un autre : la photographie.
Passionné par la vision figée du quotidien, il commence sur les chapeaux de roues en collaborant avec Getty Images d’abord et Abaca France ensuite, couvrant de très près la campagne présidentielle. Malgré des parutions régulières dans la presse nationale, il comprend que sa créativité ne se conjugue pas trop avec le sérieux de la classe politique française.
Depuis, Gilles Vautier réalise la série des Myself.
Pour vous. Même si ça commence par lui.

Myself oblige.
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Dorothy Shoes – Django du voyage

portrait Dorothy Shoes

Dorothy Shoesnée en 1979 est photographe professionnelle.

Venant du monde du théâtre, d’un premier cursus de comédienne, mon travail mélange le travail de reportage et de témoignage social avec celui de mise en scène plasticienne créant ainsi une signature singulière. Montrer autrement, décaler le connu de son assise pour le mettre face à une nouvelle lecture.

Impliquée depuis toujours auprès des personnes mises en marge de notre société, j’ai à de nombreuses reprises travaillé auprès de personnes handicapées mentales et moteurs mais également en prison auprès de mineurs et d’adultes. Aujourd’hui je termine la série « ColèresS Planquées », l’anagramme de sclérose en plaques.

      • 2010 : 1er prix national « La Bourse du Talent Portrait »
      • 2010 : Lauréate « Aide à la Création » DRAC Centre
      • 2010 : 1er prix national « Parole photographique »
      • 2011 : Admission à « La Cité Internationnale des Arts » de Paris
      • 2011 : Parution du livre « Django du Voyage » aux éditions du Rouergue
      • 2014 : Lauréate « Aide à la Création » DRAC Centre
      • 2015 : Sélectionnée pour « la Triennale d’Art Contemporain » Vendôme
      • 2016 : Parution du livre « ColèresS Planquées » aux éditions Actes Sud

Expositions solo & collectives 2008-2016 : Paris, Barcelone, Moscou, Montréal,  New York, Colombo, Jakarta, Acra, Kiev et dans de nombreuses villes françaises.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2016 : Django du voyage

 

Django du voyage (17)

Si j’ai choisi de présenter cette série plutôt qu’une autre c’est pour offrir un nouveau regard sur ces personnes de communauté tzigane qui, depuis la nuit des temps, subissent leur mauvaise réputation, notamment en milieu champêtre.
Ce serait pour moi une bien belle victoire humaine que d’emmener Django « le voleur de poules » dans une ferme pour réconcilier tout du moins le temps de l’exposition gitans et paysans.

Été 2010, notre pays recule encore, le gouffre dans le dos, la chute est pour bientôt.
Alors que l’actualité concernant les gens du voyage est terrifiante, j’ai décidé d’aller trouver Django, sur son camp (de communauté gitane) et de lui prêter ma voix.
J’ai invité Django dans mon imaginaire, Django m’a invitée dans sa réalité.
A nous deux, nous avons parlé ce langage de cœur et d’écho.
Les photos de Django sont une rencontre, un échange, un partage..
Un lien… presque clandestin dans la fissure du mur.
– Tu vois la route ?
Sur cette route, il y a un chemin, tu vois, un chemin qui se précipite à droite vers les arbres. Prends-le.
Et puis il y aura un tournant, un deuxième, des herbes hautes, puis un pont où passent les trains.
Nous dormons juste là, sous le ventre des trains.
J’aime cette adresse.

Dorothy-Shoes-Django7

Loïc Mazalrey – Prêtres d’aujourd’hui

PretresDAujourdhui-surfeur©MAZALREYLoïc Mazalrey est né le 25 Juin 1985 à Bergerac. Nourri enfant par la passion d’un père photographe, Loïc, très tôt abandonne son premier métier de paysagiste pour se consacrer à l’âge de 24 ans exclusivement à la photographie.

Photographe de news au Journal Sud-ouest en Dordogne, il alterne avec joie et habileté photographies d’actualité locale et reportages intimistes de gens ordinaires. Formé sur le terrain, autodidacte, il aime avant tout être la mémoire des mondes qui vacillent. Ses premiers essais photographiques ont reçu de nombreux prix à des concours amateurs et professionnels mais aussi des coups de coeurs dans la presse spécialisée.
Certaines photos artistiques, comme celles de sa compagne Emilie sont exposées dans des galeries parisiennes. « Léo et Jeanine » est son premier sujet personnel, il obtiendra le Grand Prix d’Auteur de la Fédération Photographique de France avec ce sujet.
Il est maintenant membre de l’agence Dalam depuis 2014.
Loïc Mazalrey à exposé à Barrobjectif en 2013.

EXPOSITION BARROBJECTIF 2016 :  Prêtres d’aujourd’hui

Qui sont les prêtres du 21ème siècle ? Des hommes dévoués à l’Eglise, qui gardent un lien fort avec le monde qui les entoure. Certains, pour ne pas dire beaucoup, nourrissent même des passions qui ne lassent pas de surprendre. Christophe aime le surf, Philippe, l’aviation, Patrick, la moto. Christian s’éclate à la radio quand Emmanuel collectionne les tracteurs. Tous vous diront qu’aimer Dieu n’est pas incompatible avec une passion, bien au contraire : on peut aimer le Créateur, le servir et cultiver son jardin secret. Bien souvent, on en ressort même plus fort et plus proche de ses contemporains.PretresDAujourdhui©MAZALREY-Loïc Être prêtre, bien plus aujourd’hui qu’hier, c’est vivre avec ses concitoyens et échapper au huis-clos. A quoi cela tient-il ? Peut-être à des parcours de vie, des cheminements personnels qui ne sont plus aussi rectilignes que par le passé… À l’image de Philippe, ancien pilote de chasse dans l’armée française, ou encore de Patrick qui a vécu en concubinage aux Etats-Unis, de plus en plus de prêtres ont mené des vies « ordinaires », plus ou moins éloignées de la religion, avant d’entrer dans l »Église. L’appel de Dieu, souvent tardif, n’en a été que plus fort et sincère. Mais, reste en eux, comme un legs de leur passé, cet indéfectible désir de compréhension de l’autre, cette envie d’aller vers lui et de lui tendre la main.PretresDAujourdhui-critique-cinema©MAZALREYjpg EXPOSITION BARROBJECTIF de Loïc Mazalrey en 2013 : Le Paysan Tarnais

Anne-Sophie Mauffré-Rochelet – C’est votre enfant ? Sur les chemins de l’handiparentalité

Anne-Sophie-MauffreAnne-Sophie Mauffré-Rochelet est née à Paris en 1972, étudie à l’école supérieure Estienne et développe ensuite à Prisma Presse pendant une dizaine d’années, ses compétences techniques comme chef de fabrication dans différents magazines. À l’aube de ses 30 ans, alors qu’une marée noire menace les îles Galapagos, Anne-Sophie boucle son sac et part faire un tour du monde en solitaire, voyage qui change sa vie.  Suivre son instinct, rencontrer, voir, témoigner… Dès son retour en France, se libérer du temps pour se nourrir de belles rencontres de hasard devient une douce évidence. Le métier de photographe s’impose alors à elle. Régine David, sa voisine et grand-mère adoptive, artiste peintre parisienne et atteinte de troubles de la mémoire, devient son premier reportage intimiste, d’où est tiré un livre, «Souvent, Régine oublie», témoignage visuel et sonore qui lui permet par la suite de trouver ses premières missions photographiques en économie sociale et solidaire, notamment avec des premières commandes institutionnelles évoquant les carrières médico sociales, le maintien à domicile, le handicap moteur et sensoriel.

La vocation profonde d’Anne-Sophie est celle de raconter des jolies histoires, simples et vraies. Son éthique n’est pas de faire du spectaculaire mais de rendre compte de la vie quotidienne des hommes. Depuis un reportage réalisé sur Thich Nhat Hanh et la communauté bouddhiste du Village des Pruniers à Thénac en Dordogne, puis une immersion 24h/24 parmi les résidents dans un EPHAD en Bourgogne avec une vieille chambre photographique datant du 19ème siècle, photographier devient pour elle un vrai temps de prière et de méditation. S’investir depuis 1 an dans le projet Handiparentalité à Bordeaux est une vraie source de joie pour elle. Anne-Sophie vit actuellement à Bergerac avec son mari et leurs deux petits garçons.Portrait Anne -Sophie Mauffré

EXPOSITION BARROBJECTIF 2016 : C’est votre enfant ? Sur les chemins de l’handiparentalité

Sage femme vivant en fauteuil roulant, Béatrice Idiard Chamois crée à l’Institut Mutualiste Montsouris (IMM), à Paris, la première consultation française d’obstétrique, dédiée aux femmes en situation de handicap moteur ou sensoriel. En écoutant une émission à la radio sur son parcours, je décide de la rencontrer sur son lieu de travail. Sa spontanéïté est telle qu’elle me met immédiatement en contact avec Florence Mejecase Neugebauer, maman d’un enfant, et présidente de l’association Handiparentalité en Aquitaine (33). Florence a elle aussi créé un lieu d’entraide spécifique pour les parents en situation de handicap moteur ou sensoriel au sein du Centre papillon, lieu associatif déjà existant sur Bordeaux pour les parents valides. Cette structure unique est composée de professionnels de la petite enfance, de la santé et de la justice. L’association met en outre à disposition le prêt de matériel de puériculture adapté ou adaptable.
Florence vit à 100 à l’heure dans son fauteuil roulant avec sa maladie des os de verre, elle donne des conférences, rencontre les partenaires, a toujours un mot gentil au téléphone pour 
aider les parents à surmonter leurs propres doutes et à s’affranchir davantage du regard des gens. Florence, épaulée par sa collègue puéricultrice, accompagne avec joie les parents à trouver des solutions très pratiques comme l’aménagement de leur environnement avec l’arrivée de bébé.

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L’idée du projet photographique se pose très naturellement entre femmes devenues mamans. Notre désir est de briser les idées préconçues sur le handicap et la parentalité. Je commence alors à me rendre régulièrement chez AdelineFlorenceAntinéaJessica et Valérie, des Mam’handis pétillantes et militantes ! Ce travail débuté depuis un an est dévoilé à Barrobjectif en commençant par la vie de Florence et aussi celle d’Adeline, une autre femme pleine d’énergie, professeure d’allemand et maman de deux enfants, dont une petite fille née au tout début du projet.

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EXPOSITION BARROBJECTIF 2013 de Anne-Sophie Mauffré : Souvent, Régine oublie